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Merci l'Afrique

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Description

L'Afrique, pays muet mais tellement prégnant pour peu que l'on ait un peu de courage et la soif de dévisager le temps, et que l'on nomme enfance ou les naissances de l'amour. L'enfance, ici, c'est avant tout l'Afrique coloniale et le pays des Sérères animistes qui transparaît dans ces 45 poèmes sous l'influence d'une oralité poétique martelante.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2009
Nombre de lectures 198
EAN13 9782296679191
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0059€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Merci l’Afrique !…
Françoise Leclerc


Merci l’Afrique !…
Poésie


L’Harmattan
DU MÊME AUTEUR
Forclos , Flammarion, collection « Textes » (roman).
La ville te guette au coin du bois , Le Temps des cerises, 2004 (poésie).
Loup pourquoi te caches-tu ?, Le Temps des cerises, 2007 (poésie).
Collabore régulièrement à la revue Commune .


© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-09212-9
EAN : 9782296092129

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
« … je suis agi
par les lois invisibles
du rythme
je ne les comprends pas
moi-même
elles sont là… »

Valéry Larbaud, Poésies de
A. O. Barnabooth
ICI
les gens ici
ont des cornes
sur la tête
des cornes
qui nous pourchassent
à travers bois et champs
et le ciel est sans pitié
et la nuit aveugle et sourde
et le vent qui souffle
dévorant
les puits sont à sec
nous buvons de l’alcool
de l’alcool qui rend fou

jour après jour
bêtes et gens se métamorphosent
inexorablement
les bêtes à ailes perdent leurs ailes
et celles qui avaient des griffe
leurs griffes
les bêtes qui volaient rampent
les bêtes qui nageaient
rampent maintenant

les bêtes se dévorent entre elles

les gens dévorent les bêtes
et les bêtes les gens
la mère dévore le père dévore les enfants
le père dévore la mère dévore les enfants
et les enfants
le père la mère et leurs enfants
le fort dévore le faible
et le faible le fort
QUARANTE DEGRÉS À L’OMBRE
les cactus ils piquent
les charognards ont
le cou à vif
l’air est de métal
jusqu’au fond des prunelles
on a mal
quarante degrés à l’ombre
sur la véranda
le soldat s’enivre
de vin de palme
le fiévreux grelotte
a le bec qui claque
« ka ka keukeu ké »
comme ces oiseaux
arrachés au ciel
quarante degrés à l’ombre
les blancs mordent la poussière
n’ont plus de sueur
plus de larmes
et crament
les feuilles de l’arbre
quarante degrés à l’ombre
les cactus ils piquent
les charognards ont
le cou à vif
l’air est de métal
jusqu’au fond des prunelles
on a mal
LE DISPENSAIRE DE BROUSSE
rampe l’odeur gangrène la terre
l’iguanodon grille au soleil
le furieux a quitté son lit
d’arbre en arbre et l’écume aux lèvres
le furieux bondit
rampe l’odeur gangrène la terre
l’iguanodon grille au soleil
à l’écart des autres les hommes
un squelette grelotte fiévreux
et traîne baluche informe
entre les arbres j aunes et verts
son phallus sac à misère
l’homme à figure de phacochère
rampe l’odeur gangrène la terre
l’iguanodon grille au soleil
bel oiseau-lyre
musicien des tilleuls
retiens ton chant
abrités de leurs masures closes
les lépreux ne sont pas moroses
et rampe l’odeur gangrène la terre
entre deux palmiers nains un hamac
se secoue
c’est le singe Babou
qui se gratte le bougre
bel oiseau-lyre
musicien du soir retiens ton chant
l’iguanodon grille au soleil
comme des larmes ensorcelées
tombent les fruits du cocotier
ARAIGNÉES
le ciel est une araignée
la terre
un coffre à araignées

la terre s’étoffe
s’étoile
se recouvre de toiles
la croûte de la terre boursoufle
crève par endroits
laisse filer ses araignées

le ciel est une araignée
la terre est une araignée
les arbres sont des cotonéasters
d’où se laissent tomber
les araignées

le ciel est une araignée
et du ciel coule une pluie
monochrome
d’araignées comme le poing

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