De la couleur des lois : Une histoire juridique du racisme au Canada entre 1900 et 1950
405 pages
Français

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De la couleur des lois : Une histoire juridique du racisme au Canada entre 1900 et 1950 , livre ebook

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Description

Malgré l’ouverture proclamée des Canadiens face à la diversité ethnique et culturelle, l’histoire canadienne n’en est pas moins marquée par la discrimination systématique. Cet ouvrage expose la ténacité juridique de cette discrimination par l’entremise d’un examen de six arrêts judiciaires déterminants entre 1900 et 1950 qui démontrent comment le système juridique canadien fut complice de la discrimination raciale.
 
Les cas retenus font exemples des diverses façons dont le racisme a opéré dans les différents environnements juridiques du Canada. On y retrouve ceux d’Eliza Sero, qui a présenté en 1921 une revendication à la souveraineté Mohawk, de Wanduta, un Heyoka de la nation Dakota, qui visait à faire reconnaître son droit de célébrer la traditionnelle danse des herbes sacrées en 1903, d’Ira Johnson, qui a eu à subir le courroux du Ku Klux Klan en raison de son désir de contracter un mariage mixte en 1930, de Yee Clun, un restaurateur canadien d’origine chinoise à qui l’on avait refusé le droit d’employer des femmes blanches en 1924 et de Viola Desmond, qui avait été empêchée par le personnel d’un cinéma de s’asseoir dans une section réservée aux Blancs en 1946. De la couleur des lois illustre l’ambiguïté opérationnelle ainsi que l’étonnante et sournoise persévérance du racisme à l’oeuvre dans le système juridique canadien.
 
De la couleur des lois est la traduction française de Colour-Coded: A Legal History of Racism in Canada (University of Toronto Press, 1999), qui a été gagnant du prix Joseph Brant en 2002.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2010
Nombre de lectures 11
EAN13 9782760318410
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0035€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

De la couleur des lois : une histoire juridique du racisme au Canada entre 1900 et 1950
De la couleur des lois : une histoire juridique du racisme au Canada entre 1900 et 1950
Constance Backhouse
PRESSES DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA
© P RESSES DE L ’U NIVERSITÉ D ’O TTAWA, 2010 T OUS DROITS RÉSERVÉS
Les Presses de l’Université d’Ottawa reconnaissent avec gratitude l’appui accordé à son programme d’édition par le ministère du Patrimoine canadien en vertu de son Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition, le Conseil des arts du Canada, la Fédération canadienne des sciences humaines en vertu de son Programme d’aide à l’édition savante, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et l’Université d’Ottawa.
Les Presses reconnaissent aussi l’appui financier de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa dont a bénéficié cette publication.
CATALOGAGE AVANT PUBLICATION DE BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA
Backhouse, Constance, 1952-
De la couleur des lois : une histoire juridique du racisme au Canada entre 1900 et 1950 / Constance Backhouse.
Traduction de : Colour-coded.
Comprend des références bibliographiques et un index.
ISBN 978-2-7603-0718-6
1. Discrimination raciale Droit Canada Jurisprudence. 2. Discrimination raciale Droit Canada Histoire 20e siècle. I. Title.
KE4395.A7B3214 2010 342.7108 73 C2009-905692-5
KF4483.C58B3314 2010
Table des matières
Remerciements
1 Introduction
2 Qualification raciale ou théâtre de l’absurde : " le statut d’Esquimau, dragon terrassé ", dans Re Eskimos , 1939
3 " Des sauvages ornés de plumes bariolées " : la criminalisation des danses autochtones – le procès de Wanduta au Manitoba en 1903
4 " Ce peuple ignore ce qu’est l’obéissance " : les revendications de souveraineté des Premières Nations, Sero c. Gault , Ontario, 1921
5 " Les mésalliances " et " la vertu des femmes menacée " : Yee Clun conteste la Législation du travail des femmes blanches , Saskatchewan, 1924
6 " Que cela serve de leçon " : R. c. Phillips et le Ku Klux Klan à Oakville (Ontario) en 1930
7 La propagation des tactiques raciales suscite un sentiment " d’amère déception " : Viola Desmond conteste la ségrégation raciale, Nouvelle-Écosse, 1946
8 Conclusion
Notes
Index
Remerciements
D epuis fort longtemps, je souhaitais publier une version française de cet ouvrage, qui parut pour la première fois en 1999, en anglais. Mes collègues de l’Université d’Ottawa, tant les francophones que ceux qui sont bilingues, m’ont expliqué l’importance capitale de rendre ces recherches accessibles aussi bien en français qu’en anglais. Il va sans dire que les documents juridiques qui forment la matière brute de ce livre ont une résonance dans les deux cultures linguistiques et que l’histoire juridique de la discrimination raciale est aussi présente au Québec que dans le reste du Canada. Celles et ceux qui cherchent à comprendre les fondements historiques du racisme au sein de cette entité géographique qu’est devenu le Canada ne sauraient limiter leurs recherches aux seules publications de langue anglaise. Parmi toutes les causes analysées par cette présente étude, seule l’affaire Re Eskimo (discutée au chapitre 2) s’est déroulée au Québec. Le racisme décrit dans les chapitres suivants n’était cependant pas confiné aux communautés anglophones à l’extérieur du Québec. Quelles que soient nos distinctions, nos dualités et nos antipathies, les Canadiennes et Canadiens d’expression française et anglaise ainsi que le peuple québécois ont en commun cette histoire du racisme.
Cet ouvrage est l’aboutissement d’un travail que j’ai réalisé dans l’esprit de donner une suite à mon précédent livre d’histoire juridique, Petticoats and Prejudice : Women and Law in Nineteenth-Century Canada , publié en 1991 1 . À l’origine, je voulais analyser les relations entre le sexe et la loi pendant la première moitié du XX e siècle. En entamant le présent ouvrage, je me suis engagée à améliorer la méthodologie de recherche dont je m’étais servie dans Petticoats . Je considérais que ce dernier présentait des lacunes, en ce sens que je n’y avais pas suffisamment questionné la manière dont le sexe et la race s’imbriquent l’un dans l’autre selon une perspective historique. Afin d’éviter de frapper de nouveau cet écueil, j’ai commencé mes recherches en colligeant et en analysant toutes les affaires judiciaires et les lois à connotation raciale en vigueur au Canada entre 1900 et 1950.
D’emblée, il m’apparut manifeste que la " race " était un concept historique aussi complexe que fluctuant. On note, par exemple, que la situation des peuples autochtones n’est pas uniforme parmi les diverses nations en présence. En outre, la situation des Canadiens d’origine asiatique diffère de celle des Premières Nations. Les communautés noires ont elles aussi des rapports différents avec la loi. Le concept d’une race " blanche ", bien que nettement plus atténué dans les archives, imprègne et complique également le phénomène des divisions raciales. Les documents que j’ai pu réunir au soutien de cette étude étaient si fouillés et volumineux que je me rendis vite à l’évidence que cette question exigerait plus d’un ouvrage. Après avoir étudié à fond ce sujet pendant sept ans, et bien que j’eusse réalisé que je ne faisais qu’en effleurer la surface, je décidai de publier le fruit de mes recherches.
Rédiger un livre sur l’histoire juridique des races est un exercice fertile en pièges pour une auteure qui bénéficie des privilèges réservés aux " Blancs ". C’est pourquoi je suis infiniment reconnaissante aux étudiantes et étudiants de couleur à qui j’ai enseigné dans mes cours d’histoire, d’études des femmes et de droit à l’University of Western Ontario, au Native Law Centre à Saskatoon, au Nunavut Arctic College à l’Île de Baffin et à la faculté de droit de l’Université d’Ottawa. Leur insistance à souligner l’importance capitale de la race dans l’histoire juridique du Canada m’a amenée à reconnaître le caractère impératif de cette étude. Quelques-uns de ces étudiants s’apprêtent à entamer des études supérieures et une carrière universitaire, et je sais déjà qu’elles et ils publieront des ouvrages qui surpasseront de loin le travail de pionnière que je présente ici.
Je tiens également à exprimer ma profonde reconnaissance à tous les érudits de couleur qui ont été les premiers à publier des essais sur la théorie critique des races, car leurs réflexions ont éclairé ma propre compréhension des questions de race et de racisme 2 . La reconnaissance que le racisme se perpétue par le biais de pratiques systémiques et institutionnalisées, plutôt qu’au moyen de comportements idiosyncratiques émanant d’individus isolés, est fondamentale si l’on veut procéder à une analyse exacte de l’histoire raciale du Canada. L’ensemble de nos connaissances et de nos institutions d’enseignement ne pourra véritablement s’enrichir que lorsqu’il présentera une diversité raciale tant parmi le corps professoral qu’au sein de la population estudiantine, et lorsque les organismes chargés d’accorder des bourses de recherche répondront de manière aussi généreuse aux demandes émanant des diverses populations racialisées qu’à celles de la communauté blanche. Je suis en outre parfaitement consciente du fait que les essais écrits par des érudits autochtones, asiatiques et afro-canadiens au sujet de l’histoire juridique du Canada différeront sans doute grandement de celui-ci 3 .
J’exprime également ma gratitude à toutes les personnes qui m’ont aidée à retrouver et à interpréter les documents juridiques qui figurent dans le présent livre. Betty Brewster, Susan Enuaraq, Sandra Inutiq, Leetia Janes, Eric Joamie, Bernadette Makpah, Julia Olayuk, Sarah Papatsie, Pauline Pemik, Louisa Pootoolik, Paul Quassa et Helen Tologanak, tous étudiants du Jump-Start Inuit Legal Studies Program à Iqaluit en 1997, m’ont prêté main-forte pour analyser les documents relatifs à l’affaire Re Eskimo . Wendy Whitecloud, de l’Université du Manitoba, et Albert Angus, de Turtleford (Saskatchewan), ont travaillé d’arrache-pied pour retrouver des renseignements

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