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Description

J'ai longtemps rêvé de toi Cala! / J'ai longtemps rêvé de ta justice / Comme des sagesses ancestrales / Comme des tendresses angéliques / En ce magnifique jour de nos prouesses/ En ce jeudi saint de nos promesses / Nous livrons aux peuples belliqueux / La leçon qui leur manque en temps / D'épreuve / Ce matin, chez toi comme chez moi / Le verbe a vaincu sans façon / Les cruels obus souvent soufflés / Sans remords sur ma semence / L'horrible char souvent lancé / Sans regret sur mon sentier

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2009
Nombre de lectures 55
EAN13 9782296680630
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0059€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Calabar
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-09427-7
EAN : 9782296094277

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
André Mvogo Mbida


Calabar


Poésie


L’Harmattan
PREFACE
Dès les premiers poèmes de ce recueil, tout lecteur curieux peut s’apercevoir que l’auteur se donne les attributs de fondateur de l’univers. Aussi s’adresse-t-il aux êtres qui le peuplent comme s’ils étaient ses propres créatures. Sa vaste connaissance desdits êtres, des espaces qu’ils occupent, et les vers prophétiques rencontrés ici et là le placent d’emblée dans la lignée des poètes démiurges et humanistes. Avec lui, la poésie comme langage des dieux, conserve alors tout son sens.

Ce sens, c’est celui qu’il veut donner à la vie, présentée dans de nombreuses circonstances comme absurde et tragique. Ces circonstances, ce sont notamment les guerres et les autres formes de violence sauvage qui écrasent l’homme, le traumatisent et le ruinent ; c’est aussi le drame des déshérités, les incertitudes et abus de la modernité, la dépravation des mœurs, la corruption, les catastrophes, l’égocentrisme, l’insécurité sociale. Beaucoup de ses poèmes relèvent le contraste entre l’idéal de paix et de bien-être qu’il nourrit, et la réalité ambiante. Presque tragique dans les poèmes « Ma terre peine », « J’irai à Beyrouth », « Pauvre Darfour », « Sombre gloire », « Sales temps dans l’espace », cette réalité traduit, en général, le caractère nocif et téméraire de l’action de l’homme sur lui-même et sur l’environnement.

En utilisant l’image biblique de « la bonne graine » et de « l’ivraie », le poète s’emploie à montrer comment la confrontation entre le mal et le bien est pérenne. Ce qui semble le plus l’exaspérer dans ce duel, est que le bonheur de l’homme, vivement souhaité, se trouve compromis. Certes, ce bonheur ne saurait être total dans un monde rempli de tant de paradoxes et de pesanteurs, mais André MVOGO MBIDA a la ferme conviction que les hommes ont la capacité de le conquérir pour eux-mêmes et pour leurs semblables ; ce qui empêcherait l’escalade du mal observé à travers le monde. Le titre Semences donné à son livre s’avère à cet effet approprié. Les graines qu’il sème pour baliser les chemins du bonheur sont celles d’amour, de paix, du progrès, de l’équité et de la créativité. D’où la forte dimension mathésique de sa poésie.

Pour montrer à quel point cette poésie n’est pas pessimiste, il consacre une portion importante de ses textes aux bonnes œuvres. C’est sans doute un prétexte pour saluer la solidarité et la convivialité, très manifestes dans les poèmes « Totale gratitude », « Le réveil christique », « Livres d’espoir », « Mfandena », « Kokodo », « Ma chère colombe », « Semences audacieuses »…

Je suis heureux de constater que le style de cet auteur, lauréat en 2005 du Grand Prix Littéraire du Président de la République et médaillé d’or du Concours International de poésie en France en 2006, est resté captivant, séduisant. Toujours universaliste, il donne aux mots une valeur tellement alchimiste qu’on a l’impression que les changements souhaités pour l’humanité sont tout de suite obtenus. Les nombreuses métaphores, anaphores, synecdoques… ajoutées aux calembours et à la variété des tons utilisés montrent avec quelle aisance il manie la langue française. Il ne serait pas exagéré de le ranger parmi les meilleurs poètes du monde contemporain.

Pr. Simplice AMBIANA
UNIVERSITE DE YAOUNDÉ I
Ma Terre peine
J’ai laissé pousser sur ma Terre
Malgré le risque malgré les rixes
La bonne graine et l’ivraie toujours
Rivales toujours tenaces
J’ai laissé pousser sur ces terres
Soufflées par mon verbe fondateur
L’ivraie aux desseins égoïstes
Souvent réfractaires aux desseins de lustre
Souvent hostiles aux saveurs du beau

Je l’ai fait sans détour et sans humour
Croyant donner à mes saines lumières
Le temps nécessaire pour séduire l’ivraie
Croyant donner à la pauvre ivraie le temps
Nécessaire pour scruter mes voies

Malgré les synagogues les basiliques
Les mosquées les cathédrales aux couleurs
D’amour aux odeurs de louange
Les maux de ma Création m’irritent
Elle qui sans cesse implore mes grâces

Malgré les autoroutes les buildings
Soigneusement érigés en mon nom
Malgré les offrandes dans les temples
Les maux de ma Création chagrinent
Elle qui réclame chaque jour ma justice
Que les cœurs d’abîme piétinent
Elle qui désire à chaque heure la pitance
Que les rapaces confisquent
Malgré mon nom souvent scandé
Dans les serments diurnes et nocturnes
Serments de justice et de partage
Serments de fidélité et d’honnêteté
Serments de loyauté et d’égalité
Ma Création peine

Malgré mes rizières essaimées ici et là
Mes champs d’ignames de macabo de manioc
D’ananas de concombre et d’arachide
De maïs qui foisonnent ici et là
Ma Création peine

Elle peine dans les rues de Beyrouth
Dans les rues de Gaza de Bagdad
D’Afghanistan de l’Afrique pillée par
Les siens par des vautours qui ne
Laissent rien au passage, même les
Miettes que demandait Lazare affamé
Au riche homme pollué par l’aisance

Elle peine dans les rues et ruelles de l’Afrique
Souillée par les siens corrompue prostituée
Obérée par les conflits armés les conflits
De misère de galère et de mystères

Mais tu ne seras point reniée terre
De mes phalanges tant que subsisteront dans
Certains cœurs des penchants que j’agrée
Mais tu ne seras point reniée terre
Qui malgré tout abrite les héritiers
Qu’annonçaient dans l’arrière-temps
Mes songes toujours vrais toujours purs

Mais tu ne seras point reniée
Si affectés par le scandale des guerres
Qui parfois déciment des familles entières
Arrachent les vieillards à leurs divans
Et les nouveau-nés aux tétées
Tes fils renoncent aux penchants de guerre

Mais tu ne serras point reniée
Si tes fils qui ploient sous le poids
Des catastrophes renoncent à en multiplier d’autres
Et renâclent aux drames

Mais tu ne seras point reniée
Toi ma fidèle Terre nourricière
Si voyant comment tu t’effondres
Tes fils qui font de toi un pandémonium
Songent à te sauver et à se sauver.
Le duel des titans
Personne mais alors personne au monde
Ne pouvait envisager ce duel pour la vie
Et la survie tant que rien ne contrariait
Les prévisions médiumniques et humaines
Connues des plus idiots comme des plus
Sages de la terre

Sûr des promesses d’une Nature qui
Parfois maintient les cœurs dans
L’espoir d’une vie prospère
Malgré les épreuves malgré les déboires
J’ai enclenché sans le savoir ce
Combat que je mènerai toute ma vie

Je l’ai engagé au moment où on
Croyait tout perdu pour moi
Tout perdu de ma chair
Tout perdu de mon esprit
Tout perdu de mes choix
Tout perdu de mes droits

Je l’ai engagé au moment où certains
Êtres de cet océan de larmes multicolores
Habitués aux sobres mélodies de ma lyre
N’attendaient plus d’autres sons de moi
D’autres vibrations de moi

J’ai donc sans doute heurté l’emmerdeur
Qui dans ses ténébreuses visées n’entend point
Voir le ciel bleuir s’il n’a offert son sombre sourire
J’ai donc sans doute blâmé le spoliateur
Qui n’entend point voir le lilas fleurir
S’il ne l’a lui-même planté

Et depuis toujours le conflit dure
Dure comme celui qui oppose
Les frères sémites au Proche-Orient
Nés pourtant tous d’Abraham
Mais perpétuellement divisés par
Les tirs à la roquette et triturés
Par les missiles de croisière

Et depuis toujours ce combat dure
Et durera tant qu’avec mes arcs
A la puissance tutélaire
Je n’aurai pas bu à la Source
L’intarissable Source de la plénitude
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