L’Élu de Ciñoor
178 pages
Français

L’Élu de Ciñoor

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Description

Dans ce roman de Mamadou Yéri Ba, nous suivons les tribulations d’El Hadj Mor, politicien véreux, qui, sous des airs avenants et bien-pensants, va violer la jeune Aïda, fille de son cousin Macodou que Mor lui-même a mis sur la voie de la politique. Elle a été engagée comme secrétaire et hébergée chez Mor à Dakka. Aïda, très éprise de Waly avec qui elle désire se marier malgré la réticence de son père, quitte donc le village de Ciñoor, à son plus grand malheur. Elle va perdre la vie au cours de son accouchement. Mor va ainsi être mis au ban de la politique et de la société. À travers ces scènes de vie quotidienne, transparaît l’image d’un continent miné par démagogie, la corruption, la gabegie, le népotisme sur fond d’impunité, de concussion, de fraude, de pauvreté et de clientélisme politique. Autant de maux qui sont le fait d’une génération en forclusion rattrapée par la puissance d’une jeunesse saine, porte drapeau du renouveau d’un peuple qui ploie sous le fardeau pluriséculaire de toutes les calamités, mais qui, comme le roseau, relève chaque fois la tête

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Informations

Publié par
Date de parution 28 mai 2021
Nombre de lectures 24
EAN13 9782492152009
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L’lu de Ci oor É ñ
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Cet ouvrage a été édité grâce au fonds d’aide à l’édition du Ministère de la Culture / Direction du Livre et de la Lecture
Tous droits réservés pour tous pays.
Copyright Téxé Editions
Lot 141 Avenue Mame Cheikh Mbaye Rond pont Santhiaba, Louga-Sénégal
ISBN :978-2-492152-00-9e ϯ Trimestre Ϯ0Ϯ0Tél : (221) 77 425 33 37
E-mail : texeeditions@gmail.com 2
Mamadou Yéri Ba
L’Élu de Ciñoor
Roman 3
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Préface
 Enfin ! Enfin ! Il arrive à pic ! Soulagement ne saurait être plus manifeste avec cette œuvre magnifique de notre ami et frère Mamadou Yéri Ba. Œuvre à fécondation certes assez longue pour diverses raisons tantôt professionnelles tantôt liées aux problèmes contraignants d’édition, mais la pérennité de sa quintessence, l’objectif qui lui est assigné et qui demeure de plus en plus actuel en font une lueur magique qui transperce moult tumultes, plusieurs générations durant, afin de naître. Yéri Bâ a eu l’ingénieuse prouesse à travers une savante alchimie de réunir dans un décor panoramique la ruralité et la citadinité, l’opulence et la pauvreté. Son outrecuidance, fondée par une intelligente sémantique hors norme, lui a permis de faire cohabiter dans une parfaite aisance faits imaginaires et réalités quotidiennes. L’élu de Ciñoor est un essai romanesque qui offre aux lecteurs une diversité où plusieurs genres se côtoient dans une parfaite osmose.
Dans son œuvre, la romance rencontre le drame comme l’idylle de la jeune Aïda qui est anéantie par l’envie folle et perverse de Mor. La réalité côtoie la fiction avec des termes issus du réel mais que l’on prête à des personnages que l’imagination de l’auteur a créés pour les besoins de l’écrit. L’élu de Ciñoor transparaît aussi comme de la satire. En effet, l’auteur fait une analyse critique d’une société minée par la corruption, la gabegie, le népotisme d’une certaine élite politique aux ambitions démesurées qui profite de sa parcelle de pouvoir, pourtant octroyée par le peuple à travers ses courbettes et génuflexions d’avant règne, pour se barricader dans une impunité totale au détriment de la population majoritairement dominante. Dans ce roman, les incohérences des greffes économiques de génération en génération sont présentées de manière tellement concise qu’elles démontrent comment la
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jeunesse lucide, active et dynamique est mise au ban au détriment d’une vieille gardeamortie. Cette jeunesse porteuse d’émergence, face à une panacée de maux mis en exergue dans toute la trame du roman, ne saurait prendre comme option une émigration hypothétique ou user d’indiscipline ou d’intolérance pour s’isoler du programme inclusif, seul gage pour un développement durable.
 Dans leroman, on peut s’attarder sur les représentations stéréotypées faites à l’endroit des femmes. Les facteurs socioculturels qui sont souvent avancés gravitent autour du rôle et du statut de la femme, du mariage précoce, de la religion, des valeurs familiales africaines. Le rôle de la femme comme épouse, mère et ménagère est clairement défini par Yéri Ba. L’école moderne, à l’encontre de l’éducation traditionnelle, ne prépare pas les filles à assumer cette tâche. Elle est une perte de temps pour elles, selon certains parents qui craignent que l’éducation féminine qui devrait se concentrer au sein de la cellule familiale, dérive vers une institution aux travers négatifs car véhiculant des valeurs occidentales étrangères à l’existant traditionnel. Ce qui me ravit davantage dans ce roman est le fait que l’auteur a usé de son expérience professionnelle pour esquisser des solutions endogènes de sortie de crise qui semblent plus efficaces parce que plus durables. Yéri Ba définit les modalités d’une bonne gestion de la cité qui reposent fondamentalement sur le triptyque : compétence, dynamisme et efficacité. Les clarifications précises qu’il apporte aideraient tout administrateur qui voudrait réussir dans ce domaine. Vivement que ce magnifique roman fasse tache d’huile au moment où nos concitoyens ont besoin de références qui puissent les aider à prospérer.
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Abou Diop Sall, écrivain
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CHAPITRE I.
 Une voiture rutilante, enveloppée dans un nuage de poussière, roulait à tombeau ouvert sur la route bitumée en direction de Ciñoor. Une salve de petits cailloux faillit faire voler en éclats le pare-brise de la camionnette qu’elle venait de dépasser. Le libano syrien au volant, pris de panique, dut faire appel à tout son savoir-faire pour maintenir son véhicule en équilibre.
─ Mais il est dingue celui-là ! Lança-t-il, tout furieux.
─ Ah! Encore ce chauffard intrépide et outrecuidant qui ne cesse de narguer la mort en poussant le risque à l’extrême, dit Waly, assis à sa droite, avec un sourire qui en disait long sur sa connaissance de l’homme.
Qui c’est ? Un chauffeur de rallye ? Demanda Braims.
Non ! Un PDG de Société, pourtant bien connu à travers les médias notamment durant les débats télévisés.
─Tu me perds davantage. A la télé, je ne regarde que les matchs de foot.
Si tu lisais les journaux, tu aurais su qu’il avait trempé récemment dans une affaire de détournement de deniers publics.
Tiens ! Voilà qui m’intéresseplus en plus ; et tu peux de m’expliquer alors pourquoi ce prévaricateur se paie tranquillement un week-end en campagne ?
─Très simple, on a passé l’éponge sur son dossierle plus naturellement du monde, comme il est d’usage à Rewumbal. Et, tiens-toi bien, c’est la troisième société nationale qu’il met à genoux.
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Je vois maintenant pourquoi il ne veut pas s’arrêter en si bon
chemin.
C’esttoutde même anormal qu’on ne l’ait pas arrêté en si mauvais chemin.
 Je me demande pourquoi les conducteurs sont toujours si pressés ? Dit Braims.
Ah ! Ah ! Rien d’étonnant lorsqu’on est haut fonctionnaire, politicien doublé d’un homme d’affaires,n’est-ce pas suffisant pour que le temps vous soit compté ?
Oui, tu as peut-être raison, ce gros bonnet est sur la ligne de front, prêt à tout dévorer sur son passage avec la certitude de rester impuni.
Hélas, à Rewumbal où la chance vaut mieux que la licence, plus le seigneur fait confiance aux gens, plus ils s’en balancent. Qu’est-ce qu’on se dit ? De toute façon je vais être remplacé un jour ou l’autre, etsi jene profite pas de l’occasion, quelqu’un d’autre le fera à ma place,et je passerai pour un idiot, ajouta Waly, avec un air de révolté.
Quid de l’opposition dans tout cela ? Trois cent partis politiques nous tympanisent à longueur de journée à travers les ondes de « Eumboul khibaar, wax Nahum » etc.
Tout le monde connaît par cœur lediscours stéréotypé. Du ôte-toi que je m’y mette. Les beaux discours et les programmes à faire rêver les plus sceptiques se succèdent. Ils se disent tous capables de soulager les pauvres citoyens de tous les maux, tant qu’ils restent sur la touche. Mais une fois aux commandes, les dossiers sont rangés aux oubliettes. On se frotte les mains ou on se les lave, peu importe, et bissimilahi, bon appétit !
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