Instantanés
168 pages
Français

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Instantanés , livre ebook

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Description


Les petites choses qui donnent du bonheur, la nature, et des sujets plus graves sont abordés dans Instantanés. Ce recueil regroupe des poèmes, des haïkus et des nouvelles courtes, illustrés pour certains par des photos personnelles. Il est conçu comme un voyage du réel à l’imaginaire.


Alors laissez-vous transporter !


Tout simplement.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9789522738240
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Instantanés
de Christelle Dumarchat

N ouvelles et po ésies
 
 
 
© 2016 Christelle Dumarchat Tous droits réservés
Photographie de la couverture et photographies intérieures  :
Christelle Dumarchat
 
Publié en mars 2016, par :  
Atramenta Riihitie 13 D 14, 33800 Tampere, FINLANDE
 
www.atramenta.net
À mes enfants, ma joie, mon inspiration
Instantanés
Pourquoi ce titre ?
J’ai voulu rassembler des textes hétéroclites écrits entre 2013 et 2015 : des haïkus, des poèmes, des nouvelles ou simplement des petits billets d’humeur.
J’ai aussi souhaité conserver une trace, même si je ne suis pas poète, ni un écrivain génial. Je veux juste raconter des histoires, faire rêver, c’est pour cela que mes textes tournent autour de la vie, ou de l’imaginaire, cherchant ces petits riens positifs qui participent aux moments fugaces de bonheur, ces instantanés furtifs qui donnent à l’existence une bouffée d’oxygène, ces images dont nous conservons une trace prégnante, et qui font tant de bien…
Entrez et partagez mon univers !
Les moments de bonheur
Un sourire d’enfant,
Un éclat de rire,
Un câlin, un geste amical,
Le parfum de la lavande,
Du lilas, du mimosa…
Souffler sur une fleur de pissenlit,
Croquer dans du chocolat,
Marcher sur une jonchée
Craquante et multicolore,
Un flocon sur la langue,
Le château de sable,
La vague sous nos pieds,
Le pépiement d’un oiseau
Au réveil, sous la couette,
Un papillon qui vole,
Le parfum de la pluie
Après la canicule sur la terre,
L’herbe fraîche coupée,
Ce brin d’herbe inattendu
Qui naît au milieu du macadam,
Une rose dans un recueil,
La feuille qui pousse
Sur un arbre décharné,
Ce nuage blanc auquel
On cherche une forme,
Un chocolat chaud
Au coin d’une flambée,
Un thé avec un bon livre,
Tenir la menotte
De son enfant,
Un repas partagé,
Un film au cinéma…
 
Ces instants fugaces
De bonheur diffus,
Il faut les saisir,
Car ce qui les rend si précieux,
C’est qu’ils ne durent pas !
Tableaux monochromes
Le soleil couchant
Se cache dans l’océan,
Comme un lit sanguin.
 
La petite pousse
A du mal à se montrer :
Pelouse trop drue
 
Le ciel infini
Se noie dans la vaste mer :
Baignade éphémère.
 
Dans ce champ immense,
Jonquilles et renoncules
Côtoient les épis.
 
Un épais manteau,
Ce matin, a recouvert
Le chemin pierreux.
 
La nuit envahit
Autour de moi la campagne :
Uniformité.
 
Décembre 2015
Câlins
Bisous sur la joue,
Petits bras autour du cou :
Bonheur de maman.
Examen
Lourd, le temps s’égrène.
Soupir brisant le silence.
La copie noircit.
Cour d’école
Rires, chamailleries,
Marelles, jeux de ballons…
Vie d’un village !
Si on m’avait dit…
Que l’on pouvait prendre un pinceau bleu et couvrir le ciel gris d’une belle couleur gaie.
 
Que l’on pouvait saisir un rayon du soleil pour apporter de la lumière à cette triste journée d’hiver et redorer les pétales de mes pensées.
 
Que l’on pouvait prendre une pierre enfouie dans la terre pour bâtir un mur autour de nos douleurs.
 
Que l’on pouvait pleurer quand on le souhaitait pour révéler nos émotions.
 
Que l’on pouvait garder le vert printanier pour donner à nos jours de pluie la note acidulée qui les égaierait.
 
Que l’on pouvait conserver ce vent léger qui souffle les fleurs de pissenlits et fait s’envoler ces flammèches blanches et douces, pour disperser par ce biais nos peines et nos regrets de manière égale.
 
Que l’on pouvait d’un baiser apaiser les souffrances d’un enfant, et le refaire sourire, ne serait-ce que pour un instant.
 
Que l’on pouvait prendre les couleurs de l’arc-en-ciel et repeindre les murs du désespoir pour redonner à cet enfant son doux rire envolé.
 
Si on m’avait dit que nos rêves de création pouvaient nous rasséréner et qu’une plume pouvait tout changer…
Itinéraire
Le calme autour de moi.
Le vent souffle dans les arbres faisant remuer leurs feuilles avec douceur. Mes cheveux volètent. Parfois un pépiement d’oiseau m’arrive.
Rougeoyant, le soleil dans mon dos se lève, et tout étincèle.
Si c’est gênant, cela ne m’empêchent pas de profiter de ce moment de solitude journalier que j’apprécie tant, quelle que soit la saison ! Je sais qu’il ne sera que de courte durée car j’arrive presque à destination, mais c’est cela qui le rend tant appréciable. Si pour beaucoup ce trajet est très monotone, en ce qui me concerne, j’y trouve du charme à chaque fois !
Comme il est tôt, parfois une biche égarée traverse, une buse s’envole, un lapin ou un lièvre tourne au détour d’un fossé.
J’arrive doucement, au ralenti, tentant de retenir encore ces instants : j’ai déposé les enfants à l’école, et ces minutes de liberté sont mon moment !
L’aveuglement s’apaise. Je profite de ce que la lumière révèle, observant en ce jour de beau temps l’évolution du rougeoiement. Hier, le brouillard cotonneux semblait vouloir se mêler à ce rouge solaire en un mariage inattendu et superbe. Aujourd’hui, tout est dégagé.
Mais voilà, je suis arrivée.
Devant moi se trouve la bifurcation qui conduit à l’autoroute déjà bien embouteillée par tous ces gens qui comme moi se rendent au travail. Après avoir refermé les vitres, j’accélère, et je m’engage.
Vivement ce soir, que je retrouve cette petite route menant au village dans lequel je réside !
Vole papillon !
Tes ailes poudrées
Emportent, fin estivale,
Les couleurs variées. [1]

[1] Qualifié Grand Prix Hiver 2015, Short Édition.
Frimas
Poussières blanches :
Premières gelées automnales.
Vite une soupe !
Enfin les vendanges !
Bruits de sécateurs,
Hottes, seaux, raisins juteux :
Le ban est lancé !
Promesse de vendanges
Des perles de sang
Se sont noyées dans le vert
Intense et luisant.

 
Récolte
Poisseux, le jus coule,
Millésime prometteur :
Énivrant espoir.
Repas de vendanges
Soupe de citrouille,
Vin blanc bourru, châtaignes :
Chaleur partagée. [2]

[2] Qualifié Prix Haïkus Automne 2014, Thème potiron, Short Édition.
Éveil
Naît,
Indécise,
Une petite lueur
Dans la douceur du matin.
Puis elle s’agrandit, s’étire, s’étend,
Pour finalement couvrir l’horizon d’un grand ruban carmin.
Le fragile tissu ondoie
Dans un flamboiement de rouge, de jaune et d’orange.
Le soleil, de cette naissance flamboyante
Ne conservera plus que le jaune et ses nuances.
Et dans l’éblouissement de la nature
Un
Aveuglant
Cercle
Monte
Haut.
Le bleu du ciel a absorbé ces étincelles
Pour les faire siennes
Et donner à ce nouveau jour
Sa lumière. [3]


[3] Qualifié Grand Prix Hiver 2015, Short Édition.
Compromettant !
J’avais reçu ce SMS étrange, inconnu :
Tous 2 dans buro
Alors, mon sang n’avait fait qu’un tour.
J’avais des doutes depuis quelque temps : un parfum un peu trop présent, des retards sans raison…
Comment pouvait-il me faire cela ?
Il était vrai qu’elle était belle, mais notre histoire, j’y croyais ! Il ne fallait pas que cela s’arrête !
Je décidai d’aller vérifier par moi-même.
Je pris mes clés sur le guéridon, et j’attrapai rapidement ma veste pendue au porte-vêtement. Je sortis et fermai la porte d’un coup sec. Puis je me dirigeai vers la voiture et, une fois assise derrière le volant, je respirai un grand coup : certes j’étais énervée, mais ma conduite ne devait pas s’en ressentir. Après tout il y avait les enfants !
Mes mains tremblaient, néanmoins j’arrivai à contrôler ma respiration ! Et je fis tourner la clé, décidée.
J’effectuai les quatre kilomètres qui me séparaient de son bureau en rongeant mon frein à cause de ce contrôle que je devais faire sur moi-même, et des nombreux ronds-points et feux rouges.
Alors j’imaginais tout ce que j’allais lui faire : vider la cafetière sur la moquette claire à laquelle il était tant attaché, lacérer son fauteuil avec ce coupe-papier en argent offert par sa « Môman ». Et aussi balancer toutes ses affaires dehors, transformer en confettis ce dossier avec lequel il m’agace réellement depuis trois semaines, et qu’il prépare avec Elle !
L’élaboration de ces délectables projets me permit de calmer mes nerfs. Du moins temporairement.
Car une fois arrivée devant son bureau, je me garai en pilant, et tant pis si c’était une place réservée à son adjoint !
Maintenant que j’étais là ma rage afflua de nouveau. Fulgurante.
Après être entrée dans le vaste hall, je ne pris pas le temps de saluer Latifa, la réceptionniste, qui me regarda passer avec stupéfaction, sans doute à cause de ce comportement inhabituel de ma part ! Il était vrai que j’avais toujours à son égard un sourire ou un salut poli.
Je montai l’escalier.
Je traversai le couloir.
J’ouvris la porte de son bureau violemment.
Et là…
Je l’aperçus de suite.
Il était de dos, debout, une main posée sur le coin de son bureau métallique.
J’entendis un petit cri.
Et je La vis.
À genoux devant lui, la tête au même niveau que sa braguette… Ses hanches s’avançaient vers Elle.
Le cri venait d’Elle : Elle avait penché la tête de côté, délaissant momentanément son occupation et m’avait vue.
Nos regards s’attachèrent, se croisèrent.
Il tourna la tête vers moi, stupéfait.
Après un instant de silence, de mon côté, je ne pus empêcher un cri de rage d’exploser.
Et je me lançai alors dans une tirade où mes reproches dévalèrent en cascade.
Elle se releva, remettant une mèche de ses cheveux en place, comme si de rien n’était.
Après ma diatribe enragée, je me tournai vers la porte, ne laissant aucune place à une discussion avec lui. Après tout ce que je venais de voir me suffisait pour juger ! Oubliant mes projets de tout à l’heure, je commençais à m’engager dans le couloir en sens inverse, dans un état d’esprit sensiblement différent de précédemment, ne regardant même pas les personnes qui s’étaient rassemblées pour observer la scène. Lorsque j’arrivai devant l’escalier, j’entendis un cliquetis derrière moi, malgré les murmures qui résonnaient. Ensuite une main toucha mon épaule avant que je ne pose mon pied sur la première marche, et m’obligea à me retourner.
— Luna ! me demanda Sa voix.
Cette fois mon envie de gifler aller s’accomplir. Pourquoi venait-Elle vers moi ?
Mais mon regard fut attiré par ce qu’Elle tenait dans sa main.
Une aiguille avec un bout de fil !
Je levai les yeux vers elle.
Elle m’adressa alors un petit sourire :
— Oui, je recousais son bouton. Ce n’est pas du tout ce que vous croyez !
Soupe d’automne
Un beau potiron,
Des marrons, lait, poivre et sel :
Onctueux mélange. [4]

[4] Qualifié Prix Haïkus Automne 2014, Thème potiron, Short Édition.
Jardin automnal
Potimarrons, choux,
Betteraves et potirons :
Potager goûteux. [5]

[5] Qualifié Prix Haïkus Automne 2014, Thème potiron, Short Édition.
Feuilles d’automne
Au sol rouge, marron,
Jaune et orange potiron,
Un doux lit bruissant. [6]

[6] Qualifié Prix Haïkus Automne 2014, Thème potiron, Short Édition.
Avant le crépuscule
Le soleil s’endort,
Écrasant la pulpe orange
D’un beau potiron. [7]
 


[7] Qualifié Prix Haïkus Automne 2014, Thème potiron, Short Édition.
Une étrange famille
Courges, citrouilles,
Potirons, potimarrons :
Cucurbitacées. [8]

[8] Qualifié Prix Haïkus Automne 2014, Thème potiron, Short Édition.

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