Aussi longtemps que les rivières couleront
128 pages
Français

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Aussi longtemps que les rivières couleront , livre ebook

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Description

« Une histoire que nous devons tous entendre. » — The Globe and Mail
« Une lecture édifiante. » — National Post
« Porte un regard franc sur l’autodestruction qui a souvent été le lot des survivants des pensionnats indiens et de leurs enfants. (…) Prenant. » — Quill & Quire
À L’ÂGE DE SIX ANS, Martha est enlevée à sa famille de la Première Nation de Cat Lake, dans le Nord de l’Ontario, pour être emmenée par avion dans un pensionnat indien. Là, elle sera punie pour avoir parlé sa langue maternelle et sera victime d’un prêtre attiré par les petites filles.
Dix ans après, Martha retourne chez elle remplie de colère. Cette colère est surtout dirigée contre sa mère. Bientôt, Martha devient elle‑même mère, mais comme elle a peu d’expérience de la façon dont on est censé élever les enfants, elle trébuche pour arriver à fonder une famille aimante, même si elle parvient à trouver une certaine paix d’esprit.
Aussi longtemps que les rivières couleront est rempli de personnages attachants. On y parle de douleur et de guérison et, en fin de compte, du désir de vivre.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 février 2015
Nombre de lectures 11
EAN13 9782896114238
Langue Français

Extrait

Aussi longtemps que les rivières couleront
James Bartleman
Traduit de L’anglais par Diane Lavoie
Tous droits réservés.
Version française © 2014 Éditions des Plaines Texte version anglaise © James Bartleman 2011
Cette édition est publiée par entente avec Knopf Canada, une marque de Knopf Random Canada Publishing Group, qui est une division de Random House of Canada Limited.
Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous aucune forme ou par quelque moyen électronique ou mécanique que ce soit, par photocopie, par enregistrement ou par quelque forme d’entreposage d’information ou système de recouvrement, sans la permission écrite de l’éditeur.
Les Éditions des Plaines remercient le Conseil des Arts du Canada et le Conseil des Arts du Manitoba du soutien accordé dans le cadre des subventions globales aux éditeurs et reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada et du ministère de la Culture, Patrimoine et Tourisme du Manitoba, pour leurs activités d’édition.
Nous remercions le gouvernement du Canada de son soutien financier pour nos activités de traduction dans le cadre du Programme national de traduction pour l’édition du livre.
Dépôt légal, 2014 :
Bibliothèque et Archives Canada,
Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque provinciale du Manitoba.
Éditions des Plaines
C.P. 123 Saint-Boniface (Manitoba) Canada R2H 3B4
Tel. : 204 235 0078 • admin@plaines.mb.ca • www.plaines.ca
Traduction : Diane Lavoie
Couverture et mise en page : Relish New Brand Experience
Photo de la couverture : © FollowTheRaven/Soulofautumn/Dreamstime.com Édition : Joanne Therrien
Table des Matiéres Carte du Monde de Martha Prologue Première Partie : Les premières années, 1956-1991 1. Premiers souvenirs 2. Le pensionnat indien 3. Le père Lionel Antoine 4. De retour à la maison 5. Du nouveau dans la communauté Deuxième Partie : La grande ville, 1991-2003 6. Destination Toronto 7. Spider 8. Un nouveau départ 9. Des univers différents 10. Martha renoue avec le passé Troisième Partie : Le cercle de guérison, 2003 11. Retour aux sources 12. Spider et la rivière 13. La quête de l’oubli 14. L’Église 15. Le cercle de guérison 16. La vie l’emporte Épilogue Postface Remerciements
À la mémoire des jeunes Autochtones qui se sont enlevé la vie à la suite de l’expérience négative de leurs parents et des parents de leurs parents dans les pensionnats indiens.

Prologue
En proie à un cauchemar , Martha est redevenue enfant et se trouve de nouveau au pensionnat indien de la baie James où elle a vécu pendant une décennie, de 6 à 16 ans. Le prêtre qui l’a convoquée à son bureau pour une « séance spéciale d’enseignement spirituel » est en train de l’agresser sexuellement.
Terrorisée, la petite fille qu’elle est dans son rêve essaie d’appeler à l’aide, mais aucun son ne sort de sa bouche. De plus, elle sait qu’elle est loin de chez elle et que même si ses cris étaient entendus, personne dans l’école confessionnelle ne viendrait à son secours.
— S’il vous plait, non, parvient elle à dire, avant de se réveiller.
Épuisée, Martha se demande si son angoisse finira par cesser. Bien que plus de trois décennies se soient écoulées depuis cette époque, bien qu’elle soit mère et ait franchi le cap de la quarantaine, elle est toujours prisonnière du prêtre qui lui disait qu’il l’aimait en abusant d’elle. Elle a cherché refuge dans l’alcool et dans l’extase de la religion, mais rien n’a pu effacer les traumatismes qu’elle a subis.
Pendant que Martha est tenue réveillée par les terreurs du passé, sa fille Raven émerge lentement d’un sommeil agité dans la chambre voisine. Sentant qu’elle n’est pas seule, elle ouvre les yeux. Trois spectres encerclent son lit, la fixant silencieusement avec une expression d’envie et de solitude si intense qu’elle doit détourner le regard. Elle sait qui ils sont : des compagnons de classe qui se sont récemment enlevé la vie. Six semaines auparavant, ils s’étaient tous engagés à mourir dès qu’ils auraient 13 ans. Les anniversaires, y compris le sien, se sont succédés, et elle est la seule toujours vivante.
Les apparitions se volatilisent, laissant Raven à ses tourments : chagrinée de la mort de ses amis, pleine de remords pour ne pas avoir respecté le pacte et incapable de décider si elle veut vivre ou mourir.
Au même moment, le jour se lève sur la ville de Québec. Le père Lionel Antoine, celui qui a agressé Martha lorsqu’elle était enfant, est seul dans une chapelle, se préparant à célébrer son premier office de la journée. Âgé de plus de 80 ans, il est en bonne santé, en paix avec lui-même et content d’être de retour dans sa province natale. Vivant des jours tranquilles dans une résidence pour prêtres à la retraite et respecté par les membres de son ordre, il trouve réconfortant de participer à des actes liturgiques, de parler du bon vieux temps et de partager des repas avec des amis qui, comme lui, sont revenus de missions partout au Canada et à l’étranger et souhaitent passer leurs dernières années chez eux.
Le père Antoine pense souvent aux décennies qu’il a passées dans un pensionnat indien du Nord de l’Ontario. Il s’est comporté incorrectement avec les petites filles confiées à ses soins, mais tout ça c’est bien loin. Il est convaincu que Dieu lui a pardonné et que les incidents en question ont été oubliés depuis longtemps par les personnes concernées. Ce qu’il est important de se rappeler, se dit-il, c’est que les fillettes qu’il a reçues dans son bureau à cette époque l’aimaient et avaient voulu qu’il leur montre son attachement comme il l’avait fait. Il s’était pris d’affection pour toutes, surtout celle qui avait été sa favorite, mais dont il a maintenant peine à se souvenir du nom.
Première Partie : Les premières années, 1956-1991
1 Premiers souvenirs
— Ikwesens, Geeyawaan! Ikwesens, Geeya-waan! C’est une fille! C’est une fille!
Lorsque la sage-femme l’a levé pour le montrer à sa mère rayonnante de joie, le bébé s’est mis à hurler. C’est le signal qu’attendait Isaac, mari de Mary Whiteduck, pour pousser la porte de l’habitation familiale et entrer après avoir passé la nuit dehors.
— Une enfant forte et en santé, a annoncé la sage-femme.
Aimée de tous, l’Ainée anishinaabe s’occupait des naissances dans la communauté de la Première Nation de Cat Lake, dans le Nord de l’Ontario, depuis aussi longtemps que quiconque se le rappelait.
— Mary et toi avez maintenant quelqu’un qui prendra soin de vous quand vous aurez mon âge, a-t-elle ajouté.
Les nouvelles ont voyagé vite par ce beau matin du printemps de 1956, dans le petit peuplement situé sur la rive du lac Cat, à environ 240 kilomètres en amont de la rivière Albany. En quelques minutes, les proches, les amis et les voisins sont arrivés pour féliciter les parents. Les hommes se tenaient à l’extérieur, bavardant et fumant leur pipe, tandis que les femmes entraient pour offrir de modestes présents et admirer le bébé.
Ce soir-là, pour célébrer l’arrivée d’un nouveau membre dans leur communauté, tous se sont réunis autour d’un feu de camp pour rire, raconter des histoires, boire du thé et manger de la nourriture du pays : du poisson, de la viande et des petits fruits sauvages. Plusieurs jours plus tard, un Ainé respecté et ami de longue date de la famille est venu. Au cours d’une cérémonie faisant une grande place à la méditation et à la prière, il a nommé le bébé Martha.
Quatre mois après, Mary et Isaac se préparaient à participer à l’exode des familles pour les territoires de piégeage tandis que les bernaches en route pour le sud remplissaient l’air de leurs cris. Après avoir réglé le vieux hors-bord Johnson capricieux, Isaac a fait des réparations de dernière minute au canot de fret, une embarcation à l’arrière carré longue de 5,5 mètres. Il l’a chargée d’armes, de haches, de scies, de pièges, de vêtements et de provisions. L’homme et la femme ont ensuite fermé la cabane où ils passaient leurs étés et ont dit au revoir aux quelques personnes qui ne feraient pas le voyage. Il s’agissait pour la plupart de malades ou de vieillards qui ne survivraient pas à un dur hiver à l’intérieur des terres. Ils ont mis leur f

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