À 50 ans j ai fait un bébé toute seule
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Description

Maman à 50 ans et célibataire. Pourquoi un tel choix ? Un coup de tête ? Que nenni ! À 40 ans, je voulais fonder une famille. Papa, maman, bébé. Dix ans après, je faisais un bébé toute seule.
Les problèmes de santé à répétitions, le mépris des médecins, les déboires sentimentaux n’ont pas eu raison de mon obstination : Être mère. Avoir un bébé. Mon bébé. C’était devenu ma raison de vivre. Mais le temps s’était écoulé et en France, les portes s’étaient fermées depuis bien longtemps.
Alors, je n’ai pas hésité. Contre vents et marées, malgré les critiques de toutes parts, malgré l’opinion des médecins : « Avoir un enfant à quarante ans, quelle idée ! » ou « À votre âge, on ne pond plus ! J’avais alors quarante-six ans.
C’est ma vie ! C’est mon corps !
Docteur, j’aurai un enfant !
Alors, j’ai traversé la frontière et grâce à l’Espagne, j’ai réalisé mon rêve. Un enfant !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 octobre 2019
Nombre de lectures 8
EAN13 9782312070148
Langue Français

Exrait

À 50 ans j’ai fait un bébé toute seule
Brigitte Leroi
À 50 ans j’ai fait un bébé toute seule
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2019
ISBN : 978-2-312-07014-8
Chapitre 1
Ma décision était prise. Je venais de fêter mes quarante ans. Il était temps que je réalise mon vœu le plus cher.
Un enfant !
Je désirais un bambino depuis bien des années sans pouvoir jusqu’à présent concrétiser ce souhait.
Et aujourd’hui, les conditions étaient réunies :
Un appart,
Un boulot que je quittais. il était bien trop prenant. Il m’avait volé ma vie privée. Trop tard pour porter plainte, mes années s’étaient envolées.
Un patrimoine, engrangé grâce à lui quand même,
Et la condition primordiale. Un homme qui m’a dit « oui ». Pas pour le mariage, non, non. Pour le bébé !
Quarante ans, déjà ! Alors, au boulot !
Pas celui que je laissais tomber après quinze ans de vie commune mais mon utérus depuis trop longtemps au repos.
Depuis des années, mes week-ends et mes congés avaient été totalement absorbés par le travail. J’avais été prise dans un tourbillon de responsabilités, d’horaires impossibles avec une volonté de réussite professionnelle.
Pendant près de quinze ans de présence dans la société Provam, filiale d’une banque, j’avais gravi les échelons d’année en année. J’étais devenue responsable du contentieux immobilier.
Comme j’étais libre de toute obligation, je ne rechignais pas à rester tard le soir, au bureau et à bosser sans me tracasser pour une nounou à prévenir ou un mari énervé par mes retards répétés à la maison.
Ensuite, pour me défouler, je filais à mon club de sports. Idéal pour évacuer le stress. Passage en salle fitness pour du step, puis poids et haltères à la grande salle.
Tout pour prendre du muscle !
« Ouah ! » s’exclama toute étonnée, Marine , une de mes collègues un jour d’été. Elle me regardait sortir du placard un paquet de dossiers, avec des yeux sortis de leurs orbites. « Quels biceps ! ».
Après, croyez-moi, je ne mis plus de chemisier sans manches et pris la précaution de prendre les dossiers un par un.
Je menais une vie trépidante. Le week-end, Pom, un ami, directeur de courses automobiles, m’emmenait sur les circuits automobiles où je pouvais assouvir ma passion pour la photographie. Le circuit des 24 heures du Mans, la F1 à Magny cours, j’ai pu ainsi côtoyer les plus grands pilotes, comme Michael Schumacher et son frère Ralph, Jean Alesi, Damon Hill, David Coulthard… Je vivais ces moments, intensément.
Lorsque j’étais de retour au bureau le lundi matin, j’avais encore les yeux remplis de ces images. Je faisais quelques envieuses.
Bien que me vie soit très animée, j’aspirais maintenant à d’autres cieux.
Une vie de famille, quoi !
Malheureusement, on n’a pas toujours le choix. Ce n’est pas parce qu’on désire rencontrer quelqu’un pour nous faire un bébé, qu’il va se présenter à notre porte, là, un beau soir « Je passais par-là, j’ai vu de la lumière… » .
Divorcée à 30 ans d’un homme qui n’avait pas la même conception que moi de la vie, déménageant tous les quatre mois et travaillant la nuit, j’ai préféré me stabiliser professionnellement.
Et pourtant lui, voulait un enfant pour me retenir. Mais , moi, je n’en voulais pas. Parce que je savais que j’allais bientôt le quitter.
Pfff ! La vie est mal faite !
Je n’ai pas eu la chance ensuite de rencontrer l’âme sœur. Il est vrai que je n’étais pas vraiment disponible.
J’ai bien partagé quelques moments de ma vie avec des compagnons. Mais pour certains, une femme qui travaille si tard n’est pas concevable. « T’as vu l’heure ! Il est vingt heures ! Tu ne vas pas me dire que t’as travaillé jusqu’à cette heure-là ! » . Y avait-il de la jalousie dans l’air ?
Pour d’autres, je devais être à la maison le soir de bonne heure pour que le repas soit prêt. Dès leur arrivée. « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » . Les vrais machos, quoi.
Et puis, d’autres ne désiraient pas d’enfants. Et là, c’était rédhibitoire. Circulez, y’a rien à espérer.
De leur côté, les hommes, eux, s’arrogent le droit de rentrer tard chez eux pour quelle que raison que ce soit. Pendant ce temps, la femme, elle, en sortant du travail, va faire les courses, chercher les enfants à l’école. Court chez elle pour faire la cuisine, aider ses enfants à faire les devoirs, leur préparer à manger, les consoler après leurs disputes, les coucher.
Ouf ! Elle s’assoit, enfin, pour souffler un peu. Et là, le mari arrive ! S’assoit. « Sers -moi un verre, ma chérie . Je suis fatigué, mooah. J’ai travaillé toute la journée ! ».
Joyeuses perspectives familiales !
Jusqu’à présent, j’avais continué mon petit bonhomme de chemin. Toute seule. Pas de marmots pour sauter sur le lit à sept heures du mat le dimanche. Me dire « Debout maman. J’ai faim ». Ou un mari pour me regarder d’un air de reproche « t’as pris des cuisses, toi … ».
Le samedi soir, je me cuisinais un énooooorme gâteau au chocolat que je dégustais sans aucune gêne, affalée sur le canapé. Cool , relax, en jogging et grosses chaussettes. Regardais la télé, toute la nuit, des thrillers les uns après les autres. Personne derrière mon dos.
Mais malgré cette vie à la fois trépidante et tranquille, j’avais envie d’un bambin qui me réveille la nuit pour avoir son biberon. Je voulais entendre « maman ».
Les années ont passé. Trop vite.
L’idée d’avoir un enfant ne m’a jamais quittée. Mais le travail et tous ces échecs sentimentaux ne m’ont guère donné l’occasion d’être enceinte !
Puis, Ô miracle ! Tout est arrivé en même temps.
L’année de mes 40 ans.
La rencontre avec l’homme de ma vie (du moins je le croyais).
L’aubaine de quitter mon travail.
Tous les ingrédients étaient à présent réunis. Enfin !
Cet homme, Marvin était charmant, gai, plein d’humour, sécurisant. Prévenant, il m’ouvrait même la portière de sa Mercedes. « Cà existe, encore ! ».
Par sa façon de s’exprimer avec un verbe haut, son tempérament, sa large stature, ses cheveux bruns peignés en arrière, il m’a séduite. Complètement.
Et du haut de mon mètre soixante, talons hauts compris (oui, oui !) son mètre quatre-vingt-cinq, était impressionnant.
A quarante-huit ans, ses activités professionnelles de travaux publics l’appelaient souvent dans d’autres départements. Il me téléphonait fréquemment dans la journée ou dans la soirée « Ma chérie, je pense à toi. » « Tu me manques » . Nos retrouvailles étaient à chaque fois plus touchantes que, finalement, je ne regrettais pas ses absences.
Lors de nos soirées tous les deux, nous nous découvrions de plus en plus d’affinités.
Nous étions rapidement tombés amoureux l’un de l’autre et, point le plus important, un enfant « ah oui ».
Mon métier m’occupait encore beaucoup. Beaucoup trop. Il me stressait même de plus en plus. L’ambiance avait terriblement changé avec les fusions absorptions à répétition. Elle était devenue exécrable, invivable.
Le stress était devenu si infernal que je n’arrivais plus à dormir. Et les rendez-vous à Paris avec le PDG de la banque pour rendre compte des résultats obtenus qui n’étaient pas toujours à la hauteur de ses espérances n’arrangeaient rien. Mes congés refusés pour des réunions avec les experts-comptables ne me permettaient pas non plus de récupérer. J’étais épuisée. Moralement et physiquement.
Cerise sur le gâteau : en tant que femme, j’avais été avisée que je ne pourrais obtenir un poste plus important. « Informer Madame Lemarque qu’elle ne sera jamais directrice du service. » Et le message était passé.
J’avais les fonctions de directeur sans en avoir ni le titre et encore moins le salaire. La haute direction me demandait de former des hommes parachutés de je ne sais où, et puis, une fois façonné, ils étaient nommés peu de temps après « directeur ».
Inutile de vous dire que je ne supportais pas très bien ce système ! Règlement de comptes à « Ok Corral » !
J’avais même été missionnée à la place du directeur de service. Pour un audit d’une filiale d’une banque à Neuilly afin d’en connaitre la situation financière.
Avec tout cela réuni, j’aspirais donc à d’autres activités. Aussi, je profitai de changements structurels pour quitter l’entreprise d’un commun accord avec la direction.
Et voilà.
Je me trouvais libre d’engagement et surtout d’esprit avec un petit patrimoine que j’avais constitué au fur et à mesure des années.
La situation était idéale et tant attendue pour avoir un enfant.
La vie était belle !
L’avenir s’ouvrait devant moi. Un avenir serein, heureux où un jour bientôt, une petite main confiante viendrait enserrer la mienne.
Je pouvais penser réellement à un enfant !
Chapitre 2
Quelques semaines plus tard, comme je ne voulais pas rester sans travailler, j’ouvris une petite boutique de vêtements de sports. Cela me demandait beaucoup d’heures de présence, il me fallait aussi effectuer les achats, tenir la comptabilité.
Mais je n’avais ni pression ni stress que j’avais connu à la banque. Je n’avais plus l’esprit torturé.
Le travail pouvait passer maintenant au second plan et j’étais en mesure, enfin, de me consacrer à un sujet beaucoup plus important !
Pour mettre toutes les chances de mon côté, je décidai d’avoir, tout d’abord, l’aval d’un gynécologue.
Alors, me voilà assise dans une salle d’attente.
Il était onze heures et il faisait encore un peu frais. Cependant, je retirai ma veste blanche car j’étais tellement excitée que j’en avais chaud.
Je portais une petite robe en coton léger bleu assortie à mes yeux avec des escarpins blancs à talons fins, dorés et haut de 8 cm. Je préférais prendre un peu de hauteur. C’était féminin aussi. « Je ne vais bientôt plus pouvoir les mettre » songeai-je. « A moi, les baskets ! ».
J’avais pris un rendez-vous chez ce gynécologue, le docteur Yves Bouchère . Je ne le connaissais pas. Je l’avais choisi par hasard car il pouvait me prendre rapidement. Je ne pouvais avoir un rendez-vous avec ma gynécologue habituelle qu’au mois de septembre et nous étions en juin. Impensable ! J’étais bien trop pressée.
Cette consultation, pour moi, n’était qu’une formalité. Et je me projetais déjà dans l’avenir, proche me semblait-il.
J’étais sereine. Heureuse. Tout était le mieux dans le meilleur des mondes.
Deux autres femmes attendaient leur tour. Toutes deux enceintes. Et fières de l’être.
« Bientôt , me disais-je, en me tenant déjà le ventre ».
J’avais fait régulièrement les visites chez ma gynécologue, aucun problème n’avait été détecté et mes analyses de sang étaient parfaites. Il s’agissait seulement de me confirmer mon état.
Tout allait bien. J’en étais certaine. Dans quelques instants, j’aurai l’accord du médecin. Mon ventre allait bientôt s’arrondir. J’y avais tellement pensé pendant toutes ces années. Le moment était enfin arrivé.
Un poupon. Quel bonheur ! Je me voyais déjà avec mon bébé dans les bras. Un garçon ou une fille ? Aucune importance !
Je m’imaginais le câliner, lui faire des bisous dans le cou. Je l’entendais rire aux éclats. Je m’émerveillais devant sa première risette, son premier mot et me pris à sourire à cette vision.
« Mme Elodie Lemarque ! »
Le docteur Bouchère , en criant ainsi, me sortit de mes rêveries.
Je me levai vivement et le suivis en trottinant derrière lui jusqu’à son cabinet.
Je m’assis en face de lui et après une brève présentation, je lui exposai le but de ma visite. Mon désir d’enfant, tout en l’observant.
Il devait avoir environ 40 ans, mince, cheveux courts et bruns.
D’aspect froid, il m’écoutait d’un air indifférent.
« Bien, me répondit-il quand j’eus terminé. Nous allons voir ça. Je vais vous examiner. Passez dans la pièce à côté et installez-vous sur la table. »
Je me dirigeai dans la salle désignée. Je me déshabillai puis m’allongeai sur la table d’examen. Pas très à l’aise, j’avoue.
Je détestais me faire examiner. Quelle femme aime ? Etre examinée par un homme gynécologue encore moins et en plus, celui-là je ne le connaissais pas. Mais bon, ce n’était qu’un mauvais moment à passer.
Rentré dans la pièce, il me demanda de mettre les pieds dans les étriers. Il m’examina sans faire d’observations puis me prévint qu’il allait me faire une échographie pour voir l’état de mon utérus.
Tout se passait bien. Jusque-là.
Après avoir étalé un produit sur mon ventre, bien plat pour le moment, il fit glisser son appareil et regarda l’écran où apparut mon utérus. Je regardai également l’écran mais j’avais bien du mal à différencier quoique ce soit.
– Votre utérus est rétroversé, dit-il d’un ton neutre.
« Aucune importance », pensai-je, « J e suis au courant. Cela n’a aucune influence sur une grossesse » .
Le docteur continua son examen, passa et repassa son petit appareil. Je trouvai le temps long mais ne m’inquiétai pas pour autant. Peut-être étais-je trop impatience que tout cela se termine.
Puis le docteur se tourna vers moi. Il m’annonça posément ce qui allait changer le cours de ma vie :
« Madame, votre utérus est rempli de fibromes. Vous voyez, là, là puis là et aussi là, me dit-il en les montrant de la pointe de son stylo. »
Je le regardai éberluée. Cette observation m’interpellait mais je ne réalisai pas encore les conséquences. Je me rassurai en me disant que cela n’avait pas beaucoup d’incidences.
Il pointa son index vers l’écran et me montra de petites tâches incompréhensibles pour moi. A l’appui de son explication, avec la souris de son ordinateur, il marqua des croix pour mesurer les plus gros fibromes.
Je regardai d’un peu plus près l’écran. Mais je ne saisissais toujours pas le problème sur une grossesse et l’interrogeai.
Pour toute réponse, il me demanda de me rhabiller et de le retrouver à son bureau.
L’inquiétude me prit. Je sautai de la table et enfilai ma robe à la hâte pressée de le retrouver et d’entendre ses explications.
J’étais bien loin de m’imaginer le tsunami qu’il allait provoquer en moi.
Je repris vite ma place en face de lui.
– Voilà, je vais vous montrer, me dit-il en faisant un dessin sur une feu ille blanche.
Puis, de ses doigts, il tourna la feuille vers moi.
– Ceci est un utérus sain, commença t’il.
Avec la pointe de son crayon, il dessina à l’intérieur, des petits ronds le long de la paroi. Il continua son explication :
– Là, c’est le vôtre. Avec tous les fibromes.
Silencieuse, je le regardai d’un œil interrogateur.
« Que veut-il me démontrer ? » me demandai-je.
Conscient de l’importance de ce qu’il allait m’annoncer, il prit son temps pour poursuivre. Il appuya ses coudes sur la table, croisa les mains et me regarda droit dans les yeux.
Je ne réalisai pas encore l’ampleur des dégâts mais je compris qu’il n’allait pas tarder à m’asséner une très mauvaise nouvelle.
Il me dit froidement :
– Avec ces fibromes, l’embryon ne pourra pas s’accrocher sur la paroi. Vous ne pourrez jamais être enceinte.
Puis après m’avoir lancé cette phrase, il s’adossa à son fauteuil et m’observa, guettant ma réaction.
Sidérée par la nouvelle, je restai figée. Je sentis mon sang se glacer dans mes veines. Je restai muette. Totalement abasourdie.
A la puissance de ces mots, une vague dévastatrice déferla sur moi.
Le tsunami s’annonçait fort. Il allait bientôt me submerger avec ce qui allait suivre.
Il fit semblant de réfléchir :
– Il y a peut-être une solution…
– Je peux vous opérer pour vous retirer les fibromes, continua-t’il en allongeant son bras gauche pour saisir un agenda qu’il regarda rapidement. Il me reste encore un créneau jeudi prochain, à quinze heures, me proposa-t-il d’un ton totalement indifférent comme s’il s’agissait d’une banale plante à laquelle on allait couper une feuille malade.
– Si les fibromes sont enlevés, je pourrais être enceinte ?, arrivai-je à articuler.
Je posai la question sans toutefois envisager un seule instant cette intervention comme si je voulais gagner du temps pour digérer la nouvelle.
Il haussa les épaules d’un air de doute et il enfonça le clou :
– Votre utérus est vraiment très fibromateux. Je ne pourrai peut-être pas vous retirer tous les fibromes. Et avant l’opération, vous me signerez une décharge pour m’autoriser à vous faire une hystérectomie car je ne sais pas ce que je trouverai quand vous serez sur la table, me dit-il d’un ton désinvolte.
A ces paroles, le tsunami m’engloutit brutalement, emportant à son passage tous mes rêves, mes espoirs et noya mon cerveau.
Je sombrai dans une totale hébétude.
Je regardai cet homme sans le voir. Il me parlait mais je ne l’entendais pas. Je restai ainsi sans réaction pendant quelques instants.
– Madame Lemarque. Madame Lemarque ?
Le docteur me regardait. Il regardait cette femme en face de lui, blonde aux cheveux courts, menue et petite.
« Elle a pâli à mes paroles » se dit-il.
Secouée par les vagues, je restai sourde à ses appels.
– Madame Lemarque, je vous note pour jeudi ?, répéta-t’il en haussant le ton. Décidez-vous vite car ce rendez-vous ne sera pas longtemps disponible.
Reprenant lentement mes esprits, je lui répondis d’un air faussement détaché :
– Je vais réfléchir.
Ce fut à son tour d’être surpris.
– Ne tardez pas à prendre une décision, Mme Lemarque ! Si ce rendez-vous est pris, je ne pourrais vous opérer que le mois prochain, insista-t’il, insensible à ma détresse.
– Je vais réfléchir, répétai-je comme une marionnette.
Je pris lentement l’échographie déposée sur le bureau et me leva péniblement comme si j’avais pris soudainement cent kilos. Je sortis sans un regard pour le médecin en lui marmonnant vaguement un au revoir tout en sachant que je ne reviendrais pas.
Je m’arrêtai sur les marches de dehors et pris une bouffée d’oxygène comme un poisson hors de l’eau.
Je me dirigeai vers ma voiture comme un zombie sur le coup de l’annonce.
Je m’affalai sur mon siège, vidée, les forces m’ayant abandonnée. Je restai là, immobile, incapable de réfléchir.
Les mots « fibromes », « opération » « hystérectomie » raisonnaient dans ma tête tel un leitmotiv.
Je restai ainsi les yeux dans le vide. Longtemps . Sans réaction.
Mes projets, mon avenir, mon bébé, tout s’écroulait.
Ma vie sans enfant, non, ça, c’était impossible. Je ne pouvais l’imaginer.
Impensable !
Avoir imaginé cet enfant pendant tant d’années et au moment où mes rêves allaient devenir réalité, tout s’arrêtait brutalement .
En quelques minutes, ma vie avait basculé. Ce médecin que je ne connaissais pas ce matin encore, m’avait annoncé sans ambages la pire des catastrophes avec une totale indifférence.
« Comment avait-il pu ? N’étais-je qu’un objet ? »
Ce bébé que je pensais pouvoir tenir dans mes bras dans quelques mois, n’existerait sans doute jamais. Je n’entendrai pas ses cris, ses rires cristallins.
Les larmes trop longtemps contenues jusque-là, inondèrent brutalement mon visage, tel un raz-de-marée.
De désespoir, je me mis à frapper le volant.
« Non ! Ce n’est pas possible ! Pas possible !!! Ce médecin se trompe ! » .
Une opération ? C’est lui qui l’a décidée. Brutalement , sans me proposer d’autres alternatives. Il avait l’air bien pressé de m’opérer « semaine prochaine » sans me laisser le temps de réfléchir !
Et à l’entendre, je peux me réveiller sans utérus. C’est la surprise. Et quelle surprise !
La vie, ce n’est pas le loto.
On gagne ou on perd.
Une vie. Ou pas.
Un peu rapide, ce docteur dans ses décisions. Voulait-il combler son planning pas assez rempli ?
Mais de quel droit cet homme allait-il décider à ma place ? J’avais envie de hurler !
« Je ne suis pas un objet, je suis une femme ! » .
De rage, je frappai de nouveau le volant tel un punchingball ! Puis, j’accrochai mes mains autour du volant et y posai le front, pleurant tout mon saoul.
Les voitures allaient et venaient autour de moi, se garaient, les passants frôlaient mes portières ignorant ma détresse.
De longues minutes s’écoulèrent ainsi.
Je repris peu à peu mes esprits.
Les vagues qui m’avaient submergée, se retirèrent lentement.
Mon caractère combatif revint à la charge.
« N’y avait-il pas une autre solution ? Un autre traitement ? »
« D’abord, je vais aller voir ma mère pour avoir son avis », me dis-je.
« Cet enfant, je le veux ! Je trouverai la clé ! Et je réussirai ! » m’exclamai-je d’un ton décidé.
Chapitre 3
Ma mère habitait maintenant seule dans une propriété à la campagne à quelques kilomètres du Mans. J’y avais passé une enfance paisible et heureuse. Ce temps-là était maintenant révolu.
Je conduisais mécaniquement, mes pensées étant ailleurs. Bien que la route soit sinueuse, ma conduite était rapide. Mais je la connaissais si bien jusqu’au moindre virage, parfois à angle droit et même le moindre trou ou bosse que j’arrivai sans encombre.
Je déboulai dans la salle à manger où ma mère déjeunait tranquillement avec Christelle, une amie de longue date. Celle-ci tenait un magasin de vêtements de grandes marques : Escada, Dior, Céline, Just Cavalli… Toutes deux étaient minces, de petite taille et blondes. Elles avaient le même style, très classe !
Quelle ne fut pas leur surprise devant mon arrivée intempestive. La fourchette remplie de pommes de terre rissolées fut suspendue dans son parcours prévu via la bouche de Christelle. Ma mère, elle, stoppa net son mélange attentif de ses feuilles de salade. Ô temps suspend ton vol !
En voyant ma tête, elles s’inquiétèrent et avant qu’elles ne me posent une seule question, j’éclatai en sanglot. Tout en hachant mes mots, je leur exposai tout de go, mon envie de bébé, la visite chez le gynécologue, les fibromes, l’opération. Plus de bébé !
Elles me laissèrent débiter mes phrases. Ecarquillèrent les yeux, froncèrent les sourcils, ouvrirent la bouche, secouèrent la tête, allongèrent le cou en tentant de me suivre.
Quand j’eus enfin terminé ma tirade, maman s’exclama :
– Parce que tu veux un enfant ?
– Ben, oui, évidemment, répondis-je en haussant les épaules comme si c’était évident alors que je ne leur en avais jamais parlé auparavant.
Seulement ce souhait si cher à mon cœur depuis tellement d’années, je ne l’avais jamais exprimé à haute voix. J’y pensais depuis si longtemps que j’étais persuadée qu’ils étaient au courant.
– Avant de te mettre dans des états pareils, tu vas d’abord consulter le docteur Foucay, mon gynécologue à Paris, rétorqua calmement ma mère. Il a une excellente réputation, Il a une soixantaine d’années et il a l’habitude de traiter des cas graves. Alors, il trouvera certainement une autre solution à ton problème, dit-elle pour me rassurer.
Devant mon air interrogatif, elle prit la décision de l’appeler l’après-midi même pour prendre le rendez-vous.
« Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ! » pensai-je.
Je remerciai maman en l’embrassant. J’avais déjà hâte de voir son médecin.
Je sortis de chez elle revigorée.
Après tout, ce n’est pas parce qu’un médecin donne un avis que c’est le bon.
L’espoir revint au grand galop.
***
La secrétaire très aimable m’accompagna jusqu’à la salle d’attente. Le parquet du couloir craquait sous nos pas. La pièce était très spacieuse avec de grandes fenêtres et le soleil illuminait la pièce.
Le médecin était débordé mais maman avait réussi à obtenir une consultation deux semaines après son appel. Mon rendez-vous était à quinze heures. J’avais pris le train et j’étais arrivée à Paris deux heures avant l’heure. Je n’avais pas le cœur à flâner, c’est pourquoi j’étais très en avance.
Une jeune femme très élégante en tailleur noir moulant et escarpins Leboutin était installée sur le seul canapé. Elle leva légèrement la tête et me jaugea d’un air dédaigneux puis reprit la lecture de sa revue.
« Très 16ème », me dis-je.
J’avais choisi la sobriété en portant une robe blanche en coton soulignée seulement d’une fine ceinture dorée. Je m’assis sur un fauteuil loin d’elle.
Avec la chaleur, mes pieds avaient gonflé mes chaussures à hauts talons me serraient et des ampoules commençaient à faire leur apparition aux talons. J’étais tellement fébrile que je n’y accordais aucune importance.
Les images d’un bébé dans les bras m’avaient quittée. J’appréhendais trop cette consultation. Je gardais cependant confiance. Ce médecin penserait certainement que le docteur Bouchère avait exagéré et balaierait mes inquiétudes en quelques phrases rassurantes.
Du moins, c’est ce que j’espérais !
Depuis quinze jours que j’attendais, je ne pensais plus qu’à ce que ce gynéco pourrait me dire. Je n’avais pas voulu en parler à mon ami. Je pensais ou espérais que je pourrais traiter ce problème rapidement.
Mon tour arriva vite. Le médecin était tel que maman me l’avait décrit. Grand, le crâne à moitié dégarni, très affable.
Une fois assise devant lui, je lui rappelai que ma mère était l’une de ses patientes puis lui exposai mon désir d’enfant et les fibromes qui pourraient m’empêcher d’être enceinte.
Il m’écouta patiemment en examinant mes examens.
– Quel âge avez-vous ? ai-je eu comme seule réponse.
– Quarante ans.
– Devenir mère à quarante ans ! Quelle idée ! Pourquoi n’avez-vous pas eu d’enfant avant ? s’insurgea-t’il. A quarante ans, vous risquez beaucoup de problèmes ! Pour les fibromes, ils partiront à la ménopause, déclara t’il d’un ton sec.
Waouh ! Ah ça, si je m’attendais à une telle réponse !
– Et votre ami, continua t’il, Il en veut un ?
– Il me dit que ce n’est pas vraiment le moment mais il n’y ait pas opposé.
– S’il vous répond cela, c’est qu’il n’en veut pas ! me répondit-il d’un ton tranchant.
A cette répartie si acerbe, j’en suis restée toute pantoise. Tellement interloquée que je n’ai même pas trouvé à y répondre.
Je me suis laissée ensuite examinée sans rien dire. Il me répéta pendant l’examen que dans quelques années, les fibromes partiraient.
Réponse qui n’avait aucun intérêt pour moi, la ménopause n’étant pas le sujet !
« M’avait-il vraiment écouté lorsque je lui avais dit que j’étais venue le consulter POUR AVOIR UN ENFANT ??? »
Revenue à son bureau, il ne fit que confirmer d’un ton impassible :
« Oui » , les fibromes empêcheront l’œuf de s’accrocher, et « Oui », une opération est nécessaire pour les enlever, sans plus de renseignement comme si avoir un enfant n’était qu’un détail que l’on pouvait chasser d’une pichenette.
Je fus assommée par tant de certitudes assénées avec froideur et indifférence. Il me parlait comme s’il lisait un livre médical sans traiter mon cas !
Malgré tout je tentai d’avoir des précisions sur une éventuelle intervention, les suites, les chances d’avoir une grossesse. Mais je n’obtins que des réponses très sibyllines.
« Oui , une opération peut-être une éventualité… Non , je ne peux pas vous confirmer le résultat… non, je ne sais pas si vous pourrez être enceinte… à la ménopause, ils partiront »…
Grrrrrr !!
Visiblement, je n’offrais aucun intérêt à ses yeux. J’avais atteint quarante ans. Point.
Je me suis retrouvée dans la rue, complètement ahurie, sous le coup de ce verdict sans appel.
Le soleil était maintenant voilé par des nuages qui avaient assombri aussi mon moral.
Comment ce médecin pouvait-il me juger ? Je venais le consulter pour un avis. Je ressortais avec un jugement ! Contre moi !
Il décidait à ma place de l’âge auquel j’aurais dû avoir un enfant ?
« Maintenant , j’étais devenue trop vieille. A quarante ans ! Bon , j’étais pas loin de quarante et un, mais quand même !
J’y crois pas ! »
En tant que médecin, il doit savoir que l’espérance de vie ne cesse d’augmenter. Il faudrait peut-être évoluer !
« Si un homme du même âge venait le consulter avec sa femme pour avoir un enfant, lui aurait-il fait les mêmes ré flexions ? Humm , je ne crois pas ! »
Il y a quelques jours encore, je nageais dans le bonheur à la perspective d’avoir un enfant.
Aujourd’hui, ma vie était complètement chamboulée.
Quelle décision devais-je prendre ?
Intervention ou pas ?
Prendre un tel risque et me réveiller sans utérus ?
Je me trouvais face à une décision que je n’étais pas du tout prête à prendre.
D’autant que je ne me sentais absolument pas en confiance mais alors, absolument pas, avec ces médecins. Je les trouvais un peu trop radical dans leur opinion.
*
Je rentrai épuisée chez moi, moralement et physiquement.
Allais-je en parler à mon ami ? Je l’avais bien informé de ce rendez-vous sans toutefois en préciser les motifs. Il n’avait pas paru s’inquiéter. Alors, autant ne pas lui en parler pour le moment.
Et puis, avec un peu de chance, un œuf arriverait bien à s’accrocher ! C’est ce que m’avait dit mon généraliste que j’avais consulté juste après mon premier rendez-vous.
Laissons le temps au temps… Et surtout, le temps de réfléchir.
J’ai donc repris ma vie, là où je l’avais laissée.
*
Il est vrai que mon ami n’était plus très pressé non plus. Aurait-il changé d’avis ?
Un jour où j’avais craqué parce que je venais de perdre encore une fois le fœtus à quatre semaines, ne m’avait-il pas répondu brutalement :
– Ce n’est pas le moment ! d’un ton autoritaire sans se préoccuper de moi.
– J’ai mes affaires à faire tourner !
Aucun geste de tendresse envers moi. Aucune compassion ni même compréhension.
Tracassée, je n’y avais même pas accordé d’importance.
Il avait effectivement des soucis dans son entreprise, l’utilisation de sa carte bleue était souvent refusée par sa banque. Il me demandait alors de lui avancer de l’argent en me promettant de me le rendre lorsqu’il aurait des rentrées d’argent. Ces demandes étaient de plus en plus fréquentes et les montants de plus en plus importants.
Devant mes inquiétudes, il me rassurait aussitôt en m’affirmant que ses clients le paieraient très rapidement et qu’il me rembourserait aussitôt. Il me faisait alors son numéro de charme, se montrant gentil, séduisant, mais ce jeu prenait de moins en moins de succès auprès de moi.
***
Quelques semaines plus tard, contre toute attente, j’avais du retard, plus de dix jours !
Je n’osais pas faire le test de grossesse. J’avais tellement peur d’être déçue. J’attendis encore quelques jours mais n’y tenant plus, je me rendis dans une pharmacie qui ne me connaissait pas. Je préférais la discrétion. Je choisis un test au hasard, filai chez moi directement et me précipitai aussitôt dans la salle de bains pour faire le test. Fis pipi bien précautionneusement sur le bâtonnet et le plaça délicatement sur le rebord du lavabo.
Pendant ce temps, mon portable, resté dans mon sac par terre dans l’entrée, n’avait pas cessé de sonner. Une fois posé le test, j’allai donc le consulter pour me faire patienter en attendant le résultat.
C’était Marvin. Lorsque je ne répondais pas dès le premier appel, il s’énervait et ses appels se faisaient de plus en plus pressant. Pour une fois, je décidai de ne pas m’en préoccuper et je replaçai l’appareil dans mon sac. Seul comptait le test !
De retour dans la salle de bains, je pris le boitier et le tins bien droit attendant fébrilement que la décision apparaisse. Nouveau coup de fil intempestif de mon ami ! Préoccupée et agacée par ces sonneries, je déposai le boitier sur le lavabo bien précautionneusement, fila chercher le téléphone et courus dans ma chambre pour le mettre sous mon oreiller sans prendre le temps de l’éteindre puis fermai la porte derrière moi.
Je retournai dans la salle de bains et fermai également la porte pour être sûre de ne plus rien entendre.
J’étais maintenant dans la pièce au calme. J’avais choisi des sanitaires bleu marine et une peinture laquée bleu ciel allant jusqu’au plafond rempli d’étoiles dorées. Tout était propice aux rêves et à la tranquillité.
J’avais bien souvent pris des bains le soir après une journée particulièrement pénible pour me délasser avec des bougies parfumées à la lavande avec le bruit des vagues et des oiseaux comme musique de fond.
J’étais si anxieuse que je restai à fixer le plafond n’osant regarder le résultat, gardant encore un peu d’espoir.
Puis, je pris une longue inspiration et me décidai à baisser les yeux vers le bâtonnet.
Je vis le O affiché ! Je ne le quittai pas des yeux. Je ne bougeai plus craignant qu’il ne disparaisse. Je le scrutai, encore et encore, pour être sûre.
Il était toujours là. Mais oui, le résultat était là sous mes yeux !
Enceinte ! J’étais vraiment enceinte ! Je restai encore quelques instants à fixer ce O.
Soudain, j’explosai de joie, tournai sur moi-même en scandant « Oui , Oui ! Je suis enceinte ! » tout à mon bonheur.
« Et Marvin , sera-t-il aussi heureux que moi ? » m’interrogeai-je quelques instants après.
« Je vais lui annoncer dès ce soir. Oh , mon téléphone ! »
Toute excitée d’avance, je courus le chercher et écoutai mes messages. Il y en avait un paquet ! La messagerie était même pleine. Tous de Marvin . Il n’avait pas du tout apprécié mon silence.
Les premiers messages étaient touchants.
– Ma chérie, je t’aime, me disait-il d’un ton charmant, au premier message.
Dix minutes après :
– Alors, mon amour, tu me manques, j’attends ton appel.
Cinq minutes plus tard :
– Mais que fais-tu ? réponds-moi ! disait-il impatient.
Puis toutes les deux minutes :
– Appelle-moi ! d’un ton énervé.
– Où es-tu ? qu’est-ce que tu fous ??? Rappelle-moi tout de suite ! d’un ton devenu impératif.
Je n’eus pas le temps de les écouter tous que j’entendis un nouvel appel. C’était Marvin. Je répondis aussitôt.
Tout à ma joie encore, je ne saisis pas tout de suite son état d’énervement dans lequel je l’avais mis pour ne pas lui avoir répondu immédiatement.
Ne me laissant pas parler, ce fut une pluie d’injures qu’il me débita en hurlant. Sous l’effet de ses paroles totalement inappropriées, je lâchai mon téléphone qui tomba à terre en s’éteignant. Le ton avait été si fort et tonitruant que sa voix résonnait encore dans mes oreilles.
Magré tout, je n’étais pas surprise de sa réaction. Il devenait de plus en plus jaloux, possessif, me laissant peu d’espace pour vivre. Il était rapidement coléreux lorsque je ne répondais pas tout de suite à ses attentes. Il redevenait ensuite si câlin et si charmant que j’oubliais vite ses emportements.
Mais là, vraiment, il avait dépassé les bornes ! S’il croit que je vais me laisser faire ! Je ne vais certainement pas supporter sa façon de me parler ! Il va se calmer tout seul !
Angoissée plutôt par mon état, j’oubliai très vite Marvin.
Je fonçai chez mon généraliste qui avait gentiment accepté de me recevoir entre deux visites. Pour l’avoir consulté à de nombreuses reprises, il connaissait très bien mon désir d’enfant.
Il m’avait vivement conseillée de laisser faire la nature avant de penser à des traitements, voire à des opérations.
Contrairement aux autres médecins, il était plutôt optimiste. Il ne fut donc pas surpris d’apprendre la bonne nouvelle.
Il m’examina et me confirma que j’étais bien enceinte. Compte tenu de ma fragilité, il insista pour que je me repose et reste au calme pour éviter toute déconvenue :
– Je vous rappelle, Elodie, l’état de votre utérus et le mal que vous avez eu pour y arriver. Si vous voulez que l’embryon reste accroché, soyez raisonnable. Reposez-vous.
En sortant de chez lui, bien consciente de cette fragilité, je tempérai mon ardeur. Je préférai ne pas rappeler Marvin et éviter de le voir le soir même afin d’éviter tout affrontement.
« Je lui parlerai demain » me dis-je.

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