Les paroles tristes
152 pages
Français

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Les paroles tristes , livre ebook

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Description

Le génocide des Tsiganes (Roma et Sinti), le génocide oublié, l'une des pages les plus sombre de l'histoire contemporaine en Europe, s'est écrite avec le sang des Tsiganes. Peuple martyr, 500 000 hommes, femmes et enfants seront livrés à leurs bourreaux. Ultime offense aux innocentes victimes, le silence des nations. Dans la préface de ce livre / témoignage, Esméralda Romanez s'adresse à l'auteur. "Félix porte la douleur des miens, de ceux qui ne savent pas mêler le sang des mots au refuge des pages".

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 novembre 2014
Nombre de lectures 70
EAN13 9782336360751
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Témoignages poétiques
Témoignages poétiques
Collection dirigée par Philippe Tancelin
Parce que la langue poétique constitue une exploration, elle revêt parfois son visage de « témoin » des chamboulements de notre société, des mondes qui nous entourent, au gré des voyages, des rencontres. Parce qu'elle explore l'intime, qu'elle épouse une fonction dénonciatrice ici et ailleurs, elle bouleverse aussi notre vision du politique. Accueillons ces textes qui nous aident à cheminer et modifier notre regard…
Déjà parus
François COUDRAY, une montagne , 2014.
Stavros ZAPHIRIOU, Vers où (une histoire de guerre) , 2014.
Georges DE RIVAS, La Poésie au péril de l’Oubli, 2014.
Julien de CORNIERE, Outre-mer , 2014.
Clément COLLIGNON, Slogan , 2014.
Régis ROUX, La terre lointaine , 2013.
Françoise et Sonia DELMAS, Le désordre des jours , 2013.
Denis LEMAÎTRE, La cité restitués, 2013.
Denis LEMAÎTRE, D’errance en Arrée, 2013.
Félix MONGET, Frères ! Extraits des carnets de voyage d’un passant , 2013.
Marguerite BAUER-BENIDIR, L’attente , 2013.
Alexandre MASSIPE, Geneviève Clancy : son enseignement , 2013.
Jean-Luc POULIQUEN et Philippe TANCELIN, Paroles de poètes, poètes sur parole , 2013.
Michel POMMIER LE PARC, La mare aux joncs, suivi de Aurère , 2013.
François AUGÉ, Hors je , 2013.
Jean-Luc POULIQUEN, Sofia en été , 2012.
Tristan CABRAL, Dernier tango à Salta , 2012.
Karim KOUROUMA, Le masque et le cheval. Nostalgie d’une terre lointaine , 2012.
Flavia COSMA, Le miel trouble du matin , 2012.
Titre
Félix Monget




Les paroles tristes
Le génocide des Tsiganes
Poèmes


Sad words
The genocide of Roma/Gypsies

Paripe Alava
O Hajba tharo baro holocausti E Romengo “Sarvnash”




Préface d’Esméralda Romanez
Copyright
Du même auteur
La légende de l’escargot – Opus III, Poèmes, Éd. des Poètes français, 2010.
Mes saisons du bonheur chez les gens du voyage – suivi de – Gitanitude , Poèmes, Éd. L’Harmattan, 2011.
Frères ! Extraits des carnets de voyage d’un passant, Poèmes, Éd. L’Harmattan, 2013.






Traduit en anglais et romani par / Translated from french into english and romani by
AGRI © Harold Lush









© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-71086-0
Remerciements

REMERCIEMENTS
Selon les aléas de l’histoire et les directions de leurs migrations, les Rroms se sont installés en de nombreux pays. Tellement éloignés pour certains, que les terres ne renaissaient que de l’autre côté des océans.
Aux États-Unis d’Amérique, sous le ciel de l’Indiana, un homme s’est attablé et s’est mis au travail. J’ignorais tout de cet homme. Je ne le connaissais pas. Il ne me connaissait pas davantage.
Notre collaboration a pris racine d’une concordance d’objectif, la mise en lumière et son rappel au monde du génocide des Tsiganes, un sujet qui le touche par toutes les fibres de son être. D’une première confidence épistolaire, il m’avouait que son subconscient lui imposait de m’aider.
C’est ainsi que dans les nuits de l’Indiana, avec la compagnie de Dieu qu’il sert et qui l’inspire, Harold S. Lush alias Rom Harold de son nom de combat a consacré quatre grands mois à m’offrir les connaissances linguistiques qui me faisaient défaut.
Dans ma quête d’auteur, confronté à l’universalité du sujet traité je n’imaginais pas cet ouvrage autrement que doté du support d’autres langues que la mienne.
Harold S. Lush a traduit mes mots en Anglais et en Romani. L’Anglais, véhiculaire par excellence, le Romani, le langage de ceux qui étaient conduits à la mort dans l’Europe du Grand Reich.
Dans son dernier message, Rom Harold termine ainsi « Ja Devlessa Félix, Mi Phral », ce qui signifie « Que Dieu te garde Félix, mon frère ».
Pour ces mots, pour ta ténacité et ta rectitude, pour ton aide si précieuse, reçois, Frère, mon infinie gratitude.

ACKNOWLEDGEMENTS
According to the vagaries of history and the directions of their migrations, Roma settled in many countries. So far for some, that the land is reborn on the other side of the ocean.
United States of America, under the skies of Indiana, a man is seated and got to work. I knew nothing of this man. I do not know. He did not know me more.
Our collaboration has taken root in an objective match, highlighting and reminder to the world of the genocide of the Gypsies, a topic that touches every fiber of his being.
In a first epistolary confidence, he confessed to me that his subconscious required him to help me.
Thus in the nights of Indiana, with the company of God he serves and inspires,
Harold S. Lush aka Rom Harold his name fighting devoted great four months to offer me the language skills that were failing me.
In my quest Author, facing the universality of the subject I had no idea this book other than with the support languages other than mine.
Harold S. Lush translated my words in English and Romani. In English first, a major language that connects people. Then, in Romani, the language of those who were led to death in Europe Greater Reich.
In his last message, Rom Harold ends well « Ja Devlessa Felix, Mi Phral », which means « God go with you Felix, my brother ». For these words, for your tenacity and your righteousness, for your precious help, go, Brother, my infinite gratitude.

OV SASTO
Thari specificno istorija so nasocinena ki lengiri migracija o Roma si but ando but puvja dzi akana numa nekaske okotare tharo okeani kote i puv bijangola okotare thari lumija.
O Khedime Amerikanske Drzave, ke devlesiri puv Indijana manush astargapes pe bukjaja. Na dzanlum kanchi basho akava manush. Na dzanava. Ov na dzanela man.
Amari sorabotka lendo si jekh koreni sar baro natprevari thaj osvetlipa jekhe misafireske anadari genocid ko roma ani lumija,i tema koja pipinela ko sakova bala ko leskoro bitie,
Ko jekhta alfabeta si kaj doverba kote vo sine vakerdza da lesiri viziba kamela te del pes arka. i agare ko raka andi Indjana, ki kompanija kote so e deleskere inspiracije o Harold S. Lush akava Rom Harold, leskere maribaja vov sone 4 masekija nudinela sine chibjakiri skilija kote sine na mishto.
Ko mlo rodiba basho avtorska prava, kola sociela pes ki univerzalno tema, na sinema gndipa bashi akala lil, numa sinema arka tharo javera mle chiblencar.
Harold.S.Lush, tradusiir mle lafija ando Anglikhane.O Anglikhano manush vakhei but shukare Romane, I chip anga dzi ko meroba ki Evropa tharo baro raih.
Ki leskiri paluni poraka, o Roma Harold butunga but shukare
` « Dza devlesa mo pral Feliks », odova znacini o evel tusa te ovel mo pral Feliks.
Akale lafenge bashi tumaro izdrlivost thaj chachipe em bashi tumari arka si mle pralja thaj mlo but oven saste.
Dédicace

DÉDICACE
Nous sommes confrontés à un crime de masse. Chacune des victimes mérite que cet ouvrage lui soit dédicacé.
La plupart d’entre elles restera anonyme, Aucune liste ne reprendra la litanie de leurs patronymes.
Samudaripen ou encore O Baro Porrajmos,
Shoah,
Holocauste :
Similaires désespoirs,
Mêmes larmes,
Même incompréhension de ceux qui étaient conduits à la mort.
Même difficulté, longtemps après, d’évoquer l’inconcevable.
À la mémoire du sang des innocents,
À la mémoire d’un peuple assassiné.
Il n’est jamais inutile de rappeler le passé aux vivants.

DEDICATION
We are faced with a mass crime.
Each of the victims deserves that this book is dedicated to him.
Most of them remain anonymous,
No listings resume litany of their names.
Samudaripen or O Baro Porrajmos,
Shoah,
Holocaust :
Similar despair,
Same tears,
Same incomprehension of those who were led to their death.
Same difficulty, long after, to discuss the unthinkable.
In memory of innocent blood,
In memory of a people murdered.
It never hurts to remember the past to live.

LOYAKO
Kai muial amende si mass kraimo.
Sako viktimo shai-te resel akava Pustik, savi si kerdi vash leste.
Kai mai but mashkar lende achen bi-pin3arde.
Nijek djanipe pal lenge anavende.
Samudaripen wor O Baro Porrajmos,
Shoah,
Porrajmos :
Sarano dar,
Sarane asva,
Na-djanipe pal odole manushende kon sas mudardile.
E lungune vaktesko sarano pharipe, pal diskusija, del-duma te ni-hakaripe.
Ande memoria ko e bidoshalengo ratvaripen.
Ande e mudarde manushengo memoria.
Nikada dukhal o jivipen, kana iranas ande gudi o nakhlutno – vakt.
Préface

PRÉFACE
Félix Monget, gadjo libre, lucide, incorruptible…
Félix Monget ne se raconte pas… Il faut partager ses silences pour pénétrer son cœur.
Je ne remercierai jamais assez notre Sainte Sara de l’avoir placé sur ma drom (*) .
Félix est un tisseur de passerelles entre le monde payo et le monde Tsigane. S’il n’existait pas, il manquerait la solidité à la corde pour que ces passerelles soient éternelles.
Les paroles qui sortent de sa bouche sont une vérité qui est pure, sans fard, ne cherchant à plaire ni aux uns ni aux autres. Cette vérité a germé dans son cœur, se nourrissant de fraternité universelle et de partage. Elle ne peut que convaincre, ou se briser contre les murs du conformisme.
Sincère, dépouillée, intense, directe, son œuvre lui ressemble. Elle est un authentique message d’amour.
Félix porte la douleur des miens, de ceux qui ne savent pas mêler le sang des mots au refuge des pages. Il porte la rosée de nos larmes quand, au givre du temps, s’accroche le parfum des mémoires usées. Il porte le chant lointain des paroles taries aux sources de nos veines.
Félix, mon frère, la poésie est un mystère. La poésie est une subtile alchimie qui permet parfois à de simples mots de faire tomber les barricades. Merci à toi !
Je voulais te dire tout ça… Cette préface en est l’occasion.
Esméralda Romanez

PREFACE
Felix Monget, free gadjo, lucid, incorruptible…
Felix Monget does not tell… It must share its silences to penetrate his heart.
I cannot thank enough our Sainte Sara placing it on my drom (*).
Felix is a weaver paving bridges between the world and the Gypsy world. If it does not exist, it would lack the strength rope for these bridges are eternal.
The words coming out of his mouth is a truth that is pure, unvarnished, seeking to appeal to neither, other. This truth has sprouted in his heart, feeding universal brotherhood and sharing. It can only persuade, or break against the walls of conformity.
Sincere, stripped, intense, direct, his work resembles him. It is an authentic message of love.
Felix wears the pain of my people, those who cannot mix the blood of words refuge pages. He wears the dew tears when the frost of time, catching the scent of sewage memories. It carries the distant song lyrics dried up sources of our veins.
Felix, my brother, poetry is a mystery. Poetry is a subtle alchemy that sometimes allows simple words to break down barricades. Thank you to you !
I wanted to tell you all this… This preface is an opportunity.
Esmeralda Romanez

ANGLUNO ALAV
Felix Monget, jek azad te shudjo, te bihamisto Gadjo…
Felix Monget ni phenel… Te ame mushai-te djanas pal lesko chupipen choryal ande lesko jilleste.
Me but but parikerav ko meri mai-pativali Devalni Sati – Sara – Kali kon ledjal/ingerel man pe o chacho Romano – Drom.
Kai Felix si jek khuvavno, te kerel Phurda mashkar e lumiya te Romende. Te nai amen ek lacho khuvavno, otoska nai amen zorale shelia vash akale Phurdende.
Te odole alava save aven avri leske muiatar si chache te shudje,
te ni mangav ko apelisarav averenge. Te akava chachipe si phutardilo taro lesko jilo, te kas ame sa hakaras te mangas, te zoraras sar o univarsalno – Phralipen, te ka kerel lachi buti pal e manushende.
Akava si leski ek chachi zorali buti, te akava si lesko ek chacho sandesho mesago ko kamipen.
Kai Felix 3anel e mere manushenge dukha, kas vo nashti-te vakarel, ande peske e ratvarne, te dukhavne alavenge. Kai ani pharipe si les, e kirke – asva, te iranel ande peski gudate e nakhle vakteske memoria. Te ada phari dukhavni gili arakhel amare sa e dukhenge.
O mero phral Felix-eske Gilia/Songs, si loke, te kovle, te sa lokes hakaren len.
Parikerav tuke !
Kai me manglem ke sa phenav tumenge… Te e anglune-alava si mansa ek oportunitia.
Esméralda Romanez
(*) Drom : route, en Romani – road, in Romani.
Note de l’auteur

NOTE DE L’AUTEUR
Un livre pour la mémoire
– Chassés de Hongrie par les persécutions et la misère, les Gorgan appartiennent à la communauté Rom. Ce sont des Tsiganes. À l’issue d’un long voyage, ils sont arrivés dans le sud de la France où ils se sont installés. Depuis longtemps, plusieurs générations, leurs caravanes stationnent entre Nîmes, Arles et Les Saintes-Maries-de-la-Mer. C’est une nombreuse et honorable famille, de simples et braves gens. Cependant, en butte à l’ostracisme et à la précarité de l’existence, rien ne s’est arrangé pour eux. Ici comme ailleurs, les nomades ne sont pas bienvenus.
Avec son frère Manolo, guitariste et chanteur des rues émérite, Luludji est mon amie, la figure emblématique de la tribu. Diseuse de bonne aventure, elle jouit d’un grand prestige parmi les siens.
Le soleil brûle le jour avant de s’éteindre. D’un âge avancé, Luludji achève la course de son temps.
Mémoire d’un peuple et des souffrances qui lui furent infligées, sa vie est emplie de paroles tristes.
Comme un trésor, elle aimerait les léguer à ceux qui suivront pour qu’elles ne se perdent pas et lui survivent.
Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, le pèlerinage des gitans bat son plein.
Matinale terrasse de printemps à l’Escaladou, à l’écart du bruit de la foule Luludji m’a retrouvé pour un café et quelques confidences. Je ne veux rien savoir de l’avenir et Luludji ne m’en a jamais rien dit.
Pourtant, afin de me révéler ce qui est écrit au Livre du Destin, la devineresse me tient doucement par les poignets.
Un oracle : – ta vie et les nôtres disait-elle, sont liées à jamais . C’est ainsi que l’étrange pacte d’alliance fut scellé entre le gadjo et ses frères rroms. La vieille femme me brûlait du regard tendre et aimant d’une mère pour un fils.
Avec Manolo, Luludji n’est plus de ce monde. Ils nous ont quittés. Seule, pour tout legs, une responsabilité qui s’impose à la conscience : Luludji, faire en sorte que tes paroles tristes ne se perdent pas et te survivent .
Pour le soin de ta mémoire, ma peinture et ces poèmes.
– Pour dessus soi, qui n’a rêvé d’un toit, qui n’a rêvé d’un endroit où partager le simple bonheur d’une vie heureuse ?
Sans considération pour une origine ou un mode de vie, quelle famille n’aura espéré être épargnée des épreuves et des souvenirs amers ?
Tiré par des chevaux comme c’était ainsi depuis toujours, ce toit était celui d’une roulotte. Leurs occupants, une famille manouche. En poche, les carnets anthropométriques, des papiers d’identité attestant de leur nationalité. Une famille française.
Par tous temps, de soleil et de pluie, de neige et de vent, longtemps le toit à ruisselé de bonheur. Sous lui cependant, avare de paroles, un père s’efforçait de taire d’anciennes douleurs. Ce n’est que par fragments et avec réticence que l’homme revisitait son passé. À ses genoux, une jeune enfant se forgeait sa première mémoire : la déchirure de l’injustice. Pour plus tard, les cris de sa révolte.
Entendez l’histoire de Raoul Rodement : dans la tourmente de la guerre, l’homme avait servi son pays. Comme nombre de ses compagnons d’infortune, fait prisonnier et interné dans un stalag, les Allemands le transfèrent en camp de concentration non plus comme soldat, mais en sa qualité de Tsigane. Avec le triangle marron, il devient le matricule Z 29223.
Évadé, il regagne la France. C’est sur son sol que les autorités de l’époque se saisissent de lui au motif de son origine. Renvoyé en Pologne, dans un camp de la mort, il portera cette fois le triangle noir. Libéré en 1945, il sera de nouveau retenu captif en France pour n’être rendu aux siens qu’en 1946…
Esméralda, l’enfant qui écoutait le père dans le recueillement, est mon amie. C’est elle, longueurs de conversations, qui m’aura appris la face cachée de l’histoire, celle qui à ce jour n’est pas enseignée. Devenue « Romanez » pour son nom de plume et de combat, poétesse et passionaria de la cause des rroms, elle milite ardemment pour que la France reconnaisse son implication dans le Samudaripen, le génocide des Tsiganes. Esméralda, pour le soin de la mémoire de ton père, le manouche et citoyen français Raoul Rodemet, le matricule Z 29223, ma peinture et ces poèmes.
Il n’y a plus d’étoiles au ciel tourmenté où je me suis perdu. Mes visions dans les nuits de l’atelier, l’évocation des innocents assassinés : à la table de l’encre et du papier, rien de tout cela ne m’appartient. Même les mots que j’entends pleurent en des langues étrangères. Pourtant, mon corps et mon esprit brûlent aux feux où mes frères agonisaient.
Cette histoire ne m’appartient pas. Elle est le bien commun de l’humanité, sa mémoire pour son repenti.
Pour vous, ma peinture et ces poèmes, dans l’espoir de vous avoir servi dignement.

NOTE OF THE AUTHOR
A book to the memory
– Driven from Hungary by persecution and poverty, Gorgan belong to the Roma community. They are Gypsies. After a long journey, they arrived in the south of France where they settled. Long, several generations, their caravans parked between Nimes, Arles and Saintes-Maries-de-la-Mer. This is a large and respectable family, simple and good people. However, ostracized and precarious existence, nothing is arranged for them. Here as elsewhere, the nomads are not welcome.
With his brother Manolo, guitarist and songwriter emeritus streets Luludji is my friend, the emblematic figure of the tribe. Fortuneteller, she enjoys great prestige among her people. The sun burns day before dying. In old age, Luludji completes the race of her time.
Memory of a people and suffering were inflicted her, her life is filled with sad words.
As a treasure, she would bequeath to those who follow so they do not get lost and survive it.
Saintes-Maries-de-la-Mer, pilgrimage of gypsies in full swing. Morning terrace spring to Escaladou , away from the noise of the crowd Luludji met me for a coffee and a few secrets. I do not want to know anything about the future and Luludji me has never said anything.
Yet, to tell me what is written in the Book of Fate, the sorceress gently holds me by the wrists.
An oracle : – your life and ours she said are forever linked . Thus the strange alliance pact was sealed between the Roma and Gadjo brothers. The old woman burned me tender and loving gaze of a mother for a son.
Manolo and Luludji are no longer of this world. They have left us. Only for any legacy, a responsibility which requires the consciousness : Luludji, ensure that your sad words are not lost and you survive.
To take care of your memory, my painting and the poems.
– For over itself, which has not dreamed of a roof, which has not dreamed of a place to share the simple joy of a happy life ? Without regard to origin or mode of life, what family will be spared hoped trials and bitter memories ?
Pulled by horses as it was and has always been, it was the roof of a trailer. Their occupants, a gypsy family. Pocket, anthropometric notebooks, identity papers proving their nationality. A French family.
All weather, sun and rain, snow and wind, long the roof runoff happiness. Under him, however, taciturn, a father tried to silence old pain.

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