Le CHANT DE MOISE
53 pages
Français

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Description

Ce livre demeure un modèle de complicité et de dialogue entre un auteur et une traductrice.
Le Chant de Moïse et autres poèmes révèlent la maîtrise du poète et traducteur primé Seymour Mayne, originaire de Montréal. Recueil bilingue constitué de petits textes et de monologues sur les thèmes bibliques, il a ce petit côté sacré-sacral qui célèbre cette relation
à l’Autre plus grand que soi. Idéal pour les jeunes adultes et les amoureux de la poésie. Ces poèmes très accessibles offrent une lecture nouvelle des histoires bien connues du veau d’or, du sacrifice d’Isaac, du déluge et du jardin d’Éden.
« C’est dès mon plus jeune âge que se sont imprimées dans mon imaginaire les légendes de nos matriarches et patriarches. Leur comportement si coloré et imprévisible ressemblait souvent à celui, parfois extravaguant, des membres de ma famille composée d’immigrants juifs ukrainiens et russes, que j’observais par le prisme des légendes bibliques. Les contes de la Genèse faisaient écho à mon vécu. Encore aujourd’hui, je considère Abraham, Sarah et tous les autres comme des membres de ma grande famille ! »

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 09 janvier 2018
Nombre de lectures 7
EAN13 9782897124632
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Seymour Mayne
le chant de moïse
Traduit de l’anglais par Caroline Lavoie
mémoire d’encrier
Mémoire d’encrier reconnaît l’aide financière du Gouvernement du Canada par l’entremise du Conseil des Arts du Canada, du Fonds du livre du Canada et du Gouvernement du Québec par le Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres, Gestion Sodec.
Mise en page : Virginie Turcotte Couverture : Étienne Bienvenu Dépôt légal : 1 er trimestre 2018 © 2018 Mémoire d’encrier inc. pour la version française © 2018 Seymour Mayne pour la version anglaise Tous droits réservés.
Les poèmes « Le chant de Moïse », « La fosse », « La rosée la nuit », « Alliance », « Les enfants d’Abel », « Caïn », « Abel » et « Un » ont gracieusement été publiés dans la revue Temporel le 26 avril 2017.
ISBN 978-2-89712-462-5 (papier) ISBN 978-2-89712-464-9 (PDF) ISBN 978-2-89712-463-2 (ePub) PS8576.A88S6514 2017 C811’.54 C2017-940645-0 PS9576.A88S6514 2017
MÉMOIRE D’ENCRIER
1260, rue Bélanger, bur. 201 • Montréal • Québec • H2S 1H9 Tél. : 514 989 1491 info@memoiredencrier.com • www.memoiredencrier.com
Fabrication du ePub : Stéphane Cormier
du même auteur
Le vieux canapé bleu , trad. Joanne Desroches, Montréal, Mémoire d’encrier, 2015.
On the Cusp : Word Sonnets / Albores : Sonetos de una palabra / À l’orée : Sonnets d’un mot , édition trilingue, María Laura Spoturno (dir.) et Sabine Huynh (collab.), trad. María Laura Spoturno, La Plata, Argentine, aHCE, Universidad Nacional de La Plata, 2013.
Ricochet : Word Sonnets / Sonnets d’un mot , édition bilingue, trad. Sabine Huynh, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, (2011) 2013.
Les pluies de septembre : poèmes choisis 1980-2005 , trad. Pierre DesRuisseaux, Montréal, Éditions du Noroît, 2008.
Pluriel : Une anthologie, des voix / An Anthology of Diverse Voices , édition bilingue, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2008.
prologue
Dès mon plus jeune âge, j’ai été initié aux légendes qui peuplent la Bible hébraïque. À mon premier jour à la maternelle de l’Académie hébraïque, sur le boulevard Saint-Joseph, à Montréal, j’ai réalisé un coloriage où étaient représentées plusieurs formes géométriques. Par erreur, j’ai pris le triangle pour une représentation de Dieu, n’apprenant que bien plus tard qu’il s’agissait en fait du mont Sinaï. J’étais déjà sur la voie du midrash , ce commentaire de textes bibliques qui cherche à combler les silences de nos légendes, laissant ainsi place à l’interprétation et à l’imagination.
Pendant les huit ans qui ont suivi, mes camarades et moi avons reçu un enseignement sur la Torah. Notre premier manuel illustré relayait les légendes de la Genèse, puis, au fil des ans, nous nous sommes initiés aux cinq livres de Moïse qui forment le Houmach , ou Pentateuque . Nous les avons étudiés un à un, apprenant à maîtriser les règles de leur récitation. Nous avons aussi assimilé l’exégèse de Rachi, ce grand auteur et rabbin français du Moyen-Âge. C’est donc dès mon plus jeune âge que se sont imprimées dans mon imaginaire les légendes de nos matriarches et patriarches. Leur comportement si coloré et imprévisible ressemblait souvent à celui, parfois extravagant, des membres de ma famille composée d’immigrants juifs ukrainiens et russes, que j’observais par le prisme des légendes bibliques. Les contes de la Genèse faisaient écho à mon vécu. Encore aujourd’hui, je considère Abraham, Sarah et tous les autres comme des membres de ma grande famille!
Le fils de Terah , par exemple, est une sorte de midrash à propos de la dissolution des liens entre frères, un thème souvent abordé dans la Bible hébraïque. Tout le poème en est empreint. Qu’a laissé Abraham derrière lui en prenant le chemin de l’exil pour obéir à Dieu? Qu’est-il advenu des liens de sang qu’il a ainsi brisés? De son frère, et de tous les proches auxquels il a tourné le dos?
Ces légendes n’en finissent pas de résonner dans nos vies, des siècles plus tard. Plus ça change, plus c’est pareil!
Ces légendes anciennes font entendre leur voix jusque dans mes poèmes. Et les mots emploient de nouvelles formules pour les raconter, les ramener à la vie et les faire résonner dans nos existences.
Seymour Mayne
mot de la traductrice
C’est à l’Université d’Ottawa que j’ai pu apprécier la riche expérience de Seymour Mayne concernant les grands mouvements qui ont agité la scène littéraire du Canada anglais ces dernières décennies. Comme nous sommes voisins, nous avons poursuivi nos discussions sur la poésie qui habite ce poète depuis la publication de son premier recueil, il y a près de soixante ans. Nous échangions aussi sur une autre forme d’art qui nous passionne l’un et l’autre : la traduction. C’est ainsi qu’est né ce projet de traduction poétique.
Au fil des saisons, nous avons donc œuvré ensemble pour présenter Le chant de Moïse au lectorat francophone. À grand renfort d’ouvrages d’exégèse et d’anecdotes personnelles, Seymour m’expliquait ce qui avait inspiré ses poèmes. Je prenais des notes, démêlais l’imaginaire du sacré, pour ensuite tenter de saisir et de reproduire cet intangible de la poésie, cette musique si difficile à rendre en traduction.
En effet, la poésie a souvent été considérée comme un genre littéraire quasi intraduisible. Car il ne suffit pas de comprendre la parole du poète, il faut aussi revoir les images qui lui apparaissent, entendre la musique qui emplit ses vers, le rythme, le ton, la mélodie qui imprègne le poème. Le défi est bien là, car toutes les langues ne chantent pas la même chanson!
Notre travail de traduction (« labour of love », comme l’appelait Margaret Laurence) nous a permis de rejouer pour le lecteur francophone cette musique qui, nous l’espérons, n’aura pas trop perdu de sa cadence et de son harmonie dans l’aventure.
Caroline Lavoie
ici-bas
Tu es parti, là-haut, et nous t’avons presque oublié.
Ici-bas, occupés à recueillir et à trier
pièces et bagues cédées à contrecœur.
Le métal fondu a fusé, comme nos cœurs
prêts à lancer leur chant au ciel sans fin du Sinaï.

Les femmes ont tenu bon, nous refusant
leurs colifichets, nous traitant d’insensés entêtés.

Mais nous avons célébré, festoyé
et adopté un nouveau rituel.
On se prosterne, on implore par-ci
les prêtres nous exhortent par-là
ainsi ont passé les calmes semaines de ton absence.

Et te voilà, ici-bas, parmi nous.
Rongé par la colère, tu craches
imprécations, malédictions et funestes prédictions.
Quoi d’autre brandir
contre les ténèbres du désert?

Ah si nous avions écouté nos femmes
plus sagaces que l’arrogante maison d’Aaron!

De Son châtiment sans merci
de ton courroux implacable, sauve-nous à présent
déjà, tes meurtriers vengeurs
fils de Lévi
ont trop de notre sang sur les mains.
down here
You went up and we almost forgot you.
We got busy down here collecting
and sorting the coins and reluctant rings.
Up went the molten fire like our hearts
ready to sing towards the wide Sinai sky.

The women did not give in, refused us
their trinkets and called us headstrong fools.

But we celebrated and feasted
and settled down to a new routine.
A little bowing and praying here,
the priests egging us on there — so passed
the tranquil weeks of your absence.

And now you have come down among us.
Anger devours you and you spit
insults, curses and dire warnings.
We needed something to hold aloft
against the desert night.

Would that we had heeded our women,
more sagacious than Aaron’s smug brood!

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