Sfax
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Description

Cette esquisse sensorielle d'un pays, la Tunisie, d'un port, Sfax, raconte une mémoire méditerranéenne, là, sur ces côtes où les origines se croisent, où les événements prennent d'un seul coup une violence inattendue, où l'exil glisse sous les sables, où la torture et la misère s'étouffent sous les arcades, où le voile s'effiloche au travers des ruelles.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2011
Nombre de lectures 120
EAN13 9782296464162
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0062€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sfax
 
Témoignages poétiques
Collection dirigée par
Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan
 
Parce que la langue poétique constitue une exploration, elle revêt parfois son visage de "témoin" des chamboulements de notre société, des mondes qui nous entourent, au gré des voyages, des rencontres. Parce qu'elle explore l'intime, qu'elle épouse une fonction dénonciatrice ici et ailleurs, elle bouleverse aussi notre vision du politique. Accueillons ces textes qui nous aident à cheminer et modifier notre regard...
 
Déjà parus
 
Pierre GOLDIN, Répertoire des simples , 2011.
Dana SHISHMANIAN, Khal TORABULLY (dir.), Poètes pour Haïti , 2011.
Gihan OMAR, Avant de détester Paulo Coelho , 2010.
Michèle HICORNE, Des mots pour la Palestine. Et la plage de Tantoura... ment , 2010.
Jean LESTAVEL, Aux marches du temps , 2010.
Jean FOUCAULT, Suites vietnamiennes , 2010.
Christophe FORGEOT, Porte de la paix intérieure , 2009.
Michel LEUTCHA alias Saltaire, Berceau des chats et des souris, 2009.
 
Claudine Pellé
 
 
Sfax
 
 
Éditions L’Harmattan
 
 
Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
 
© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
 
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54751-3
EAN : 9782296547513
 
En amour
À ce pays qui m’a vue naître
Entre l’olive et le poisson
 
Couleurs chaudes
Dans ce pays d’arcades où le désir s’échappe
Ces labyrinthes où la sueur se cogne contre l’intimité
des femmes
Ce pays d’attentes voilées...
 
Il était de ces jeunes maltais marqués par le sang, reste d’un monde venu de la mer, il vivait, solitaire, là-bas, sur la route qui borde la plage, une cabane sur pilotis, laissée aux griffes des vagues et du vent. La nuit, de tant de rêves, il criait, se sauvait de mille périls, s’acharnait sur d’autres peaux. De vieilles racines agrippaient son innocence. Comme par erreur, des désirs profonds surgissaient dans l’ombre du sommeil. Alors à la même heure, il se levait, se vidait d’un trop plein de vessie. D’un geste machinal, il prenait un verre d’eau qui lui donnait ce seul retour à la vie. Puis il retrouvait la douceur de ses draps, s’enfonçait dans le néant avant de reconquérir les premières lueurs du jour. La fin de ses nuits semblait secrète comme plus lointaine. Seul, le clapotis de l’eau mesurait ses silences.
 
Elle avait de grands yeux et poursuivait le monde de ce regard perçant, toute délicate dans son profil de femme blanche, toute rosée sur ses lèvres...
Elle languissait...
mon corps ivre de transparence jetait des reflets
sur la fine soie de mes robes
Elle avait pour elle cette profonde sueur de ces femmes qui attendent avec justesse.
mon mari
L’homme au crâne rasé, s’incrustait dans cette vie comme une ombre sournoise. Impuissant de son membre, il l’était, il avait la main sale, sourde la pensée, perverse la sueur et son regard gardait comme une lueur glacée.
il me tenait prisonnière
dans cette maison aux longs couloirs semés d’ennui
là-bas sur la colline qui domine la mer
Seul, le soleil froissait les murs de jour en jour.
je le savais
 
Au petit matin
Rue déserte
L’été
Les fleurs deviennent plus capricieuses encore
 
L’été, les fleurs deviennent plus capricieuses encore.
Le jeune maltais s’étire dans le silence et s’interroge
sur ces quelques gémissements de pétales.
D’apparence tranquille, il les accompagne d’un jet de rosée.
De ses doigts fragiles, il achève les contours.
Sensibles les fleurs s’oublient...
 
Déjà, le ciel est bleu...

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