Les Monologues de l âme
62 pages
Français

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Les Monologues de l'âme , livre ebook

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Description

Plongée dans les méandres intérieurs, les Monologues de l'âme questionne l'existence et la nature de cette composante de l'esprit humain.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 décembre 2013
Nombre de lectures 9
EAN13 9782312014548
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les monologues de l'âme

Jean-Luc Bengler
Les monologues de l'âme

















LES ÉDITIONS DU NET 22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2013 ISBN : 978-2-312-01454-8
И чувствую -
" я "
для меня мало .
Кто - то из меня вырывается упрямо .
В . В . Маяковский , Облако В Штаках



Et je sens que
« je »
est pour moi trop petit.
Quelqu'un obstinément s'arrache à moi.
V. V. Maïakovski, Le Nuage en pantalon

1
Ś ā nti
Cueillir le jour – ce qu’il vous offre
parfois un rien
quelques lignes hâtives
une page relue
ou un regard croisé au détour d’une rue.
Chasser la nostalgie le regret le remord
vivre au moment présent
ouvert à l’accident
prêt à tout recevoir
comme une claque en pleine figure.
Nier l’appréhension – refuser d’y céder
demain viendra bien assez tôt –
se tenir accueillant
comme le ciel azur au martinet jouant
sous les nues en lambeaux.
Se poser et fermer les yeux
les oreilles soumises au doigté de Philip
les membres dégourdis par le soleil de mai
la tête palpitant aux ondes de Borée
s'offrir au flot calme du temps
ne pas s'abandonner
mais rester calme, et réceptif
malgré le léger malaise dedans.
Pacifier – oh, oui ! pacifier
les humeurs vagabondes
les sentiments rétifs
les craintes et les désirs belliqueux
offert au monde potentiel
prêt à tout comme à rien
sans ce réflexe défensif
qui fait se refermer le coquillage.
Malléable et souple
plus que tolérant acceptant
ce qui se meut de l'alentour
et l'incorporer dans ce moi
en repos – gestatif
qui ne saurait gagner la plénitude
puisqu'il sera coupé dans son élan
ou atteint de décrépitude.
N'importe puisque d'ici là
chaque jour en soi portera son destin
et sa myriade de possibles
sans que rien ne soit interdit
quoique tout de sa vanité
n'ira qu'enrichir la poussière
au bout du décompte.
2
Quoi ?
l'homme en son regard
contiendrait des merveilles ?
Je n'y vois que la haine
et le mépris d'autrui
– c'est-à-dire de soi !
3
et pourtant va profond :
fouille sous ce dépit,
sous ce refus de vivre –
écarte le rideau de cette cécité –
ne vois-tu pas une étincelle ?
goutte pure d'or en fusion froide
éclaboussant jusqu'aux confins de l'univers ?
n'y a-t-il pas dessous ces couches mortuaires,
cette crasse amassée d'oxydes
et de poussière de béton,
l'éclair vibrant dans l'abîme insondé
d'un relent de divin –
quoi que cela puisse être ?
De tes mains mornes de fatigue
retire de tes yeux le pus accumulé
et d'un retournement orbital
scrute sous les cernes des jours
pour retrouver de ce cœur tendre
abrité de l'hiver et des chaleurs d'été
l'innocence première –
ce germe galvaudé
par tant de pseudonymes
et d'approximations –
et qui reste indicible…
4
Comment se peut-il que notre âme
enferrée dans le pourrissement de notre corps
soit semblable au souffle du vent
glacial ou chaud au gré des humeurs du monde ?
Comment peut-elle
en cet étroit carcan
évoluer en volutes grandioses
et infinies ?
Ne devrait-elle pas s'y rabougrir,
s'y comprimer, s'y liquéfier
plutôt que, comme elle fait,
sans sortir des limites nauséabondes,
s'épandre, s'étirer
jusqu'à des utopies
que la raison ne peut saisir,
ni même la fantaisie
imaginer ?
Comment, confinée
et inétendue,
peut-elle toucher le bord même
de l'univers ?
Comment peut-elle ne pas se heurter
aux bornes de la vie –
se cogner au mur invisible ?
Comment, noyée parmi
ces organes déliquescents qui
à peine nés déjà remuglent la putréfaction,
peut-elle n'être,
bien mieux qu'immortelle,
atemporelle –
ni vivante, ni morte, ni close,
blessée pourtant par les ratures de la vie –
holotopique et uchronique –
témoin sans mémoire
de ce qui n'eut pas lieu par avant le Breshyth –
ou l'énouma elish !
Incommensurable parcelle du sans-nom
abattue sur la terre et enfouie
dans le commun,
n'émergeant de la débâcle
que sporadiquement et
méconnue :
le plus souvent pis qu'ignorée
fourvoyée – et des plus grands !
Elle souffle pourtant,
incontinent,
sans égards pour ce qui n'est pour elle
pas à l'entour,
ni là, ni maintenant,
ni demain, ni ailleurs –
ni jamais, ni toujours…
Inviolée elle saigne
sans être atteinte,
et garde mémoire
exclue du temps.
5
L'esprit raisonneur quelquefois
parvient à saisir ou capter
involontairement
le ruissellement vigoureux
et quelquefois à le rendre
audible sinon préhensible
en un flot rétrograde à la source
tangible d'où il sourd.
Ainsi de l'estuaire
où puissant il se heurte aux forces de la mer
le fleuve logorrhéique
remonte à contre-courant à l'amont
en un triangle inversé,
ou un cône,
pour s'épuiser en un filet
où l'inspiration se tarit
au lieu de se répandre –
s'en allant du commun vers l'idiosyncrasie.
Et, selon que l'on est
de finesse ou de formes mesurées
l'on nommera ce flux
différemment,
mais il restera – caillou rare
reconnu par l'élite de la sensibilité –
comme pierre d'angle
où s'achopperont les entendements les plus rudes –
à moins qu'il ne demeure celé
par pudeur ou par mésestime.
Il faut à l'esprit cependant qu'il se vide,
s'il veut recevoir l'élixir,
de toutes ses scories mondaines,
qu'il accepte, et sans condition,
la condition réceptrice
jusqu'à, s'il est besoin
abandonner le contingent !
Ainsi, te voilà prévenu :
agrée ton état, ô poète,
ou le rejette –
mais de l'un ou de l'autre
supporte en conséquence
le retrait d'un des mondes
et la souffrance en héritage.
6
De ton carcan
tisse la croix d'or
des condamnés à vie.
Tu peux
d'un seul clin d'œil
et tu le sais
écraser la montagne
assécher l'Amazone
émécher les étoiles.
Du poète ennuyeux tu peux
changer la vie sans intérêt
en un cortège remarquable.
Tu peux accorder la fin
au monde de sa faim,
annihiler la barbarie
aux racines de sa sottise
ou transformer les dieux jaloux
en de bienveillants Aratar.
De cette prison
dont toi seul détient le verrou
cadenassé
tu peux sans même un geste
arrêter les orbes célestes,
enfurioser le flot des mers,
tarir les monts d'Héphaïstos
et jusqu'à caresser
le doux visage de l'éphèbe
se tenant à l'arrière du train
du temps – ou est-ce à son avant ?
pourvu que tu le veuilles.
Car,
comme prophétisa Guillaume
en sa cité ensanglantée de nuit
si rien n'est vrai &

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