Hologramme(s)
278 pages
Français

Hologramme(s)

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278 pages
Français

Description

Insultes, crachats, coups. Le quotidien de son fils était devenu un enfer et Emma n'avait rien vu de l'infernal engrenage. Les autres, complices silencieux et immobiles, avaient préféré regarder ailleurs. Et puis soudain, la vie s'effondre, à jamais, mais les harceleurs peuvent continuer à faire régner leur loi en toute impunité. Insupportable. Pour Emma, les bourreaux doivent payer. Au milieu des fragments de vie d'avant, elle devra faire face à vérité et ne pas se perdre.

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Date de parution 22 mars 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140083488
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Exrait

Insultes, crachats, coups. Le quoïdîen de son ils étaît devenu un enfer et Emma n’avaît rîen vu de l’înfernal engrenage. Les autres, complîces sîlencîeux et îmmobîles, avaîent préféré regarder aîlleurs. Ce n’étaît pas leurs aFaîres dîsaîent-îls. Et puîs soudaîn, la vîe s’eFondre, à jamaîs, maîs les harceleurs peuvent conïnuer à faîre régner leur loî en toute împunîté. Insupportable. Pour Emma, les bourreaux doîvent payer. Au mîlîeu des fragments de la vîe d’avant, elle devra faîre face à la vérîté et ne pas se perdre.
prix Femmes en acIon 2018, s’atache à révéler les mulIples facetes de Hologramme(s)
Illustraïon de couverture : © Pîxabay
ISBN : 978-2-343-14573-0 23,50
Nathalie Stellar JeanPierre Pisetta
Hologramme(s) Roman
Hologramme(s)
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Guisset (Liliane),Sous la dictée, 2018. Brach (Maurice),Temps libres…, 2018. Rosse (Marie-Christine),Des chemins qui bifurquent, 2018. Vance (Laura) ,Dernière nuit, 2018. Dollinger (Mary),Une vie après celle-ci, 2018. Daccord (Maurice),Les pianos désaccordés, 2018. Rouet (Alain),Corde à vide, 2017. Philippot-Mathieu (Andrée),Mes bien chers tous, 2017. Arfaoui (Najib),Tingis café, 2017. Hochman (Natacha),Derrière la grille, 2017. Lévy (Odette),Les plis du temps, 2017. Moreau (Marie-Hélène),Téléréalité, 2017. Duperray (Françoise),Dans le souffle des vagues, 2017. Morin (Claude),Loin de la violence, 2017. Boxberger (Pierre),Lola ou le contrat de méfiance, 2017. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.editions-harmattan.fr
Nathalie Stellar Hologramme(s)
Roman
Du même auteur Toi, candidat, Éditions Cent Mille Milliards, 2016. © L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-14573-0 EAN : 9782343145730
À R & L
La mort fait l’éloge de la vie comme la nuit celle du jour. Pétrarque
01 Jeudi 31 octobre – 18 h 49 Il y avait des journées comme ça : irréversibles points de bascule vers lesquels on s’avançait, inconscients, focalisés sur des enjeux qui n’en étaient pas, englués dans les ressassements vides d’existences ternes, aveugles aux microscopiques glissements qui conduisaient à l’ultime désastre. Et puis BANG. Éreintée, surexcitée, chargée à douze mille volts après une journée de travail difficile mais habituelle, Emma se gara dans l’allée sertie de pavés auto-bloquants, devant la maison. Il faisait déjà nuit noire mais, dès qu’elle éteignit ses phares, le spot au-dessus de la porte d’entrée éclaira violemment l’allée. Elle avait choisi ce système pour être tranquille. Pas de risque d’oublier de l’éteindre. En plus, cet éclairage automatique pouvait contribuer à mettre en fuite d’éventuels rodeurs. Les cambriolages s’étaient multipliés dans le coin ces dernières années. Sans doute le prix à payer pour habiter ce que l’on appelle un quartier « résidentiel », une banlieue endormie plutôt pas mal. Tellement calme que les voleurs, non plus, n’y étaient pas dérangés. Immobile, les deux mains agrippées au volant, elle inspira profondément pour trouver l’énergie de se remettre en mouvement. Si quelqu’un la voyait… Elle se sentait pathétique. Rythme de fou, vie étriquée, aucun sens. Bon, elle aurait pu rester là à cogiter, ressasser. La soirée n’y aurait pas suffi, ni la semaine probablement. Emma était sans illusion. Elle connaissait les questions par cœur mais n’avait trouvé aucune réponse satisfaisante à y apporter. Surtout, continuer à fonctionner. Elle attrapa sa sacoche et son sac à main posés sur le siège passager en pensant qu’elle devait impérativement encore travailler ce soir. Tous ces mails à traiter. Ça n’en finissait jamais. Incroyable, cette capacité qu’avaient les gens à envoyer des messages pour un rien. Et quel était ce foutu connard qui avait inventé la fonction « répondre à tous » ? Insupportable. Enfin, pas le choix. Elle n’avait pas lutté pour devenir responsable du service développement informatique dans cette putain de grosse banque pour craquer maintenant. En plus, elle, la seule femme à diriger un service dans une boîte qui revendique pourtant l’égalité homme-femme. Le burn-out ne la cramerait pas. Certainement pas. Elle ne leur ferait pas ce plaisir à tous ces piranhas. De toute façon, demain soir ce serait le week-end. Et là, pas question de travailler. Elle avait
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besoin d’un break, le premier depuis longtemps, et voulait proposer à Léo de faire une petite escapade de deux jours, où il voudrait. Ça leur ferait du bien à tous les deux. Machinalement, elle asséna deux coups secs à la sonnette avant de glisser sa clé dans la serrure. C’était sa façon de dire qu’elle était rentrée, de prévenir Léo. De toute façon, c’était le meilleur moyen qu’il l’entende arriver quand il était cloîtré dans sa tanière. La capacité de son fils de rester confiné dans cette chambre devant son ordinateur, avec ou sans casque sur les oreilles, était stupéfiante. Elle aurait tellement aimé qu’il voie plus de monde, ou plutôt qu’il voie du monde tout court. Léo ? Je suis rentrée ! -Emma n’entendit pas le moindre bruit. Pas de réponse. Comme d’habitude. Probablement devant son écran. Encore et toujours. Elle prit le temps de poser son manteau, de le suspendre, d’enlever ses chaussures à talons et de les disposer au bas de la penderie. Avec un air satisfait, elle enfila ses chaussons ballerine en velours noir. Rien ne l’horripilait plus que le désordre. Elle n’avait ni l’envie, ni le temps, de ranger continuellement, alors elle aimait que les choses soient d’emblée à leur place. Cela demandait moins d’énergie. Plus efficace. Elle bifurqua vers la cuisine, se servit un verre d’eau au robinet qu’elle but d’une traite, ouvrit le frigo. Il y avait tout ce qu’il fallait pour préparer un dîner rapide pour eux deux, mais elle avait une envie presque compulsive de décompresser. Ce soir, ce serait vin italien et pizzas. Furtive parenthèse de dolce vita. Le jeudi, le camion de la Tavola Calda stationnait à cinq cents mètres et cela ferait plaisir à Léo. Il adorait. Un repas sympa, pas prise de tête, une occasion de passer un bon moment d’échange ensemble. Échange. Emma se demandait si c’était vraiment le bon mot. Depuis longtemps déjà, plusieurs longues années, elle avait le sentiment que Léo lui disait ce qu’elle voulait entendre. Une impression de l’effleurer, de ne pas le percevoir en profondeur. Leur vie commune n’était devenue qu’un frôlement. Léo et elle n’étaient que plus des étrangers familiers. Elle lui en avait déjà parlé ouvertement mais, là aussi, ses réponses ne l’avaient pas véritablement convaincue. C’était comme ça. Peut-être l’adolescence. Après tout, c’était peut-être sa façon d’être, à lui. Une facette constitutive de sa personnalité profonde. À force, Emma s’en était fait une raison, espérant que les choses changeraient peut-être un jour, plus tard. Pas de résignation. Plus que tout, elle aurait voulu une relation complice avec lui. Mais ces moments n’étaient que furtifs, à saisir au vol quand Léo baissait la garde, se lâchait ponctuellement, puis reprenait rapidement le contrôle total de ce qu’il donnait à voir, sa persona, son « interface ». « Interface » le mot était vraiment juste, du
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sur-mesure pour son fils fou d’informatique et de programmation, peut-être le seul point commun qu’ils auraient pu partager. Pour autant, Emma n’était jamais devenue aquoiboniste avec Léo. Elle continuait à tout essayer, à déverser le flux continu de ses marées d’amour, sans s’arc-bouter sur ce qu’elle ne comprenait pas toujours. Malgré ses efforts, elle n’avait pas toutes les clés et elle l’acceptait. Elle tendait les perches d’attention, envoyait des messages positifs, ne pouvait rien faire d’autre. Elle était prête à tout pour lui, au-delà des mots. Peut-être comme chaque parent pour son enfant, du moins c’est ce qu’on dit. Les manifestations bruyantes de l’estomac d’Emma la sortirent de ses pensées. Elle attrapa le téléphone posé sur le plan de travail de la cuisine et deux touches suffirent à composer le numéro pré-enregistré du camion pizza. Inutile de tergiverser, ils choisissaient toujours les mêmes : une funghi, une margarita, et deux suppléments œuf. Pas très original. Les pizzas seraient prêtes à vingt heures, cela lui laissait une cinquantaine de minutes devant elle. Elle monta les escaliers en chêne foncé et se dirigea vers la chambre de Léo. Décidément, cet escalier faisait un boucan d’enfer. En plus, il n’était même pas beau avec son style faux rustique années quatre-vingt. Emma pensa que cette maison n’était pas très joyeuse comme ça, sans un bruit, à part les craquements secs des marches. En redescendant, après avoir vu Léo et s’être changée, elle mettrait un peu de musique, un truc qui bouge, ça donnerait un petit air de fête, lui impulserait de l’énergie, leur ferait du bien à tous les deux. La pizza et le vin feraient le reste. Emma s’approcha de la porte de la chambre de Léo, fermée, comme à son habitude, et toqua. Ohé, Léo, je suis arrivée. Je peux entrer ? -Pas de réponse. Encore son casque sur les oreilles. Elle ne voulut pas faire irruption, comme ça, sans qu’il l’entende arriver. Pour elle, c’était une forme de respect élémentaire vis-à-vis de son adolescent de fils. D’ailleurs, elle lui demandait de faire la même chose, lui aussi, avant de venir la trouver dans sa chambre. C’était juste normal, une règle établie qui leur convenait à tous les deux et les préservait de situations pouvant être gênantes. Emma frappa de nouveau, mais plus fort cette fois. Léo, tu m’entends ? -Toujours rien. Pas un mouvement, pas un bruit, derrière cette porte close. Lasse et exaspérée, elle soupira profondément. Non, elle ne râlerait pas. Elle venait de rentrer du boulot et ne tenait pas à bousiller leur soirée. Elle se répétait en boucle« Rester positive, rester positive »comme un mantra. Emma ouvrit la porte en restant sur le seuil. Les volets étaient
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