Comment on dit ça, « t es mort », en anglais?
53 pages
Français

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Description

Receuil de poésie

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 octobre 2012
Nombre de lectures 0
EAN13 9782896993437
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0324€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Comment on dit ça, « t’es mort », en anglais ?
Du même auteur

Chez le même éditeur
Requiem pour un trompettiste, Ottawa, collection «Fugues/Paroles», 2010.
Claude Guilmain


Comment on dit ça, « t’es mort », en anglais ?
Récit poétique






Collection « Fugues/Paroles »
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Guilmain, Claude, 1958-
Comment on dit ça, «t’es mort», en anglais? [ressource électronique]
/ Claude Guilmain.

(Collection « Fugues/Paroles »)
Théâtre.
Monographie électronique.
Publ. aussi en format imprimé.
ISBN 978-2-89699-342-0 (PDF).--ISBN 978-2-89699-343-7 (EPUB)

I. Titre. II. Collection: Collection Fugues/Paroles (En ligne)

PS8563.U547C66 2012 C842’.54 C2012-905780-0

Les Éditions L’Interligne
261, chemin de Montréal, bureau 310
Ottawa (Ontario) K1L 8C7
Tél.: 613 748-0850 / Téléc.: 613 748-0852
Adresse courriel : communication@interligne.ca
www.interligne.ca

Distribution : Diffusion Prologue inc.

© Claude Guilmain et Les Éditions L’Interligne
Dépôt légal : troisième trimestre 2012
Bibliothèque nationale du Canada
Tous droits réservés pour tous pays

Version ePub réalisée par: www.Amomis.com
Prologue
L’Écossaise
Le ciel est bleu comme un rideau de douche. Pas un nuage.
Pas un avion.
Pas un oiseau.
Rien.

Le bruit des roues du carrosse remplit l’air frais d’un samedi matin.
Devant lui, le père marche d’un pas assuré vers sa balle.

Il tire le sac de golf du père et le suit de près.
Son regard toujours rivé sur la poche arrière du pantalon du père.
À chaque pas, le paquet de cigarettes British Consols sort un petit peu plus de la poche.
Il laisse le paquet sortir jusqu’à la toute dernière seconde.
Il attend de voir apparaître la figure de la jolie Écossaise, emblème de la compagnie Macdonald Tobacco.Il la regarde sortir avec anticipation.
Il voit les rubans du tam rouge et noir suivis de la belle joue et du sourire de la jolie jeune femme en santé, le tout dans un beau cadre ovale.
Il est trop petit pour le savoir, mais il fantasme sur elle.
Il est amoureux de la jolie Écossaise.
Il voudrait la marier.
À son âge, c’est sa seule option.
Le père ne se doute de rien.

Il attend de la voir complètement.
Il doit pencher la tête de côté pour la regarder dans les yeux et lui sourire avant de repousser le paquet au fond de la poche et d’attendre qu’elle en ressorte.
Parfois il est tellement concentré sur la jolie Écossaise qu’il fonce dans le derrière du père quand celui-ci s’arrête subitement.
Le père ne se fâche pas.
C’est leur petit jeu.

Il est à peine assez grand pour tirer le gros sac de golf en cuir.
Il est petit pour son âge, ce qui lui rend la tâche encore plus difficile.
Quand la pente d’une colline est trop à pic, il doit prendre la main du père et se faire tirer.
Il prend toujours la main droite.
C’est la main avec le gant.
Il aime la senteur de cuir et de sueur du gant de golf.C’est une odeur qu’il n’oubliera jamais.
Ça et le mélange de rosée et d’herbicide sur un terrain de golf tôt le matin.
Odeurs heureuses.

Il ne laisse jamais le père tirer le sac lui-même.
Même s’il est fatigué, il insiste pour tirer le sac tout le long du parcours.
Laisser le père tirer son propre sac serait manquer à sa job de caddy.
Le père joue au golf toutes les fins de semaine, l’été.

Le père lui donne cinq piastres pour tirer le sac. Il ne le fait pas pour l’argent.
C’est le seul moment de la semaine qu’il peut passer avec le père.

Il repousse son amoureuse au fond de la poche une autre fois et sourit.
Le fairway est plat.
Il prend la main gantée du père quand même.
Le père lui tient la main.
Odeurs heureuses.

— Papa, papa ! Comment on dit ça, « t’es mort », en anglais ?
Japonais
Un chien noir lève la patte et pisse sur les pieds de la Sainte Vierge devant l’église.
Le temps s’arrête.

Il pensait que le prêtre avait de la misère parce qu’il parlait pas dans sa langue maternelle.
Quand le prêtre s’est mis à parler en français, c’était pas mieux, c’était pas bon.
C’est tout.
Plus ennuyant que ça, tu meurs.
Drôle de réflexion au service de quelqu’un.

L’église est pleine.
Pleine de gens qu’il ne connaît pas.
Pleine de gens qu’il ne connaît plus.
Tous là, pour dire au revoir à une personne qu’il n’aura jamais connue.

Un type du centre de réadaptation s’approche du microphone : « C’était un bon ami... drôle... farceur... aimait chanter, danser, aimait le karaoke. »
Mais de qui on parle ?
Peut-être qu’il reconnaît personne parce qu’il est pas au bon service.
La caméra fait un pan devant un groupe de Japonais en complets-cravates noirs.
La caméra s’arrête sur lui, le seul aux yeux ronds de sa gang assis au milieu de deux mille touristes avec des kodaks.
Tout à coup, un Japonais l’aperçoit, le pointe du doigt et se met à hurler.
Debout sur son banc, il se met à courir sur la tête des Japonais en essayant de se sauver.
Au moment où il se rend à la sortie, deux mille flashes éclatent en même temps comme des feux d’artifice dans sa tête.

Il se mord les lèvres pour ne pas rire, tant le prêtre est ennuyant.
Courage.
Après le service, il s’approche du type du centre de réadaptation.
Le type lui parle du frère.
Il s’attend à ce que le type lui dise que le frère lui avait parlé de lui.
Non.

Son isolement est complet. Un jeune soldat l’aborde.
Ça y est, on va le sortir de force. Ah ! c’est le demi-frère.
Il l’avait oublié, lui.

Le demi-frère avait douze ans la dernière fois qu’ils se sont vus.
Le demi-frère en a maintenant vingt-trois.
Leur père est mort le mois dernier à Vancouver.
Le père est mort, le frère est mort trois semaines plus tard.
Si la tendance se maintient, il ne lui reste plus longtemps à vivre.

Le demi-frère espère aller en Afghanistan.
C’est le demi-frère qui n’en a plus pour longtemps à vivre.
Ils devraient rester en contact.
Ouin, c’est ça : entre deux grenades, ils se lanceront des courriels.

Dans le stationnement.
Il n’y a plus personne.
Le parking est vide.

Pas un Japonais.
Terrorisme
Ils sont dans le char, sa mère et lui.
Il aperçoit la contravention sous l’essuie-glace.
Enfant de chienne.

Il part l’essuie-glace et sort son bras par la fenêtre pour pogner la contravention.
Il regarde l’heure sur la contravention. Il regarde l’heure sur son billet de stationnement.
L’enfant de chienne est cinq minutes trop tôt.
Il lui restait cinq minutes quand l’enfant de chienne a rédigé la contravention.

L’enfant de chienne doit pas être loin.
Il le « spotte ».

Il s’arrête à côté du char.
Il aurait dit « char de police », mais c’est pas ça. P’tit char de cul déguisé en char de police pour ceux qui sont pas capables d’être police pour vrai.

Ceux qui ont échoué à l’examen final.
Leur formation a coûté cher.
Faut ben les rendre utiles.

Il s’adresse poliment à l’enfant de chienne.
Il lui explique qu’il y a erreur.
Le faux beu ne le regarde même pas.
Pendant un long moment, rien ne se passe.
Après ce qui semble une éternité, le faux beu, grand, mince, d’une communauté ethnoculturelle quelconque, sortde son faux char de police.
La mère commence à paniquer.
Trois problèmes :
La mère qui panique.
Le beu manqué.
Le beu manqué d’une communauté ethnoculturelle quelconque.
Difficile de s’en sortir.
Le beu s’approche du char du côté de la mère. Comme si elle n’était pas assez énervée.
Il répète poliment à l’enfant de chienne qu’il croit qu’il y a erreur.
L’enfant de chienne le regarde comme s’il venait de tuer son chien.
Il lui montre que la contravention avait été écrite cinq minutes avant l’heure d’échéance du billet de stationnement.
Le beu le regarde.

Il donne le billet de stationnement et la contravention au beu.
Le beu lui explique qu’il avait donné la contravention parce que le billet de stationnement était à l’envers sur le dash .

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