Il était une fois dans l Ouest
36 pages
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Il était une fois dans l'Ouest , livre ebook

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Description

Du comique et du sérieux dans les histoires suivantes : Le premier hôtel de l’Alberta, Le bison, La fièvre de l’or, Le Blé et Le premier rodéo. Une initiation essentielle à la culture de l’Ouest canadien!

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 janvier 1996
Nombre de lectures 6
EAN13 9782896116843
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Il tait une fois dans l Ouest
Merci au Conseil des Arts du Canada et au Conseil des Arts du Manitoba pour l appui financier apport la publication de cet ouvrage.
Illustrations de Madeleine Vrignon

Donn es de catalogage avant publication (Canada)
Mackenzie, Nadine
ISBN 2 921353 41 5
1. Provinces des Prairies Histoire Ouvrages pour la jeunesse. I. Titre.
FC3237.M28 1996 j971.2 C95 920253 6 F1060.35.M28 1996

D p t l gal : 1 er trimestre 1996, Biblioth que nationale du Canada
Directeurs : Annette Saint Pierre et Georges Damphousse
Les ditions des Plaines, 1996
Nadine Mackenzie
Il tait une fois dans l Ouest

Les ditions des Plaines CP. 123 Saint Boniface (Manitoba) R2H 3B4
Le premier h tel de l Alberta
Fort Macleod, premier centre urbain du Sud de l'Alberta et capitale des cow boys du Canada, a aussi t le si ge du quartier g n ral de la Police mont e en 1874, ainsi que le premier endroit de la province o on a ouvert un h tel. Fort Macleod avait la r putation d abriter des aventuriers et des ivrognes dont le langage grossier et les mauvaises mani res ajoutaient l animation de la petite ville. C tait le temps de la conqu te de l Ouest. Seuls les plus forts, les plus rudes et les plus d brouillards pouvaient s acclimater ce milieu. Les activit s culturelles et les bonnes mani res des gens ne devaient faire leur apparition que beaucoup plus tard.
Le propri taire de l unique h tel de Fort Macleod se nommait Harry Taylor. Les Indiens Pavaient surnomm Kamoose, un nom qui signifiait voleur. Tout le monde rappelait ainsi et personne n osait demander Taylor l origine de ce sobriquet, car la riposte des poings de l h telier tait l gendaire.


Harry Taylor Kamoose tait n en Angleterre. Il tait venu sur le continent nord am ricain pour participer la ru e vers l or. N ayant pas r ussi faire fortune, il s tait rendu en Colombie Britannique et avait abandonn son projet pour se consacrer un passe temps moins fatigant et surtout plus lucratif : le commerce du whisky. Taylor avait enfin trouv sa vocation.
Il n tait pas le seul exercer la profession de contrebandier. On venait de construire le fort Whoop Up qui devait sa c l brit aux flots de whisky qui y coulaient et taient la cause de nombreux crimes. Harry avait d velopp son commerce en suivant des principes bien tablis : deux tasses de whisky dilu lui rapportaient une peau de bison, alors que quatre litres de whisky, galement dilu , lui procuraient un cheval. Ensuite, il revendait ses acquisitions bon prix et se procurait de nouveau des tonneaux d alcool.
H las sa p riode prosp re devait conna tre une fin. Taylor a t Tun des premiers contrebandiers tomber entre les mains de la police. Ce jour l , on Ta arr t proximit de Fort Macleod o ses quatre chevaux transportaient du whisky et des peaux de bison. La justice lui a confisqu ses biens et impos une amende de cinq cents dollars, une tr s forte somme l poque.
Harry a alors d cid d abandonner le commerce ill gal de l alcool qui comportait trop de risques depuis que la Police mont e sillonnait les pistes. Gr ce ses conomies, il a fait construire un h tel Fort Macleod. Harry Taylor Kamoose avait d cid de devenir un homme respectable et de s int grer d une fa on permanente la population locale. C tait en 1881. Trois ans plus tard, il construisait au centre de la petite ville un second h tel, plus impressionnant que le premier. Il allait diriger de main de ma tre un tablissement dont la r putation allait se propager jusque dans les coins les plus recul s de la province.
L h tel de Harry tait un poste de relais pour les voyageurs, les prospecteurs, les marchands, les aventuriers et parfois les hommes d affaires. M me si le confort laissait d sirer, la client le vitait de protester car elle tait impressionn e par les traces de balles sur les murs et les tables du bar. La nourriture pouvait tre frugale ou franchement bizarre mais nul ne se plaignait. Comme c tait le seul h tel de la r gion, on acceptait de bon coeur ce que les serveurs offraient, surtout quand on avait grand faim.
Au sujet des serveurs, on disait qu ils n taient jamais l quand on avait besoin d eux, qu ils mentaient, qu ils buvaient et qu ils volaient. Le cas ch ant, ils pr taient main forte aux pugilats qui divisaient les joueurs de cartes, changeaient un cheval vol contre un gros pourboire ; cependant, ils pouvaient se montrer complaisants quand ils en avaient envie.
Les voyageurs couverts de poussi re et titubant de fatigue qui s arr taient l h tel de Fort Macleod taient accueillis par un homme trapu au ventre rebondissant, d bordant d amabilit et de vitalit . C tait Taylor Kamoose. Sa sympathie allait droit au coeur des clients qui s tonnaient de voir Kamoose emprunter leur manteau pour sortir, le soir m me de leur arriv e ou le lendemain. Il disait que les d tails vestimentaires ne l int ressaient pas et qu il ne voyait pas la n cessit de s acheter quoi que ce soit quand il avait sa disposition la garde robe de ses clients.
Les chambres taient d un confort plus que rudimentaire mais Taylor confiait aux voyageurs que Lord Latham ou le chef de la Police mont e venait justement de s journer dans celle qu il leur r servait. Envers les clients qui se croyaient dans un h tel luxueux et laissaient leurs chaussures et bottes la porte de leur chambre, en esp rant les retrouver cir es le lendemain matin, le personnel se montrait sans piti . Les clients d confits les retrouvaient la poubelle.
Ne tol rant aucune r flexion sur la nourriture servie l h tel ou sur la propret des lieux, le propri taire, d un geste magnanime, d signait aux clients quatre serviettes communes, une pour chaque semaine du mois. Aux clients stup faits qui protestaient ou prenaient un air d go t , Taylor Kamoose leur rappelait que si plus de trente personnes s en taient d j servi, ils pouvaient bien faire de m me, non
Malgr le service quelque peu rel ch , Taylor Kamoose avait exig l ouverture de son h tel quelques gards pour l hospitalit re ue. Cependant, certaines r gles laissaient les nouveaux arriv s perplexes. On rappelait aux cow boys de retirer leurs bottes et leurs perons avant de se mettre au lit. Ceux qui d siraient se faire servir dans leur chambre taient pr venus que l arriv e des mets au complet n tait pas garantie. Les serveurs taient humains et pouvaient fort bien se laisser tenter par les plats chauds qu ils transportaient.
Se levant lui m me tr s t t, Harry ne tol rait pas que ses clients paressent au lit. Il avait fix le lever six heures pour tout le monde. ceux qui rousp taient, il r pliquait vertement que l application de ce r glement tait n cessaire parce que le personnel devait utiliser les draps de lit des clients, en guise de nappes, dans la salle manger.
Taylor Kamoose se faisait toujours attribuer les pourboires des visiteurs en promettant de les distribuer aux serveurs. En r alit , il les glissait au plus profond de sa poche de pantalon.
Fort Macleod tant la capitale des cow boys, Harry se voyait dans l obligation de louer son h tel pour les r unions qu organisaient les propri taires des ranchs avoisinants. L homme s tait toujours plus ou moins int ress au b tail. Historiquement, c est dans son h tel que la premi re Association des propri taires de ranchs de l Alberta avait vu le jour en 1883. Onze fermiers avaient t l origine de la premi re association de la sorte dans la province.
Les r unions qui avaient toujours lieu sous la direction de Taylor taient assez houleuses. En effet, il appliquait aux membres de cette association le m me traitement dont il usait pour se d barrasser des clients inopportuns. Ceux qui faisaient trop de tapage, buvaient trop ou clamaient leur d saccord d une voix forte, taient saisis bras le corps par Taylor et jet s par dessus la cl ture entourant le jardin de l h tel. Le message tait tr s vite compris.
La bonne marche de l unique h tel, qui attirait cependant un nombre toujours croissant de voyageurs, permettait Harry de faire des conomies. Les informations qui circulaient entre les membres de l Association des propri taires de ranchs lui taient des plus utiles.

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