Duel Dual
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Duel Dual , livre ebook

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Description

Ce recueil de nouvelles compose un ensemble, dont le thème général est l’humain, que ce soit pour le pire comme pour le meilleur, dans le bonheur ou la désespérance, sous la liberté ou la dictature. Les styles sont multiples, depuis des « shorts-shorts », poétique, philosophique, science-fiction, abstrait…
Chaque histoire porte une réflexion dont le fond est sous-jacent à l’histoire, laissant le plaisir de lire et d’imaginer en tout premier lieu.
Un ange passeJour 1Un regard à gauche, un autre à droite… Il traverse la rue… Que le monde des hommes est étrange ! Hier encore, je m’amusais avec un enfant et ils sont arrivés et m’en ont privé. Ils étaient là, tous, effrayés et déterminés autour de ce bébé. En râlant, j’ai délaissé l’enfant, car c’est pourtant si rare de pouvoir jouer avec un de ces mômes débiles. C’est vrai quoi ! Toujours des vieux, des vieilles. Ils sont pas amusants ceux-là.Les petites vieilles sont toujours en train de ruminer, de mâchonner, de mastiquer, d’avaler. Tremblotantes comme une biscotte sur une machine à laver en cours d’essorage, elles sont laides, seules et délaissées. Les petits vieux, chapeau enfoncé sur leur crâne en forme d’œuf  pourri, la canne et l’air renfrogné. Cet air, ils l’ont depuis la Grande Guerre. La première ou la deuxième, peu importe. Le même air plissé, anxieux. Ah, quelle époque c’était que celle-là ! Surtout la deuxième avec les coutumes typiques germaniques bien plus attrayantes que celles demeurant aujourd’hui.Hélas, tout ça, c’est du passé ! Aujourd’hui, même les nuits sont pauvres. De temps en temps, si peut-être, un jeune couple en vacances avec un beau bébé aussi jeune que leur union à l’arrière de leur véhicule sur l’autoroute du Soleil. Oh oui, l’autoroute du Soleil, si bien nommée ! Tout droit vers ce dernier qu’ils foncent. Ou encore, tiens, ces lycéens dans un car scolaire gravissant la route escarpée d’une montagne…Oh, j’oubliais les grands moments du week-end avec ces magasins bourrés de gens qui veulent me divertir, lentement, doucement, mais avec malice dans cette atmosphère asphyxiante et viciée des salles confinées pourvues d’un système de climatisation… perfectionné.Mais même cela, ça n’est plus comme avant. C’est trop technique. Maintenant, le mieux, c’est au sud. Parce qu’au nord, ils ont tendance à vouloir faire tout, tout seuls et par eux-mêmes. Et puis, ils n’ont pas l’expérience alors c’est trop court. Non, non ! Le mieux, c’est au sud ! Là au moins, ils savent y faire. Ils sont plus expansifs. Tout le monde en profite. Et moi, ça me plaît quand tout le monde en profite. Ils y mettent vraiment toute leur conviction et personne n’est oublié. Ils me font tous l’immense plaisir de participer. Que ce soient les parents, les enfants, les voyous, les notables, tout le monde y passe ! Là-bas, au moins, c’est chaud en couleur et je ne m’y ennuie pas. Pas de petits vieux ronchons tournant sur trois pattes ! Pas de ces hommes aigris par leur travail ou leur vie qui ne m’offrent pas beaucoup de plaisir, car par trop fragiles. Non, rien de tout ça ! À la machette, au couteau, par les pierres, avec les poings ! Décidément, là-bas, au sud, ils savent y faire. 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2019
Nombre de lectures 1
EAN13 9782363158406
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Deux cent cinquante et un

Duel Dual


Du même auteur
L’isolement ultra-connecté–tome I
Iggybook,2018
Le désert
Iggybook, 2018
L’isolement ultra-connecté–tome II
Iggybook,2018
4891
Iggybook,2018
La lune et le Sabre
Iggybook, 2018
Planète Isolée
Amazon 2018; Iggybook 2019
L’isolement ultra-connecté–tome III
Iggybook, 2018
Foison de vies
Iggybook, 2018
Correspondances
Iggybook, 2018
Chemin de vie
Iggybook, 2019
Duel Dual
Iggybook, 2019

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ISBN 9782363159861
© Janvier 2019
Deux cent cinquante et un


Un ange passe
Jour 1
Un regard à gauche, un autre à droite… Il traverse la rue… Que le monde des hommes est étrange ! Hier encore, je m’amusais avec un enfant et ils sont arrivés et m’en ont privé. Ils étaient là, tous, effrayés et déterminés autour de ce bébé. En râlant, j’ai délaissé l’enfant, car c’est pourtant si rare de pouvoir jouer avec un de ces mômes débiles. C’est vrai quoi ! Toujours des vieux, des vieilles. Ils sont pas amusants ceux-là.
Les petites vieilles sont toujours en train de ruminer, de mâchonner, de mastiquer, d’avaler. Tremblotantes comme une biscotte sur une machine à laver en cours d’essorage, elles sont laides, seules et délaissées. Les petits vieux, chapeau enfoncé sur leur crâne en forme d’œuf pourri, la canne et l’air renfrogné. Cet air, ils l’ont depuis la Grande Guerre. La première ou la deuxième, peu importe. Le même air plissé, anxieux. Ah, quelle époque c’était que celle-là ! Surtout la deuxième avec les coutumes typiques germaniques bien plus attrayantes que celles demeurant aujourd’hui.
Hélas, tout ça, c’est du passé ! Aujourd’hui, même les nuits sont pauvres. De temps en temps, si peut-être, un jeune couple en vacances avec un beau bébé aussi jeune que leur union à l’arrière de leur véhicule sur l’autoroute du Soleil. Oh oui, l’autoroute du Soleil, si bien nommée ! Tout droit vers ce dernier qu’ils foncent. Ou encore, tiens, ces lycéens dans un car scolaire gravissant la route escarpée d’une montagne… Oh, j’oubliais les grands moments du week-end avec ces magasins bourrés de gens qui veulent me divertir, lentement, doucement, mais avec malice dans cette atmosphère asphyxiante et viciée des salles confinées pourvues d’un système de climatisation… perfectionné.
Mais même cela, ça n’est plus comme avant. C’est trop technique. Maintenant, le mieux, c’est au sud. Parce qu’au nord, ils ont tendance à vouloir faire tout, tout seuls et par eux-mêmes. Et puis, ils n’ont pas l’expérience alors c’est trop court. Non, non ! Le mieux, c’est au sud ! Là au moins, ils savent y faire. Ils sont plus expansifs. Tout le monde en profite. Et moi, ça me plaît quand tout le monde en profite. Ils y mettent vraiment toute leur conviction et personne n’est oublié. Ils me font tous l’immense plaisir de participer. Que ce soient les parents, les enfants, les voyous, les notables, tout le monde y passe ! Là-bas, au moins, c’est chaud en couleur et je ne m’y ennuie pas. Pas de petits vieux ronchons tournant sur trois pattes ! Pas de ces hommes aigris par leur travail ou leur vie qui ne m’offrent pas beaucoup de plaisir, car par trop fragiles. Non, rien de tout ça ! À la machette, au couteau, par les pierres, avec les poings ! Décidément, là-bas, au sud, ils savent y faire.
C’est dommage qu’en Europe, ils soient plus sages. Cette espèce de morale judéo-chrétienne qui les comprime et les empêche de vivre pleinement chaque instant m’ennuie à mourir. Oh, il y a bien quelques fois une lueur d’espoir, un de ces petits grains de sable qui vous met du piquant dans la sauce, mais ils s’empressent tellement, tant ils sont coincés, de la rendre sirupeuse et fade que je n’en profite pas longtemps. Non, c’est vrai ! En Europe, ils ne savent plus mourir…
Jour 2
Mais je n’arrive pas à me réjouir. Je pense encore à ce bébé charmant, avec ses gazouillis, ses taches de nourritures sur son tablier… J’en suis malade à vivre. Mais je vais y arriver. Une occasion se présentera, c’est sûr ! Aujourd’hui, impossible, toute la famille autour de lui ! La grand-mère, le grand-père, les oncles et tantes ! Bref, pas un moment pour intégrer une petite perturbation dans sa gentille petite vie… Oh, j’ai bien essayé les cacahuètes, mais non ! Bien trop surveillé, ce mioche !
Alors, pour me changer les idées, ces derniers temps, je me balade en Afrique. Quelle joie ! Ils dépassent mes espérances… Un véritable massacre comme je les aime… Pas une petite tuerie quelconque et sans horreur ! Non ! Quelque chose de gigantesque, une foire au crime, un panthéon de l’immonde, une féerie de tous les sangs ! Ça gicle, ça frappe, ça pleure, ça crie, ça chante la machette à la main, ça rit les tripes à l’air flottant sur l’onde, comme une chambre à air crevée dans un bac à eau. À la différence que les rustines ici n’auraient aucun effet…
Les enfants jouent à chat perché… sur le bout des sagaies ou à 1 2 3 Soleil dans la cour d’école, à midi, allongés. D’ailleurs, je dois dire qu’aucun ne perdra plus jamais tant ils sont immobiles. Leurs parents doivent actuellement les attendre pour manger… les restes du voisin…
Il paraît que le meilleur, c’est les mains. Ils doivent le savoir, c’est la partie qu’ils coupent en premier avec la tête — alouette, alouette, je te plumerai —. Formidable et je ne leur ai pourtant pas forcé… la main. D’eux-mêmes, ils se sont étripés les uns les autres pour des raisons ethnico-politiques. C’est vrai, je l’avoue, je leur ai un peu tenu la main en leur inculquant ces critères subjectifs. Mais tout de même, ils se sont plutôt bien débrouillés sans moi, sans que j’aie trop à mettre la main à la pâte. Il valait mieux, de là à ce qu’ils me la coupent, la patte… ? Non, je plaisante bien sûr !
On dira tout ce qu’on voudra, la culture, ça a du bon ! Si dans leur passé, il n’y avait pas eu de telles violences, qu’ils l’aient expérimentée eux-mêmes ou que, gentiment, les pacificateurs le leur aient fait expérimenter, comment voudriez-vous qu’ils perpétuent les traditions ?
Heureusement, quand ils oublient, je le leur rappelle, sans que cela ne me gêne en aucune façon. Je suis toujours prêt à rendre service, vous le savez bien ! Mon bon cœur me perdra ! D’ailleurs, je ne suis pas avare de mes conseils. En Europe, dernièrement, je leur en fais profiter également. La même sauce donnant toujours le même goût, ils ont été prompts à réagir.
Et là encore, la culture a fait le reste. L’histoire leur avait donné l’exemple, eux l’ont adapté et amplifié. Ah, les clubs de rencontres et leurs gentils organisateurs, quelle ambiance ! Les invités ont mal au ventre tant ils rient et s’amusent… À moins que ce ne soit de faim ? Les activités sont nombreuses, personne n’est oublié. Tout le monde a son insigne, une étoile ou un triangle et une croix étendue pour les gentils organisateurs… Ainsi chacun connaît son rôle dans le jeu proposé :
– Jeu de l’homme invisible (« Regardez, on voit à travers moi… »), très utile lors des retransmissions de match de foot pour attraper les boissons sur la table devant l’écran de télévision sans gêner les autres. Bon, d’accord, à l’époque, la télévision n’existait pas, mais pratique quand même pour le gentil organisateur pour voir ce que cache le joueur qui est derrière… ;
– Jeu des osselets (chacun amène son propre jeu…) ;
– Jeu du ni oui ni non, quoi que vous disiez, vous le ferez quand même ! ;
– Jeu de « je retiens mon souffle le plus longtemps possible » (mais c’est un jeu difficile, tout le monde perd à la fin) ;
– Jeu de celui qui fera le plus de fumée (bon, les G.O. trichaient parfois en faisant concourir plusieurs joueurs en même temps, mais après tout, les règles sont faites pour être violées, non ?) ;
– …
La cuisine est moderne, la nouvelle cuisine comme ils disent. Il n’y a rien dans votre assiette, c’est normal. Les G.O. se sacrifient à tout manger pour vous, question de régime !
Il y a aussi les humanitaires qui, pour défendre les populations assaillantes, effacent de la cart

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