La vie qu on m a choisie
190 pages
Français

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La vie qu'on m'a choisie , livre ebook

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Description

Un soir d’été de 1931, Lilly Blackwood remarque les lumières d’un cirque depuis la fenêtre de sa mansarde. La petite fille a interdiction d’explorer les alentours de Blackwood Manor... Elle n’est même jamais sortie de sa petite chambre. C’est pour sa sécurité, lui répète sa mère, car Lilly fait peur.
Mais cette nuit-là, elle est emmenée en dehors de la propriété, pour la première fois. Et elle est vendue au cirque.


Deux décennies plus tard, Julia Blackwood hérite du manoir de ses parents et de leur élevage de chevaux. Elle espère que revenir sur le lieu de son enfance pourra effacer de douloureux souvenirs. Mais elle va découvrir une mansarde jamais ouverte, et les photos d’un cirque mettant en avant une étonnante jeune femme...


Au début, le cirque des Frères Barlow n’est qu’une nouvelle prison pour Lilly. Mais au sein de ce monde violent et hétéroclite, Lilly va découvrir la force, l’amitié, et un lien incroyable avec les animaux.


Rapidement, grâce aux éléphants Pepper et JoJo, et à leur dresseur, Cole, Lilly n’est plus seulement une petite attraction, mais le clou du spectacle... jusqu’à la tragédie.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 13
EAN13 9782490746293
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

La vie qu’on m’a choisie
Tour de Babel américaine, nichée au cœur de La Nouvelle- Orléans, Faubourg Marigny est un quartier dans lequel toutes les langues se parlent encore. C’est désormais également une maison d’édition qui s’attache à publier des romans français, francophones et étrangers de littérature contemporaine.

À travers une dizaine de titres par an, nous vous invitons à découvrir des plumes singulières, des atmosphères inattendues, d’ici ou d’ailleurs, mais qui vous fascineront toujours.
Titre original :
The Life she was given

© 2017 by Ellen Marie Wiseman
© 2021, Éditions Faubourg Marigny pour la traduction française

Éditions Faubourg Marigny
La Geste - 11 rue Norman-Borlaug
79620 La Crèche
E.mail : contact@gesteditions.com
Tél. 05 49 05 37 22

Retrouvez-nous sur www.faubourg-marigny.fr,
ainsi que sur Facebook, Instagram et Pinterest.

ISBN : 978-2-4907-4629-3

Dépôt légal : janvier 2021
ELLEN MARIE WISEMAN La vie qu’on m’a choisie Traduit de l’américain par Typhaine Ducellier
À Benjamin et Jessica : vous êtes ma plus grande réussite et je vous aime au-delà des mots.
Chères lectrices, chers lecteurs,

Lorsque nous avons découvert ce fabuleux roman d’Ellen Marie Wiseman, nous avons été immédiatement transportés dans les années 1930 aux États-Unis, aux côtés de Lilly, dont le destin tragique nous a bouleversés. Nous avions trouvé l’un des premiers textes que nous souhaitions défendre chez Faubourg Marigny.
Le voici maintenant entre vos mains, pour notre plus grande joie. Dès les premières lignes, nous vous promettons que vous serez emportés dans un tourbillon d’émotions qui ne vous lâchera plus. Nous avons passé des nuits blanches auprès de Lilly, Julia, Cole, Pepper, JoJo et les autres. Nous les avons quittés avec regret, mais la traduction de La vie qu’on m’a choisie nous a permis de les retrouver et de vous transmettre leur histoire aujourd’hui.

Très belle lecture,

L’équipe éditoriale de Faubourg Marigny

Directrice littéraire : Laury-Anne Frut
Directeur éditorial : Romain Naudin
Éditrice : Céline Garcia
Directeur artistique : Guillaume Bertineau


Chapitre 1
Lilly
Juillet 1931
Élevage de chevaux de Blackwood Manor
Dobbins Corner, État de New York

Lilly Blackwood, neuf ans, se tenait derrière la lucarne du grenier de Blackwood Manor pour ce qui lui paraissait la millième fois. Si seulement elle avait pu l’ouvrir pour sentir les odeurs de la nature ! C’était son anniversaire le surlendemain. Bien sûr, Papa lui rapporterait une nouvelle robe et un livre de son voyage en Pennsylvanie, mais il avait plu un peu plus tôt dans la journée et elle mourait d’envie de savoir si l’air du dehors était différent de celui du dedans. Elle n’aurait pas pu imaginer plus beau cadeau que d’avoir la réponse à cette question.
Elle se demandait si les gouttes de pluie adoucissaient et rafraîchissaient tout, comme l’eau sur sa peau lorsqu’elle faisait sa toilette à l’éponge. Ou alors est-ce que l’atmosphère à l’extérieur était chaude et collante, comme celle de sa chambre ? Elle avait prié cent fois Maman de changer la fenêtre afin qu’il soit possible de l’ouvrir, et de retirer les barreaux pour mieux voir, mais elle ne voulait rien entendre. Si Maman savait que Papa la laissait jouer dans une autre partie du grenier pendant qu’elle était à l’église, Papa aurait de gros ennuis. Encore pire que quand il lui avait appris à lire ou lorsqu’il lui avait offert un chat pour son troisième anniversaire.
Lilly soupira, s’empara de son télescope posé sur le rebord de la fenêtre et y colla son œil. Au moins, c’était l’été, ce qui voulait dire qu’elle n’avait pas à gratter la glace de la vitre pour voir ce qui se passait dehors.
Papa appelait ce moment de la journée le crépuscule, et c’était comme si le monde n’était peint qu’en deux couleurs : en vert et en bleu. De l’autre côté de la ferme, derrière les champs où s’ébattaient les chevaux, les pins ressemblaient au tissu en feutre que Lilly utilisait pour confectionner des couvertures pour ses poupées. Il y avait des ombres partout, qui s’obscurcissaient à chaque minute.
Lilly inspecta l’orée des bois, à la recherche du cerf aperçu la veille. Il y avait le saule tordu. Il y avait le rocher près des buissons qui devenaient rouges en hiver. Il y avait le rondin cassé à côté du muret en pierre. Il y avait le… Elle revint en arrière pour regarder au-delà du muret. Quelque chose avait changé de l’autre côté des bois, près du chemin de fer qui traversait la prairie. Elle écarta le télescope de son visage, cligna de l’œil puis regarda à nouveau dans l’oculaire. Elle poussa une petite exclamation de surprise. L’air siffla dans sa poitrine, comme chaque fois qu’elle était excitée ou contrariée.
Des guirlandes lumineuses bleues, rouges, jaunes et vertes (comme celles que Papa suspendait au-dessus de son lit à Noël) étaient accrochées au sommet d’une tente géante et brillante qui semblait être faite de tissu. D’autres guirlandes éclairaient d’autres tentes qui avaient l’air de petits fantômes grassouillets. Il y avait des pancartes aussi, aux mots formés par des ampoules colorées, mais Lilly n’arrivait pas à distinguer les lettres. Des drapeaux flottaient en haut de grands mâts et un alignement de lumières jaunes flottait au-dessus de la voie ferrée. On aurait dit les fenêtres d’un train à l’arrêt. Un très, très long train.
Lilly posa son télescope et attendit que ses poumons arrêtent de siffler, puis elle alla jusqu’à sa bibliothèque pour prendre son livre d’images préféré. Elle le feuilleta jusqu’à trouver ce qu’elle cherchait : un dessin éclatant d’un chapiteau rayé entouré de roulottes, de chevaux, d’éléphants et de clowns. Elle regagna précipitamment la fenêtre pour comparer la forme du livre à celle de la tente brillante de l’autre côté des arbres.
Elle avait raison.
C’était un cirque.
Et elle parvenait à le voir depuis sa chambre.
Normalement, tout ce qu’elle voyait par sa fenêtre, c’était des chevaux et des champs, et Papa et son employé qui réparaient les clôtures blanches ou la grange à chevaux. Parfois, Maman traversait la pelouse, avec ses longs cheveux blonds qui flottaient derrière elle comme un voile. D’autres fois, des camions venaient et l’employé de Papa faisait entrer ou sortir des chevaux des remorques ou déchargeait des sacs et des ballots de paille. Une fois, deux hommes en guenilles (Papa les appelait des clochards) s’étaient aventurés dans l’allée et l’employé de Papa était sorti de la grange avec un fusil de chasse. Quand Lilly avait de la chance, un cerf sortait des bois, ou des ratons laveurs filaient le long de la clôture en direction du silo à grains, ou un train passait sur les rails. Dans ces moments-là, si elle collait son oreille à la fenêtre, elle parvenait à distinguer le souffle du moteur ou le sifflement de la vapeur.
Mais là… il y avait un cirque. Un vrai cirque ! Pour la première fois de sa vie, elle voyait quelque chose de différent, et pas juste dans un livre d’images. Ça la rendait heureuse et en même temps, elle était un peu en colère contre elle-même. Si elle n’avait pas passé l’après-midi à lire, elle aurait peut-être vu le train s’arrêter pour le déchargement. Elle aurait pu assister au montage des tentes et apercevoir les éléphants et les zèbres et les clowns. Désormais, il faisait trop sombre pour distinguer autre chose que des lumières.
Elle posa son livre et compta les planches autour de la fenêtre. Parfois, compter l’aidait à se sentir mieux. Un, deux, trois, quatre, cinq. Pas cette fois. Elle n’arrêtait pas de penser à ce qu’elle avait raté. Elle pressa son oreille contre le carreau. Peut-être qu’elle pourrait entendre les cris du maître de piste ou la musique du cirque.
Sur le rebord de la lucarne, Abby se réveilla et cligna des yeux. Lilly passa un bras autour de la chatte rousse tigrée et l’attira contre elle pour enfouir son nez dans sa fourrure. Abby était sa meilleure amie et le chat le plus intelligent au monde. Elle savait se tenir sur ses pattes arrière pour donner des baisers et tendre la patte pour dire bonjour. Elle sautait même sur le lit de Lilly sur demande, et en descendait quand Lilly lui en donnait l’ordre.
— Je parie que Maman va aller au cirque, dit Lilly. Elle n’a pas à s’inquiéter que les gens aient peur d’elle.
Abby ronronna.
Comment ce serait de voir un éléphant en vrai ? se demanda Lilly. Qu’est-ce que ça ferait de toucher sa peau ridée et de regarder dans ses grands yeux marron ? Et faire un tour de manège sur un cheval rose et blanc ? Ou marcher au milieu des gens en mangeant des cacahuètes et une barbe à papa ? Et voir un numéro avec un vrai lion ?
La nuit, quand elle se glissait dans son lit après avoir éteint sa lumière, il lui arrivait parfois que son esprit soit envahi d’images d’elle sortant de sa chambre pour aller en bas. Elle avait lu assez de livres pour savoir que les maisons avaient plus d’un niveau, et elle s’imaginait traverser les combles sans bruit, trouver un escalier, parcourir les étages inférieurs de Blackwood Manor et sortir par la porte de devant. Elle s’imaginait mettre les pieds dans la terre, prendre une grande inspiration et respirer, pour la première fois de sa vie, autre chose que l’odeur du vieux bois, des toiles d’araignée et de la poussière.
Un de ses jeux préférés pendant les visites de Papa, c’était de deviner les différentes odeurs sur ses vêtements. Parfois, il sentait les chevaux et la paille, parfois le cirage ou le tabac, parfois le pain frais ou… comment est-ce qu’il appelait ce machin qui était censé être un mélange de citron et de cèdre ? De l’eau de Cologne ? En tout cas, ça sentait bon.
Papa lui avait parlé du monde extérieur et elle avait lu des descriptions dans des livres, mais elle n’avait pas la moin

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