Toi. Moi. Et les étoiles T6
256 pages
Français

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Description


Elle s'est enfuie. Il ne pensait jamais la retrouver.



On ne choisit pas sa famille.


Une phrase pleine de sens pour Livie, Ethan et Greg.


Des événements incontrôlables vont les pousser dans des retranchements, les obligeants à faire des choix qu’ils se sont toujours interdits.


L’espoir s’amenuise. L’issue est incertaine.


Livie, Ethan et Greg, ensemble, mais à quel prix ?


••••••


Si vous aimez les grandes histoires d’amour, le suspense et les tabous, cette lecture est pour vous !


"Mon plus gros coup de cœur de livre de romance! "


"Nelly écrit avec une telle sensibilité, qu'on en ressort transformé!"


"Une série bouleversante, mes mains en tremblent encore!"


Craquez pour une romance intense et laissez-vous emporter par un tsunami d’émotions fortes


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 35
EAN13 9782901170006
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


"Nelly écrit avec une telle sensibilité, qu'on en ressort transformé!"


"Une série bouleversante, mes mains en tremblent encore!"


Craquez pour une romance intense et laissez-vous emporter par un tsunami d’émotions fortes


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Nelly Weaver
 
 
 
 
 
 
 
Toi. Moi.
Et les étoiles
Tome 6
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
© Nelly Weaver, 2020. Tous droits réservés.  
L’œuvre présente sur le fichier que vous venez d’acquérir est protégée par le droit d’auteur. Toute copie ou utilisation autre que personnelle constituera une contrefaçon et sera susceptible d’entraîner des poursuites civiles et pénales.
 
Ce livre est une fiction. Toute référence à des événements historiques, des personnages ou des lieux réels serait utilisée de façon fictive. Les autres noms, personnages, lieux et événements sont issus de l’imagination de l’auteur, et toute ressemblance avec des personnages vivants ou ayant existé serait totalement fortuite.
 
Site de l’auteur : www.nellyweaver.fr
 
contact@nellyweaver.fr
 
ISBN : 9782901170006
Le diable m’a chuchoté à l’oreille : tu ne pourras traverser la tempête.
J’ai chuchoté à l’oreille du diable : je suis la tempête.
 
Anonyme
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Prologue
Livie
 
 
 
 
Un jour, je me souviens, lorsque je vivais encore à Cover-Road, nous avions regardé une émission avec Greg et Ethan. Une femme, après une terrible chute, était tombée dans un coma de plusieurs années. À son réveil, elle n’avait aucun souvenir de sa vie passée. Malgré toute l’assistance de ses proches, rien ne lui était revenu. Mais ce n’était pas le pire. Son mari et ses enfants ne la reconnaissaient plus.
Sa personnalité avait radicalement changé. Son réveil l’avait changée. Elle était devenue une personne différente. Une personne qui avait refusé de reprendre une vie qui ne lui convenait plus. Durant l’émission, elle avait témoigné, expliquant qu’elle ne s’était jamais sentie aussi vivante. Que cet accident était peut-être ce qui lui était arrivé de mieux pour enfin, se révéler. Je me souviens de chacun de ses mots, choquée par ses déclarations.
 
Quand j’ouvre les yeux, c’est le visage de cette femme qui apparait dans mon esprit, et je comprends. Je comprends qu’aujourd’hui, c’est à mon tour.
 
Aujourd’hui, je me réveille.
 
Aujourd’hui, je laisse les flammes de l’enfer faire de moi celle que j’ai toujours été.
 
Aujourd’hui, j’ouvre la porte de mes ténèbres.
 
Chapitre 1
Livie
 
 
 
 
— Tu peux être fière de toi.
Jenny berce mon fils dans ses bras tandis que je n’arrive pas à la quitter des yeux. Comment peut-elle douter de son rôle de mère ? Il suffit de la regarder pour comprendre qu’elle a ça dans le sang.
Hayden lui, ronfle dans son coin. Je crois que toutes ces émotions ont eu raison de lui.
— Tu as réussi à les voir ? je demande à mon amie.
Jenny hoche la tête pour me le confirmer.
 
Il y a seulement quelques heures, j’ai mis mon enfant au monde sans Ethan.
 
Il y a seulement quelques heures, j’étais enfermée dans un bureau du commissariat avec mon père.
 
Il y a seulement quelques heures, mon frère et Ethan ont été arrêtés pour tous les sévices que m’a fait mon père et m’ont persuadée de m’enfuir.
 
Prendre la route et quitter New York.
 
Je sais que je devrais déjà être loin. Mais Sam m’a légèrement prise de court et il m’est difficile de rester debout. Les sages-femmes m’ont dit que ça passerait. J’ai perdu beaucoup de sang pendant l’accouchement, mais après un peu de repos, tout rentrera dans l’ordre. Du moins, en ce qui concerne ma santé.
 
Mon père a encore démontré que rien ne pouvait l’arrêter. Il a réussi à tourner chaque évènement de notre passé à son avantage. Que ça soit lorsqu’il m’a battue, les viols que j’ai subis, même la dispute entre Ethan et maman a été une nouvelle arme contre eux.
Aujourd’hui, ils sont accusés des crimes de mon père et cette flic ne veut rien entendre. Elle a pris chaque élément contre lui et s’en est servi contre Ethan et mon frère. Elle ne voit que ce qu’elle a envie de voir et j’ai beau avoir essayé de lui faire entendre raison, elle est tellement sûre d’elle que je doute d’arriver à lui ouvrir les yeux.
 
Jenny me tend Sam que je prends dans mes bras. L’instinct de mère est plus fort que je le pensais. Même si je garde toujours quelques craintes pour faire les choses correctement, un besoin irrépressible de le protéger est né au plus profond de mes entrailles. Je croyais savoir ce que signifiait le mot aimer. Je croyais connaitre parfaitement ce sentiment, mais il n’en était rien. Sam a fait émerger quelque chose en moi. Un sentiment d’amour immensurable. Je ferais tout pour le mettre à l’abri. Il me reste simplement à trouver une solution qui ne m’est pas encore apparue.
— On m’a laissée les voir quelques minutes, m’explique Jenny. J’ai dit à Ethan que tu avais accouché.
Mon regard ne quitte pas Sam qui gigote dans mes bras. Mes yeux me piquent et croiser le regard de mon amie m’est trop difficile. Je préfère donc me concentrer sur mon fils.
Jenny vient s’assoir sur le bord du lit et chasse une mèche qui me tombait sur les yeux. Je finis par me résigner et en croisant ce regard empli de douceur, je me force à tenir le coup. Elle a cette aura, celle d’une mère qui a manqué sa chance. J’ai toujours su qu’elle me voyait comme sa seconde chance, et j’ai moi-même apprécié son attitude de mère protectrice ayant perdu la mienne bien trop tôt.
— Il m’a dit de te dire que tu pouvais être fière de toi. Que c’était une petite merveille.
Elle sort son téléphone et me désigne la photo qu’elle a prise de Sam lorsqu’il n’avait que quelques minutes, posé sur mon ventre. Je suppose qu’elle l’a montrée à Ethan.
— Il m’a dit de partir, je l’informe.
Elle hoche la tête.
— Il me l’a dit.
Je me sens impuissante face à cette décision. Est-ce vraiment ce que je dois faire ? Je m’étais promis de ne plus partir sans Ethan. J’avais même espéré ne plus jamais avoir à fuir.
— Je ne sais plus où j’en suis.
Jenny ne répond pas. Je suppose qu’elle comprend mon dilemme. Je baisse mon regard sur ce petit ange, en me demandant quelle est la bonne solution, non pas pour moi, mais pour lui.
— J’ai pensé à quelque chose, me dit Jenny.
— À quoi ?
Elle observe sa montre et se met à sourire en se levant.
— Ne jette pas l’éponge Livie. J’ai peut-être trouvé un moyen. Si ça marche, Ethan sera là demain quand tu te réveilleras.
Elle refuse de m’en dire plus et sort de la chambre. Je prie pour qu’elle n’ait pas fait naître un espoir vain. Quand je croise le regard d’Hayden qui émerge doucement de son sommeil, c’est en silence qu’il me crie que je ne suis pas la seule à en douter.
 
 
 
 
 
 
 
 
Chapitre 2
Jenny
 
 
 
 
Je patiente devant la grande porte en acajou. Revenir ici fait remonter beaucoup de souvenirs. Des heures passées à prier pour oublier. Je crois que j’ai détesté ce médecin autant que Livie, mais impossible de dire du mal de cet homme aujourd’hui.
La porte s’ouvre et une femme en sort serrant la main du Dr Harris avant de s’éloigner. Celui-ci m’aperçoit et esquisse un sourire.
— Jenny.
— Walter.
Walter Harris est un ami de la famille. Il était très proche de mon père et nous a beaucoup aidés à la mort de ce dernier. Il était également au courant de ce qui m’était arrivé et n’a jamais caché combien de laisser à ma mère le soin de s’occuper de Killian était une mauvaise décision. J’aurais peut-être dû l’écouter. Je ne porterai peut-être pas ce fardeau aujourd’hui.
— Comment vas-tu ?
— Bien. Ce n’est pas pour moi que je suis venue, mais pour Livie.
— Et moi qui pensais que c’était une visite de courtoisie.
Je ne prends pas de pincette, il n’est pas question de tourner autour du pot, le temps est compté.
— Son père est à New York. Il s’en est pris à elle.
Je vois à son regard qu’il a compris que je n’avais pas le cœur à plaisanter. Il s’écarte et me fait signe de rentrer dans son bureau.
Lorsqu’il referme la porte, il demande :
— Comment va-t-elle ?
— Elle a connu mieux.
Il semble hésiter et continue son introspection :
— Elle est toujours à New York ?
Walter a l’air d’avoir parfaitement cerné Livie. Il sait qu’elle craint assez son père pour fuir de nouveau.
— Oui. En fait si elle n’avait pas accouché, je pense qu’elle serait déjà loin.
Il hoche la tête, je continue :
— Il a trouvé le moyen de se venger. Il s’en est pris à Ethan et Greg. Il les a fait arrêter.
J’essaie de garder une voix neutre, même si l’évocation de Greg m’est encore difficile.
— C’était à prévoir, répond-il. Il a toujours réussi à l’atteindre à travers eux. Il sait que c’est une recette qui marche.
— Hayden est avec elle. Je ne voulais pas la laisser seule, mais j’ai un service à te demander.
Il s’adosse à son bureau, comprenant la gravité de la situation.
— Une flic s’acharne sur eux. Elle pense que Greg et Ethan s’en prennent à Livie depuis l’enfance. Elle a trouvé des photos de ses blessures dans un dispensaire à son arrivée à New York, ainsi que son dossier médical où il est relaté qu’elle a subi des viols. Elle pense que c’est eux. Franck a tout tourné à son avantage et ils risquent gros.
J’ai parlé avec cette femme. J’ai bien vu qu’elle n’avait pas les idées claires. Elle est jeune, très jeune et j’ai comme l’impression qu’elle essaie de faire ses preuves.
— Qu’est-ce que tu attends de moi, Jenny ?
— Il faut que tu lui parles. Montre-lui le dossier de Livie. Peut-être qu’elle acceptera enfin d’écouter.
Il se tourne vers une armoire et en sort une pochette qu’il pose sur son bureau.
— Il me faut l’accord de Livie.
— Tu l’auras.
*
Assise à côté de Walter, j’observe cette femme parcourir le dossier de Livie des yeux. Elle est blême. Je crois qu’elle vient de se rendre compte qu’elle avait fait une grave erreur.
Elle repose la feuille qu’elle tenait dans ses mains devant elle et croise les bras en se raclant la gorge.
— Vous la suivez depuis longtemps ?
— Presque 3 ans. Cette jeune fille a subi de gros traumatismes. Elle a grandi dans un environnement de peur et de menaces. Elle prend parfois des décisions hâtives, mais c’est son seul moyen de protection. Elle se sent coupable et le sera sûrement toujours à cause de son père qui lui a implanté des idées fausses. S’attaquer à son frère était une nouvelle tentative afin de garder tout pouvoir sur elle. La preuve, c’est exactement ce qu’il fait aujourd’hui. En acceptant de le croire, vous poussez cette jeune fille dans le vide. Je ne voudrais pas vous manquer de respect madame, mais depuis quand peut-on garder des personnes accusées d’agression sans témoin, ni plainte ?
Elle blanchit encore plus. Moi, je croise les bras pour profiter du spectacle.
— Je ne savais pas que la police s’en prenait aux victimes de nos jours, continue-t-il. D’une, vous avez agi sur une décision arbitraire. De deux, vous avez pratiquement forcé cette jeune fille à faire des aveux sans prendre en considération ce qu’elle a tenté de vous expliquer. Et de trois, ont-ils seulement eu le droit de consulter un avocat ?
Je crois qu’elle va s’évanouir. Emmener Walter parler à Livie pour qu’elle lui relate exactement ce qui s’était passé était la meilleure chose à faire. Papa disait toujours que Walter pouvait être un vrai rapace. Même s’il parlait de leurs parties de poker, je crois que cela s’applique également dans la vie de tous les jours. En tout cas, quand cela s’avère nécessaire.
— Je…
— Vos excuses sont totalement inutiles, la coupe-t-il. Je vais vous demander de libérer immédiatement ces deux hommes et de les laisser tranquilles ou alors je serais dans l’obligation d’en informer votre supérieur.
— Oui… bien… bien sûr.
— Et il serait plus utile d’arrêter la personne qui s’en est prise à ces jeunes gens, c’est-à-dire Mr Franck Johns.
— En fait… je n’arrive pas à le joindre, avoue-t-elle. Il était question qu’il passe ce matin, mais il n’est pas venu. Il m’a laissé son numéro, mais il n’a a pas répondu de la matinée.
— Faites ce qu’il faut alors, achève Walter. S’il arrive quelque chose à cette jeune fille, vous en serez tenue pour responsable.
En sortant du bureau, je me tourne vers Walter.
— Je comprends mieux.
— De quoi ?

—  Papa doit bien rire, espèce de rapace.
Il rit.
— Il le faut parfois.
— Merci Walter. Merci beaucoup.
Je m’éloigne pour retrouver la flic, mais il m’arrête.
— Jenny.
Je me retourne. Il s’avance et me dit :
— Je n’ai pas voulu m’en mêler, mais… Greg est instable. Je sais qu’il fait beaucoup d’effort aujourd’hui, mais je préfère te mettre en garde.
Je détourne les yeux. C’était un risque que Greg parle de notre relation avec ce médecin sans qu’il ne sache que nous nous connaissions un peu plus que ça.
Je ne sais quoi répondre, après avoir réalisé que Greg pouvait me laisser moi et mon fils sans aucune explication. Même si j’ai eu des mots blessants, j’ai vite compris qu’il me cachait quelque chose. Il ne me fait pas assez confiance pour m’en parler et a préféré me laisser croire que j’étais responsable de la situation. C’est blessant. Et malheureusement, il n’a pas une minute pensé à Killian dans cette équation. Sauf que ça, je ne suis pas sûre de pouvoir lui pardonner. Mon fils n’est pas un dommage collatéral. Il n’est pas question qu’il fasse les frais d’une relation que j’ai entretenue par manque de jugement. Je me suis promis de me montrer réfléchie pour lui aujourd’hui, et je viens de prouver que j’avais pris une décision inadéquate. Killian a besoin d’un père. Il a besoin d’une personne sur qui il pourra compter en toute circonstance. Greg n’est pas cette personne.
— Je sais.
Walter hoche la tête et semble soulagé que je ne tente pas de lui dire le contraire. Pourtant, il insiste :
— Il a des problèmes et même s’il essaie de s’en sortir… ça n’arrivera pas du jour au lendemain. Je ne le blâme pas, il a vécu un véritable lavage de cerveau, mais Jenny… je m’en voudrais de ne pas te prévenir.
Je regarde cet homme et lui dit :
— J’ai compris. De toute façon, il n’y a plus rien entre nous.
Je le salue, sans attendre de réponse.
 
Chapitre 3
Greg
 
 
 
 
Je range mes affaires dans ma poche alors qu’on vient de nous libérer. Jenny n’ose pas un regard vers moi, se concentrant sur Ethan.
— Elle va bien, elle est fatiguée, mais elle va bien. Hayden m’a envoyé un message, elle t’attend.
— Elle devrait déjà être loin, dit-il le regard absent.
Nous venons d’apprendre que mon père était introuvable. Non seulement il ne répond pas à son téléphone, mais en plus il aurait rendu la chambre d’hôtel où il résidait.
— Et ça marcherait combien de temps, Ethan ?
— Je veux la voir, se contente-t-il de répondre.
Aussi transparent qu’il soit possible, j’avance aux côtés d’Ethan. Jenny a un sacré don pour faire comme si je n’existais pas, je dois bien l’admettre. Bon, je ne peux pas lui en vouloir, j’ai encore déconné. Pourtant, je ralentis en apercevant une silhouette familière assise à un box un peu plus loin. Je donne un coup de coude à Ethan pour attirer son attention discrètement. Lorsqu’il voit Cédric discutant avec un policier, il jure avant d’ajouter :
— On se casse.
Nous reprenons notre marche, quand une voix nous interpelle au moment de passer la porte. La flic qui nous a arrêtés avance à grandes enjambées vers nous. Je me fige en détournant mon regard vers Cédric, me demandant si nous allons vraiment pouvoir quitter cet endroit. Une fois face à nous, elle dit :
— Écoutez…
Ethan grince des dents et lui crache :
— Pourquoi ? L’avez-vous fait, vous ? Combien de fois avons-nous tenté de vous expliquer ? Combien de fois vous ai-je supplié de nous croire ? Alors, non ! Allez vous faire foutre ! Livie a mis notre enfant au monde et je n’étais pas là ! Je. N’étais. Pas. Là. Rien ni personne ne pourra me rendre cet instant. Celui où j’aurais dû être aux côtés de ma femme pour assister à la naissance de mon fils ! Vous rendez-vous compte de ce que vous m’avez pris ? Et tout ça pour réaliser beaucoup trop tard qu’on n’a fait que vous dire la vérité !
Elle a au moins la décence de paraitre coupable.
— J’ai fait une erreur, je…
— Une erreur ? hurle-t-il. Vous appelez ça faire une erreur ?
— C’est bon, viens, je lui dis en le tirant par le bras.
Il la fusille du regard encore quelques secondes avant d’accepter de passer la porte. Il est impassible. Il boue de l’intérieur, mais d’avoir manqué l’accouchement de Livie a laissé une trace profonde.
Quant à moi, après le départ de Livie, nous avons eu une longue conversation au sujet de ma mère. Je refusais de le croire et j’ai bien fait. Il avait transformé la vérité une fois de plus à son avantage. Même si j’avais un doute devant la réaction d’Ethan dans la cellule, une partie de moi s’y refusait. Parce qu’il s’agissait d’Ethan. Parce que je l’ai vu aussi détruit que moi et Livie à l’annonce du décès de ma mère. J’ai tout de même gardé une information pour moi. Quelque chose que je ne m’explique pas, mais je crois que je ne suis pas encore prêt à l’entendre. Je crois que ni Ethan, ni Livie n’ont réalisé et tant mieux.
De toute façon, nous n’avons pas besoin de ça. Quand Jenny est passée ce matin et nous a dit que Sam était venu au monde, ça été la stupéfaction. Ethan a laissé croire à Jenny que tout allait bien et qu’il était heureux. Et puis elle est partie. Il n’a pas ouvert la bouche depuis et il s’est contenté de fixer les barreaux de notre cellule, refusant de me répondre alors que je tentais de savoir comment il encaissait la nouvelle. L’une des premières paroles qui l’ont sorti de son mutisme a été pour cette flic.
 
À l’extérieur, j’aperçois ce bon docteur fou. Ethan le rejoint rapidement en lui serrant la main.
— Merci, merci pour tout.
— Ne me remerciez pas. C’est normal.
Ethan se tourne vers Jenny.
— Emmène-moi la voir.
Jenny acquiesce. Je leur dis :
— Partez devant, je vous rejoins.
Ethan, trop pressé de retrouver Livie et son fils, monte en voiture avec Jenny. Je reste face au regard pénétrant du Dr Harris.
— Alors Greg, peux-tu me donner une explication ? Le fait que tu arrêtes tes séances un peu avant que ton père ne refasse surface me rend légèrement perplexe.
Je le fixe. Il pense que je suis de mèche. Il pense que j’étais au courant du retour soudain de cet enfoiré.
— Je l’ai appelé. J’avais besoin… de lui parler.
— Et qu’en as-tu gagné ?
Un paquet de problèmes. Putain de fliquette.
Je regarde autour de moi cherchant ce que je pourrais lui dire pour ma défense.
— Je n’ai pas voulu le croire. Je voulais que Livie me dise que c’était faux. Mais… je ne l’ai pas cru. Il n’a pas gagné cette fois.
J’ignore s’il sait de quoi je parle. De toute façon, je pense que je tente surtout de me trouver une excuse. J’ai eu le choix et le doute s’est infiltré en moi.
Il m’étudie de son attitude professionnelle qui me hérisse le poil.
— As-tu décidé dans quel camp tu étais ?
— J’ai toujours été dans celui de Livie.
— Vraiment ? Tu en es certain ?
Je serre les dents et détourne les yeux en direction de la rue. Il y a du monde. L’heure du déjeuner approche et certains se promènent sandwichs à la main. Ils parlent, rient, ou se dépêchent d’arriver à l’heure à leur destination. Leur insouciance est si enviable, mais je suis sûr qu’ils ne se rendent même pas compte combien ils doivent apprécier leur chance. Vivre avec simplement des problèmes de factures à régler. Je pourrais facilement m’y faire.
— Vous pensez que je suis foutu ? Que j’aurais beau vouloir essayer de toutes mes forces, il y aura toujours le risque que je foute tout en l’air ? Que je pète un câble ?
— Ce que je pense est secondaire. Qu’en penses-tu, toi ?
Je baisse les yeux sans trouver de réponse. Je n’arrête pas de tout foirer. J’aurais dû parler à Livie et Ethan de ce coup de fil. Peut-être aurions-nous été armés pour affronter la situation quand cette flic nous a arrêtés. Et si j’étais mauvais pour elle ? Au moins, j’ai rectifié le tir avec Jenny. Maintenant, elle me déteste et c’est bien mieux comme ça. Elle a besoin de quelqu’un de fiable. Pour elle. Pour Killian. J’ai cru pendant un instant que j’en serais capable. La vie m’a vite ouvert les yeux.
— Pour ma part, dit-il devant mon silence, je pense que Livie a tout intérêt à te faire confiance et te craindre à la fois.
— Je croyais que ce que vous pensiez était secondaire.
Il émet un rire.
— Ça ne m’empêche pas de te partager mon opinion.
— Alors quoi ? Qu’est-ce que je suis censé faire ?
Il s’avance d’un pas vers moi et répond :
— Tu es un homme à double facette, Greg. Cette fois tu as résisté, mais demain que se passera-t-il ?
Un besoin compulsif de lui crier que je ne me laisserai plus berner me prend aux tripes.
— J’y arriverai, j’affirme avec assurance.
— Je l’espère Greg, en attendant, ne rate plus de séances.
Chapitre 4
Ethan
 
 
 
 
Les talons de Jenny claquent sur le sol derrière moi. Le son me parvient de plus en plus lointain alors que je cours pour rejoindre le numéro de chambre qu’elle m’a indiqué.
Lorsque j’aperçois enfin la porte, je la pousse. Ce que j’y découvre est la vision la plus belle qui m’ait été donnée de contempler. Pour la première fois depuis mon arrestation, je souris en me rapprochant du lit où Livie dort paisiblement. Elle est très blanche et semble complètement épuisée, mais ce qui attire le plus mon attention, c’est le petit être lové contre elle. Il gigote, ce qui n’a pas l’air de réveiller Livie et lorsque mon regard croise le sien, je me laisse tomber sur le fauteuil. Il m’observe, alors que ma haine contre Franck n’a fait que gonfler en pensant qu’il m’a arraché ce qui aurait dû être le plus beau jour de ma vie.
 
Délicatement, pour ne pas réveiller Livie, je le prends dans mes bras. Telle une fleur qui éclot, mon cœur semble prendre vie pour la première fois. Je laisse échapper un rire de bonheur devant ce petit bout de nous. Nous l’avons fait. Nous avons créé un petit être. Un mélange de nous.
Je crois que j’entends Jenny entrer dans la chambre. Je reconnais la voix d’Hayden également que je n’avais même pas remarqué, pendant que je berce Sam, incapable de détacher mon regard de lui. Jamais je n’aurais pensé ressentir un tel sentiment d’amour pour une autre personne que Livie. Je ne pensais pas que c’était possible.
Ses yeux peinent à rester ouverts et il gesticule entre mes bras. Ce petit être m’apparait d’une perfection renversante. Il a des petits orteils, des petits doigts, une petite bouche et je suis déjà complètement dingue de lui. Comment moi, Ethan Williams, ai-je pu contribuer à créer cette perfection ? Je n’en ai pas la moindre idée.
Je passe une main sur son crâne minuscule et lui dit :
— Bonjour Sam.
Il répond d’un gémissement plaintif en remuant un peu plus fort contre moi. Mon dieu, je tiens mon fils dans mes bras. Celui-là même avec qui j’ai eu des conversations entières à travers le ventre de Livie. J’avais si peur lorsque nous avons appris cette grossesse, pourtant je comprends aujourd’hui que ma vie ne sera plus jamais la même. Elle sera meilleure. Elle sera plus belle. Plus éblouissante grâce à cette famille que nous avons créée.
Quand je lève les yeux vers Livie, je la trouve à m’observer en souriant.
— Il est parfait, je lui dis, la gorge nouée par l’émotion.
— Il est parfait, me confirme-t-elle.
Je me noie dans son regard azur quand une larme lui échappe.
— Je suis tellement désolée, Ethan.
Je jette un œil autour de moi et en voyant le petit berceau, je pose Sam à l’intérieur. J’entends Jenny dire à Hayden qu’ils nous laissent. Je relève la couverture et m’allonge à côté d’elle. Elle se rapproche de moi, enfouissant son visage dans mon torse et agrippe mon tee-shirt dans ses poings.
— Je voulais que ça se passe autrement, sanglote-t-elle. Je voulais que tu sois là. Il a tout gâché.
Je pose un baiser sur son front, ravalant cette blessure de ne pas avoir été présent.
— Tu as fait du bon boulot, Livie. Tu t’en es sortie comme une chef.
Elle relève les yeux vers moi, embués de larmes. Je caresse sa joue et dépose un baiser sur ses lèvres.
— Je t’aime ma puce. Tu as mis cette petite merveille au monde. Il va bien. Il est en bonne santé. C’est tout ce qui compte.
— Et il a tes yeux, me dit-elle.
Je ris.
— C’est vrai.
J’espérais qu’il ait le regard lagon de Livie, mais on dirait bien que mon fils a décidé de prendre ce trait de mon côté.
Je fonds sur ses lèvres. J’ai besoin de la retrouver. J’ai besoin d’effacer ces dernières heures. Besoin d’oublier que Franck rôde quelque part pour nous tomber dessus. Je doute qu’il apprécie de savoir que nous avons été relâchés.
Je passe une main sur sa cuisse remontant doucement sa chemise. Elle recule en repoussant mon geste.
— Tu es au courant qu’une tête énorme vient de me déchirer de l’intérieur ? Et si ça ne suffit pas, notre fils nous observe.
Je regarde au-dessus de mon épaule. Sam est bien trop concentré à contempler le plafond.
— Je sais. J’avais juste besoin de te toucher. Et sa tête n’est pas énorme.
— C’est toi qui a dû pousser pour l’extirper de mon vagin ? Non, alors je peux te jurer que sa tête est bien trop grosse !
Je ris en la voyant si sérieuse.
— Tu as eu mal ?
À défaut d’avoir été présent, je veux tout savoir. Connaitre chaque détail.
— Oui, mais c’était oublié à la seconde où ils l’ont posé sur mon ventre. J’étais tellement triste Ethan, mais…
— Mais tu l’as trouvé parfait, je la coupe.
Elle hoche la tête. J’aimerais lui dire que j’ai été anéanti en apprenant qu’elle avait mis au monde notre enfant sans moi. Mais elle en souffre également et je n’ai pas l’intention de raviver cette douleur.
J’enfouis mon visage dans son cou, profitant de ce moment de calme et de plénitude. Son odeur vanillée, mélangée aux effluves de l’hôpital n’entache en rien l’effet qu’elle me fait. Ma paume parcourt son dos de haut en bas et je lui murmure à l’oreille.
— On est une vraie famille à présent.
Lorsqu’elle recule son visage, elle me dit :
— On l’a toujours été.
— Oui, mais…
Elle pose son index sur ma bouche.
— Oui. Je sais.
Cette fois, c’est elle qui capture mes lèvres, qu’elle caresse du bout de sa langue. Je la rejoins, affamé de son goût si particulier. Une glace à la vanille avec ce petit truc en plus que je serais bien incapable de décrire.
Mes mains la parcourent, le besoin de la sentir si vital.
— Heureusement que je suis là pour lui éviter d’assister à de telles horreurs.
Je m’arrache à ses lèvres et vois Greg avec Sam dans les bras.
— Vous n’avez pas honte ?
Je ris et m’assois sur le bord du lit.
— Ils ont fini ? demande Hayden du couloir.
— Ils ont intérêt ou je l’émascule, répond Greg en me regardant avec amusement.
Jenny et Hayden passent la porte, accompagnés de Connor et Jess. Cette dernière nous dévisage, les mains sur les hanches.
— Pourquoi je suis toujours la dernière au courant !
*
La fin de cette journée s’est faite dans le calme et les rires. J’ai apprécié chaque seconde, et voir Livie nourrir notre fils est une vision qui risque de rester gravée en moi. Greg n’a cessé de dire que c’était répugnant, jusqu’à ce que Livie lui rappelle que l’utilité première de cet atout féminin n’était pas de faire plaisir à la gent masculine.
Malgré la tension palpable entre lui et Jenny, rien n’est venu entacher cette journée qui avait si mal commencé. Nous nous sommes interdits de parler de Franck. Tout comme du fait que Cédric était au commissariat lorsque nous en sommes partis. Je suppose qu’en dépit de la peur qu’on lui enlève sa sœur, son inquiétude a pris le dessus. Nous ignorons ce qu’il leur a dit, mais s’il venait à parler de Livie, je doute que l’on puisse à nouveau se sortir de ce mauvais pas. J’espère qu’il apprécie assez Livie pour ne pas l’impliquer. Et qu’ils ne fassent pas le lien avec l’homme mystérieux repêché dans un lac.
Il n’y a plus qu’à croiser les doigts.
J’ai laissé Livie avec ses amis en prétextant aller chercher des cafés avec Greg afin de pouvoir faire le point. Devant les portes de l’hôpital, nous avons pris place sur un banc, réfléchissant à la situation.
— Je suis passé à l’hôtel où il était censé avoir pris une chambre avant de vous rejoindre, m’apprend Greg.
Je tourne mon visage vers lui et il continue :
— La réceptionniste m’a dit qu’il était parti.
— De New York ?
Avec un peu de chance, Franck a compris que ça sentait le roussi pour lui et a préféré prendre les devants. J’ai trouvé étrange qu’il s’en aille comme ça quand il était avec Livie alors que nous étions enfermés, incapable d’intervenir. Je pense qu’il a pris conscience que Livie refuserait de lui donner ce qu’il voulait cette fois. Il a dit lui laisser 24 heures, mais entre temps, elle s’est retrouvée ici. L’approcher sans attirer l’attention est devenue mission impossible. Alors, soit il se cache pour attendre le bon moment, soit il est assez intelligent pour avoir saisi ce qu’il encourait et a quitté New York.
— Aucune idée, dit Greg. Mais j’ai appelé James. Il a fait de gros retraits d’argent avant de partir de Cover-Road. Il a dû prévoir de quoi se planquer. Il m’a également dit que la flic ne l’a jamais contacté. Elle voulait tellement avoir raison, elle a dû vérifier uniquement le casier de mon père.
C’est ce que je craignais. Et comme il n’y avait rien à voir, ça n’a fait que l’encourager. James m’avait prévenu. Les seules traces de l’interrogatoire de la petite Kim sont en sa possession.
— Et pourquoi il ne nous a pas dit que Franck était parti de Cover-Road ?
Il émet un rire.
— Parce que ce connard avait tout prévu. Il a été voir le supérieur de James il y a quelques jours. Il avait remarqué qu’il le surveillait. Il a été mis au placard comme simple avertissement et s’il s’approchait de lui à nouveau, c’était la mise à pied.
Putain. Il avait tout prévu. Ça ne fait que monter un peu plus l’angoisse d’ignorer où il se trouve dorénavant. Mais ce n’est pas le seul problème, et je ne sais pas quoi en penser.
— Et Cédric ?
Greg détourne les yeux.
— Il fallait s’y attendre.
— Qu’est-ce qu’on va faire ?
— Rien du tout.
Je l’observe refusant de me regarder en face.
— Si jamais ça me retombe dessus, ajoute-t-il, ce qui finira par arriver… je m’arrangerais pour ne pas impliquer Livie, je te l’ai dit et je n’ai pas changé d’avis.
— Greg…
Je sais qu’il le fera. Je lui fais confiance, mais l’idée qu’il soit arrêté me retourne les tripes.
Il se lève.
— Bon, et si on y allait ? Livie doit nous attendre.
Chapitre 5
Livie
 
 
 
 
— Il me fait craquer.
Je regarde mon frère bercer Sam en souriant.
— Pas moi, dit Jenny en l’observant.
Elle lui en veut toujours. Impossible de la blâmer, mais cette scène est presque irréelle et j’apprécie de le voir ainsi. Au moins, ils sont capables de se supporter dans une même pièce.
— Il m’adore déjà, dit Greg en levant les yeux vers moi.
— Il aime tout le monde, les chiens font pas des chats intervient Hayden.
Je pouffe de rire en voyant mon ami m’envoyer un clin d’œil. Je suppose qu’il s’agit plus de mon caractère que celui d’Ethan dont il fait allusion.
— Je n’aime pas tout le monde.
— 99.99 % de la population, c’est tout comme, renchérit-il.
— Il n’a pas tort, dit mon frère.
De toute façon...

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