Un prince pour Noël
324 pages
Français

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Un prince pour Noël , livre ebook

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Description

William n’a jamais rêvé de rencontrer le prince charmant, mais seulement d’épouser l’homme dont il est amoureux depuis sept ans. Mais la vie réserve son lot de surprises, et rien ne se déroule comme prévu. La rupture a remplacé la demande en mariage. Pour se reconstruire, William décide de retourner chez ses parents au Québec.


Rudolph, prince héritier de la couronne d’Etheria, se prépare à monter sur le trône en honorant ses devoirs et ses responsabilités. Les deux hommes vont se rencontrer par hasard sur l’île d’Orléans et leur vie va en être totalement bouleversée. Mais la famille royale d’Etheria rôde, bien décidée à ruiner cet amour naissant...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 63
EAN13 9782376769378
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Un prince pour Noël
Copyright de l’édition © 2020 Juno Publishing
© 2020 Sebastian Bernadotte
Relecture et correction par Françoise
 
Conception graphique : © Mary Ruth pour Passion Creation
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l'ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-937-8
Première édition : décembre 2020
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Remerciements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Le problème
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
La demande
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
À tous les romantiques…
 
 
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
À vous qui me suivez depuis le début ou qui avez pris l'aventure en route.
À ma correctrice de talent.
À mes formidables éditrices.
 
 
Un prince pour Noël
 

 
 
Sebastian Bernadotte
 

 
Chapitre 1
 
WILLIAM
 
 
Que venait-il de dire ? Il ne pouvait pas être sérieux ? Était-ce la faute des turbulences ?
— Je ne peux pas t’épouser, répéta-t-il.
Non, c’était bien cela. Il était en train de rompre nos fiançailles à plusieurs mètres d’altitude. Et il me l’annonçait, sans ménagement, alors que nous étions sur le point d’atterrir. J’ignorais s’il attendait une réponse de ma part. Je ne parvenais pas à croire qu’il était en train de m’annoncer que tout était fini entre nous.
L’avion finit par se poser. Nous sortîmes de l’appareil sans dire quoi que ce soit. Une fois nos bagages récupérés, je me tournai vers lui.
— Nathaniel ?
— Oui ?
— Tu étais sérieux ?
Il baissa les yeux.
— Ce n’est pas facile, babe , murmura-t-il.
Comment ça : « Ce n’est pas facile » ? Comment pouvait-il dire cela ? Il était parti plusieurs mois se battre à l’autre bout du monde, et là, il me sortait cette phrase sans aucun contexte. Je ne voyais pas ce qui pouvait être plus difficile que de devoir tuer des hommes et sauver la vie de ses camarades. Non, ce n’était pas clair du tout.
— Qu’est-ce qui ne va pas ? m’enquis-je. C’est d’être ici avec moi ? Tu préférerais être au front ? Je peux le comprendre, mais tu dois me le dire.
— Avec toi, tout semble tellement simple, ce n’est pourtant pas le cas.
Il leva les yeux pour attraper ma valise et la poser sur le trolley.
— Je ne te comprends pas, insistai-je. Je ne vais pas te faire de scène. Tu sais très bien que ce n’est pas mon genre, mais j’aimerais bien comprendre.
— Babe , c’est ça.
J’avais l’impression que plus rien n’allait.
— C’est-à-dire ?
— Ça, répéta-t-il.
— Le tapis roulant qui délivre les valises ?
Il fit une grimace.
— Ne fais pas celui qui ne comprend pas. Pourquoi je n’aimerais pas ce tapis roulant ?
— Je ne sais pas, répondis-je en haussant les épaules. Tu sais, je ne peux pas lire dans tes pensées. Si tu ne me dis pas ce qui ne va pas, je ne peux pas le deviner. J’ai laissé ma boule de cristal à la maison.
Il était en train de balayer d’un revers de la main sept ans d’histoire. Sept ans d’amitié et de romance étaient en train de partir avec les valises que personne ne réclamerait jamais. Je venais de passer les dernières années à me rendre aux quatre coins du monde pour le voir, en mettant ma propre carrière professionnelle entre parenthèses pour lui. Cette situation n’était pas censée durer. Il avait décidé de continuer d’aller se battre plutôt que de s’établir. Il fallait des hommes et des femmes comme lui, mais pas lui.
Ces sept ans s’étaient donc terminés par ce vol et cette attente de nos bagages. Ces derniers temps, notre relation n’allait pas au mieux, mais je pensais que c’était la distance. Je me trompais.
Je ne parvenais pas à savoir si j’étais triste ou non. C’était peut-être la chose à faire ? J’aurais certainement dû rompre avant de partir une semaine en vacances avec lui. Tout s’était pourtant très bien passé. Nous venions de vivre de merveilleux moments. C’était sans doute ce qu’il fallait faire avant de terminer une relation. On ne gardait ainsi que de bons souvenirs.
En attrapant ma deuxième valise, je me demandai ce que j’allais bien pouvoir faire. Je pouvais faire une croix sur mes projets de futur avec lui. Fini le chalet à la montagne, l’élevage de chèvres, les soirées à se lover près du feu de cheminée.
En chemin pour rentrer dans notre petite maison du centre-ville, nous n’échangeâmes que des banalités avec le chauffeur.
— Je vais prendre le canapé, dit-il d’un ton las, alors que je mettais nos affaires dans la machine à laver.
— Je peux te laisser le lit, si tu ne veux plus qu’on dorme ensemble. Cela ne me dérange pas du tout. Sinon, tu peux continuer de dormir avec moi. Je promets de ne pas te violer.
— Babe , c’est extrêmement gentil de ta part. C’est difficile. Je préfère ne pas tenter le diable.

— Comme tu veux. Mais je peux te laisser le lit, il est plus confortable.
Il insista pour le sofa.
Quelques jours plus tard, Nathaniel et moi n’avions fait que nous croiser. Il avait passé la plupart de son temps à dormir. Alors que nous avions été si proches, nous étions devenus de parfaits étrangers. Je passais mes journées dans le restaurant dans lequel j’avais trouvé un emploi temporaire. Cela faisait pourtant trois longues années que je voyais la tête de mes collègues que je détestais le plus au monde.
Un jour, en rentrant, je trouvai Nathaniel encore sur le canapé. La télévision était éteinte. Il avait le regard dans le vide.
— Nathaniel ?
Il tourna sa tête vers moi.
— Je crois qu’il faut qu’on parle, dis-je.
Il haussa les épaules.
— Que s’est-il passé ?
— Babe , je te l’ai dit. Ce n’est pas facile. Je ne sais pas.
— Comment ça, tu ne sais pas ?
— On dirait qu’il va pleuvoir. Le ciel est menaçant.
Il essayait clairement de changer de sujet.
— Pourquoi ? Tu comptes sortir ?
— Non.
— Alors pourquoi tu me parles de la météo ? Je m’en fiche du temps qu’il fait.
Il haussa de nouveau les épaules.
— Tu as dit que ne tu ne pouvais pas m’épouser dans l’avion.
— Oui… Tu es incroyable, dit-il. Tu le sais, n’est-ce pas ?
Je lui adressai un regard interrogateur.
— Oui, mais je ne cherche pas de compliments, là.
— Ça m’a fait du bien de revoir l’océan. J’ai vraiment passé une très belle semaine de vacances avec toi. Elle n’aurait pas pu être plus parfaite.
— Nathaniel, je ne te comprends pas… enfin je veux dire que je ne te comprends plus.
— Tu sais, nous avons fait une planche de surf de fortune, et nous avons descendu les dunes avec. Et puis boom !
— Boom ?
— Nous avions du sable partout, même entre les fesses. Et sans eau, c’est difficile à enlever.
De quoi parlait-il ? Il me fallut quelques secondes pour comprendre qu’il ne semblait pas me raconter un événement joyeux. Je pris place sur le canapé à côté de lui et posai ma main sur son genou.
— Et donc, comme ça, je suis incroyable ? dis-je pour changer de sujet.
Il tourna la tête vers moi pour me sourire.
— Tu sais comment me remonter le moral. Je ne connais personne qui serait capable d’attendre sept ans. Tu as mis ta vie entre parenthèses, et je te la rends.
Il posa sa main sur la mienne. Elle était chaude et dure.
— Je n’ai pas non plus passé mes journées à t’attendre. J’ai eu mon diplôme, je travaille dans un restaurant pour me faire un peu plus d’argent.
— Ce n’est pas le métier de tes rêves. J’en suis conscient.
— Ça paie les factures, et c’est déjà pas mal.
— Tu aurais pu trouver un emploi qui correspond à tes diplômes.
— J’avais trouvé, mais je n’y peux rien si le patron du studio de musique est mort d’une rupture d’anévrisme deux semaines après m’avoir engagé.
— Tu es tellement beau qu’il n’a pas su te résister, ironisa-t-il.
— Oui, mais en tout cas, sa femme a tout vendu, sans se poser de questions. Elle n’en avait rien à faire, de licencier les trois employés.
— Pourquoi tu n’es pas retourné au Québec ?
— Nous en avons déjà parlé. Je voulais vivre avec toi ici, à Saint Andrews.
J’avais quitté le Canada pour les études, et Nathaniel était la première personne que j’avais rencontrée en arrivant à New York. Il venait de Saint Andrews, et adorait cette charmante petite ville dans laquelle nous nous étions installés lorsqu’il avait décidé de rejoindre l’armée.
— Et comment ça se passe au restaurant ? s’enquit-il.
— Ce n’est pas la folie. Mes collègues sont de plus en plus cons, mais je fais avec.
— Qu’en pense ta mère ?
— Elle sait que c’est… temporaire, dis-je en insistant sur le dernier mot.
— Babe , j’ai accepté une nouvelle mission.
— Oh, répondis-je.
— C’est à Washington.
— Tu ne vas pas repartir à l’étranger ?
— Pas pour le moment.
Il prit sa tête entre ses mains.
— Je n’ai pas été franc avec toi.
— Nathaniel ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Il poussa un long soupir.
— J’ai…
Il ne termina pas sa phrase.
— Oui ? finis-je par demander.
— J’ai rencontré quelqu’un.
Quoi ? Mon sang ne fit qu’un tour. Mon monde était en train de s’écrouler. Nathaniel et moi avions prévu de nous marier depuis le jour de notre rencontre. Et là, il m’annonçait sans ménagement qu’il était avec quelqu’un d’autre. Je n’en revenais pas. Finalement, je ne savais pas ce qui était pire, ces jours de silence ou cette révélation.
— Et ça fait combien de temps ? m’enquis-je.
— Trois ans.
— Quoi ? m’exclamai-je.
— Non, cela fait trois ans que nous nous sommes rencontrés. Il avait quelqu’un, et ils se sont séparés au printemps.
— Pourquoi tu ne me l’as pas dit ? Je croyais que nous nous racontions tout ?
Il baissa la tête.
— Au début, je pensais que c’était juste un coup de cœur, et que ça allait me passer. Mais nous avons fait beaucoup de missions ensemble, et au fur et à mesure nous nous sommes rapprochés.
— Je n’arrive pas à le croire…
Malgré tout, je ne parvenais pas à me mettre en colère. C’était comme si une partie de moi l’avait toujours su.
— Tu sais, Babe , honnêtement, je ne sais pas comment tu as fait pour m’attendre tout ce temps.
— Nathaniel, je pense qu’il est temps que tu ne m’appelles plus de la sorte. J’ai un véritable prénom.
— Je le sais, mais tu resteras toujours «  Babe  » pour moi. Je pense que tu as assez souffert de mes absences.
— Mais nous avions un plan, me défendis-je.
J’étais quelqu’un qui n’aimait pas forcément les surprises. Je planifiais tout ce que je pouvais des mois à l’avance. Je trouvais cela plus pratique, et puis planifier évite de se retrouver dans de mauvaises postures.
Notre relation avec Nathaniel était parfaite. Bien entendu, j’avais beaucoup souffert de ces nuits où j’aurais eu envie de le serrer dans mes bras, ou de me blottir contre lui.
— Tu devrais arrêter avec les plans, dit-il.
— Pardon ? Je croyais que c’était l’une des choses que tu aimais chez moi ?
— Tu ne t’es jamais dit que le plan devait quelquefois changer ?
— Non, pourquoi ?
— Parce que ni toi ni moi ne sommes les mêmes personnes qui se sont rencontrées à New York. Tu n’as jamais pensé que peut-être nous restions ensemble par confort ?
— Je…
J’ignorais quoi lui répondre.
— Je pense que notre histoire ne tient plus que parce que nous nous sommes accrochés, toi et moi, à une idée du « nous deux » qui n’existe plus.
— Je ne te comprends pas. Il y a toujours un « nous deux ». Enfin, je le croyais, jusqu’à ce que dans l’avion, tu m’annonces sans ménagement que tu me quittes. Et puis, je ne sais pas qui te met ce genre d’idée en tête, mais si je ne t’aimais plus, je serais parti depuis très longtemps. Je t’aime Nathaniel.
— Babe , tu n’es pas amoureux de moi, mais du plan.
J’avais l’impression qu’il venait de me tirer une balle en plein cœur, et qu’il était en train de tout faire pour m’achever.
— Il serait grand temps que tu commences à m’appeler William, rétorquai-je, froidement.
— S’il te plaît.
— Tu es fou. Je ne vois pas d’autre solution. Tu penses sincèrement que si je n’étais plus amoureux de toi, je serais resté tout ce temps à t’attendre ? Bien sûr qu’il y avait le plan, mais je ne l’ai pas fait dans ton dos. Nous étions deux pour le faire. Dois-je te rappeler que c’est toi qui à peine quatre mois passé ensemble qui m’as dit que j’étais l’homme de ta vie et que tu voulais m’épouser. Le plan est né de ça.
— Tu sais, nous ne sommes pas comme tes parents.
— Pourquoi tu les mêles à cette histoire ?
— Nous ne pourrons jamais rivaliser avec tes parents qui s’aiment tellement qu’ils en ont raté leur divorce.
Il y a plusieurs années, mes parents avaient décidé de se séparer, mais finalement cela avait redonné un souffle nouveau à leur couple, et maintenant, ils s’aiment encore plus qu’avant. Ils continuent de se chamailler, mais c’est ainsi qu’ils fonctionnent.
— Cela n’a rien à voir.
— Je sais que quelque part tu les envies et tu aimerais que notre relation soit aussi forte que la leur.
— Tu as décroché ton diplôme de psychologie lors de ta dernière mission, ou c’est encore quelque chose que tu m’as caché ?
— Tu te souviens de Thanksgiving chez mon père ?
— Oui, pourquoi ?
— Il m’a dit que si je devais t’épouser, il fallait que je te rende le plus heureux du monde.
Je ne comprenais pas où il voulait en venir avec cette anecdote.
— Tu sais ce que j’ai fait pendant mes jours de repos dans les dernières missions ?
— Non.
— J’ai collecté des objets souvenirs de tous les endroits où nous sommes allés pour te gâter.
— C’est gentil, mais ce n’est pas une demande de ma part.
— Et puis, un jour, j’ai trouvé un super objet. J’étais tellement content de moi. Et la femme en face de moi m’a demandé le prénom de ma bien-aimée. Plutôt que de lui donner ton prénom, je suis resté muet, comme si je ne m’en souvenais pas.
— Tu n’arrivais plus à te souvenir de mon prénom ? m’offusquai-je.
Cela me blessait encore plus.
— Le seul truc auquel je pouvais penser, c’était de me demander si j’avais bien nettoyé mes bottes, car le matin j’avais marché dans la boue.
— Tu te moques de moi ? Tu es en train d’acheter quelque chose pour moi, et tu penses à tes bottes sales ? Tu étais avec ton nouveau mec ?
— Non, pas du tout ! se défendit-il. C’est juste que je ne sais pas. À cet instant, je me suis dit que tu n’étais peut-être pas le bon.
— Et je peux savoir ce que c’était ?
— Est-ce que cela a vraiment de l’importance ?
— Je ne sais pas. Je suis totalement perdu avec toi. Pourquoi tu n’as jamais essayé de m’en parler ? Nous nous sommes envoyé des centaines de courriels. Nous nous sommes appelés dès que tu pouvais. Nous avons passé des vacances magiques. S’il n’y avait jamais eu de turbulences dans l’avion, aurais-tu eu le courage de m’avouer ce que tu ressentais ?
— Notre relation mérite bien plus qu’un simple email d’adieu. J’avais des doutes. J’en ai encore. J’ignore si la décision que nous prenons est la bonne.
— Non, je t’arrête tout de suite. Tu l’as prise seul, la décision, enfin, je pense.
— Babe , arrête de te mentir. Tu sais très bien qu’au fond de toi tu ressens la même chose.
— Comment tu peux dire cela ? Tu ne sais pas ce que je ressens.
— S’il te plaît ! supplia-t-il. Je n’ai pas envie que nous nous fâchions pour si peu.
« Pour si peu » ? Il était marrant, lui. Il avait pris une décision sans m’en parler, et je devais l’accepter sans rien dire. Je prenais petit à petit conscience qu’il n’y aurait plus jamais de « nous deux ».
— Nous ne nous sommes vus que dix fois cette année. Tu penses réellement que nous pouvons continuer à former un couple ?
Il avait totalement raison. J’ignorais si j’étais triste de la séparation où s’il avait raison et qu’il me forçait à en prendre conscience.
— Je pense que ces derniers mois, nous nous sommes accrochés à notre relation en espérant qu’elle reviendrait à celle qu’elle était lorsque nous étions à l’université. Et lorsque j’ai passé une semaine à Washington, tu n’es pas venu me voir.
Il était en train de rejeter la faute sur moi, ou alors je ne comprenais pas vraiment pourquoi il me disait ça.
— Tu sais très bien que je devais travailler ! me défendis-je. Et puis, tu aurais très bien pu venir me voir le week-end. Ce n’est pas en m’accusant que tu vas arranger les choses.
— Je ne t’accuse pas. Je ne fais que constater les choses. Notre relation nous a échappé. Admets-le.
— Qu’est-ce que tu racontes ? Je suis en train de planifier notre mariage. Tu pensais certainement que je passais mes soirées à me tourner les pouces ? Ce n’est pas le cas.
— Je n’ai jamais dit cela. Je sais que nous deux, c’est spécial. Nous nous aimons bien, enfin beaucoup.
Je plantai mon regard dans le sien.
— Tu sais que c’est avec toi que j’ai envie de me marier. Je n’ai eu aucune aventure durant toutes ces années où je t’ai attendu. Et maintenant, tu m’annonces que je ne suis pas le bon.
Je me levai d’un bon. Il attrapa mon bras.
— Babe , pourquoi veux-tu que je t’épouse ?
— Parce que tu m’aimes, et que nous nous aimons.
— Tu ne le penses pas réellement.
— Comment oses-tu dire ça ?
— Je le sais. Je ne me l’explique pas. Je sais que nous nous aimerons toujours, mais plus comme avant. Nous ne sommes plus un couple. Au fond de toi, tu sais que j’ai raison.
— Arrête de dire que tu sais ce que je ressens. Tu n’es pas à ma place.
Je n’avais jamais rêvé qu’un prince charmant vienne m’enlever sur son beau cheval blanc. Je voulais juste être heureux dans les bras de l’homme de ma vie. Mais maintenant que Nathaniel venait officiellement de rompre, quel était le plan du reste de ma vie ?
 

 
Chapitre 2
 
RODY
 
 
— Je sors, dit Rody.
Il fouilla sur la commode de l’entrée à la recherche des clés de la voiture. Il pensait que Valerio, le chauffeur, les y avait laissées à leur retour.
— Pour aller où ? s’enquit Ander, le secrétaire de Rody.
— Nulle part. J’ai simplement envie de prendre l’air.
— Vous ne venez pas de sortir ?
— Si, mais j’ai besoin de me balader seul.
— Valerio est parti faire son footing. Ne pouvez-vous pas attendre qu’il revienne ?
— Je n’ai pas besoin de lui. Je ne pense pas m’éloigner.
Rody finit par trouver les clés.
— Vous savez très bien que cela n’est pas possible. Vous ne pouvez pas sortir sans lui.
— Que voulez-vous qu’il m’arrive ? Personne ne me connaît ici.
— Carlene Walker sait très bien qui vous êtes.
— Je suis son invité, mais pas son prisonnier, il me semble. En plus, je suis persuadé qu’elle n’a dit à personne que j’étais chez elle. Etheria est très petite et je doute fort que les Canadiens sachent qui je suis.
— La Couronne aura ma peau s’il vous arrive quelque chose.
— Désirez-vous que j’envoie une note à ma mère pour lui dire que j’ai décidé d’aller me promener seul ? Comme ça, il ne vous arrivera rien.
— Ce n’est pas en faisant de l’ironie que vous allez me rassurer.
— Ander, vous vous inquiétez beaucoup trop. Je vous assure qu’il ne m’arrivera rien. J’ai vraiment besoin de me retrouver seul.
Après avoir passé trois jours sur l’île d’Orléans, dans la province de Québec, Rody n’avait rien vu d’autre que la plage. Il avait envie de découvrir un peu plus les alentours. Il avait lu dans un guide qu’il y avait un chocolatier au sud de l’île qui faisait d’excellentes crèmes molles enrobées de chocolat qu’il fallait absolument essayer.
Rody en avait marre de passer ses soirées à jouer aux cartes. Il avait envie de profiter de ces quelques jours au Canada pour découvrir le pays. Il savait très bien qu’il n’aurait sans doute plus jamais la possibilité de le faire dans le futur, en tout cas sans être suivi par une horde de journalistes et de paparazzis.
Le jeune homme commença à se diriger vers la porte lorsqu’Ander l’interpella.
— Savez-vous au moins où aller ?
— Non, mais c’est une petite île, je ne vais pas en sortir. Je vous le promets. De toute façon, je sais que vous vous mettriez à ma recherche très rapidement si je ne réapparaissais pas.
Ander était un homme anxieux, et depuis qu’il était au service du prince héritier, il ne parvenait pas à se détendre. Après toutes ces années en tant que secrétaire de Rody, il se faisait un sang d’encre pour tout.
— Profitez-en pour vous faire couler un bon bain ou pour vous prélasser dans le jacuzzi. Je sens que vous en avez besoin. Je ne suis que prince, et vous êtes déjà très tendu. Je n’ose imaginer ce que ce sera lorsque je serai roi.
— Puisque Valerio n’est pas disponible, je viens avec vous.
Rody soupira.
— J’ai besoin d’être seul, de faire le point, de penser…
— À quoi ?
— Je ne sais pas, moi. À la vie… à la mort… à l’amour…
Ander le regarda avec inquiétude.
— Je vous rassure, je ne vais pas me suicider. Je vais très bien.
Le secrétaire ne baissait pas les yeux.
— Avez-vous au moins votre téléphone portable sur vous ?
— Évidemment, répondit Rody en le sortant de sa poche de pantalon. Je ne tarderai pas. Je serai de retour avant que vous vous aperceviez que je suis sorti.
Rody sortit de la grande maison et se dirigea vers la voiture de location. Il prit place sur le siège conducteur et démarra. Il conduisit vers le sud de l’île pour se rendre à chocolaterie de Sainte-Petronille.
Il ouvrit les fenêtres pour profiter de l’air pur.
Le soleil de juillet réchauffait l’intérieur de ses poumons, et la brise créée par la vitesse caressait ses cheveux noirs.
Rody se sentait libre pour la première fois depuis longtemps. Il savait qu’à son retour à Etheria, il n’aurait pas d’autre choix que de s’enfermer pour se préparer à son couronnement.
Il repensa aux derniers instants passés avec son père sur son lit d’hôpital. Ce dernier lui avait promettre qu’il fallait faire passer le royaume avant sa propre vie.
De l’autre côté, sa mère insistait pour qu’il trouve quelqu’un à épouser. Elle s’était convertie en genre de marieuse professionnelle, et avait épluché tous les dossiers des épouses potentielles.
Le futur roi ne se sentait pas prêt à se marier. Il aurait bien aimé être un peu plus libre dans ses choix. Il aurait tant aimé pouvoir tomber amoureux plutôt qu’on lui impose quelqu’un juste dans le but de pouvoir donner un héritier au trône.
Rody n’avait jamais eu de vraies relations amoureuses. Il était sorti avec quelques filles, lorsqu’il était plus jeune, mais il ne se sentait pas à l’aise. C’était comme s’il y avait toujours eu une sorte de gêne.
Le prince continua de rouler le long de la rue du Chemin Royal. Le nom de la route résonnait en lui. Était-il prêt à monter sur le trône ? Ce chemin le menait-il vers sa destinée ? Il y avait une sorte d’ironie.
Il traversa plusieurs petits groupements de maisons. Il ignorait si c’étaient des petits villages ou si l’île entière constituait en quelque sorte une ville de taille moyenne.
Soudain, il vit un homme garé sur...

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