Jeune Toubabou
295 pages
Français

Jeune Toubabou , livre ebook

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Description


Lors d'un parcours de reconnaissance dans le désert du Ténéré, trois amis se retrouvent prisonniers des sables, malgré leur grande expérience des rallyes, du fait de caprices mécaniques.

Durant quatorze jours, ils endurent la soif et la faim, et cette longue période d'angoisse et d'isolement est propice au retour sur soi. Tandis que les corps souffrent les esprits vagabondent, et le narrateur redevient le jeune « toubabou » qu'il fut, seul enfant blanc de son petit village africain.

Il se remémore alors cette enfance pleinement heureuse, qu'il revit dans toute son intensité : l'Afrique aux rythmes heurtés des désirs et des tam-tams, la « flamboyante jeune femme » qu'était sa mère, la nature abrupte et l'indomptable océan, tout comme les singulières figures d'initiateurs qui jalonnèrent son parcours d'enfant...

Un superbe récit d'initiation et d'évasion, entre action et émotion...


Roger Decomis a vécu une partie de son enfance en Afrique, où son père fut administrateur des colonies. Après des études en France, son activité professionnelle ramena ses pas en Afrique occidentale, où il vécut plus d'une dizaine d'années. Passionné de rallyes et de courses automobiles, il a effectué plusieurs traversées des déserts africains et participé aux principaux rallyes du continent. Ce premier roman est en grande partie autobiographique.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2007
Nombre de lectures 36
EAN13 9782876232112
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0094€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

JEUNETOUBABOU
ROGERDECOMIS
JEUNETOUBABOU
roman
MICHEL DEMAULE
Conception graphique CHRISIMPENS ET LES3TSTUDIO
© ÉDITIONSMICHEL DEMAULE, 2007. 41,RUE DERICHELIEU– 75001 PARIS.
À ma mère qui n’est plus. À Jean-Claude Bertrand, disparu en reconnaissance de rallye.
Le 4x4 Chevrolet Suberban est posé sur deux rampes qui le maintiennent à plus d’un mètre du sol. Bleu, il est sonore des outils qui le triturent et vibre sous la rage d’un homme blond, cheveux coupés à l’aiglon, muscles saillants, qui, jurons après jurons, fait entrer en force à l’arrière un réservoir de camion destiné à alimenter en surplus celui de la voiture. Lui, c’est Dan.
Devant, à la place du navigateur, gêné par sa corpulence et excédé par les mouvements du véhicule, un autre homme, brun celui-là, masse de cheveux bouclés, surpondéré d’une vingtaine de kilos, chevalière et collier en or sur torse puis-sant, vient de finir la mise en place de deux compas de marine et s’attaque à présent au montage d’un trip-master. Lui, c’est Jean-Claude, amateur de bijoux, mégalo-prodigue au caractè-re qui hésite entre rugosité et tendresse.
Demain, c’est la fête, l’aventure: avec mes deux amis, je pars et ne sais pas quand j’arriverai. Les aléas du temps, la méca-nique qui tient ou pas, la chance ou non de passer au bon endroit au bon moment, font que pour relier la Côte d’Ivoire à la Côte d’Azur, seuls, à travers les bourbiers des forêts tropi-cales ou les dunes des déserts, il faudra s’ingénier, improviser, résister… et j’adore.
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Cela me change, ô combien, d’un quotidien stéréotypé, costume-cravate de cadre au siège d’une société pétrolière à Paris, et je remplace très volontiers mes tonnes d’hydrocar-bures contre les grains de sable d’une piste invisible, un défi-lé à flanc de montagne ou un chemin vertical le long d’un thalweg.
V
Nous avons quitté Abidjan depuis deux jours. Jean-Claude, propriétaire de la voiture, conduit sous une pluie si dense qu’elle immerge la piste et fait tomber de gigantesques arbres dont les racines ne trouvent plus ancrage dans cette terre devenue boue. Il faut les contourner, tailler à la machette un passage en pleine forêt, stabiliser et perdre deux ou trois heures.
Contre toute attente pour une voiture bien préparée, nous avons très rapidement des ennuis. Elle se met de temps à au-tre à crachoter, à manquer de reprise, sans que mes deux com-pères, têtes dans le capot, n’arrivent à définir si la panne inéluctable sera imputable à l’allumage ou à la carburation. Pour ma part, je n’essaie même pas de regarder, tant je suis nul en mécanique.
Deux jours suivent: on a quitté la Côte d’Ivoire, traversé le Mali et une bonne partie du Niger. Agadez et le Sahel de l’Aïr sont derrière nous et nous nous apprêtons à attaquer le Té-néré après le bivouac obligatoire au pied du fameux arbre qui marque la porte du désert – arbre qui n’est d’ailleurs plus qu’un vague tube en fer qui balise l’endroit. J’ai l’avantage sur mes amis d’avoir connu l’arbre originel, dont les racines sui-vaient l’eau qui s’enfonçait chaque année plus profondément
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