Une passion amère
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Description

Un oméga enceint coincé dans une situation désespérée, un alpha sans attache qui a beaucoup à se prouver, et un amour inattendu qui pourrait les sauver tous les deux.


Kerry Monkburn est sous contrat d’un alpha brutal en prison pour des crimes violents. Maintenant enceint de l’enfant de l’alpha, il vit dans les hauteurs de la montagne, bien au-dessus de la ville qui l’a jadis attiré avec des promesses de vie meilleure. Endurant l’amertume et la peur, Kerry envisage de mettre fin à sa vie de ténèbres, mais le destin intervient.


Janus Heelies a commis des erreurs dans le passé. Dans un effort de rédemption, l’intégrité est devenue son mot d’ordre pour l’avenir. Suivant une formation d'infirmier auprès du seul médecin prêt à l'embaucher, Janus est résolu dans ses intentions : il vivra sagement dans les montagnes et évitera toute liaison inappropriée. Mais il n’anticipe pas l’attirance que Kerry exerce sur son cœur et son esprit.


Alors que la question de la santé et de la sécurité de Kerry prend une tournure explosive, seule l’intervention du destin permettra à ces hommes désespérés de connaître une fin heureuse.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 7
EAN13 9782382280812
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Kerry Monkburn est sous contrat d’un alpha brutal en prison pour des crimes violents. Maintenant enceint de l’enfant de l’alpha, il vit dans les hauteurs de la montagne, bien au-dessus de la ville qui l’a jadis attiré avec des promesses de vie meilleure. Endurant l’amertume et la peur, Kerry envisage de mettre fin à sa vie de ténèbres, mais le destin intervient.


Janus Heelies a commis des erreurs dans le passé. Dans un effort de rédemption, l’intégrité est devenue son mot d’ordre pour l’avenir. Suivant une formation d'infirmier auprès du seul médecin prêt à l'embaucher, Janus est résolu dans ses intentions : il vivra sagement dans les montagnes et évitera toute liaison inappropriée. Mais il n’anticipe pas l’attirance que Kerry exerce sur son cœur et son esprit.


Alors que la question de la santé et de la sécurité de Kerry prend une tournure explosive, seule l’intervention du destin permettra à ces hommes désespérés de connaître une fin heureuse.

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Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Une passion amère
Copyright de l’édition française © 2021 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2019 Leta Blake
Titre original : Bitter Heat
© 2019 Leta Blake
Traduit de l’anglais par Christelle S.
Relecture et correction par Valérie Cavaillès, Agathe P.
 
Conception graphique : © Dar Albert
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-081-2
Première édition française : janvier 2021
Première édition : septembre 2019
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Remerciements
Prologue
Première partie
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Deuxième partie
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Troisième partie
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
Et merci à mes lecteurs qui font que tout le sang, la sueur et les larmes en valent la peine.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
Merci à ce qui suit :
La Virginie-Occidentale
Maman papa
Brian et Cecily
Kim V pour son amitié et sa compréhension.
Tous les merveilleux membres de mon Patreon qui m’inspirent, me soutiennent et me conseillent.
Keira Andrews et Elizah Davis pour leur amitié généreuse et pour me tenir la main régulièrement.
Merci à Devon Vesper pour les corrections approfondies et les encouragements passionnés.
Catherine Marshall et son livre Christy , qui m’a inspirée d’une certaine manière quand j’étais enfant et d’une manière différente maintenant que je suis adulte. Amanda Palmer et sa chanson Voicemail for Jill , qui ont contribué à expliquer comment j’ai géré certains aspects de cette histoire.
A.M. Arthur pour avoir tellement aimé l’univers de la série Passion qu’elle a écrit ses propres livres Omegaverse (cherchez Breaking Free) !
Et merci à mes lecteurs qui font que tout le sang, la sueur et les larmes en valent la peine.
Vous avez tous mon cœur !
 
 
Une passion
amère
Passion #3
 

 
Leta Blake
 

 
Prologue
 
 
 
 
La prison sentait la pisse et la peur.
Cette odeur s’était imprégnée dans les vêtements et les cheveux de Kerry pendant les jours qu’il avait passé enfermé à l’intérieur. Elle l’étouffait alors même que les gardiens l’emmenaient loin des portes noires en fer et des murs couverts de barbelés de la prison. Les ecchymoses sur tout son corps, causées par le traitement brutal de son alpha rendaient la manipulation des gardiens difficile à supporter, mais il n’avait pas l’énergie de protester ni la force de crier.
Le garde à sa droite, celui qui parlait avec un accent profond de la banlieue de Calitan, plaça une main sur le dessus de sa tête pour éviter de la cogner contre le toit de la voiture avec chauffeur qui l’attendait, tandis que le garde à sa gauche le manœuvrait à l’intérieur. Comme si ce petit geste allait lui éviter une blessure – trop peu, trop tard.
— Rien à signaler, dit le garde, son accent épais, avant de baisser la tête pour regarder Kerry avec une sympathie soigneusement tempérée dans les yeux.
C’était peut-être le même garde qui s’était occupé de lui après la fin de ses précédentes chaleurs, songea Kerry.
— Rentrez bien chez vous, d’accord ?
Kerry ne lui répondit pas. Il était trop hagard pour parler après sa longue épreuve. Il souffrait de partout, de la tête à l’anus et jusqu’aux orteils. Il avait envie de pleurer, mais les larmes ne venaient pas. Ses jambes tremblaient, trop épuisées par les jours de chaleur forcée qu’il avait passés avec son alpha emprisonné et contracté, seulement soutenu tout au long par la nourriture dégoûtante de la prison et les pulsions primaires qu’il souhaitait pouvoir éteindre.
Presque autant qu’ il souhaitait pouvoir être éteint.
En sécurité sur la banquette arrière d’une voiture luxueuse appartenant aux Monhundy, conduite par un homme engagé par sa riche belle-famille et chargé du bien-être de Kerry, il lissa sa chemise de soie désormais froissée avec des mains tremblantes. Il ne comprenait pas pourquoi ses beaux-parents insistaient toujours pour qu’il s’apprête lorsqu’il venait pour ces visites. Personne ne le voyait dans ses vêtements, sauf les gardiens et les responsables de la prison. Il était nu lorsqu’ils le conduisaient à Wilbet. Mais les Monhundy n’approuveraient jamais que Kerry apparaisse en « public » en ayant l’air autre chose que bien habillé.
Dehors, le soleil se couchait – la chaleur de l’été déjà bien présente dans le comté aride autour de la prison. L’air mijotait pratiquement de chaleur et il désirait ardemment les ombres fraîches de ses montagnes bien-aimées, l’humidité du lac et l’étreinte réconfortante de son papa.
Kerry pressa le bout de ses doigts sur ses paupières, bloquant la lumière, alors que la bile s’élevait dans sa gorge. C’était la troisième chaleur que sa belle-famille lui faisait subir depuis que Wilbet était en prison pour le viol de prostitués du district de Calitan, et chacune était plus humiliante et violente que la précédente. Il y avait eu des moments avant cette chaleur où il avait envisagé de prendre les choses en main. Un couteau, un pistolet, une corde, peu importait ce qu’il utiliserait. Tout ce qui comptait, c’était d’arrêter le traumatisme avant qu’il ne recommence.
Mais il ne pouvait pas faire ça à son papa. Pour Kerry, les Monhundy et leur désir cruel d’avoir un héritier de la chair et du sang de leur fils pouvaient être damnés par Dieu-Loup. Mais son papa avait besoin de lui. Cela creuserait un trou dans son cœur trop grand pour qu’il puisse un jour guérir si Kerry cédait à ses pulsions de mettre fin aux choses.
Une fois Kerry installé à l’arrière, le chauffeur éloigna la voiture de la prison, sautant sur les nids de poule bordant la route devant elle. La douleur traversa Kerry jusqu’à son centre, et il sentit le sperme de Wilbet qui s’y trouvait encore, vestige du dernier nœud qu’ils avaient partagé. Il coulait maintenant librement. Tout comme lors des deux premières chaleurs après la condamnation de Wilbet, les gardiens de la prison, armés de fusils pour contenir les pulsions violentes de Wilbet, avaient ignoré tout abus non mortel que Wilbet voulait exercer. Ils n’avaient éloigné Kerry de son alpha et de la salle de chaleur que lorsque la dernière vague avait été enfin complètement passée. Comme toujours, ils l’avaient fait examiner par un médecin pour détecter toute blessure grave, l’avaient regardé s’habiller sur des membres tremblants et l’avaient finalement renvoyé sans douche ni bain.
Comme toujours.
L’odeur de la prison persistait, oui, mais pour Kerry, l’odeur de Wilbet était bien pire. Son partenaire contracté était devenu une abomination pour lui, et pourtant Kerry était toujours légalement lié à lui tant que la famille Monhundy refusait de dissoudre leur part de l’accord. En fait, sa belle-famille tenait désormais légalement les rênes des choix de vie, des finances et des chaleurs de Kerry depuis l’incarcération de Wilbet. Il s’agissait d’une mention accessoire dans le contrat que Kerry n’avait jamais pensé à remettre en question, n’imaginant pas qu’elle se concrétiserait. Il s’était davantage préoccupé de la dissolution du contrat en cas de décès prématuré de Wilbet – et cela avait été négocié en sa faveur. Il n’avait pas tenu compte des autres clauses conditionnelles.
Une autre coulée de sperme conduisit son estomac à se rebeller violemment. Kerry réussit à alerter le conducteur de sa situation, et la voiture s’arrêta sur le bord de la route avec une brusque secousse. Kerry ouvrit la lourde portière, se pencha et vomit sur la route. Le liquide rance se souleva du plus profond de lui-même comme un poison depuis son âme.
— Alors, ça a pris ? dit le conducteur tandis que Kerry s’essuyait la bouche avec un mouchoir froissé et se rasseyait sur son siège.
Kerry referma la portière de la voiture en la claquant doucement.
— Vous allez devenir papa, vous pensez ?
Kerry ravala une autre salve et ne répondit pas, regardant par la fenêtre. Des larmes noyaient ses yeux alors qu’il s’éloignait de la prison mastodontesque. Elle se dressait – un bâtiment en brique solide et sombre, rempli d’une cruauté qui donnait des frissons – éclairée par un soleil blanc et un ciel chaud et clair. Aussi clair que l’avenir de Kerry, et tout aussi vide.
Lissant à nouveau sa chemise avec sa main, et souhaitant avoir une veste pour arrêter ses frissons, Kerry ferma les yeux pour prier le Dieu-Loup qu’il n’y ait pas d’enfant. Il pria pour une solution. Une échappatoire à sa misérable vie. Par-dessus tout, il pria pour la liberté.
Parce qu’il n’oserait plus jamais prier pour l’amour .
 

 
 
 
 
 
 
 
Première partie
 
Fin du printemps
 
 
Chapitre 1
 
 
 
 
La pension blanche à un étage était nichée dans les montagnes à cinq heures au sud-est de la grande ville et à une heure et demie du village de ravitaillement le plus proche. Le trajet depuis la gare dans la charrette branlante avait laissé Janus fatigué et courbaturé. Après avoir payé le charretier – un bêta à la barbe brune grisonnante et aux nombreuses dents manquantes –, Janus l’avait congédié, choisissant de s’occuper lui-même de ses deux bagages de taille moyenne. Derrière lui, le soleil de l’après-midi se couchait dans une crête des montagnes, allumant un feu dans les fenêtres de la maison et reflétant le rayonnement orange du ciel.
Il contempla l’endroit qu’il avait choisi comme sa maison pour la prochaine année. La ligne de toit abrupte et inclinée au-dessus du premier étage et les fenêtres d’une propreté étincelante sous l’avant-toit indiquaient un grenier bien entretenu. Le chemin de pierre menant au porche et au côté de la maison était méticuleusement entretenu et désherbé. La maison avait été repeinte au cours des dernières années. Il y avait plusieurs bâtiments de stockage au bord de la pelouse, dégagés du flanc de la montagne, et ils étaient également en bon état. Tout ceci était la preuve évidente que la pension appartenait à un homme fier et honnête.
C’était aussi la preuve que cette nouvelle maison ne partagerait aucunement l’opulence des nombreux appartements et manoirs financés par les Heelies dans lesquels Janus avait vécu toute sa vie. Il ne doutait pas qu’avec le temps, ces nouvelles circonstances mettraient à l’épreuve sa détermination à être indépendant. Pourtant, après une étude approfondie de l’extérieur de la pension de famille, il ne put rien trouver pouvant faire l’objet d’une véritable plainte. C’était le genre d’endroit que beaucoup d’hommes moins privilégiés trouveraient assez agréable, voire grandiose. Seuls les très gâtés, comme lui, dresseraient le nez devant la modestie de l’endroit.
Janus souleva ses bagages, se frayant un chemin depuis l’allée jusqu’au bas des marches menant à un large porche enveloppant. Là, il s’arrêta, assimilant à nouveau l’ensemble, cherchant le doute à l’intérieur, s’attendant à moitié à le trouver facilement. Et pourtant, il ne découvrit rien de tel.
Après avoir passé une trop grande partie de sa vie au sein de la fortune de son oncle Doxan Heelies, Janus avait décidé de faire son propre chemin, pour le meilleur ou pour le pire. Même face à une maison en panneaux avec à peine plus que de l’eau courante et une propreté apparente en points positifs, il restait déterminé. C’était à la fois une question de fierté et une partie de sa tentative probablement infructueuse de s’améliorer en tant que personne.
Attention , se réprimanda-t-il sévèrement en regardant les volets bleus et la solide ligne de toit. Il ne devrait pas considérer l’expérience comme un échec avant d’avoir vraiment commencé. Même si son cousin Xan semblait penser que sa réforme personnelle était vouée à l’échec, il pouvait s’accrocher aux paroles encourageantes de Caleb, même s’il avait lui-même perdu le bel oméga. Janus soupira alors qu’une tristesse familière envahissait son cœur.
Maintenant , il y avait le regret qu’il cherchait. Il avait commis beaucoup trop d’erreurs dans son passé – des erreurs de vanité, d’égoïsme et d’orgueil –, mais blesser Caleb était la pire d’entre elles. Il avait repoussé l’homme brillant et beau, et tout cela à cause de son ego et de sa concentration égoïste pour des besoins lubriques.
Janus repoussa ces pensées. Caleb était heureux maintenant. Il avait embrassé la plus improbable des vies et y avait trouvé de la joie. Pour sa part, Janus avait accepté d’avoir perdu toute chance avec Caleb des années plus tôt, et il espérait qu’il trouverait un moyen d’embrasser la vie et la joie, également. Avec un peu de chance, cette nouvelle voie l’aiderait. Dieu-Loup savait que ses anciens moyens pour faire face ne lui avaient pas apporté ces vertus.
Montant les quatre marches du porche en bois, il laissa tomber un de ses sacs assez longtemps pour appuyer sur la sonnette à côté de la porte d’entrée bleue. Un trille provint du fond de la maison, comme un marteau à répétition rapide sur une cloche en laiton. Pendant qu’il attendait, il posa l’autre sac pour passer ses mains dans ses cheveux bruns, ondulés et très longs. Ils ne tombaient pas tout à fait jusqu’au menton, mais ils étaient loin de la coupe rase qu’il avait portée pendant la pire des maladies qu’il avait endurées au cours des derniers hivers.
Il revérifia alors ses vêtements. Son costume de voyage brun, taillé sur mesure, était un peu poussiéreux et froissé par la route et ne lui allait pas aussi bien qu’avant sa dernière pneumonie. Il épousseta la saleté au bas de son pantalon et secoua l’ourlet de sa veste de costume, essayant de la rendre un peu plus présentable.
Il supposait que le propriétaire de la pension l’accepterait, qu’il ait l’air chiffonné ou non, d’autant plus qu’il payait probablement suffisamment pour approvisionner l’endroit en charbon et en électricité pendant l’hiver rien qu’avec son loyer. Pourtant, cela ne faisait pas de mal de montrer un peu de respect. Il était arrivé à cette réalisation un peu tard dans la vie, mais il l’avait bien apprise.
Il se demandait ce qui empêchait le tenancier de répondre. Le bêta qui possédait l’endroit avait été assez empressé dans sa correspondance. Janus était donc sûrement attendu.
Un bruissement vint du coin de la maison ainsi qu’un grincement profond des planches du porche. Et puis un autre.
Janus s’éloigna de la porte d’entrée, affichant un sourire amical.
— Hé ho, appela-t-il vers le coin obscur. Il y a quelqu’un ?
Le bruissement se fit entendre à nouveau, accompagné d’un crissement – le bruit du frottement du bois sur le bois, comme si quelqu’un traînait une chaise d’un endroit à l’autre. Janus essuya ses mains encore moites sur son pantalon. Il fronça les sourcils et loucha vers l’allée, vide depuis que le charretier s’était éloigné. Il fouilla le terrain à la recherche de signes du propriétaire, le soleil couchant aveuglant. Il se tourna à nouveau vers la porte, se tenant sur la pointe des pieds pour essayer de voir à travers les vitres du haut. Le couloir ombragé ne montrait personne venant à sa rencontre.
Finalement, après avoir sonné une fois de plus en vain, Janus laissa ses sacs près de la porte pour enquêter sur les bruits qui étaient venus du côté de la maison. Peut-être le propriétaire était-il dehors en train de faire des travaux nécessaires – dans le jardin, par exemple – et n’avait-il pas entendu la sonnerie ni son appel ? Les bêtas étaient connus pour être des travailleurs acharnés, et l’homme n’avait probablement pas voulu rester assis à attendre l’arrivée de Janus.
Passant sa tête dans le coin, il aperçut un simple rocking-chair en bois et une silhouette qui y était assise. L’homme était recouvert d’une douillette couverture grise, et ses longs cheveux noirs et ondulés volaient au gré de la brise, dansant en vrilles lâches et serpentines. Le vent tourbillonnant dériva vers l’autre vue intéressante pour attirer l’attention de Janus – une étincelle impeccable du large lac bleu vert. Le Bassin de Hud était connu pour sa beauté réparatrice et avait été présenté comme l’une des caractéristiques les plus attrayantes de cette pension de famille. Cependant, étant la seule pension de famille de la région, Janus ne pouvait pas prétendre que cela avait été le véritable facteur décisif.
Pourtant, c’était un beau lac. Le Bassin de Hud s’étendait entre les arbres sempervirents, séparé de la maison par une parcelle de bois épais. Il avait l’eau à la bouche rien qu’en regardant le cercle d’eau brillant et attirant, et Janus pouvait imaginer le plaisir de s’y plonger par une chaude journée d’été. Poussiéreux et transpirant à cause du voyage, cette idée lui plaisait déjà.
Un parfum de baies mûres d’été dériva vers Janus avec la brise, en même temps qu’un musc brut choquant. C’était un oméga dans le rocking-chair, alors. Ses phéromones étaient fortes et semblaient briller dans l’air entre eux. Un frisson remonta la colonne vertébrale de Janus, et il se pencha dans le parfum, inspirant à nouveau. Une sensation soudaine d’accrochage le frappa dans son ventre, et un picotement d’excitation commença à se faire sentir dans tout son corps, comme si chaque cellule répondait à cet homme. C’était presque assez fort pour le faire gémir. La chaise se balança à nouveau, et le grincement du bois sur le bois sembla plaintif.
Janus se racla la gorge pour former une salutation, mais fut interrompu avant qu’il puisse le faire.
— Puis-je vous être utile ?
La voix ferme provenait de derrière lui et Janus sursauta. Son cœur battait extraordinairement vite, comme s’il avait été pris en train de faire quelque chose de mal. Sa langue était collée et il cligna des yeux avec confusion.
La porte d’entrée, autrefois peu accueillante, était désormais grande ouverte et un bêta aux cheveux gris, qui ne pouvait être que le propriétaire de la pension, se tenait sur le seuil.
— Ah, bonjour ! dit Janus, rassemblant ses esprits avec un large sourire.
Il tourna le dos à la mystérieuse personne dans le rocking-chair et se dirigea à la hâte vers l’entrée principale. L’homme sympathique qui se trouvait devant lui portait un pantalon marron commun et une chemise blanche, propre, mais unie. Il tenait un balai dans une main et portait un tablier marron saupoudré de farine.
Tendant la main, Janus commença les présentations.
— Je suis Janus Heelies et…
— Et vous resterez avec nous un moment, interrompit le bêta avec un large sourire, ses yeux gris se plissant sur les côtés.
Il posa le balai de côté et tint la porte d’entrée ouverte un peu plus grande.
— Oui, nous vous attendions.
Il sourit à Janus, l’incitant à avancer.
— Bon, prenons vos affaires. Je vous monte dans la pièce que nous avons préparée. Je suis certain que vous êtes fatigué.
Alors qu’ils entraient dans la maison ensemble, Janus évalua la condition physique de son hôte. Le bêta avait les cheveux gris, oui, mais il n’était pas tant âgé que solidement d’âge moyen. Il était mince, pâle, et ne semblait pas en très bonne santé, mais ne semblait pas non plus activement malade. Il avait une énergie débordante qui marquait une personnalité déterminée que Janus admirait chez tout homme, mais particulièrement chez les bêtas. S’il était un peu pâle, et un peu usé sur les bords, alors qu’il en soit ainsi.
Compte tenu de la récente pneumonie dont Janus se remettait, il n’avait pas de quoi être particulièrement fier de sa santé ou de son aspect. Son apparence avait pris une sacrée raclée chaque hiver de maladie et il commençait à peine à reprendre du poids. Il espérait que l’éloignement du Bassin de Hud du cloaque de germes de la ville lui donnerait un peu de répit pour ne pas être à nouveau infecté par la pire des maladies hivernales.
Quoi qu’il en soit, il n’était plus le jeune homme outrageusement beau qu’il avait été. Il avait fait luire ses yeux noisette et affiché son sourire charmant à l’adresse de nombreux omégas au fil des années – et de quelques bêtas – et avait fini dans quelques situations terriblement scandaleuses. Mais après le bilan de ses maladies, il ne pourrait guère s’attirer une liaison scandaleuse, même s’il voulait encore en partager une.
— Je suppose que vous êtes le propriétaire ? demanda Janus, en empoignant ses sacs alors que l’homme retirait son tablier farineux et l’accrochait sur un support près de la porte.
— Oui, en effet. Je m’excuse.
Le bêta s’essuya les mains sur le devant de son pantalon doux et marron, puis la lui tendit.
— Zeke Monkburn. Bienvenue à Monk’s House au Bassin de Hud. Nous sommes heureux de vous accueillir.
Zeke prit un des sacs de Janus et les deux hommes passèrent à côté des meubles encombrant le bas de l’escalier – un buffet, un portemanteau, trois chaises et une bibliothèque pleine – et devant un salon sur la droite. Ils passèrent trois chambres d’hôtes fermées sur la gauche, puis montèrent les sombres marches en bois jusqu’au premier étage.
— Je vous ferai visiter la maison quand vous le voudrez, dit Zeke en souriant par-dessus son épaule. Mais la cuisine est facile à trouver, et le salon aussi. N’hésitez pas à utiliser les deux à votre guise. Qu’est-ce qui vous amène au Bassin de Hud ?
Janus fit passer son sac d’un bras à l’autre, se sentant fâcheusement essoufflé après seulement quelques marches bizarrement raides. Il souhaitait que Zeke se déplace plus vite pour ne pas avoir à porter le sac. Les muscles de ses bras lui faisaient déjà mal.
— Le Dr Crescent principalement. Je vais étudier sous ses ordres.
— Ah. Je me demandais pourquoi vous aviez pris une place en pension ici pour un si long moment. La plupart de nos clients viennent pour une saison tout au plus.
En haut des marches, Zeke regarda par-dessus son épaule, vers Janus qui montait encore.
— Vous comptez devenir médecin ?
— Infirmier pour l’instant, répondit Janus avec un sourire, en soulevant son sac un peu plus haut. J’ai eu quelques soucis de santé ces dernières années, et ils m’ont appris la valeur de bons soins médicaux. J’aimerais partager cela.
Et il espérait faire quelque chose de bien de sa vie maintenant qu’elle avait été sauvée à nouveau. Trop de personnes étaient mortes lors des récentes épidémies de grippe. Il devait à ceux qui avaient perdu la vie de ne pas gâcher la sienne en jouant, en...

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