Un silence forcé
270 pages
Français

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Un silence forcé , livre ebook

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Description



Pour l’infirmier Adam Carson, son monde est fait de lumières, de sirènes et se résume à essayer de sauver des vies. Les pressions au travail le maintiennent fermement dans le placard, et sa vie est trop animée pour faire face aux complications qui accompagnent les rencontres et les relations. Lorsqu’un visage familier de son passé se retrouve là où il l’attend le moins, Adam commence à se demander s’il y a ou non de la place dans sa vie pour ces complications.


La dernière personne que le médecin légiste Sam McKenna s’attend à voir un soir au pub est Adam, le type qui a fait de sa vie un enfer au lycée. L’attirance est instantanée, mais Adam n’est pas gay et Sam n’a aucun intérêt à le poursuivre. Pourtant, l’animosité restante de leur adolescence n’est pas suffisante pour éteindre le désir croissant entre eux. Après avoir été tous les deux appelés sur la scène d’un meurtre horrible, Adam admet qu’il n’est pas aussi hétéro qu’il a amené Sam à le croire et ils recherchent du réconfort et une distraction dans les bras l’un de l’autre. Une nuit se transforme en plusieurs alors que l’enquête sur les meurtres s’intensifie, mais lorsqu’Adam est sur le point de perdre Sam, il est forcé de faire un choix : rompre son silence ou tout abandonner pour le métier qu’il aime.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 56
EAN13 9782376761600
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
19 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 92100 Boulogne-Billancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
Un silence forcé
Copyright de l’édition française © 2017 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2015 Cate Ashwood
Publié chez Dreamspinner Press, 5032 Capital Circle SW, Ste 2, PMB# 279, Tallahassee, FL 32305-7886 USA
Titre original : A forced silence
Traduit de l’anglais par L.L. Cam
Relecture française par Valérie Dubar, Jade Baiser, Miss relect addict
 
Conception graphique : © 2017 Francessca Webster
Tout droit réservé. Aucune partie de cet ebook ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-160-0
Première édition française : août 2017
Première édition : décembre 2015
 
Édité en France métropolitaine
 
 
 
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Remerciements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
Cet ebook contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
 
Pour le garçon qui est devenu un héros. Je t’aimerai toujours.
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
 
Un grand, énorme, gigantesque merci à Sandra, LJ, Trisha, Crissy, Julia et Audrey. Vous, mesdames, vous êtes incroyables, et votre contribution et votre soutien ont été inestimables.
Et merci à toute la famille Dreamspinner pour son travail acharné pour faire de ce livre une réalité. Il aura toujours une place spéciale dans mon cœur.
 
 
 
Un silence forcé
Heure H – Tome 1
 

 
Cate Ashwood
 

Chapitre 1
 
 
 
 
— Tu viens ce soir, n’est-ce pas ? demanda Ford, sa voix difficilement audible, noyée dans le bruit de la circulation.
— Euh, non, je ne pense pas, dit Sam tout en s’affaissant dans le fauteuil et levant ses pieds du tapis en jonc de mer pour les poser sur la table basse.
— Oh, allez. On va s’amuser. Ils sont sympas et ils travaillent tous à l’hôpital ou à côté, donc tout le monde aura un point commun. Tu n’es jamais sorti avec nous et tu l’avais regretté la dernière fois.
— Je ne sais pas si « regretté » est le bon mot.
Sam entendit presque Ford lever les yeux au ciel dans le combiné.
— Tu es terré dans ton bureau au donjon toute la journée. Tu ne parles avec presque personne. Les gens vont penser que tu es quelqu’un de reclus et bizarre.
— Ce n’est pas le donjon. Et peut-être que je suis reclus et bizarre.
Ford rit.
— Tu ne l’es pas. Un petit peu antisocial peut-être, pourtant je suis plutôt certain que tu n’as aucun cadavre caché dans ton sous-sol.
— Plutôt certain, seulement ?
— Eh bien, je n’ai jamais remarqué une odeur de décomposition émanant de la cave chez toi.
— Le Febreze, ça marche très bien.
— Plus sérieusement, tu devrais venir. Ça va être amusant.
— Je vais réfléchir. Je ne suis pas très axé sur les bars.
— Ce n’est pas vraiment un bar et je n’accepte pas de refus. Je viens te chercher chez toi à dix-huit heures. Et ne mets pas ta blouse blanche.
Sam pouffa.
— Je ne suis pas asocial à ce point. Attends, dix-huit heures ? C’est dans quinze minutes !
— Eh oui. À tout à l’heure.
Sam raccrocha et soupira. Il ne voulait vraiment pas y aller. Il avait eu une dure journée au travail. Faire face à la mort tous les jours lui donnait une perception biaisée de la vie, mais ce jour-là avait été particulièrement difficile. Son jogging, une boîte de ces faux cupcakes au chocolat avec le glaçage en arabesques ainsi qu’un disque dur rempli d’heures d’épisodes de Game of Thrones l’attendaient. L’idée de devoir sortir dans le froid puis d’afficher une expression chaleureuse et de parler de la pluie et du beau temps avec des inconnus lui paraissait être la pire forme des tortures.
Mais Ford, son meilleur ami infirmier aux urgences de l’hôpital Saint-Joseph Memorial, le tannait depuis des mois pour qu’il sorte avec eux. Sam était à court d’excuses. Il n’avait pas beaucoup d’amis. Il était solitaire et honnêtement, il préférait sa propre compagnie. Ford avait raison, cela dit. Les gens allaient le trouver bizarre. Il ne travaillait pas à Saint-Jo depuis longtemps, mais l’année passée à son nouveau poste de médecin légiste avait été plaisante jusque-là.
Il avait rencontré Ford à Code Bleu , une soirée caritative en faveur des urgences l’année précédente. Le personnel de l’hôpital n’était pas tenu de s’y rendre, mais il était recommandé d’y aller. La chance les avait placés à la même table et ils étaient devenus amis instantanément en se découvrant une passion commune pour les films d’horreur gores. D’ordinaire, Sam n’était pas aussi sociable. Il n’était pas timide, mais il préférait rester discret la plupart du temps. En général, les gens l’ennuyaient, alors il évitait les interactions sociales autant que possible. Mais la semaine suivante, Ford s’était pointé dans son bureau avec deux parts d’enchiladas au poulet venant du restaurant mexicain ambulant de l’autre côté de la rue. Depuis, ils étaient proches.
 
 
Ford arriva pile à l’heure, se garant dans l’allée tandis que Sam fermait sa porte de devant à clé. Il traversa le jardin, ses bottes laissant des traces dans la fine couche de neige tandis qu’il marchait à grandes enjambées vers la portière côté passager, puis il monta.
— Merci d’être venu me chercher, dit-il en essayant de ne pas laisser l’ironie pointer dans sa voix.
Ford rit.
— Hum. Parce que si je t’avais laissé te débrouiller, tu n’y serais jamais arrivé.
Sam eut un rictus, mais ne répondit pas. Il s’installa et attacha sa ceinture tandis que Ford faisait marche arrière.
 
 
Le Cooper Nickel était déjà bondé, malgré le fait qu’il s’agissait d’un soir de semaine et qu’il était encore tôt. Il avait un côté louche qui attirait les gens. Il était dénué de la prétention ambiante des autres bars en ville et avait une clientèle populaire. La porte noire et les boiseries de la fenêtre dotée d’un sigle noir lui conféraient un cachet européen et l’extérieur était rouge brique avec un petit auvent rétractable qui servait à couvrir la terrasse. Un petit groupe de personnes était rassemblé sous l’abri, se blottissant contre le froid, juste pour prendre quelques bouffées de leurs cigarettes. Sam ne pouvait pas dire qu’il comprenait le désir de se les geler pour une petite dose de nicotine, mais chacun son truc.
Ford s’avança et ouvrit la porte, en la tenant pour Sam tandis qu’il entrait. Ce dernier secoua la neige de ses épaules et se tint en arrière, attendant que Ford mène la danse. N’ayant jamais mis les pieds dans ce bar, il ne savait pas où il était censé aller ou qui il devait chercher, d’ailleurs. Il était difficile de voir à travers la foule et le faible éclairage n’aidait pas. Il talonna Ford qui le mena à l’étage. L’endroit était plus petit qu’en bas, mais il était aussi plus calme et moins bondé. Des tables étaient éparpillées et un billard se tenait dans un coin. À en juger par les regards accueillants qu’ils reçurent, il sembla que les amis de Ford avaient réquisitionné la majeure partie de la pièce en regroupant des tables au milieu.
— Allez, viens, l'encouragea Ford.
Sam le suivit de près, regrettant de ne pas avoir plus protesté. Son jogging et sa télévision lui semblaient de plus en plus tentants. Tant pis, c’est trop tard maintenant.
Arrivé à hauteur du groupe de tables, Ford commença les présentations. Une série de « enchantés » fut échangée puis ils s’assirent et la conversation reprit là où Sam et Ford l’avaient interrompue.
— Où sont Adam et John, demanda Ford à la fille à côté de lui.
— John vient juste d’envoyer un message. Ils ont eu un appel tardif. Ils arrivent, répondit-elle.
— Très bien. Je vais nous chercher des bières. Sam, veux-tu quelque chose ?
— Ce que tu prends, répondit Sam.
— Ça marche.
Il disparut, à la recherche de leurs boissons. Sam appliqua ce qu’il espérait être un sourire chaleureux sur son visage et écouta la conversation se dérouler. Bien entendu, la plupart des sujets de conversation tournaient autour du travail, ce qui menait invariablement à des ragots. Ayant passé le plus clair de son temps isolé dans son bureau ou à la morgue, Sam n’avait aucune idée de qui ils parlaient, mais il fit semblant de s’intéresser tout en cessant de les écouter.
Ford revint quelques minutes plus tard et fit glisser une pinte de bière sur la table jusqu’à Sam.
— Ah, les voilà, dit Ford en tournant la tête vers deux hommes qui se dirigeaient vers la table.
— Adam, John, voici Sam. Sam, je te présente deux des héros les plus laids en ville, John et Adam.
Ford fit les présentations et John s’assit en face de lui, levant le menton en guise de salutation.
Sam eut du mal à déglutir, ne faisant attention à rien d’autre qu’à l’homme qui se tenait debout devant lui. Adam Carson. Il vit les yeux d’Adam s’éclairer tandis qu’il le reconnaissait, et un léger rictus apparut sur son visage. Il avait le même air prétentieux que lorsque Sam le côtoyait, des années et des années auparavant.
— Tu as bien grandi, Dexter, dit Adam, utilisant le surnom dont il l’affublait à l’école.
Sam haussa un sourcil.
— Pas toi, on dirait.
— Vous vous connaissez tous les deux ? demanda Ford, les sourcils interrogateurs.
— Oh, avec Dex, on se connaît depuis longtemps, lança Adam, ne détournant pas son regard de Sam.
— Dex ?
Sam leva les yeux au ciel. Ford était son ami, mais cela ne signifiait pas qu’il avait envie de remuer tout ce qui s’était passé au lycée. Ce nom l’avait hanté jusqu’en terminale. Lorsqu'il avait déménagé, il l’avait laissé derrière lui, mais ce soir, il semblait qu’il l’avait suivi.
— C’est une longue histoire, dit Adam. C’est bon de te voir. Ça fait un bail.
Sam acquiesça poliment et essaya de se concentrer sur autre chose. Il avait connu Adam une éternité auparavant. Sam n’était plus la même personne qu’il avait été dans ses années d’adolescent fragile. La carapace de détachement frêle qui couvrait un noyau d’insécurité profonde était partie depuis longtemps. Il avait appris à être fier de qui il était, et il le devait à lui-même.
Mais il aurait menti s’il avait dit que les mêmes sentiments de doute ne s’étaient pas emparés de lui à l’instant où il avait réalisé que c’était Adam Carson qui traversait la pièce dans leur direction. Il avait toujours été beau, mais depuis la dernière fois que Sam l’avait vu – à la remise de diplômes – il avait assurément muri, physiquement au moins. Le bel adolescent était devenu le type d’homme qui respirait la masculinité, sa confiance en lui décontractée si puissante que Sam pouvait presque sentir son goût de là où il se tenait. Adam portait un jean taille basse qui serrait ses hanches et son tee-shirt gris clair était suffisamment moulant pour rendre apparent les muscles bien fermes en dessous.
Sam eut des papillons dans le ventre en sentant le regard d’Adam plonger en lui.
Accepter de se faire traîner ici par Ford devenait vite la pire décision qu’il avait prise depuis longtemps.
Adam rejoignit John en prenant une chaise de l’autre côté de la table en face de Sam et se joignit sans effort à la conversation. Vu la façon décontractée dont ils plaisantaient et se taquinaient, il était clair qu’ils se connaissaient tous bien. Un bref instant, de la jalousie colora le cœur de Sam. Il ne se fondrait jamais aussi facilement dans un groupe. Depuis le lycée, il avait passé sa vie à essayer de s’améliorer, mais entre douze années d’études, un travail intense et son aversion pour les autres, il n’avait que peu de place pour les interactions sociales.
Sam s’appuya sur son dossier et laissa les plaisanteries voler autour de lui. Maintenant qu’il n’était plus au centre de l’attention, il admettait que même si la solitude était plaisante, cela pouvait avoir du bon de changer de temps en temps. Perdu dans ses pensées, il parcourut du doigt les sillons dans le bois de la table. Il leva les yeux vers l’endroit où Adam tenait son verre. Ses mains étaient larges et fortes avec des doigts légèrement calleux et prêts au combat. Une pensée le traversa : ce que ça ferait d’avoir ces mains sur lui.
Il secoua la tête pour se débarrasser de cette image mentale. Peu importe à quel point Adam était attirant, il n’allait pas titiller l’idée de coucher avec lui. À part le fait qu’il était agréable à regarder, Sam le haïssait. Et même s’il avait pu le supporter, c’était une spéculation stérile. Au lycée, Adam avait passé plus de temps à prouver à quel point il était indéniablement hétérosexuel qu’à faire quoi que ce soit d’autre.
Non, Sam n’allait pas s’engager sur cette voie.
Ses rêveries bien dissipées il leva les yeux et vit qu’Adam le fixait. Il rougit et Adam lui sourit. Il était impossible qu’il fût au courant de ce qui lui passait par la tête. Il se réprimanda lui-même d’être aussi paranoïaque.
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
Adam venait souvent au Copper Nickel . Situé entre l’hôpital et le commissariat, il était surtout fréquenté par le personnel de l’hôpital, des médecins et des flics. Son mentor l’y avait emmené après sa première patrouille et depuis, il s’y rendait au moins une fois ou deux par semaine. La plupart du temps, il y allait juste avec ses collègues John et Caleb, mais de temps en temps un groupe se rejoignait pour boire quelques verres afin de décompresser de leur travail. C’était une catharsis et avait moins attrait à l’alcool qu’avec le fait de se retrouver entre personnes qui comprenaient ce que c’était de porter l’uniforme.
En plus d’être idéalement placé, le bar avait une atmosphère plaisante. Il paraissait un peu brut de décoffrage, ayant perdu son lustre d’antan au fil des années, mais la foule d’habitués témoignait de la qualité de l’endroit. Le bois sombre et le faible éclairage étaient plus dû à l’âge du bâtiment qu’à une tentative des propriétaires de suivre les tendances ou de rendre les clients plus attirants. Pendant toute sa garde, Adam avait eu hâte de pouvoir décompresser, alors lorsqu’ils avaient eu un appel tardif avec John, cela l’avait irrité. Les appels d’urgence tardifs étaient une chose. Lorsque l’équipe de nuit n’était pas encore arrivée et que le changement d’équipe n’était pas tout à fait venu, il n’y avait rien à y faire. Mais quand l’appel venait d’un type qui avait épuisé son stock de « pilules pour queue » et avait besoin de se rendre à l’hôpital, Adam avait du mal à garder son sang-froid.
Après avoir donné un cours au type sur ce qui constituait ou non un appel d’urgence, ils lui avaient donné une autre sorte de leçon et ils s’étaient assurés qu’il signe les papiers déclarant qu’il n’avait finalement pas besoin de leur assistance. Parfois, cela faisait du bien d’éduquer les gens qui en avaient besoin. Adam faisait ce job depuis suffisamment longtemps pour savoir si les gens les menaient en bateau ou non assez aisément. Ses années de service lui avaient également conféré l’expérience nécessaire pour savoir s’il était acceptable de leur faire tomber le masque.
Heureusement, la première partie de leur journée s’était bien passée. Ils n’avaient pas de stagiaires, ce qui signifiait que leurs missions étaient plus rapides et plus calmes. Ils n’avaient dépassé la fin de leur service que d’une demi-heure seulement.
Dès leur arrivée, lorsqu’Adam réalisa qui Ford avait amené avec lui, il s’était presque étranglé avec sa propre langue. Sam McKenna était la dernière personne qu’il s’attendait à voir. Il avait parcouru des yeux son corps, faisant de rapides comparaisons avec le garçon – ou plus précisément, l’emmerdeur – qu’il avait connu quelques années plus tôt. Il s’était visiblement bonifié avec le temps. L’adolescent qu’il avait connu correspondait parfaitement au stéréotype du geek maigrelet. Dex avait toujours été de taille moyenne, atteignant un mètre quatre-vingts à la dernière année de lycée. Il semblait avoir connu une croissance tardive. Il était à présent à peine plus petit que le mètre quatre-vingt-dix d’Adam.
Son corps avait changé lui aussi, passant de maigre et dégingandé à élancé et musclé. Sa peau avait une teinte d’or pâle qui allait parfaitement avec ses cheveux sombres et ses yeux vert clair. Il y avait une confiance tranquille en lui, comme s’il était mieux dans sa peau, plus à l’aise avec qui il était. Au lycée, Dex était si focalisé sur ses cours qu’il était devenu la personne la plus coincée qu’Adam avait rencontrée. Mais il était aussi malin et ambitieux.
Celui qui était assis en face d’Adam ce soir aurait pu être un autre homme. Très séduisant dans sa chemise boutonnée jusqu’en haut et ses manches retroussées, révélant les muscles noueux de ses avant-bras. Adam aurait voulu le déshabiller afin de vérifier si les muscles sous ses vêtements étaient aussi excitants que ceux qu’il pouvait voir. Dex avait les cheveux un peu plus longs qu’au lycée et Adam eut désespérément envie d’y passer ses doigts.
Il devait se contrôler. Baver sur un type au milieu d’un bar bondé ne faisait pas partie de son programme cette nuit. Jamais, d’ailleurs. Il contrôla son expression et se força à rejoindre une conversation portant sur les derniers changements de politique syndicale, un sujet qui le faisait mourir d’ennui, mais qui semblait toujours enflammer l’opinion et provoquer des discussions chez les autres. Cependant, il avait du mal à écouter. Son regard se reposa sur Dex, qui écoutait attentivement sans participer au débat.
Adam se demanda ce que Dex faisait là. Il n’avait pas l’air complètement à son aise, son corps un peu raide et il était assis très près de Ford. Étaient-ils ensemble ? Adam savait que Ford était homosexuel et quelques années auparavant, son ami Mason avait confirmé les suspicions planant sur Dex. Sa conversation téléphonique avec Mason avait été incroyablement embarrassante lorsque ce dernier, troublé et manifestement ivre à en juger par ses insultes, avait appelé Adam. Pendant presque une heure, il avait traité Dex de pédale et dit qu’il avait certainement fantasmé sur lui pendant toute la durée de leur amitié.
Une colère était montée dans la poitrine d’Adam et l’espace d’un instant, il avait pensé faire son coming-out auprès de Mason. Comment aurait-il réagi en apprenant que ses deux meilleurs amis préféraient les queues ? Il réprima ce souvenir et se concentra à nouveau sur le moment présent.
Il était rarement troublé par un autre homme et Dex battait tous les records. Il pouvait à peine se concentrer sur la conversation et, tandis qu’il arrachait son regard de Dex qui faisait doucement glisser ses doigts sur le bord de la table, Adam remarqua que John le fixait d’un drôle d’air. Son cœur bondit. Il devait faire plus attention.
Il regarda autour de lui et ses yeux se posèrent sur le billard se tenant de l’autre côté de la pièce. Il était entouré de filles en jeans moulants – le genre de filles à qui Adam aurait dû être en train de faire des avances s’il voulait garder la façade d’hétérosexualité qu’il maintenait depuis des années.
Adam regarda John à nouveau. Apparemment, il n’était pas le seul à avoir remarqué les filles. John les fixait, bavant presque. John avait toujours été attiré par un type de filles très particulier. Celles autour du billard y correspondaient parfaitement : grandes, bronzées et jolies.
Adam pencha la tête en direction du billard, les sourcils relevés.
— Hmm… Ne devrait-on pas aller voir si elles veulent des cours ?
John n’attendit pas la réponse, repoussa sa chaise et se mit en direction du billard.
Adam hésita. Il allait être compliqué d’observer discrètement Sam depuis l’autre côté de la pièce et il avait envie de tout sauf de flirter avec des filles qui ne l’intéresseraient jamais. Mais il était parfois nécessaire de sauver les apparences. Il rejoignit John quelques minutes plus tard. Dans le court laps de temps lors duquel il s’était absenté, il avait déjà pris place derrière une des filles, lui montrant comment se servir correctement de la queue.
— Carson, j’ai cru que tes testicules avaient rétréci et que tu étais devenu une trop grosse mauviette pour venir jouer, dit John.
Il fit courir ses mains sur le corps de la fille collée contre lui, provoquant chez elle un petit rire aigu.
— Je te présente Steph…
Il fit un geste en direction de la petite brune trop bronzée de l’autre côté de la table.
— Et voilà Mandy. Elle fait des études pour devenir assistante dentaire et Steph ici présente vient juste de me confier que Mandy a un faible pour les hommes en uniforme. Tu imagines ça ?
John se pencha vers Adam et remua ses sourcils.
— Va l’aider, mec. Dans son corps de métier, elle doit sûrement savoir deux ou trois choses sur la succion.
Les filles qui voulaient rien de plus que se taper un type en uniforme le faisait grincer des dents.
Adam avait toujours fait attention à garder ses préférences pour lui-même. Son chef d’unité l’avait invité à dîner plusieurs fois chez lui et la présence d’une fille quelconque de l’autre côté de la table montrait clairement que la femme de son chef tentait d’arranger un coup. Il avait invité des filles à sortir une ou deux fois, juste pour être poli, mais il les amenait toujours dans des lieux publics et trouvait toujours des excuses pour éviter de seconds rendez-vous.
Même s’il avait l’impression de mentir à tout le monde, un coming-out n’était pas envisageable. Pas dans son métier. Bien sûr, le syndicat rabâchait toutes sortes d’idioties à propos d’égalité et de tolérance, mais ses représentants n’étaient pas à l’arrière de l’ambulance, en première ligne. Plus d’une fois, il avait pensé le dire à John. Ils faisaient équipe depuis qu’Adam avait été muté au Poste de Secours 217 et étaient devenus proches au fil des années. Mais même s’il le connaissait bien, il ne pouvait toujours pas prédire comment il réagirait. Il ne voulait pas avoir de doute quant au fait qu’il protègerait ses arrières, donc Adam la fermait.
Il se demanda à quel point il allait susciter des soupçons s’il prenait congé du billard et des jolies filles pour passer du temps avec un type qu’il n’était même pas censé apprécier. Peut-être cela n’allait pas être si étrange. Ils s’étaient connus au lycée. Il aurait pu prétendre vouloir prendre de ses nouvelles. Steph choisit ce moment pour se pencher, lécher le lobe de l’oreille de John et attraper ses fesses des deux mains. Merde. Il n’avait aucune envie de passer sa soirée à repousser des filles ivres et excitées ce soir, mais garder son secret n’était pas toujours une partie de plaisir. Il serra les dents et leur fit son sourire classique à faire tomber les sous-vêtements, qu’il n’utilisait que pour cela, et provoqua l’effet voulu : les filles gloussèrent et Mandy mit ses cheveux en arrière.
Il saisit une queue et se pencha sur le billard, envoyant son premier coup sur le feutre vert fatigué. Il aurait préféré être à la table, mais un homme devait faire ce qu’un homme devait faire pour maintenir son image.
 

 
Chapitre 3
 
 
 
 
Sam connaissait le penchant d’Adam pour les blondes. Dans les couloirs du lycée, ce dernier essayait de se faire remarquer dès qu’il croisait Vanessa Dunsmore, sa chevelure blonde parfaite s’agitant dans une queue de cheval lisse. Le bruit courait qu’il lui avait pris sa virginité dans le sous-sol de Michelle Wilson pendant une fête en troisième. Mason y était, pas Sam. Pendant que ses amis sortaient pour draguer les filles dans des soirées, Sam préférait rester lire chez lui. Personne ne lui posait de questions quant au fait qu’il n’avait pas de petite amie, mettant cela sur le compte de sa personnalité plutôt que sur ses penchants sexuels. C’était presque un soulagement pour lui d’être moqué parce qu’il était intelligent. Sam avait toujours pensé que les conséquences d’une découverte de sa sexualité auraient été bien pires que les blagues occasionnelles sur le premier de la classe.
Adam surprit Sam le dévisageant, le regard sombre. Il s’avança vers une des filles, glissant sa main dans le creux de ses reins. Cela n’aurait pas dû l’énerver, et pourtant c'était le cas. Dès le départ, il n’avait pas voulu sortir et l’arrivée inattendue d’Adam n’avait fait qu’empirer les choses. Les sensations familières du lycée qui revenaient en torrent, colorées par l’attirance envers un homme qui n’aurait dû lui inspirer que de l’agacement, accablèrent Sam.
— Excuse-moi, je reviens, dit-il en se levant.
Ford lui jeta un regard qui voulait dire « Tout va bien ? » et Sam acquiesça légèrement avant de se retirer.
Il descendit l’escalier, ignorant les marches collantes à ses pieds. Jouant des coudes à travers la foule, il parvint à trouver un espace libre au bar.
— Un whisky, s’il vous plaît. Un double.
— Tout de suite, dit le barman qui versa l’alcool dans un verre avant de le faire glisser vers lui.
Sam le saisit et l’avala d’un trait. Le whisky glissa dans sa gorge, laissant une douce chaleur sur son passage.
— Un autre ? demanda le barman.
— S’il vous plaît.
Ils répétèrent la manœuvre deux fois avant que Sam se sente mieux. Les contours commençaient à devenir flous. Le flou faisait du bien. Exactement ce dont il avait besoin pour arrêter de remarquer chaque détail, comme la silhouette d’Adam approchant à cinq heures ou les rides aux coins des yeux qui apparaissaient lorsqu’il souriait. Sam n’était pas intéressé.
Il se tourna tandis qu’Adam se glissait sur le tabouret près du sien. Sam était suffisamment proche de lui pour sentir son eau de Cologne. La sensation chaude et confortable apportée par le whisky disparut. Désormais, il avait trop chaud et était mal à l’aise, sa peau trop serrée et l’atmosphère autour de lui trop épaisse.
— Hé, Dex. Je t’en offre un autre ?
Sam sourit poliment.
— Non, merci. Je crois que j’ai mon compte. Et ne m’appelle pas comme ça.
Adam se rapprocha. Sam pouvait sentir son souffle sur son cou.
— Oh, allez. Il est encore tôt. Il reste pas mal de temps pour s’attirer des ennuis.
Sam se figea. Il n’avait pas besoin que quelqu’un lui embrouille l’esprit. Dans des circonstances différentes, il aurait été aisé de l’ignorer. Mais la présence d’Adam combinée aux effets du whisky rendait la tâche ardue. Adam ne sembla pas être décontenancé par l’absence de réponse. Il resta assis là, dans ce qui aurait été un silence gênant s’il n’y avait pas eu le rythme assourdissant de la musique dans les haut-parleurs, les rires bruyants des clients autour d’eux et le tintement des verres et des couverts.
— Oh, mon Dieu ! Tu es là. J’ai cru que je t’avais perdu !
Adam se recula brusquement, droit comme un I. La blonde du billard l’approcha, semblant plus que déséquilibrée sur ses chaussures roses à talons, les plus hauts que Sam ait vus de toute sa vie.
— Mindy, c’est ça ? devina Adam avec un sourire un peu crispé.
— Mandy, corrigea-t-elle.
Mais son gloussement aigu indiqua qu’elle se moquait de la manière dont il l’appelait.
Son Q.I. semblait ne pas dépasser cinq. Le petit haut rose dans lequel elle s’était serrée était assorti à ses chaussures et laissait peu de place à l’imagination. Son rouge à lèvres complétait le trio de rose et faisait paraître ses lèvres collantes et gélatineuses. Même avec Adam entre eux, Sam sentait son parfum bon marché, floral et acide. Elle avait dû mariner dedans avant de se rendre au bar.
Sam commença à se sentir nauséeux. Il attribua cette sensation à l’alcool et non à la femme qui caressait le biceps d’Adam, tirant le tissu de son tee-shirt vers le haut, révélant la douce peau couvrant les muscles bien fermes en dessous.
Il avait l’impression que les murs se rapprochaient, que l’air s’épaississait et que la température grimpait. Il aurait dû se lever, quitter le bar ou aller simplement prendre l’air. Juste au moment où Sam se préparait à se lever et à fendre la foule qui le séparait de la sortie, Mandy prit la main d’Adam et parla d’une voix grave et rocailleuse.
— Danse avec moi.
Adam regarda Sam. Son langage corporel était illisible tandis qu’il se retournait et suivait la fille dans la masse de gens à demi vêtus simulant du sexe. Sam le regarda marcher derrière elle. Il la fit se retourner et la prit dans ses bras sur le bord de la piste de danse. Il la serra contre lui, les doigts écartés sur le bas de son dos, presque sous son haut. Il mit ses cheveux derrière son épaule et lui chuchota quelque chose à l’oreille qui la fit rire.
Sam voulut se retourner, s’enfuir, mais Adam ne l’avait pas quitté des yeux depuis qu’ils avaient commencé à danser. Son regard maintenait Sam désespérément immobile alors qu’il regardait Adam se déhancher avec la fille dans ses bras. Il l’observa et sentit une chaleur monter dans sa gorge, certain que quiconque regardant dans sa direction aurait remarqué ses joues rougissantes. Il ne pouvait toujours pas bouger. Il était bloqué.
C’était mal. Il sentit un éclair de jalousie tandis que les mains d’Adam glissaient le long de sa colonne vertébrale, retraçant le contour de son dos, de ses fesses. Sam commença à haleter, imaginant ce que cela ferait d’avoir ces mains sur lui, dessinant le contour de son dos, de ses fesses.
Le rythme soutenu de la musique tambourinait dans son corps et il pouvait presque imaginer qu’il était celui contre lequel Adam se pressait, sentant cette friction affolante tandis qu’ils se frottaient l’un contre l’autre, cherchant le soulagement pour son sexe douloureux.
Il ne pouvait pas partir maintenant, peu importe à quel point il en avait envie. Il était douloureusement dur et s’il s’était levé, tout le monde l’aurait remarqué y compris Adam, qui le dévorait des yeux de haut en bas. Sa langue surgit de sa bouche, mouillant ses lèvres tandis qu’il accrochait à nouveau le regard de Sam.
Il était en train de basculer dans la folie. C’était évident. Il n’y avait pas d’autre façon de décrire sa réaction à l’homme incroyablement sexy, incroyablement hors d’atteinte – et surtout, incroyablement hétéro – en face de lui. Son attirance involontaire alluma un éclair de colère en lui. Il devenait un peu trop vieux pour laisser son membre le contrôler. Sam en eut assez. La soirée avait été longue, éprouvante et il était fatigué. Il voulait rentrer chez lui, se coucher et faire comme si rien ne s’était passé.
Adam choisit ce moment pour revenir vers lui, Barbie Malibu toujours dans son sillage.
Sam les regarda de la tête aux pieds. Adam respirait fort et elle souriait comme si elle avait gagné le gros lot. Ras-le-bol.
— Je pense que je vais y aller. Amusez-vous bien.
— Tu as bu, dit Adam. Je vais te ramener chez toi, je n’ai pris qu’une bière.
Mandy fit la moue pour afficher exagérément sa déception, mais Adam ne lui jeta pas un regard.
— Non, merci. Je vais prendre un taxi. Je ne voudrais pas que tu passes à côté de ça, dit Sam, se moquant complètement de son impolitesse.
Il s’écarta du bar et retourna à l’étage, sans même se retourner. Il retrouva Ford et les autres toujours assis à leur table. Il se pencha afin de se faire entendre sans élever la voix.
— J’y vais.
Ford eut l’air soucieux.
— D’accord. Je vais payer ma note et nous pourrons y aller.
— Non, reste. Je rentre en taxi. Ce n’est pas loin. Je suis juste fatigué, la semaine a été longue.
Sam prit sa veste sur le dossier de la chaise et se redressa.
— Ravi de vous avoir rencontré, dit-il, saluant le reste du groupe d’un signe de la main.
Le groupe lui renvoya ses paroles puis il lança un dernier sourire à Ford avant de se retourner et de partir.
 
 
— Dex.
Il entendit le surnom malvenu venant de derrière lui. Il l’ignora, fermant sa veste, le regard devant lui puis continua à marcher d’un pas lourd.
— Dex.
La voix fut plus sonore cette fois.
Sam se retourna.
— Qu’est-ce que tu veux, Adam ?
Adam était au volant derrière lui, roulant au pas. Même dans la faible lueur des lampadaires, Sam pouvait discerner le rictus d'autosatisfaction sur son visage.
Sam était fatigué. Il avait froid. Son lit l’appelait.
— Monte, dit Adam se penchant pour ouvrir la portière côté passager de l’intérieur.
— Non, merci. Je vais marcher, je ne vis pas très loin d’ici.
— Il neige, objecta Adam. Si tu ne vis pas très loin d’ici, alors ce sera rapide. Allez, monte.
Sam soupira et se tourna, s’avança puis se baissa pour se glisser dans le véhicule, sans savoir pourquoi. Des sentiments familiers de sa jeunesse refirent surface. Il y avait toujours eu une fascination abjecte sous-jacente à son mépris froid. Une forme d’attirance bizarre que Sam pouvait désormais admettre après avoir passé le cap des trente ans qui marquait indéniablement le passage à l’âge adulte. Il croyait avoir laissé ces sentiments derrière lui lorsqu'il avait rempli son coffre déglingué avec toutes ses affaires et avait foutu le camp de Dodge, sa ville natale.
Mais il se trouvait là, après avoir passé une soirée avec Adam et, il se trouvait transporté dans le même chaos émotionnel qu’il avait connu adolescent.
— Voilà qui est mieux, dit Adam une fois que Sam eût fermé la portière.
Sam pensa le contraire, mais il demeura silencieux tandis qu’Adam se glissait dans la circulation. Il y avait moins de voitures sur la route comme la neige tombait de plus en plus. L’espace devant eux, éclairé par la lueur des phares, était un déluge de blancheur duveteuse.
Sam joignit ses mains sur ses cuisses. Il regrettait déjà sa décision. La voiture semblait plus petite maintenant qu’il était à l’intérieur, le coude d’Adam frôlant son bras. Se rapprochait-il de lui ? Sam n’était pas certain. Il voulut bouger...

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