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AMOUR INTERDIT , livre ebook

306

pages

Français

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2025

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Date de parution

11 mars 2025

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

1
NATHALIE FLORE
AMOUR INTERDIT
ROMAN
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CHAPITRE 1 ’est un temps ensoleillé, une météo clémente en cette fin de soirée dans C la ville D’ESEKA. La température est douce et un ciel dégagé annonciateur d’un coucher desoleil savoureux. Cette journée est idéale pour les balades en plein air, se détendre dans un parc ou dans un jardin. Les rayons de soleil réchauffent doucement la peau ébène de la jeune Doriane lui procurant une sensation de bien-être et d’énergie. Les oiseaux chantent au rythme du vent qui souffle dans les herbes. Doriane caresse ces herbes sur son passage tout en chantonnant. Elle lève les yeux au ciel et reçoit sur son visage une fraîcheur qui lui chatouille le visage. La jeune fille sourit et poursuit son bout de chemin tout lentement donnant l’impression de ne vouloir pas arriver à destination. Son sac à dos accroché sur son épaule droit, elle le déplace pour le porter à l’épaule gauche. Sa jupe évasée bleue et une chemise blanche qui représentent latenue du collège où elle est inscrite lui donnent l’impression d’être une pompon-girl. Elle porte des baskets aux pieds et des chaussettes de couleur blanche. Six grosses nattes sur la tête avec les bouts noués par un chichi de couleur noir. Doriane longela vallée d’herbes qu’elle n’arrêtepas de caresser et arrive vers un petit pont qu’elle traverse toujours à pas de torture. Il est 16 heures en cette journée ensoleillée. Doriane est particulièrement sereine ce jour. Cette marche à pied du collège jusqu’àson domicile lui fait un bien fou. Mais cette joie se voit interrompue lorsque la jeune fille remarque le véhicule de sa mère garé dans la cour. « Elle est déjà rentrée, merde ! » s’exclame la jeune fille en pressant le pas pour rejoindre le domicile de ses parents. Lorsqu’elle passe la porte d’entrée, elle aperçoit sa mère assise à table devant un plat de riz. Madame Marlyse EBONGUE,femme de la cinquantaine, de teint noir, élancée et élégamment vêtue d’un ensemble tailleurgris, exerçant comme responsable dans une société brassicole de la ville, affiche une mine étroite ce qui n’enchante pas Doriane qui sait déjà qu’elle se fera réprimander par cette dernière. La jeune fille s’avance et salue sa mère._ Bonsoir maman ! Maman Marlyse lève la tête et le pose durement sur sa fille et lui réponds en retour : _ Tu sors d’où ?_ De l’école !3
_ Il est quelle heure Doriane ? C’est à cette heure du soir que tu rentres des classes ? Un mercredi en plus où vous sortez à 14 heures. _ C’est parce que j’ai marchémaman. _ Tu as marché pour quelles raisons ? _ Pour rien maman, j’avais envie de marcher._ Dis plutôt que tu es allée chez tes copines, je me trompe ? _ Non maman je te jure, je ne suis allée nulle part,j’ai marché du collège jusqu’à la maison. J’enavais juste envie. _ A quoi te sert l’argent du transport que je te donne ?A cette question, Doriane qui n’a pas de réponse baisse la tête. Elle sait qu’il est préférable de ne rien dire à sa mère lorsqu’elle n’a pas de réponse. Sa mère poursuit : _ J’espère pour toi que tu ne trafiques rien avec l’argent que je te donne pour le transport. C’est la dernière fois que tu arrives ici en retard. La prochaine fois c’est devant tes camarades que je vais te fesser. Il est 16 heures, bientôt 17, à quelle heuretu vas te reposer avant d’étudier ?Je te rappelle que c’est le dernier trimestre et tu dois avoir une excellente moyenne pour aller en classe de Première. Ce n’est pas parce que tu n’es pas dans une classe d’examen que tu ne dois pas travailler. Est-ce que tu m’écoutes ?_ Oui maman, je m’excuse._ Tu as intérêt ! Dorian n’avait aucun moyen de savoir que sa mère serait déjà de retour du travail à cette heure alors que généralement elle rentre un peu plus tard. Si elle l’avait su, elle allait emprunter un taxi comme elle a l’habitude de le faire tous les jours pour arriver à la maison à l’heure. Sur le mur du grand salon de la famille EBONGUE, se trouvent des photos de famille. On peut distinguer entre autres le couple EBONGUE en tenue d’apparat, les enfants EBONGUE
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constitués de leur fils ainé Marion, de Doriane la cadette et de Camile le benjamin. Sur l’un de ces cadres on peut remarquer monsieur Richard EBONGUE en robe de juriste ce qui nous situe sur sa profession. Monsieur EBONGUE est compté parmi les meilleurs avocats de la ville d’Eseka. Il exerce sa profession dignement et se déplace un peu partout dans le pays où il doit répondre et défendre ses clients. C’est également dans cette rigueur qu’il élève et éduque ses enfants. A seize ans, Doriane dépend intégralement de ses parents. Elle est intelligente, toujours comptée parmi les meilleures de sa classe et ça depuis toujours. Elle est obéissante, serviable autant à la maison qu’à l’école. Elle est curieuse, et aime apprendre de nouvelles astuces. Même si ses parents ne lui donnent pas la possibilité de s’ouvrir au monde extérieur, Doriane est ouverte d’esprit et tolérante, empathique et résiliente. Elle écoute ses parents, elle sait qu’ils la préservent des dangers auxquels les jeunes de son âge font face au quotidien. Doriane est surprotégée, mais alors, pour combien de temps durera sa surprotection ? Alors qu’elle rejoint sa chambre, elle y trouve son petit frère Camile qui est couché dans son lit les pieds croisés. _ Qu’est-ce que tu fais dans ma chambre ? _ Maman m’a chassé pour aller dormir. Je n’ai pas sommeil et je t’attendais._ Elle est rentrée depuis ? _ Euh non. Pourquoi tu es rentré tard ? _ J’ai marché. Si j’avais su qu’elle allait rentrer plutôt aujourd’hui j’aurais pris un taxi. Je vais me doucher, laisse-moi seul. Le petit Camile âgé de treize ans quitte la chambre de sa sœur pour regagner la sienne. Doriane ferme sa porte pour se déshabiller. Elle qui pensait regarder la télé dès son retour va remettre son désir pour le lendemain en priant que sa mère ou son père ne soit pas de retour avant l’heure. Les règles sont connues pour les enfants : pas de télévision pendant les cinq jours qui constituent les jours de classe. Evidemment, les deux jeunes élèves violent les règles lorsqu’ils savent qu’ils ne craignent aucun risque d’être attrapé. Ils sont conscients de ce
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qui les attend lorsqu’ils se font prendre. Après sa douche, Doriane est allée se servir et a mangé rapidement comme un militaire pour pouvoir rattraper le temps de repos qui est obligatoire chez la famille après le retour des classes. Doriane a envie d’échanger avec son frère ainé qui se trouve chez sa tante en Europe où il est allé poursuivre ses études. Depuis son départ il y a deux ans, elle se sent seule, personne avec qui échanger, raconter ses déboires, briser la solitude qui l'envahit. Des amis, elle n’en a véritablement pas car ses parents lui interdisent toute fréquentationpouvant entacher ses études d’après eux et la plonger dans la dérive. Doriane passe ses journées à la maison, ou dans le meilleur des cas, elle échange quelques mots avec sa voisine du même âge, toujours loin des regards de ses parents. Monsieur EBONGUE est revenu autour de 20 heures. Les enfants sont à la salle d’étude, il va les saluer._ Bonsoir ! _ Bonne arrivée papa, dit Camile. _ Merci ! Ça va Doriane ? _ Oui papa ça va. Euh… papa est-ce que je peux parler à Marion ? Il me manque. _ Fini de composer et tu pourras lui parler. Maintenant concentrez-vous je ne veux pas de mauvaises notes. Tu m’as suivi Camile ?_ Oui papa ! Richard EBONGUE a une carrure imposante. Du haut de ses 1m75, il présente un tempérament encore plus sévère que celui de son épouse. Son crâne laisse pousser des cheveux blancs alors qu’il est encore dans la cinquantaine. Tout ce qui importe à cet homme redoutable est la réussite de ses enfants. Il est particulièrement heureux pour son fils aîné qui a su faire un parcours sans faute et poursuit de grandes études à l’étranger. Ceci l’encourage à rester pointilleux surl’éducation des deux autres pour qu’ils suivent le même parcours que leur grand frère. Cela sera sa plus grande satisfaction. Doriane s’attendait bien à cette réponse de son père face à sa doléance. Pour lui, toute communication téléphonique, télévisée, réseau social, amicale même constitue
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une distraction du coup, tous ses canaux sont proscrits jusqu’à nouvel ordre. Il faut souvent attendre lorsque son frère soit en communication avec l’un des parents et qu’il demande à dire bonjour à son frère ou à sa sœur qu’ils peuvent échanger. Les règles sont dures, corsées, mais ce sont les règles. Doriane sait qu’un jour ces règles changeront, elle a juste hâte de grandir et de quitter cette maison dans laquelle elle vit comme une prisonnière où la seule fois où elle est autorisée à sortir c’est pour aller à l’école ou à l’église.Il est 7 heures lorsque la petite famille se rassemble à table pour prendre le petit déjeuner. Doriane a encore une demande à adresser à son père même si elle connaît déjà la réponse, elle va quand même essayer. _ Papa, est-ce que samedi je pourrais aller au centre commercial ? _ Pardon ? dit-il d’un ton surpris par cette question._ Je parle du centre commercial, il y a des salles de jeux là-bas pour les jeunes. _ Tu as le culot de me poser cette question Doriane alors que tu composes dans quelques semaines, qu’est ce qui t’arrive ?_ Je sais papa. Tous mes camarades y vont, c’est un centre de loisirs j’ai aussi envie de découvrir. Je pourrais y passer deux heures. _ Ferme ta boucheet que je ne t’écoute plus. Tu cherches comment tu vas aller t’exhiber en route comme tes sois disant camarades sans éducation, tu te crois ou ? _ Mais papa ! _ Eh la ferme ! s’insurge madame Marlyse, ton père te dis non tu ne comprends pas ? Tu ne vas nulle part. _ D’accord j’ai compris, dit Doriane qui quitte la table nerveuse.Elle va prendre son sac et sort pour l’école. Son petit frère la suit en courant. Restés seuls à table, le couple EBONGUE s’étonne de l’attitude de leur fille._ Qu’est-ce qu’elle a ? interroge Richard.
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_ Qu’est-ce que j’en sais._ Tu devrais renforcer les mesures de sécurité, elle veut déjà se rebeller. _ Se rebeller ? Dans ma maison ? Qu’elle essaie, je vais la battre comme un serpent. Ne t’inquiète pas, notre fille esttrès posée pour tenter de faire n’importe quoi, je crois qu’elle voulait juste te tester._ Je l’espère bien. Bon je vais y aller._ Tu sais que tu dois rentrer tôt pour qu’on se rende chez ta sœur avant qu’elle ne raconte partout dans la famille que jet’empêche de venir chez elle._ Je serais là à temps. Tu es encore là ? _ Oui, je vais préparer la sauce avant de partir. Doriane rentrera cuire du plantain. _ D’accord !Doriane emprunte un taxi avec son frère pour l’école. Certains jours ils se fontdéposer par l’un des parents qui a du temps devant lui. Doriane passe une bonne journée à l’école avec ses amis. Vu que son frère sort avant elle, elle est la dernière à rentrer et ce jour elle s’est dépêchée d’arriver à l’heure. Comme à chaque fois que sa mère laisse des consignes, elle se met à la tâche tout en regardant la télévision avec son frère et veille à ce que les parents ne les surprennent pas. Doriane va une fois de plus dehors vérifier qu’aucune voiture n’arrive, elle tombe sur son unique amie Vera. Cette dernière est encore en tenue de classe, une robe bleue qui représente le lycée d’Eseka._ C’est à cette heure que tu rentres Vera ?_ Ouais ! Je me suis arrêtée chez une amie pour prendre un livre. Finalement vous composez quand ? _ Dans deux semaines. _ Nous également. J’ai hâte de finir mes études cette année et me reposer.
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_ Je te dis. L’année prochaine nous serons dans une classe d’examen la pression de ça. _ Je ne te le fais pas dire. Sinon pour la salle de loisir au centre commercial tu y seras ? _ Hum devrais-je encore te dire que mes parents ont refusé, je ne sais même pas pourquoi je leur ai demandé. _ Pff ! je ne peux pas vivre avec des parents sévères comme les tiens. Un jour je vais fuir. _ Je sais que c’est difficile maisbon je suis habituée. Comment va ta grand-mère, je ne l’ai pas vu depuis. _ Comment tu vas la voir si tu ne sors pas. Elle va bien, elle a accepté que je sorte samedi je vais bien m’amuser._ J’imagine ! Si j’étais une fille têtue j’aurais désobéi à mesest ceparents. Bref que je peux te trouver un téléphone Android, je veux faire une recherche sur internet. _ Tu sais que moi-même je n’ai pas de téléphone, j’utilise souvent celui de ma grand-mère. Qu’est-ce que tu veux chercher, je peux le faire pour toi. _ Non ça va c’est personnel._ Ah ma copine a déjà des trucs personnels c’est bien ça. Je n’insiste pas. Tu peux soutirer celui de ta mère ou de ton père pour faire tes recherches. _ Oui mais j’ai peur de me faire surprendre._ Je crois que c’estla voiture de ton père qui arrive là. _ Hein ! Sans perdre une seconde, Doriane court à l’intérieur laissant sa copine se moquer d’elle.
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_ Papa arrive, dit-elle à son frère qui se dépêche d’éteindre la télé etse de rendre dans sa chambre faire mine de dormir depuis des heures. Monsieur EBONGUE se gare dans la cour, il prend son sac, sort de la voiture et entre chez lui. Doriane l'accueille en venant lui prendre son sac. _ Bonne arrivée papa ! _ Merci ! Pourquoi tu es débout ? _ J’ai encore le plantain au feu. Mais c’est déjà cuit je vais aller me coucher. Tu veux que je te serve avant ? _ Non ça va j’attends ta mère. Nous irons chez tante Hélène._ Ah d’accord, j’espère qu’elle va déjà mieux, tu la salue de ma part.Doriane va garder le sac de son père et retourne à la cuisine éteindre le feu sous la marmite ensuite elle a mangé un bout avant d’aller se coucher. Elle n’a pas envie de dormir, elle réfléchit sur la situation qui la tourmente depuis peu, la situation sur laquelle elle souhaite faire des recherches pour écarter tout soupçons. Après le départ de ses parents, elle est sortie s'asseoir devant l’écran. Camile finalement, s’est endormi.CHAPITRE 2 Plus les jours passent, plus la tranquillité de la jeune fille est troublée. Elle n’a toujours pas réussi à se procurer un téléphone avec internet pour effectuer ses recherches et le temps passe. Il ne lui reste plus qu’une solution : se rendre chez Angelo. Doriane a profité de l’absence du dernier professeur pour disparaître de l’établissement. Elle prend un taxi pour une direction autre que celle de la maison. Elle arrive dans ce quartier et chemine à pieds en pensant dans des raccourcis pour ne pas se faire remarquer d’une quelconque connaissance. Elle arrive devant une maison, elle est fermée. Doriane s’assoit devant la porte et patiente. A la véranda, elle aperçoit le chat qui s’est sûrement échappé de la
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