Le deuil une blessure relationnelle
100 pages
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Description

Un ouvrage d’une grande ouverture et d’un abord simple et chaleureux, qui s’adresse à la personne endeuillée, qui vit une perte ou une séparation, aux personnes qui l’entourent dans ce « passage obligé », aux intervenants en relation d’aide, au personnel professionnel et aux bénévoles qui accompa-gnent les endeuillés. Le lecteur y retrouvera de nombreuses « paroles d’endeuillés » dans lesquelles il se reconnaîtra, et une forte dose d’empathie qui lui donnera l’espoir et la force de dénouer l’impasse d’un deuil récent ou non résolu.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2012
Nombre de lectures 11
EAN13 9782897210007
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Version ePub réalisée par :

Les Éditions du CRAM 1030 Cherrier, bureau 205, Montréal, Qc. H2L 1H9 514 598-8547
www.editionscram.com
Conception graphique Alain Cournoyer
Sources photographiques © nito - Fotolia.com © Laurin Rinder - Fotolia.com
II est illégal de reproduire une partie quelconque de ce livre sans l'autorisation de la maison d'édition. La reproduction de cette publication, par quelqueprocédé que ce soit, sera considérée comme une violation du droit d'auteur.
Dépôt légal — 1er trimestre 2011 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque nationale du Canada Copyright © Les Éditions du CRAM inc. Les Éditions du CRAM reconnaissent l'aide financière du gouvernement du Canada par l'entremise de son Programme d'aide au développement de l'industrie de l'édition (PADIÉ) pour ses activités d'édition.
Gouvernement du Québec – Programme de crédit d'impôt pour l'édition de livres – Gestion SODEC.

Distribution au Canada : Diffusion Prologue Distribution en Europe : DG Diffusion (France) ; Caravelle S.A. (Belgique) ; Servidis (Suisse)
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Racine, Louise, 1954-
Le deuil, une blessure relationnelle

(Collection Psychologie)
Comprend des réf. bibliogr.

ISBN PDF 978-2-923705-15-6
ISBN EPUB 978-2-89721-000-7

1. Deuil - Aspect psychologique. 2. Travail de deuil. 3. Personnes endeuillées - Psychologie. 4. Perte (Psychologie). I. Titre. II. Collection: Collection Psychologie (Éditions du CRAM).
BF575.G7R32 2011 155.9'37 C2011-940351-X
Table des matières
Préface
À qui s'adresse ce livre ?
Comment lire ce livre ?
Confidentialité
Introduction
Chapitre 1 : Définir la mort comme une blessure relationnelle
La mort un sujet tabou
Définir la mort
La mort : une blessure relationnelle
Cas de client en thérapie
Cœur à cœur avec l'endeuillé
Support aux intervenants et aux personnes proches de l'endeuillé
Chapitre 2 : Le deuil, un processus de guérison relationnel
Qu'est-ce que guérir d'un deuil ?
Pour guérir, il est parfois difficile d'entrer dans le processus
Impact de l'isolement lors d'un deuil
Pourquoi en parler ?
S'occuper de ses besoins en relation
Cœur à cœur avec l'endeuillé
Support aux intervenants et aux personnes proches de l'endeuillé
Chapitre 3 : L'écoute de soi pour devenir sensible à sa perte
L'importance de comprendre pour être sécurisé dans votre deuil
Le deuil peut provoquer un déséquilibre dans toutes vos dimensions : les diverses manifestations
Les facteurs qui influenceront la résolution de votre deuil
Prise de conscience des fausses croyances
Prise de conscience des résistances et des mécanismes de défense
Prise de conscience de ce que l'on perd : pertes réelles, secondaires ou libératrices
Cœur à cœur avec l'endeuillé
Chapitre 4 : Des rituels guérissants et nécessaires à votre processus
Le rituel funéraire, un besoin ancestral dans l'histoire de l'humanité
L'importance des rituels dans le processus de deuil
Les rituels personnels et familiaux
Chapitre 5 : Courrier du cœur
Lettre à l'endeuillé qui vit un premier Noël « sans l'autre »
Lettre à celui qui arrive aux « premières fois » sans l'autre
Lettre au papa et à la maman qui ont perdu un bébé à la naissance ou avant de naître
Lettre aux grands-parents endeuillés d'un bébé mort-né ou d'un bébé mort avant de naître
Lettre à un homme en deuil
Lettre à celui qui vient de perdre un parent
Lettre à l'adulte qui porte toujours en lui un deuil vécu dans l'enfance
Lettre à celui qui a vécu la perte d'un être cher qui s'est suicidé
Lettre à celui qui devient veuf (ou celle qui devient veuve) beaucoup trop jeune
Lettre aux parents dont l'enfant vit un deuil
Lettre aux aidants : proches, professionnels, bénévoles
Chapitre 6 – De la prise de conscience à l'acceptation
Laisser partir et choisir la vie
Conclusion
Cœur à cœur avec l'endeuillé / Une invitation à entrer en relation avec moi
Bibliographie
À Richard, qui a été mon amoureux pendant plus de 40 ans, avec qui je partage encore le rôle de parent et de grand-parent, qui a toujours eu les mots justes pour me dire sa fierté et m'a toujours soutenue dans mes projets professionnels.
À nos deux filles, Julie et Mélanie ; à Jean-François, notre gendre ; merci pour votre support affectif et votre foi en moi. Que ce livre vous inspire le courage de vivre vos pertes.
À mes quatre petits anges, Charles-Antoine, Antony, Samuel et Annabelle. Un jour, vous vivrez des pertes et des deuils. Je vous laisse en héritage la liberté d'éclater en sanglots dans des bras qui vous consoleront.
À ma tante Huguette et mon oncle Jacques : merci de croire en moi, de m'aimer et de me transmettre, par vos mots, la fierté de mon père.
Remerciements
Un merci particulier à Yvan Phaneuf.
Au moment où j'écris les dernières pages de ce livre, Yvan, je suis très émue de te dire ma reconnaissance profonde pour ce projet de livre que tu as porté avec moi et auquel tu as rêvé et cru avant moi. Ta passion a allumé cette flamme en moi qui m'a portée jusqu'à la dernière page. Je suis très touchée d'avoir autant reçu par ta foi en moi, par ta confiance, par ton investissement, par ton engagement à me soutenir, et ce depuis plusieurs années.
Je ne peux passer sous silence que tu as été l'instigateur de ce coffret précieux ; ce jour où tu as exprimé l'idée d'élaborer ma démarche en trois temps, j'ai senti pour la première fois de ma vie que quelqu'un me comprenait de l'intérieur . Merci pour ta compétence et tes judicieux conseils, ils m'ont toujours permis d'aller plus loin, de me dépasser et de faire appel à toutes mes ressources.
Je ne pourrai jamais oublier ce regard paternel qui m'a appris à accepter qu'on prenne soin de moi et qu'on me veuille du bien.
Tu es pour moi une figure de réussite, de persévérance et de professionnalisme. T'avoir comme modèle m'amène tous les jours à me dépasser et à m'accorder le droit de rêver.
Je t'offre ma profonde reconnaissance et ma plus tendre affection.
J'ai beaucoup de gratitude également pour madame Colette Portelance, qui a créé le Centre de relation d'aide de Montréal (CRAM) et l'approche non directive créatrice (ANDC MC ).
Cette approche m'a permis de confirmer ma mission de vie auprès des endeuillés et de créer l'outil de la guérison du deuil par une approche relationnelle.
Merci Colette pour ton leadership, merci d'être la femme humble et simple qui m'a permis de m'approcher d'elle. Merci pour ta foi en moi, pour ton soutien dans mes moments difficiles. Merci de m'avoir appris qu'en entrant dans ma souffrance et dans mes blessures, je recevais en héritage la création de moi-même et de ma vie.
Un merci très spécial à madame Marie Portelance, directrice du Centre de relation d'aide de Montréal.
Chère Marie, j'ai saisi avec toi la véritable valeur du travail, ce qui a donné un sens à l'investissement que j'ai mis dans ce projet de livre.
Merci d'avoir cru en moi en me demandant de créer un certificat d'accompagnement sur le deuil aux thérapeutes non directifs créateurs de ton école. Ta foi en moi m'a aidée à me faire confiance et à créer ce livre.
Merci aux spécialistes du deuil au Québec qui m'ont aussi inspirée.
Merci à Jean Monbourquette, qui m'a reçue à dîner et a bien gentiment pris le temps de m'entendre dans mes projets d'accompagnement sur le deuil. Merci d'avoir reconnu en moi cette mission.
Merci à Josée Jacques, psychologue, qui m'a inspirée par ses livres et sa générosité en me donnant de son temps. Merci à Josée Masson, créatrice de Deuil-Jeunesse, qui m'a nourri le cœur par son humanité et sa générosité.
Merci à Gilles Deslauriers, qui a eu la générosité de me recevoir, de m'écouter avec sensibilité et de m'accueillir dans mon deuil lors d'un atelier d'une semaine.
Merci à mes nombreux amis, qui ont eu la patience de m'écouter, depuis des années, parler de mes projets sur le deuil. Votre support affectif pendant mes longues heures d'écriture – par vos coups de téléphones, vos repas offerts, vos courriels, vos bouquets de fleurs, vos cartes –, m'ont permis d'aller au bout de mon rêve en me sachant supportée et aimée. Merci de votre présence soutenue dans les moments difficiles, de doute et de tempête, parfois.
Un profond merci à Nicole Daoust, mon amie, qui m'a lue en me donnant des feedbacks honnêtes et propulseurs, qui a cru en moi et en mon livre, qui m'a gâtée de petits plats et de petites pensées dans les moments de découragement. Merci de ta présence.
Un merci bien spécial à Armand, pour ses délicates attentions et pour s'être occupé de toute la logistique et de mon matériel. Ton pragmatisme m'a permis de me reposer sur toi.
À vous tous, les endeuillés, les personnes qui m'auront le plus inspirée ; je suis émue en pensant aux témoignages de nombreux endeuillés que j'ai entendus au cours des vingt-cinq dernières années. Chacun et chacune de vous m'avez donné la motivation de croire profondément en chaque être humain. Le sacré de l'intimité que vous m'avez partagé m'a rendue toujours plus sensible à la souffrance précieuse et profonde de la douleur de la perte, développant ainsi une sensibilité à mes propres pertes. Votre histoire de vie, le précieux de vos deuils, les partages de votre intimité et vos mots d'endeuillés (que j'ai cités anonymement) m'ont aidée à vous sentir près de moi dans l'écriture de ce livre.
Merci à tous les Thérapeutes en Relation d'Aide MC (TRA), qui ont été formés par moi au cours de leur certificat de l'accompagnement du deuil à l'ANDC MC . Merci de m'avoir fait confiance. Votre intérêt, votre confiance, votre ouverture à travailler vos deuils, m'a nourrie et a nourri mon travail d'écriture.
Je termine ces remerciements par l'héritage que j'ai reçu de mes deuils importants :
À grand-maman, merci pour ton tendre toucher qui m'amène à me nourrir de l'affection des gens.
À grand-papa, merci pour ton regard complice et ton espièglerie qui me permet de me sentir proche de toi par la taquinerie.
À papa, merci de m'avoir transmis ta passion de la musique, elle me permet de me laisser inspirer par toi chaque fois que je choisis une pièce de musique, dans le cadre de mes formations.
À maman, merci pour l'accueil que tu as toujours offert autour de la table du repas. Inspirée par toi, je vis aujourd'hui des moments de relation intime et profonde autour de la table du repas.
À Anette, merci pour ton regard aimant, qui m'a permis de me relever avec courage dans des moments difficiles.
À Alain, merci pour ton non-jugement des personnes et ton courage. J'ai beaucoup appris de toi dans l'accueil et l'acceptation de la personne humaine.
À Réal, merci pour ta complicité dans l'amitié et le travail pendant 20 ans. Ton accueil m'a permis de faire confiance à mon potentiel créateur comme femme.
Je veux finalement remercier deux personnes importantes, qui ont permis que cet ouvrage prenne forme et soit publié, Pierre Lavigne et Guillaume P. Lavigne, des Éditions du Cram. Votre foi en ce projet depuis plus de trois ans, votre respect de mon rythme, votre écoute de mes besoins spécifiques, votre intérêt pour le deuil et vos judicieux conseils ont été très précieux. Les Éditions du Cram ne sont pas pour moi qu'une simple maison d'édition : vos couleurs sont celles de la relation, de l'affectif, de l'humanité et du professionnalisme.
Avec vous, je souhaite longue vie à cet ouvrage.
Préface
Le sujet du deuil est sensible ; il nécessite une approche à la fois franche et empreinte de compassion. Il touche à la souffrance la plus dure, la plus crue, peut-être la plus violente – parce que la plus intime –, qu'un individu puisse vivre. C'est un sujet difficile, qui suscite des réactions vives, qui ne laisse personne indifférent et qui mérite d'être traité avec sérieux et déférence. À mes yeux, personne d'autre que Louise Racine n'aurait pu mieux l'aborder.
Je connais Louise Racine depuis plus de huit ans. J'ai eu le privilège de la côtoyer en tant que formateur à l'ANDC MC , puis en tant que collègue Thérapeute en Relation d'Aide MC (TRA). Rarement, au fil de mon parcours professionnel, m'a-t-il été donné de rencontrer une femme dotée d'autant de qualités professionnelles et humaines, aussi investie dans son travail et dans ses relations. C'est une femme profondément spirituelle, sensible au vécu de l'autre et préoccupée par la qualité des relations qu'elle entretient avec son entourage. Mais surtout, son expérience de vingt-cinq ans dans le domaine de la spiritualité, à sonder le sens de la vie et de la mort, à approfondir ses recherches, tant des points vue intellectuel et scientifique qu'à travers les réalités humaines liées au vécu et à l'accompagnement des personnes endeuillées, lui donnent non seulement la légitimité de traiter du deuil, mais toute l'expertise voulue.
À titre de spécialiste de l'Approche non directive créatrice MC , Louise Racine propose une approche novatrice en ce qu'elle encourage autant les personnes souffrant de la perte d'un être cher que les aidants qui les accompagnent à entrer au cœur de la souffrance du deuil et des émotions qui le composent. À mon sens, le deuil est un processus nécessaire de délivrance, sans lequel la perte laisse une empreinte négative. Ne dit-on pas qu'il faut « faire son deuil » ? Ainsi, ce processus permet d'une part aux endeuillés de récupérer leur nouvelle vie – celle d'après le drame –, de manière positive et créatrice, en investissant ce qui n'est plus dans ce qui est, ce qu'on a perdu dans ce qui persiste, et d'autre part, il permet d'aider les accompagnants à travailler leur propre rapport au deuil, à accepter de pénétrer au cœur de cette zone ombragée et effrayante, afin de s'offrir en aidants sensibles et avertis. Car, comme le dit le docteur Colette Portelance, spécialiste internationale de la relation d'aide, il est difficile d'accompagner une personne sur un territoire que soi-même on évite. Et pour réussir à transformer la perte en quelque chose de positif, le rôle des accompagnants est primordial.
Au fil des années, j'ai vu la passion sans cesse renouvelée de Louise Racine pour son sujet de recherche. Elle est habitée d'une foi sincère et profonde dans les vertus guérissantes du deuil. Elle propose ici un ouvrage courageux – et combien nécessaire –, sur l'importance de vivre son deuil en faisant face à la souffrance qu'il génère, plutôt qu'en la fuyant ou en la rationalisant. En plus de l'intérêt intellectuel qu'il suscite, son travail est une invitation pour l'endeuillé à s'affranchir de la souffrance d'une perte définitive en la vivant en relation. Et il se pose comme un outil incontournable pour les aidants et les accompagnants.
Plus encore, Mme Racine nous invite tous à visiter la région de nos deuils, dans un but de progression, de liberté, d'amour de soi, de création de sa vie. Elle nous invite à entrer là où l'on a peur d'aller et, avec doigté, délicatesse, intégrité et compétence, elle nous tient par la main, tout au long du chemin.
Seul, c'eut été beaucoup plus difficile.

Yvan Phaneuf Thérapeute en Relation d'aide (TRA) Auteur et conférencier
À qui s'adresse ce livre ?
Ce coffret sur le deuil comporte trois volets, dont voici le premier. Il s'adresse à toute personne qui vit un deuil par décès, bien sûr, mais aussi à toutes celles qui ont subi une perte ; il s'adresse aussi à tous les proches, les bénévoles et les professionnels qui entourent à un moment ou l'autre l'endeuillé.
Parce qu'il s'adresse directement à son lecteur, parce qu'il comporte des exercices et des réflexions qui puisent au cœur même de l'intimité de chacun, cet ouvrage, comme ceux qui le suivront, constitue un outil éminemment personnel. Il vous permettra de donner de la valeur à votre perte en l'accueillant comme un trésor précieux et sera le lien tangible entre la personne décédée et vous, puisqu'il renfermera l'histoire de votre relation.
Il sera aussi créatif, contenant tous les leviers pour qu'en fin de processus vous puissiez vous réaliser et devenir le créateur de votre nouvelle vie, la vie « d'après »…
Dans ce premier ouvrage, intitulé Le deuil, une blessure relationnelle, vous pourrez mettre tous vos mots intimes et sacrés, votre histoire de vie avec la personne décédée, ce qu'elle vous aura laissé, vos tendres moments avec elle, vos souvenirs plus douloureux, l'impact qu'a eu son départ dans votre vie, vos inquiétudes, vos peurs, votre peine, vos hurlements et vos larmes. Après la perte d'un être cher, tous les détails restent gravés, et prendre le temps de « nommer » les choses est parfois une question de survie.
Le second livre, Le deuil, accepter, laisser partir et choisir la vie décrira le processus de guérison par l'écoute de soi ; la sensibilité à la blessure de la perte permet de transcender la douleur et d'aller vers l'acceptation et la cicatrisation de la blessure, eux-mêmes préalables au « laisser partir ». Laisser partir demande à l'endeuillé d'être sensible au pardon envers lui-même et envers l'autre, de laisser partir ce qui la retient, de manière parfois fusionnelle, au disparu, étape essentielle pour lâcher prise, et qui permet de s'engager désormais envers soi-même à choisir la vie.
Le troisième et dernier livre, Le deuil, renaître et créer sa vie, constitue l'aboutissement du processus de guérison du deuil, qui vous amènera à vous créer à partir de votre identité et du sens que vous donnerez à votre perte. Vous serez invité à vous créer une nouvelle vie et à trouver le sens de votre mission sur terre ; trouver cette mission vous amènera à donner une nouvelle direction à votre existence. En restant fidèle à vous-même, à votre identité, en plongeant au cœur de votre héritage et de vos besoins, votre mission se précisera et deviendra inébranlable, quelle que soit la tempête que vous pourrez désormais traverser.
Ce projet de trois ouvrages se veut donc un outil que vous pourrez utiliser dans le respect de votre rythme. Prenez le temps qu'il faut pour atteindre l'objectif précis de chacun des livres, afin de vous approprier votre histoire et votre héritage avec la personne disparue, et lui faire une place dans vos doux souvenirs. Ritualiser chacun des passages vous permettra de les vivre dans l'intimité, ou de les partager en relation, comme vous le souhaitez.
Bien que ces trois volumes constituent un tout logique et cohérent, chaque livre peut se lire indépendamment des autres, et le lecteur y trouvera, quelle que soit l'étape de son cheminement, du soutien, des pistes d'avancement, de la chaleur et de l'empathie.
Comment lire ce livre ?
Vous en êtes en plein processus du deuil au moment où vous faites l'achat de ce livre. Il se peut que vous soyez très fatigué, manquant de concentration et dépourvu du besoin de comprendre tout le processus de guérison dès maintenant. Vous serez alors rejoint par les petits témoignages d'endeuillés qui apparaissent à différents endroits dans l'ouvrage. Par moment, vous aurez seulement envie de faire les exercices, d'écrire ou de lire le cœur à cœur , qui consiste en une lettre qui s'adresse personnellement à chacun de vous.
Ce livre s'adresse directement aux trois types d'intelligence développés par Colette Portelance 1 :
La personne dotée d'une intelligence rationnelle aura besoin de se sécuriser en comprenant . Comme endeuillée elle aura probablement besoin de comprendre le processus avant de le vivre, et pour ce faire, elle sentira le besoin de lire cet ouvrage d'un couvert à l'autre avant de vivre le processus de guérison du deuil. Cette personne a besoin d'une méthode et sa porte d'entrée sera la pensée rationnelle.
Le pragmatique a besoin de passer à l'action, il sera moins à l'aise de tout lire d'un trait et aura besoin d'exercices concrets, de choses à faire. Le livre pourra l'aider à s'occuper de ses besoins et à développer des outils concrets pour vivre son processus. Il ira plus volontiers aux pages de réflexions et d'exercices relationnels.
L' esthète, pour sa part, a besoin de vivre son deuil à travers son imaginaire, sa dimension spirituelle, ses sentiments et son intuition. Il aura besoin d'équilibrer la lecture de ce livre avec de la douceur dans sa vie, de l'écoute, et il aura à exprimer son besoin d'être simplement compris . Il commencera par lire ce qui le rejoint dans la table des matières et prendra le temps de vivre ses émotions intensément. De plus, l'idée de faire des mandalas tout au long du processus peut aussi lui apparaître profitable.
Peut-être vous reconnaissez-vous un peu dans ces types d'intelligence, ou percevez une dominante ? L'important, c'est de lire ce livre à votre rythme, en vous respectant.
Il sera important, toutefois – quel que soit votre type d'intelligence –, de ne pas croire que le simple fait de lire ce livre rationnellement transformera votre processus de guérison du deuil, qui a besoin d'être vécu en relation . À votre rythme bien sûr, mais pour aboutir, à la fin du processus, à vous créer une nouvelle vie, il faudra avoir vécu toutes les étapes du laisser partir . Le danger d'aller trop vite pourrait vous maintenir dans un deuil non résolu, qui vous empêcherait de vous créer une nouvelle vie dans le futur.
Je vous souhaite donc de lire ce livre par votre « porte » à vous et de vous en servir comme votre outil de guérison ; c'est votre coffret précieux, intime et personnel.
« Dans nos relations, si nous avons toujours le pied dans la porte, prêt à partir et à déserter, nous risquons de nous fragiliser et de fragiliser la relation. Choisir de s'engager à rester nous permettra d'entrer en contact avec notre vécu souffrant, d'exprimer et de satisfaire nos besoins. Ce qui nous rend aussi plus solide. » 2
Dans le processus de guérison du deuil, vous aurez aussi envie de partir, de déserter et de fuir, ce qui est normal face à la souffrance, mais céder à cette envie risque de vous fragiliser. Entrer dans le processus et choisir de s'engager permet de ressentir le vécu souffrant et de s'occuper de ses besoins, ce qui ouvre au processus de guérison relationnelle, fait sortir de l'isolement et transforme l'affect de la perte.
Confidentialité
Au cours de ce livre, vous lirez des exemples personnels et professionnels, donc inspirés autant de ma vie privée que de la vie de mes proches ou de mes clients.
C'est dans le plus grand respect de notre vécu et de notre relation, c'est-à-dire en les consultant d'abord, que j'ai colligé et écrit les exemples mettant en scène mes proches. Par ailleurs, dans un souci d'éthique et de confidentialité, j'ai modifié les noms et parfois transformé légèrement les exemples tirés de ma pratique professionnelle, afin que personne ne puisse être identifié.
J'espère que ces exemples vous permettront de vous reconnaître et de vous sentir moins seul.
Introduction
Cher endeuillé,
Le ton intime que je prends pour vous accueillir répond au premier objectif de ce livre, soit celui de créer une relation . Je vous offre ma profonde humanité et mon désir de développer la relation avec vous, tout au long du cheminement que je vous propose dans ce livre.
Pourquoi un « cœur à cœur avec son deuil » ?
Au cours des vingt-cinq dernières années, j'ai entendu des centaines de personnes endeuillées, des thérapeutes en relation d'aide dans leur pratique et du personnel pastoral ou de résidences funéraires. Le constat qui revient est combien la mort et le deuil sont des sujets tabous. La simple évocation du mot « mort » est difficile, on le remplace par « il s'est absenté », « il a disparu », « il est parti »… Pourtant, chacun de nous aura à vivre la mort d'un proche. Josée Jacques, dans la Psychologie de la mort et du deuil dit : « Lorsqu'on aborde le développement de l'individu, on escamote souvent le thème de la mort, sujet encore tabou, au profit des premières années de la vie. Pourtant chacun de nous aura un jour à vivre la perte d'un être aimé et ultimement sa propre mort. 3 » Christophe Fauré, dans Vivre le deuil au jour le jour , écrit : « En voulant évacuer la mort, on a aussi réduit au silence le deuil. Ainsi, quand il n'y a plus de parole sur la mort, il n'y a plus de parole sur le deuil. Et c'est presque délibérément que notre société occidentale s'est coupée d'une connaissance ancestrale dont chacun se nourrissait, aussi bien en tant qu'individu qu'en tant que membre d'une communauté humaine. » 4 En évitant de prononcer ces mots, nous nions aussi une réalité et les conséquences peuvent être importantes pour l'endeuillé et pour son processus de guérison. Ce silence autour de la mort entretient la personne dans l'isolement, intensifiant ainsi ses peurs et son anxiété. Une société qui n'a pas de parole sur la mort et qui vit son deuil isolément est une société avec un haut taux d'anxiété.
« Depuis la révolution tranquille, la société québécoise a changé. Le regard de l'homme sur la mort aussi. Plus de 80 % des gens ont peur de la mort. La technologie, la science et la connaissance ont fait des bonds de géant depuis les années '60. Mais selon le sociologue Sébastien St-Onge, la société n'a jamais été aussi vulnérable face à mort. » 5
Il y a 30 ans, on ne voyait pas la nécessité d'un tel parcours parce que la mort et le deuil faisaient partie de la vie, autant familiale que communautaire. Exposer le corps pendant plusieurs jours à la maison aidait à rendre proche de la réalité de la mort, permettait d'en parler et d'être entendu par plusieurs personnes. Afficher son deuil en portant le noir et en le montrant publiquement permettait de sortir de l'isolement et de recevoir du soutien de la communauté.
L'église, lieu pour se rassembler et vivre sa foi, permettait, par les rites qu'elle avait institués, de vivre son deuil, de le montrer et de le porter pendant un an ; en affichant son deuil, le citoyen recevait aussi un soutien communautaire. Tout n'était pas parfait non plus à cette époque, mais rappeler cette réalité illustre bien les changements survenus dans les rituels et dans la société depuis.
Ce livre permettra d'abord à l'endeuillé de sortir de l'isolement et l'empêchera de se restreindre à la seule compréhension rationnelle de sa perte. Vous n'y trouverez pas tant les étapes du deuil, qu'un processus de changement relationnel qui favorisera la responsabilité de son propre processus de guérison. Au cours de chaque chapitre vous retrouverez des paroles d'endeuillés auxquelles vous pourrez vous identifier, afin d'être confirmé dans ce que vous vivez. Ainsi, tout au long je vous offrirai ma sensibilité et des paroles de réconfort. Vous pourrez être sécurisé dans votre besoin de comprendre par des explications du processus de guérison relationnel. Je vous proposerai également des réflexions individuelles et des exercices afin d'intégrer votre démarche et de vous responsabiliser à votre rythme. Chaque exercice vous permettra de revenir à vous, là où vous retrouverez votre pouvoir. Je proposerai dans chaque chapitre une pensée ou une citation qui peut faire du bien à l'âme et nourrir ainsi votre dimension spirituelle. Je m'adresserai aussi à l'aidant pour offrir mon support et des pistes.
Quand je parle d' aidant , je pense aux thérapeutes en relation d'aide, à tout professionnel de l'accompagnement, au personnel de résidence funéraire, au personnel pastoral, aux enseignants, au personnel médical, aux bénévoles de lignes d'écoute ou d'organisme qui sont proches de la clientèle des endeuillés, aux aidants naturels tels que la famille, les voisins, les amis ou les collègues de travail.
Bien que tous ces aidants soient formés pour accompagner les gens, ils expriment souvent combien ils se retrouvent impuissants, sans mots, face à un endeuillé. Plusieurs se sentent incapables d'entendre parler de la mort dans leur bureau. Les réflexions que je vous proposerai vous permettront de réfléchir à votre propre rapport face à la mort et au deuil.
Ce livre se veut un outil, et je conçois aisément combien, dans ces moments de grande vulnérabilité, vous n'avez pas besoin de conseils ou de mode d'emploi. Soyez assuré de mon respect à cet égard. Cet outil se veut vraiment plus « un cœur à cœur » pour vous permettre d'entrer doucement dans votre propre processus, et je souhaite de tout cœur que vous puissiez prendre la main que je vous tends. Je me sens déjà privilégiée de vous accompagner.
Dans ma pratique, lors de conférences ou d'ateliers, comme tout au long de la rédaction de ce livre, j'ai pris conscience plus que jamais à quel point chaque deuil est unique, combien la souffrance de chacun est réelle et ne se mesure pas. Chaque deuil est intime, parce que c'est ce que l'endeuillé porte de plus profond en lui ; chacun a son histoire de vie, avec ses deuils et ses blessures.
Dès le premier contact, l'endeuillé m'offre ce qu'il a de plus précieux, de plus intime : il me présente la personne décédée en me partageant son vécu avec elle, sa relation, ses moments les plus intimes, ses derniers mots. Il me la présente par une photo, un film, une carte mortuaire ou une musique. Chacun des mots qu'il me partage est accueilli comme un trésor précieux, et être là avec lui donne un sens à ma mission, parce que je sais qu'en parler, se dévoiler, être entendu, mettre des mots sur les émotions et les événements permet de se sentir vivant et en lien avec la personne décédée.
« Souvent les maux psychologiques dépendent de nos pertes non intégrées. On ne fait plus ses deuils, qui sont de nécessaires transitions avant d'aborder une nouvelle étape de vie. » 6 Je crois aussi que ne pas vivre ses deuils nous empêche d'être heureux. Au cours de ces vingt-cinq années d'écoute j'ai été profondément touchée d'entendre des personnes endeuillés envahies par des pulsions de mort, par des résistances, des défensives, des fausses croyances, des liens fusionnels et des blessures inconscientes, qui les empêchaient de se créer une vie heureuse, épanouie et les privaient des élans de vie et de plaisir en eux. Ma mission est devenue pour moi une responsabilité sociale : amener les endeuillés à prendre conscience de l'importance de « mettre des mots », de sortir de l'isolement, de ressentir et de vivre. C'est un appel qui part de l'intérieur, parce que je crois profondément que mettre des mots là ou il n'y en a pas permet de vivre intensément son présent, afin que la génération qui suit n'ait pas à pleurer les larmes que nous n'aurons pas versées.
« Lorsqu'on côtoie la mort quotidiennement, chaque instant de chaque jour devient précieux, on ne remet pas à plus tard les projets qui tiennent à cœur, et puis on dit le plus souvent possible " je t'aime " à ceux qui comptent. Autrement dit, il faut apprendre à vivre autrement de sorte qu'un jour on puisse mourir autrement, avec le sentiment d'avoir accompli sa mission et en laissant quelque chose d'important à ceux que l'on quitte. J'en suis venu à la conclusion que le déni de la mort nous prive d'une vie beaucoup plus intense. » 7

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