Emma
99 pages
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Emma , livre ebook

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Description

Tu aimes les témoignages? Tu adoreras ce livre! C’est un roman basé sur une histoire vraie.
— Mais pourquoi tu te donnes autant de mal? me répond mon amie.
J’ai une hésitation. C’est vrai, pourquoi? Qu’est-ce que tout ce travail me donne? Je chasse aussitôt ce doute. Je n’arrive même pas à concevoir l’idée de ne pas étudier à fond, de ne pas connaître tous les sujets sur le bout de mes doigts, de ne pas les maîtriser à la perfection. Quel genre d’élève serais-je si je ne le faisais pas? Si je n’avais pas les meilleures notes? Je ne serais pas fière de moi, sachant que je n’ai pas réalisé mon plein potentiel, c’est certain. Et tout le monde serait déçu de moi.
— Je sais pas, Noémie. Je sais juste qu’il faut que je réussisse.
— Mais tu réussis déjà! T’es super bonne, même quand tu étudies presque pas. Tu surpasses pratiquement tout le monde. C’est pas assez pour toi?
Je perçois dans sa voix à la fois de l’inquiétude et de l’agacement.
Psst ! L’auteure de ce livre s’appelle Evelyne. Elle adore tout ce qui est sucré avec une préférence pour le chocolat et la réglisse rouge. Elle aime l’écriture, le dessin, la danse et la musique (mais n’aime pas qu’on l’entende chanter!). Elle déteste la méchanceté, le mensonge et l’injustice. Comme Emma, elle était une première de classe et a déjà été une championne de karaté. Elle voulait aussi être auteure de BD, mais est plutôt devenue romancière.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 avril 2018
Nombre de lectures 2
EAN13 9782897584825
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Guy Saint-Jean diteur
4490, rue Garand
Laval (Qu bec) Canada H7L 5Z6
450 663-1777
info@saint-jeanediteur.com
saint-jeanediteur.com

Donn es de catalogage avant publication disponibles Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada.

Nous reconnaissons l aide financi re du gouvernement du Canada ainsi que celle de la SODEC pour nos activit s d dition. Nous remercions le Conseil des arts du Canada de l aide accord e notre programme de publication.

Gouvernement du Qu bec - Programme de cr dit d imp t pour l dition de livres - Gestion SODEC
Guy Saint-Jean diteur inc., 2018
R vision: Isabelle Pauz
Correction d preuves: milie Leclerc
Conception graphique de la couverture et infographie: Christiane S guin Photo de la page couverture: Depositphotos/gregorylee
D p t l gal - Biblioth que et Archives nationales du Qu bec, Biblioth que et Archives
Canada, 2018
ISBN: 978-2-89758-481-8 ISBN EPUB: 978-2-89758-482-5 ISBN PDF: 978-2-89758-483-2
Tous droits de traduction et d adaptation r serv s. Toute reproduction d un extrait de ce livre, par quelque proc d que ce soit, est strictement interdite sans l autorisation crite de l diteur. Toute reproduction ou exploitation d un extrait du fichier EPUB ou PDF de ce livre autre qu un t l chargement l gal constitue une infraction au droit d auteur et est passible de poursuites p nales ou civiles pouvant entra ner des p nalit s ou le paiement de dommages et int r ts.
Imprim et reli au Canada 1 re impression, avril 2018

Guy Saint-Jean diteur est membre de l Association nationale des diteurs de livres (ANEL).
EVELYNE GAUTHIER

Roman
Table des mati res
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
pilogue
Chapitre 1
Je d teste les lundis matins. Plant e c t de l arr t d autobus, je sautille sur place et je souffle sur mes mains dans un effort vain pour les r chauffer. Mes gants en petite laine et mon veston peine doubl ne sont vraiment pas suffisants pour maintenir mon corps une temp rature acceptable. Je suis transie.
On dirait que tout est pire, le lundi. La m t o, le bruit d sagr able du r veille-matin qui me tire du lit, m me le go t des c r ales. Je ne sais pas si c est la fatigue, mais je trouve r solument qu une journ e comme celle-ci a une teinte gris tre.
Les nuages de vapeur s chappent de ma bouche alors que je grelotte, pour s vanouir rapidement dans l air en minces volutes, emport es par le vent glacial.
Au-dessus de ma t te, les nuages gris et mena ants se d placent lentement. La pluie ne va pas tarder tomber.
Pour la premi re fois depuis longtemps, je me dis que j aurais d couter ma m re. Rendue en novembre, je le savais bien qu il ferait froid. Mais pas question que je commence enfiler des giga mitaines en polar ou un gros manteau d hiver aussi t t dans l ann e!
Je suis d j la boll e de service, je ne vais pas an antir le peu de coolness qu il me reste - enfin, consid rant que j en ai d j eu - en m habillant comme une esp ce de chasseuse inuite dans le Grand Nord. C est connu, plus t es cool, moins tu t habilles quand il fait froid.
Bon, c est vrai qu tre in , a ne m a jamais int ress e et que l opinion des autres, je m en fous un peu. Mais je ne ferai pas expr s non plus pour avoir le mot " nerd crit sur le front. Y a des limites! Et puis, le fait que je n en aie pas trop l apparence, m me si j ai les notes, a me donne un petit quelque chose de marginal.
J adore tre premi re de classe, mais je d teste les gens trop straights . J aime aussi sentir que je suis anticonformiste. Et puis, je prends plaisir l id e de surprendre les gens, de ne pas correspondre l image qu ils peuvent se faire d une personne comme moi.
Je suis une des rares l ves, l cole, qui peut porter des jeans trou s ou un peu d chir s, par exemple. Je connais plein de parents qui l interdisent encore la maison. Il me semble que rendu 14 ans, et en secondaire 2 en plus, on peut bien porter ce qu on veut, non? moins que a soit vraiment ind cent. Mes amis n arr tent pas de r p ter que mes parents sont vraiment cool. Faut dire que je ne leur cause pas tellement d ennuis et qu ils savent qu ils peuvent me faire confiance. J ai toujours t la fille sage, qui fait ce qu on lui demande, alors je pense bien que j ai m rit d tre trait e comme une personne mature.
Zut! Il arrive bient t, cet autobus? Je suis vraiment gel e, moi! J aurais d tre raisonnable et m habiller plus chaudement!
En temps normal, j essaie de profiter de l attente l arr t de bus pour r viser ou pratiquer des mouvements de karat , mais j ai trop froid en ce moment. M adonner des arts martiaux a cet avantage de me donner des airs de Karat Kid et att nue un peu mon c t impopulaire.
Au moins, j ai t d barrass e de mes horribles broches l ann e derni re. Y a rien de plus nul avoir, quand on est une boll e, que des broches dans la bouche. part des lunettes.
Benjamin Laram e, lui, s tait fait briser les siennes peine quelques jours apr s la rentr e au secondaire. Il n avait vraiment pas t chanceux. croire qu il a tout ce qu il faut pour avoir des probl mes: il a longtemps t petit, maigre, habill comme un vrai geek et il tra ne toujours un truc genre intello sur lui: un cube Rubik, des figurines Donjons Dragons , un jeu d checs ou des cartes Magic .
Mais cet t , il a singuli rement allong et depuis qu il a pris un bon 30 centim tres, il d passe presque tout le monde d une t te. Curieusement, m me s il est toujours aussi maigre, a a un peu refroidi les ardeurs de certains cr tins qui le prenaient comme punching bag il y a tout juste quelques mois.
Quant moi, le fait que je pratique les arts martiaux depuis des ann es suffit garder distance la plupart des terreurs de l cole.
La seule et unique fois o Zacharie Matte, un des grands niaiseux, a essay de s en prendre physiquement moi - au lieu de se contenter des insultes habituelles - il en est rest presque traumatis . Et pour tre honn te, moi aussi.
Il avait fait une simple connerie. Alors que je me dirigeais vers la sortie de la caf t ria, il s tait faufil discr tement derri re moi en essayant de retenir un fou rire. Mais j avais senti sa pr sence, cet idiot. Il avait alors essay de voler le berlingot de lait que je tenais. Et l , tout s tait pass la vitesse de l clair. M me moi, je n avais rien vu venir.
Avant m me qu il ait fini le mouvement avec son bras pour ramener le berlingot lui, je m tais retourn e, je lui avais ass n un coup de poing au ventre et, de l autre main, je lui avais arrach le berlingot presque au vol. J avais regard mes propres bras agir sous le coup de l impulsion, sans r fl chir. Un peu comme s ils avaient cess de m appartenir et qu ils avaient eu leur propre volont pendant un court moment. Le tout s tait conclu en un quart de seconde et Zacharie s tait retrouv pli en deux au sol, abasourdi et trop touff pour pouvoir me crier des noms comme il en a l habitude.
C est d ailleurs la seule fois de ma vie o je me suis retrouv e dans le bureau du directeur. Pourtant, ce n tait pas ma faute! Mais donner un coup un autre l ve, c est impardonnable.
Zacharie et moi avons d passer une bonne semaine rester en retenue apr s l cole. La retenue l endroit d sign des derniers de classe M y retrouver a t une des pires humiliations de ma vie. Surtout quand je voyais, par la fen tre, les amis de Zacharie d conner dans la cour ou nous faire des signes en rigolant pour m emmerder.
En tout cas, j ai tout de m me une consolation, dans tout a: j ai la preuve que mes cours de karat sont utiles et que si on tente r ellement de m agresser un jour, je saurai me d fendre.
En fait, non, j ai deux consolations. Car depuis ce temps-l , Zacharie m achale pas mal moins. Il m en veut mort, mais il se tient loin. Il a beau continuer de m injurier, je m en contrefiche. Maintenant, je sais qu il a peur de moi et je n ai qu le fixer du regard avec un grand sourire pour qu il se calme.
Et a, a vaut bien une semaine de retenue.
Le bruit des freins de l autobus qui s arr te devant moi me tire de mes pens es et me fait sursauter. Le chauffeur ouvre la porte et je monte, pour aller m asseoir sur un des bancs d en avant. Je sors un livre afin de me tenir occup e. Le voyage dans le bus est un des moments de la journ e que je d teste le plus. C est encore pire que l cole.
- Eille! Emma Carpentier!
Je soupire en entendant mon nom. Cette fois, je reconnais la voix de Mathis P loquin, un autre cr tin. En fait, c est surtout le boss des cr tins. Zacharie n est peut- tre qu un peureux qui n agit jamais seul, mais Mathis, lui, n a pas peur de grand-chose.
- Eille, la petite Emma, je te parle!
Grrr je d teste quand il m appelle ainsi. La voix s est approch e. Je sais que je ne pourrai plus faire semblant de ne pas l entendre bien longtemps encore et que je vais devoir lui parler.
- Qu est-ce que tu veux, Mathis? que je lui demande sans lever les yeux de mon livre.
- J ai pas eu le temps de faire mon devoir de chimie en fin de semaine. Je peux-tu copier sur le tien?
Je grimace. Comment peut-on "ne pas avoir le temps pendant toute une fin de semaine? Il me prend pour une dinde ou quoi? Je lui r ponds d un air aussi froid que possible.
- Qu est-ce que t as fait pendant tout ce temps? Une fin de semaine, c est deux jours. Ou quarante-huit heures, si tu pr f res. C est trop dur de trouver une heure l -dedans pour faire ton devoir?
- J avais trop de trucs faire pis j ai oubli . L , le prof va encore me chialer apr s. Come on, man , sois donc cool pour une fois!
Man? J ai l air d un gars, ou quoi? Comme je le connais, Mathis a d jouer des jeux vid o toute la fin de semaine ou d conner au skate park avec ses amis. Je le sais, je l ai d j vu dans un parc pas loin de l cole, un dimanche apr s-midi. Moi, pendant ce temps-l , je passais des heures tudier, et monsieur voudrait profiter de MON travail? Qu il subisse donc les cons quences de ses d cisions!
- Non. T avais juste faire tes devoirs, Mathis. Tant pis pour toi! Assume!
- T es vraiment poche, Carpentier!
Mathis s en va, non sans donner une claque sur mon livre, pour l envoyer virevolter par terre. Il retourne au fond du bus en riant.
Sans un mot, je ramasse mon livre et essuie la salet dessus. Gros gnochon, va!
Un peu plus tard, l autobus arrive enfin l cole. La pluie a commenc tomber en fines gouttelettes. Je suis le troupeau et me dirige vers la cour en pressant le pas.
J aper ois alors Mathis, qui agite les bras dans ma direction, comme pour attirer mon attention. Il l ve une main triomphante et me montre ce qu il tient: le devoir d un autre l ve, qu il a su convaincre - par la menace, peut- tre - de le lui pr ter pour le recopier. Il me fait alors un sourire moqueur, comme pour me dire: "Tu vois, j ai eu ce que je voulais! Il le range illico dans son sac pour viter de le mouiller.
Je l ve les yeux au ciel et soupire nouveau. Au moins, sa victoire, il ne l aura pas eue par moi. Autre mince consolation. Il y a des jours o on doit se contenter de peu pour garder le moral. J entre enfin dans l cole.
- H , Emma!
Je me retourne et vois No mie et Thomas, mes deux meilleurs amis, sur le seuil. Comme d habitude, ils sont arriv s dans le m me autobus - qui n est pas le mien, malheureusement. Bien que nous n habitions pas tr s loin les uns des autres, nous voyageons dans des v hicules diff rents.
No mie et Thomas sont mes copains depuis l cole primaire. Mon amie me ressemble sur certains aspects: taille moyenne et grandeur moyenne. Toutefois, contrairement moi, qui ai les yeux bruns et les cheveux longs et bruns, elle a les cheveux noirs fris s et les yeux bleus.
Elle n est peut- tre pas une nerd comme moi, mais elle aussi, elle est plut t marginale sur les bords. Elle a beaucoup de talents artistiques, et particuli rement en art dramatique. Et elle crie d j qui veut l entendre qu elle d sire devenir com dienne et metteure en sc ne, et aussi que le th tre, c est toute sa vie.
Thomas, lui, est encore plus excentrique que No mie et moi. Il change constamment de style vestimentaire. Il peut arriver l cole avec une chemise blanche, des bretelles et un n ud papillon, puis se pr senter deux jours plus tard, v tu d un t-shirt us , de bottes de cuir et d un long manteau noir. Il a les cheveux mi-longs, bruns, dont il teint souvent des m ches en couleur. En ce moment, elles sont vertes. Mais personne ne sait quand il changera d id e ni quelle nuance il adoptera. La seule chose qu il sait et qui est une constante dans sa vie, c est qu il aime les gens. Et que s il devait vivre seul, il deviendrait sans doute compl tement fou.
Je m approche de mes amis, en for ant un peu un sourire.
- Salut!
- a va? demande No mie, d un air vaguement inquiet.
- Mouin
Mon amie est perspicace et se doute bien, voir mon air un peu maussade, que quelque chose me fatigue.
- Qu est-ce qui se passe?
Je hausse les paules.
- Bof Mathis.
- Encore lui! s indigne Thomas. Qu est-ce qu il t a fait?
- Pas grand-chose. Il voulait recopier mon devoir et j ai dit non. Alors, il a lanc mon livre terre et l , il a d cid de me narguer parce qu il a r ussi convaincre un autre de lui pr ter le sien.
- Niaiseux marmonne No mie en levant les yeux vers les nuages.
La pluie redouble d intensit , alors que la cloche sonne. Une partie des l ves retardataires commencent lancer des cris et courir vers les portes.
- Oublie-le, Em, me sugg re Thomas.
"Em , c est le surnom que Thomas me donne parfois. M me si mon nom ne fait que deux syllabes, il faut qu il le raccourcisse quand m me.
- Crois-moi, il en vaut pas la peine, ajoute-t-il.
Je retiens une grimace. Peut- tre, mais il y a quelque chose de frustrant voir les gars paresseux comme Mathis s en tirer r guli rement bon compte et obtenir ce qu ils veulent, uniquement gr ce leur grande gueule.
Tant pis, Thomas a raison. Il vaut mieux ne pas penser a. Nous suivons les autres l ves et entrons l int rieur du b timent.
Le cours de fran ais commence dans quelques minutes. C est pr f rable de ne pas tarder. Monsieur Deslauriers n a absolument aucune tol rance pour les retards et je n ai pas envie d ajouter d autres probl mes cette journ e qui n a pas si bien commenc .
Chapitre 2
La deuxi me p riode de classe a d but . Madame Parenteau, la professeure de maths, est quand m me plut t cool. Une chance, a att nue un peu la platitude du cours. Je n aime pas vraiment cette mati re, mais je me force quand m me.
Hier soir, j ai encore pass un temps fou sur des probl mes d alg bre qui me donnaient du fil retordre. La r vision des coefficients et des variables me procure autant de plaisir que l tude des coquerelles.
Mais je d teste avoir une mauvaise note encore plus que je d teste les math matiques.
Une fois que tous les l ves sont assis, madame Parenteau annonce qu elle a les r sultats du dernier contr le.
Un murmure parcourt la salle. Tout le monde sait que certains auront probablement chou au test, comme c est souvent le cas. Je n arrive pas toujours dire si c est par manque d effort ou cause d un vrai probl me biologique.
Je sais bien que certains, comme Maxime Delorme, ont des probl mes de dyslexie et qu ils ne sont pas enti rement responsables de leurs difficult s. Mais il y a des cas - Mathis et Zacharie, pour ne pas les nommer - pour qui la cause est claire: c est de la paresse pure et simple qui les conduit l chec.
Pourtant, m me moi, je suis parcourue par un frisson quand j apprends l annonce des r sultats et je ressens un pincement l estomac. Je d teste ces moments tout autant que les autres l ves. J ai beau r viser constamment mes mati res pour tout apprendre la perfection, le doute m habite toujours.
Madame Parenteau appelle chaque l ve pour lui donner sa copie d examen. my Boisclair, une l ve de la fameuse gang des populaires - essentiellement cause de son d collet , avouons-le franchement - va chercher la sienne. D s qu elle la re oit, elle pousse un cri de joie en faisant aller son poing de haut en bas, comme un joueur de hockey qui viendrait de marquer un but.
- Yes! J ai eu 61 ! J ai pass !
Alors qu elle va rejoindre sa place en riant et fait un high five sa meilleure amie, je l ve les yeux au plafond. Comment peut-on tre fier d une note aussi nulle? Je n arrive pas saisir comment certains peuvent tre satisfaits de toujours faire le minimum.
Je mourrais de honte si j obtenais un tel r sultat.
Madame Parenteau m appelle enfin. Elle a un petit sourire: c est bon signe. Lorsque je r cup re ma copie, cependant, la d ception me frappe de plein fouet. Seulement 85 . C est impossible! Est-ce bien mon examen? Je n ai presque jamais de notes inf rieures 95 .
Aussi bien dire que c est un chec qui va nuire mon bulletin. Je suis d ue. Pourtant, j avais bien tudi . Mais qu est-ce qui s est pass ? O ai-je pu perdre autant de points? J ai pass beaucoup de temps r diger des articles pour le journal tudiant durant les derni res semaines. Peut- tre trop. Cette activit parascolaire m a peut- tre amen e n gliger ma r vision pour l examen, au fond. D accord, je reste au-dessus de la moyenne, mais quand m me.
Je parcours mon test toute vitesse en retournant ma place. Je vois alors le probl me qui m a caus des ennuis. C est une question sur l exp rience al atoire compos e, en mati re de probabilit s. Je me suis tromp e dans mes calculs. La feuille est marqu e de traits rouges relevant mes erreurs. D un rouge agressant qui me saute aux yeux. Rouge comme du sang. Ces marques sont comme celles d une blessure mon ego.
Quand j tais plus jeune, le rouge tait ma couleur pr f r e. Comme celle des fraises - mon fruit favori - des pommes, des cerises. Depuis que j ai commenc l cole, le rouge, presque toujours utilis par les profs pour souligner les erreurs, est devenu la couleur de l chec. Depuis, je l ai en aversion.
Je me rassois mon pupitre, d courag e. Je devrai tudier plus fort la prochaine fois pour rattraper cette mauvaise note, qui fera baisser ma moyenne, c est certain.
Tu parles d une journ e merdique!
Apr s avoir distribu toutes les copies d examen, madame Parenteau donne quelques recommandations la classe - et adresse des remontrances certains.
- Enfin, sur une autre note, j ai tout de m me une bonne nouvelle, annonce-t-elle. Nous savons qui participera au D fi ouvert canadien de math matiques au niveau provincial, organis par la Soci t math matique du Canada, et qui a lieu dans 10 jours. Les l ves s lectionn s passeront le concours ici m me, sous ma supervision, pendant les heures de classe. Ensuite, les l ves qui se seront class s dans les 50 premi res places pour ce d fi dans la province recevront une invitation pour participer l tape suivante: l Olympiade math matique du Canada. C est une comp tition de niveau national qui se tiendra en avril prochain. Nous avons donc s lectionn Chlo Beauchesne, Emma Carpentier et Benjamin Laram e pour participer au d fi! F licitations!
R action ti de, voire glaciale, de la part des l ves cette nouvelle. my Boisclair a eu droit plus d enthousiasme avec son stupide 61 que j en ai avec la perspective de participer un concours prestigieux et qui demande certainement dix fois plus de travail et de talent. C est tellement frustrant d avoir si peu de reconnaissance des autres pour ce que je fais, parfois.
Les boll s comme moi re oivent peut- tre des f licitations des profs quand nos accomplissements acad miques sont dignes de mention, mais la plupart des l ves nous accueillent avec indiff rence - quand ce n est pas carr ment avec hostilit .
Un de mes oncles passe son temps dire que les autres sont jaloux et qu ils d crocheront peut- tre une job sous-pay e, genre commis aux fruits et l gumes dans un supermarch , alors que moi, je suis promise un plus grand avenir et que je deviendrai peut- tre g n ticienne ou astrophysicienne.
Je ne suis pas s re que ce type de commentaire soit une bonne fa on de me consoler. Mais je m abstiens bien de le lui dire.

Apr s le cours vient enfin l heure du d ner. Les l ves se pr cipitent comme un v ritable troupeau vers la caf t ria, en esp rant sans doute arriver le plus vite possible dans la file d attente pour se faire servir le repas du midi. Je trouve cet empressement compl tement ridicule.
Ce n est pas comme si la caf t ria allait dispara tre subitement, s il allait manquer de nourriture ou de places assises. Tout le monde finira par se retrouver au m me endroit et manger, au bout du compte.
Pour ma part, je pr f re prendre mon temps et viter la cohue. Un peu plus tard, enfin servie, je finis par trouver mes amis No mie et Thomas, assis dans un coin recul . Ce matin, No mie tait en cours d arts plastiques et Thomas, en g ographie. Lorsque je m assois leurs c t s, j aper ois un gros objet color pos sur la table, c t du d ner de mon amie. C est un masque.
- C est toi qui as fait a?
- Ouais, me r pond-elle. a fait un bout qu on a commenc ce projet et je viens juste de le finir. C est pour la pi ce de th tre de fin d ann e. On va jouer une uvre d un auteur grec. Je sais plus qui.
- C tait pas quelque chose comme Sophacle, que tu avais dit l autre fois? demande Thomas.
- Ou plut t Sophocle? que je corrige en riant.
- Ah oui, c est a! s exclame No mie.
- Tu te souviens de tout, toi, comme d habitude, me taquine mon ami avant de prendre une bouch e de sa pizza.
- Bof pas tant que a.
- Et modeste en plus! ajoute-t-il en tirant sur un morceau de fromage, qui s tire de sa bouche sa pointe.
- Ah oui j ai t choisie pour participer au prochain D fi ouvert canadien de math matiques. Je vais affronter les autres l ves de toute la province!
- Hein? C est super! s enthousiasme No mie.
- Wow! Bravo! ajoute Thomas.
En voil au moins deux qui sont contents pour moi. Leurs encouragements me changent de l attitude des autres blas s. Alors que je m appr te prendre une bouch e de mon d ner, le masque de No mie attire nouveau mon attention. Je le prends, le l ve la hauteur de mon visage et l observe. Peint en rose p le, il est agr ment d une bouche d form e par un rictus qui tire les commissures des l vres vers le bas. Une sorte de coiffe, compos e de rubans multicolores, encadre le visage aux pommettes saillantes. Le tout est recouvert d un vernis brillant. C est vraiment du beau travail que ma copine artiste a fait.
Je soupire. Il y a des jours o j aimerais bien faire encore ce genre de projets plut t que de me taper des cours de programmation de logiciel ou des discours sur les fonctions m caniques complexes. Mais depuis que j ai d faire un choix, l ann e derni re, et que j ai opt pour le profil science et technologie, je n ai presque plus de cours d arts. Enfin, pas assez mon go t. a me manque parfois. J aime les sciences, mais les arts aussi. Et on m a souvent dit que j avais du talent en dessin et en peinture. No mie, quant elle, a choisi l option arts et Thomas, sciences humaines.
tant donn mes diverses aptitudes tant en fran ais qu en math matiques ou en histoire, il semblait logique que je concentre mes tudes dans le profil que j ai choisi. Du moins, c est ce que tout le monde autour de moi me disait. Mes parents et mes professeurs, oncles et tantes et m me mes amis me le confirmaient.
Ce profil g n ral devrait m ouvrir toutes les portes et je pourrai choisir n importe quel domaine d tudes par la suite. J tais un peu sceptique au d part, mais l argument tenait la route.
Et puis, si la plupart des adultes s entendaient pour chanter le m me refrain, c est que a devait tre vrai, non? Je n avais donc pas vraiment de raison de croire le contraire. Et puisque je suis docile, que je ne veux pas d cevoir, j ai ob i.
Par contre, quand je vois les projets que No mie fait parfois dans ses cours d arts, je dois avouer qu il m arrive de douter de mon choix.
Enfin, un peu.
Chapitre 3
Je m assois mon bureau dans ma chambre. Je n ai pas mang beaucoup au souper, m me si celui-ci tait excellent. Mon p re avait pr par un de ses fameux p t s au poulet qui font toujours fureur. Mais je n avais pas tellement d app tit aujourd hui.
Pendant que je suis mont e ma chambre, ma m re est all e s installer au salon, probablement pour lire les derni res nouvelles et s assurer qu elle est vraiment jour - elle est r alisatrice pour une mission de radio - et mon p re est sans doute all parcourir les courriels pour son travail. Puisqu il est graphiste et pigiste, pour lui, le travail n est jamais limit au 9 5.
Bref une soir e de routine pour nous.
Je soupire en allumant mon ordinateur. a fait trois jours que madame Parenteau a annonc notre participation au D fi de math matiques. Pourquoi est-ce qu on ne nous a pas confirm la nouvelle plus t t? Il ne me reste plus qu une semaine pour me pr parer! J ai l impression d tre la derni re minute.
En plus, je dois produire un article et des illustrations pour le journal tudiant qui para tra dans quelques semaines. Si je n avais que a faire, ce ne serait pas grave, mais cette t che s ajoute l entra nement de karat , aux devoirs et aux le ons.
Je dois absolument r viser le maximum de notions possible pour savoir quoi m attendre et tre pr te toute ventualit .
Par chance, il est possible de trouver, sur le site de la Soci t math matique du Canada, les livrets d examen des ann es pr c dentes et de voir quoi les questions risquent de ressembler. Je parcours celui de l an dernier rapidement. Le test est s par en trois parties, dont le niveau de difficult va en augmentant.
Je vois des questions de suites arithm tiques, de probabilit s, de calculs de polygones r guliers et d alg bre!
Je d teste l alg bre.
L examen comporte 12 questions et presque la moiti portent l -dessus. Celles de la premi re partie sont relativement simples, mais celles de la fin sont longues et horriblement compliqu es. la simple lecture de ces probl mes, je me sens soudainement mal. J ai l impression de voir les lettres et les chiffres danser et s entrem ler devant mes yeux. Et si je n y arrivais pas? Si j chouais?
Je dois faire des efforts pour ralentir ma respiration, qui commence s affoler. Mon souffle m chappe. J ai chaud et j ai la sensation d avoir un tau autour de ma poitrine. Ou comme si un boa s tait enroul autour de moi. Respire, a va bien aller. Respire
Et dire que ce n est m me pas le test que je dois passer, mais simplement une pratique. Je ne devrais pas tre aussi affect e. Je parviens me calmer. Allons, je peux r viser les notions n cessaires et tenter de r soudre les probl mes des examens pr c dents. Cela me permettra de me faire la main. Heureusement, les solutions sont aussi accessibles. Je pourrai ainsi v rifier mes r ponses et m ajuster, si n cessaire.
C est sans compter les devoirs que j ai d j en temps normal, bien s r. Je n en suis pas exempt e pour autant. Il faudra que je mette de c t certaines activit s si je veux avoir le temps de tout g rer dans les prochains jours. Tant pis pour les soir es de jasette Skype et de visionnement sur YouTube. Je n aurai qu enregistrer les prochains pisodes du Chalet et convaincre No mie de ne pas me raconter les punchs d ici l . Elle peut tre tellement bavarde, des fois!
Alors que je m appr te imprimer les tests pour m y faire la main, l alarme de Skype sonne justement sur mon ordinateur. C est Thomas. Avec toutes mes r flexions, j avais compl tement oubli notre rendez-vous quasi quotidien trois.
Je r ponds et le visage toujours aussi souriant de Thomas appara t dans l cran.
- Quoi de neuf? demande-t-il tout de go.
- Heu rien de plus que quand on s est quitt s il y a trois heures apr s l cole, dis-je, ironique.
Thomas est constamment la recherche de potins croustillants, de rumeurs hallucinantes ou de quoi que ce soit d int ressant raconter. Et vu ma vie plut t tranquille, c est rarement moi qui r ussis le nourrir sur ce point.
Au m me moment, No mie s ajoute la conversation et appara t dans une autre fen tre.
- Salut, les girls ! lance-t-elle.
La salutation habituelle de No mie, qui se trouve toujours tr s dr le. Par chance, Thomas ne se formalise pas du tout de cette formule.
Au moment o je m appr te lui r pondre, mon imprimante fait entendre un signal sonore pour signifier qu elle n a plus de papier. Sans me lever, je me d place, avec ma chaise roulettes, jusqu la machine pour y ins rer des feuilles.
Thomas, aussi aux aguets et curieux comme une belette, le remarque imm diatement.
- Qu est-ce que t imprimes, Em?
- Les livrets d examen des concours de maths pr c dents.
- Pourquoi? demande No mie avec une moue.
- Pour les tudier.
- Hein? Tu veux r viser des vieux examens? s crie Thomas. Tu trouves pas que tu passes d j assez de temps tudier comme a? a t arrive, de relaxer, des fois? Et puis, a va te servir quoi?
Je me retiens de soupirer. Parfois, entendre Thomas, il n y a que le plaisir qui compte dans la vie. J essaie de lui r pondre sans montrer ma frustration.
- Ben, je veux me pratiquer et tudier pour tre s re d avoir un bon score au concours, qu est-ce que tu penses?
- Voyons donc! T as pas besoin de a, Em, ajoute No mie. T es tellement bonne l cole! Je suis s re que tu vas r ussir le concours les deux doigts dans le nez pis te retrouver dans les premiers, comme d habitude. Inqui te-toi pas avec a, t es super dou e!
Je retiens un soupir. Je sais que c est bizarre, mais je d teste quand tout le monde me conseille de ne pas me tracasser et pense que je vais tout r ussir du premier coup. Pourquoi est-ce qu on sous-estime constamment mes inqui tudes? Les gens autour de moi ne semblent pas comprendre qu il ne faut rien tenir pour acquis et que si je r ussis bien, ce n est pas juste parce que je suis dou e, mais parce que j tudie beaucoup.
On dirait que personne ne reconna t le travail que je fais pour en arriver o je suis. M me si ce n est pas mal intentionn , j ai presque l impression que mes proches minimisent les efforts que je d ploie.
Et puis, ils n ont pas l air de comprendre non plus quel point la r ussite est importante pour moi.
Comme si je pouvais me contenter d une deuxi me ou d une troisi me place! Je ne veux pas tre la seconde. Je veux tre la meilleure! Le plus souvent possible.
- En tout cas, je veux r viser quand m me, que je r ponds No mie.
- Bon, bon a veut dire qu il faudra te laisser tranquille dans quelques minutes, c est a? avance Thomas d un ton penaud.
Je souris. Mon ami r ussit toujours m amadouer. Il est dou avec les gens, depuis son tout jeune ge. On a fait toute l cole primaire ensemble et il parvenait constamment se faire aimer de tout le monde.
- Ma r vision peut attendre un peu, quand m me, lui dis-je.
- Yeah! s crie No mie. a tombe bien, parce que j ai justement quelque chose vous raconter. C est my Boisclair!
Ouf madame je-suis-fi re-de-mon-61 a promet.
- Il para t qu elle a fait des avances Benjamin Laram e pour qu il lui passe ses notes de r vision! annonce No mie, fi re de son potin.
- Quoi? que je r torque. Ben voyons donc! Elle est peut- tre path tique, mais je pensais pas qu elle irait aussi loin pour obtenir ce qu elle veut! Des avances a se peut pas!
- Je te le jure, insiste No mie. C est Maude Desgagn qui me l a dit! Eille, c est la r dactrice en chef du journal tudiant, elle inventerait pas a, certain. Y a personne qui est plus fiable qu elle pour r colter des infos.
- Moi, a m tonnerait pas tant que a, ajoute Thomas. my a quand m me eu pas mal de chums depuis la derni re ann e. Qui sait jusqu o elle est pr te aller pour avoir des meilleures notes?
- my Boisclair, vouloir des meilleures notes? que je dis en rigolant. Tu te rends compte que ces mots vont pas dans la m me phrase?
Je secoue la t te. Je ne suis pas s re d aimer la tournure de cette conversation. Je trouve toujours un peu malaisant ces histoires juteuses "de fesses , comme dirait ma grand-m re. Surtout que ce sont des rumeurs.
- Bah on sait pas, r pond No mie.
- En tout cas, c est pas de nos affaires. Et puis, on a pas de preuves.
M me si je sais que mon amie n a aucune mauvaise intention, je suis mal l aise avec ses histoires de potinage.
- Ben non, je sais, r plique-t-elle. T inqui te, je fais juste en parler avec vous deux. J irai pas mettre a sur Instagram, tu sais.
- Oui, oui. Je m excuse, je veux pas faire la morale, mais j aime pas a.
- Ce qui se dit entre nous reste entre nous, hein? Comme d habitude? interroge No mie d un ton piteux.
Je sens que je l ai branl e. Ce n tait pas mon but, je sais qu elle a bon c ur.
- Bien s r. Comme d habitude.
Je lui souris jusqu ce qu une pens e m assaille soudain. Je ne me fais pas d illusions. No mie ne fait que r p ter des choses sans trop r fl chir. Si elle, tellement gentille de nature, peut agir de la sorte, que font les autres?
Je n ignore pas que plusieurs l ves - comme my Boisclair ou Mathis P loquin - ne me portent pas trop dans leur c ur. Plusieurs sont probablement jaloux et se sentent peut- tre inquiets face moi, qui semble presque tout r ussir. Et en sachant ce que certains me disent en pleine figure, je n ose m me pas imaginer les horreurs qu ils colportent sur mon compte quand je ne suis pas l .

Je referme la porte de mon casier et je m appr te me rendre au cours de fran ais. Ce matin, je me tra ne litt ralement les pieds. Apr s avoir fini ma conversation avec No mie et Thomas, hier soir, je me suis empress e de mettre mes capacit s l preuve en commen ant r viser l examen de math matiques du D fi de l an pass .
Je me suis laiss emporter par le dernier probl me que je n arrivais pas r soudre et je me suis couch e tard. Ma m re est venue me voir au moins deux fois en me sugg rant d aller dormir. Cependant, puisque j ai l excuse d tudier et que je ne suis pas en train de faire une connerie, elle m a quand m me laiss e faire, se contentant de me mettre en garde pour une ni me fois contre le manque de sommeil.
Je ne pouvais pas me mettre au lit tant que je n aurais pas r solu ce stupide probl me par mes propres moyens. Je savais que sinon, il me tourmenterait toute la nuit et que je n en fermerais pas l il. Et pas question d aller consulter la r ponse!
Malheureusement, bien que j aie fini par trouver la solution au probl me en question, je n ai pas mieux dormi. J ai pass une bonne partie de la nuit faire des r ves agit s o je me voyais d j en train de passer l examen. Je parcourais les consignes du test et ne parvenais pas saisir le sens de ce que je voyais. J avais beau lire et relire, l ensemble restait un vrai charabia. Et plus je m affolais, moins je comprenais.
Puis, je voyais soudainement les chiffres et les lettres danser sur mes feuilles, pour s envoler ensuite dans les airs, faire des arabesques jusqu au plafond et me retomber violemment dessus avant de m enterrer presque compl tement.
Un cauchemar, litt ralement.

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