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L'île où vont boire les gazelles

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Description

Sur fond de prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran et de guerre irako-iranienne, une communauté d'expatriés isolés sur leur île en pays d'islam vit repliée sur elle-même avec ses traditions, ses peurs, ses rumeurs et la vacuité de ses soirées. Deux mondes se juxtaposent, l'Orient et l'Occident, entre lesquels Betty, l'héroïne, tentera de trouver le juste équilibre. Le titre est une traduction lointaine de Abu Dhabi, point d'eau connu des gazelles et des tribues bédouines.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2013
Nombre de lectures 19
EAN13 9782336324739
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0073€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Monique JégouL’île où vont boire
les gazelles
Roman
Sur fond de prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran et de L’île où vont boire
guerre irako-iranienne, une communauté d’expatriés isolés sur leur île
en pays d’Islam, entre le désert et la mer. Un microcosme replié sur
lui-même avec ses traditions, ses peurs, ses rumeurs et la vacuité de les gazelles
ses soirées. Deux mondes se juxtaposent, l’Orient et l’Occident. Betty
l’audacieuse croit-elle réellement jeter un pont entre les deux ? Mais Roman
face à l’intégrisme, elle représente le modèle occidental pour ce pays
musulman. Alors surgit le dilemme : entre fermeture au progrès par
intégrisme ou ouverture au monde occidental, entre le meilleur et le
pire, trouver le juste équilibre relève d’un exercice sur corde raide.
Le manuscrit de L’île où vont boire les gazelles a été rédigé dans les
années 1986 1988, à la suite de l’essai Les Émirats Arabes Unis. Et puis
est arrivée l’aff aire Rushdie. J’ai préféré alors le mettre de côté.
Docteur en littérature comparée, Monique Jégou a abandonné
l’enseignement au profi t du journalisme pour suivre sa famille dans
diff érents pays, Etats-Unis, Ecosse, Emirats Arabes Unis, Londres, Paris,
Venezuela. Vivre et non passer dans autant de pays de cultures diff érentes
lui a montré la vanité des interprétations hâtives des gens de passage.
collection
ISBN : 978-2-343-01350-3 Amarante13 €
Monique Jégou
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©L’Harmattan,2013
5 7,ruedel’Ecolepolytechnique,75005Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:978 2 343 01350 3
EAN:97823430135031
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L’îleoùvontboirelesgazelles1
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Amarante
Cettecollectionestconsacréeauxtextesde
créationlittérairecontemporainefrancophone.
Elleaccueillelesœuvres defiction
(romansetrecueilsdenouvelles)
ainsiquedesessaislittéraires
etquelquesrécitsintimistes.
Lalistedesparutions,avecunecourteprésentation
ducontenudesouvrages,peutêtreconsultée
surlesitewww.harmattan.fr
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«Quandl’hommehabiteledésert,
iltrouveenluiquelquelointaineimagedel’êtreinfiniqui,
vivantseuldansl’immensité,
voits’accomplirlesrévolutionsdumonde.»
Chateaubriand,
Mémoiresd’outre tombe,Livre27,Chapitre7
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Le manuscrit de L’île où vont boire les gazelles a été rédigé
dans les années 1986 1988, à la suite de l’essai Les Emirats
Arabes Unis. Et puis est arrivée l’affaire Rushdie. J’ai
préféré alors le mettre de côté. Ceci pour dire que, à part
quelques modifications de langage, rien n’a été changé
pour l’actualiser. Je ne pouvais pas savoir que mes
nombreuses analyses politiques et de société auraient un
jour,hélas,valeurdeprédictions…1
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ChapitreI
Abou Dhabi,5Juillet1981
Le bruit de la porte qu’elle claque monte mourir jusqu’aux
étages. Bruit creux, définitif, maison vide, chambre d’enfants
désertées. Elle s’arrête un instant sur le perron de la villa, hési
tante, humant pour la dernière fois l’air ruisselant d’humidité,
cette senteur de désert mêlée de crottin de chameau et de sel.
Trois ans déjà! Une vie s’échappe, les pages sont tournées, tels
desnomadesilsreprennent laroute:backhome,retouràParis.
L’aube se lève, brumeuse et moite, incertaine et tiède, d’une
pâleur infinie, exhalant des odeurs de sable mouillé. Elle hésite.
Mais dans la voiture, Pierre doit s’impatienter… Le micro de la
petite mosquée en face crache soudain et déjà le muezzin mur
mure d’inquiétantes paroles précédant l’appel à la prière du
matin. Elle songe à d’autres prières, incantations de la nuit,
murmurées, psalmodiées, monocordes et rauques, d’une saveur
d’autant plus sauvage qu’ils n’en comprenaient pas le sens, à
l’heureoùl’IranetleGolfes’enflammaientdansl’Islam.
Ils traversent les quartiers de Batin endormi où s’érigent les
palais face à la mer avec leur enclos, surveillés de loin par l’œil
oblique des chameaux indolents, passent devant l’Ambassade
américaine toujours entourée par des tanks depuis la prise des1
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otages à l’Ambassade américaine de Téhéran. Ils longent main
tenant la Corniche lorsque le chant des mosquées éclate enfin
au dessus de leur tête, court de minarets en minarets, se répand
sur la mer, caressant de son aile la coque noire d’un boutre posé
sur la courbe lisse d’une anse, comme suspendu entre la brume
du ciel et de la mer. Ils franchissent le pont qui relie Abou
Dhabi au désert, laissant loin derrière eux les voix aigres des
muezzinsquis’étiolentverslecielenun ultimeadieu.
Trois ans! A l’horizon de ses souvenirs, le brouillard se dé
chire, s’accrochant aux lagunes salines, épousant les rides des
dunes naissantes dans un demi rêve cotonneux d’où surgit la
silhouette familière d’un Baloutche poussant devant lui une
tondeuse à gazon sur le macadam aride. En route vers quel jar
din secret? Il disparaît bien vite, happé par la brume. La ville
de Ruwais construite à proximité du terminal pétrolier de
Djebel Dhanna, sagement rangée en lignes parallèles avec son
école et sa mosquée inachevée, émerge à peine, se fond déjà dans
le sable en un grand retour au désert, dernier bastion de vie
avantlafrontièreduQatar.
A jamais, oui, à jamais, ils quittent l’Emirat d’Abou Dhabi
et tous ceux qui y restent, pauvres fous prisonniers de leur île,
coincésentre leciel,ledésert etlamer.
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ChapitreII
A la frontière du Qatar, la nostalgie de ce que fut leur vie
l’envahit. Elle en retrace son déroulement en un étrange retour
en arrière d’un temps retrouvé. Le passé ressurgit, les fils ne
sont pas encoresi ténus, ellerevitdes scènes familières, desvoix
sefontentendre:
«Comment peut on aimer cette vie? Il faudrait être
fou ou bien y être né pour aimer camper et chasser dans
ledésert.»
«Once you get Middle East in you blood, you won’t get rid
ofit…»
On est en juillet et le Ramadan commence. A l’horizon sans
fin, sur le vide désespéré des marécages salés, le Qatar
s’embrasedeses50degrés. Lesbaraques desdouaniersdeSanda
Natheel ne sont pas encore ouvertes. Elle s’appuie contre le
rebord d’une fenêtre, cherchant l’ombre. L’air devient immobile
et trouble, les pierres et les buissons d’épines entrent en vibra
tion, noyés dans une transparence ondoyante. L’impression
d’être observée la sort de sa torpeur. Elle se retourne. Dans
l’ombre fraîche, deux yeux fixement la regardent. Sans un mot,
les douaniers tamponnent leurs passeports aux visas périmés.
Dehors, trois chameaux mâchent avec lenteur des morceaux de
carton et de détritus végétaux vomis d’un containeur. Ainsi

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