Le dos nu de Gala
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Le dos nu de Gala , livre ebook

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Description



« Albert Estrade nous entraîne, sans concession à nos petites peurs, jusqu'aux rives de la folie et de la mort. Par et pour l'Amour, pour le dos nu d'une femme inconnue, ou tout simplement par besoin d'Etre. Dans le cheminement féroce de la vie à travers les obstacles, chacun d'entre nous est un vainqueur, un survivant de combats titanesques... Tout est possible pour celui qui va jusqu'au bout de son rêve, celui qui ose monter les marches du palais pour déclarer son amour à la princesse. Ou à la fée, c'est selon. »

Olivier de Robert
Conteur, historien, romancier, chroniqueur


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 décembre 2013
Nombre de lectures 8
EAN13 9782366510225
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Image couverture
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à Marie-Laure,
à Pepe Moravachine,
infiniment...

Préface
 

Tous les livres naissent d’une rencontre. Ne fusse que celle de l’auteur et de l’histoire qu’il raconte. Parfois aussi des rencontres humaines, des corps frôlés et des esprits libres qui s’entrecroisent.

 

Mais si l’on va au fond des choses, n’est-ce pas l’histoire qui se saisit de l’auteur et le conduit, bon gré mal gré, sur des chemins connus d’elle seule ? On se croit maître à bord, mais l’on ne fait qu’exécuter - du mieux que l’on peut - sa mise en mots. Le conteur que je suis passe plus de temps à écouter la rumeur des hommes plutôt qu’à parler et je peux dire sans trop de risques de me tromper, qu’il n’est pas d’homme qui ne porte en lui une histoire. La sienne, celle de sa vie, de ses rêves enfouis ou de ses quêtes intérieures. Mais aussi celle des autres, tous ceux qui sans le savoir deviennent des muses pour la fièvre de l’encre. Quand elles passent le portail séparant la chambre étroite de notre raison du champ infini de notre imaginaire, ces histoires courent en tous sens, s’ébattent, s’ébrouent comme de jeunes poulains rendus à la liberté, puis lentement prennent leur rythme et vont à l’aventure vers le lieu où disparaît le monde.

 

Car enfin, nos histoires ont-elles une fin ? Quand enfant, je rêvais de voyages, de clameurs ou des jardins parfumés de l’amour, je n’imaginais jamais le bout de l’horizon : il y avait toujours un après, une autre porte ouverte. Nous disparaîtrons, nous humains, avec nos voitures, nos téléphones, nos ordinateurs et nos peurs, que les histoires que nous portons auront encore du temps à vivre...

 

Pourtant, dans le souffle de l’écriture d’Albert Estrade, on cherche parfois à précéder les mots, à cerner la fin du récit. Pour se rassurer, pour dépasser le malaise d’un inéluctable qui nous encercle. Cette course-là est vaine ; voilà une histoire de vie qui nous échappe tant que nous cherchons à la saisir. Mais au fond, ainsi est l’existence : ceux qui la regardent de l’extérieur lui donnent un cadre, de la raison, du sens. Même la folie a droit à ses classements. Mais celui qui est à l’intérieur n’en connaît que l’explosion quotidienne, la dislocation et la reconstruction permanente des possibles, le grondement des vagues et le choc des rochers. On ne vit pas un naufrage de la même façon suivant que l’on se trouve sur la côte ou dans la cale du navire... Combien de fois, à tous les âges de la vie, avons nous clamé que « personne ne pouvait nous comprendre ». La complexité de nos intérieurs vient pourtant certainement du fait que nous avons le nez dessus, la tête dans la tripe en quelque sorte, l’incapacité à prendre un pas de recul pour avoir l’avantage. Nous sommes des guerriers désordonnés et impatients, toujours prompts à nous jeter au cœur de la mêlée et l’instant suivant, se plaignant d’y être.

 

Ce livre est une lampe pour qui veut aider le lutteur souffrant de son propre combat. Albert Estrade nous entraîne, sans concession à nos petites peurs, jusqu’aux rives de la folie et de la mort. Par et pour l’Amour, pour le dos nu d’une femme inconnue, ou tout simplement par besoin d’Etre. Dans le cheminement féroce de la vie à travers les obstacles, chacun d’entre nous est un vainqueur, un survivant de combats titanesques. Epuisés, détruits, moribonds, rejetés, nous restons pourtant un exemple d’une succession d’incroyables chances, d’une force, d’un courage phénoménal. Le simple fait d’être là, dans la lumière du monde, fait de chacun d’entre nous un titan et nous ouvre le champ des possibles.

 

Ainsi donc tout est possible pour celui qui va jusqu’au bout de son rêve, celui qui ose monter les marches du palais pour déclarer son amour à la princesse. Ou à la fée, c’est selon.

 

Car les fées existent, je le maintiens sans hésitation. Et le grand combat n’est pas d’exister dans leurs yeux mais d’accepter - vraiment - qu’elles aient une place dans nos cœurs. Et jusqu’où aller pour s’en donner la preuve : jusqu’à quelle rive inconnue, jusqu’à quelle désespérance, jusqu’à quelle contradiction ?

 

Les fées existent et nous essayons d’en faire autant. Ce n’est déjà pas si mal : c’est un marchepied vers l’éternité.

Olivier de Robert

« L’amour est une envie de se noyer, une tentation de la profondeur ; en cela il ressemble à la mort. »

 

Emil Michel Cioran, Le Crépuscule des pensées.

Prisonnier dans le corps des mots
 
 

Martin Volp portait en lui une maladie incurable. Curieusement, il se sentait soulagé en éprouvant la satisfaction de celui qui sait, enfin épargné par les morsures du doute.

Chaque jour il martyrisait son corps dans de longues marches solitaires autour du village. Il s’épuisait jusqu’à l’oubli de la chair. De retour à la maison, il devait se remettre à l’ouvrage.

Dans le coin le plus sombre du salon on devinait à peine un bureau. Au-dessus un écran d’ordinateur. Un livre épais posé à côté. Derrière, accrochée sur le mur, la reproduction grand format d’une œuvre picturale encadrée. A l’opposé gisait un canapé en cuir usagé dominé par une pendule ancestrale.

Sur une table ronde, disposée au centre de la pièce, il retrouvait le cahier d’écolier et sa couverture rouge. Comme un « stop » interrompant la circulation aux croisements des routes, là s’arrêtaient les errances et tous les rituels qu’impose la société des humains. Seul surgissait le vide sidéral de la mémoire. Alors il notait sans relâche des faits, des mots lus ou entendus, des réflexions apparemment sans importance qui pourtant constituaient aujourd’hui l’essentiel de sa vie. Dans le corps des mots se trouvaient tapies, comme un animal aux abois, les résurgences du passé.

A l’évidence, avoir encore un peu d’estime de soi passait par l’écriture. Ressentir la grandeur d’un effort inutile pareil à celui de l’alpiniste ou du navigateur solitaire. Martin cessait de noircir la feuille blanche quand un feu vif dévorait ses entrailles. Une envie de vomir paralysait les gestes et des gouttes de sueurs glacées perlaient sur le front. Avec un somnifère il oubliait la douleur.

Au petit jour ou à la nuit tombante, pour sortir des vapeurs désagréables du sommeil artificiel, il se promenait de préférence le long des berges de la rivière. Il souhaitait que personne ne croise son chemin. Seul au monde à croire que demain ne sera jamais un autre jour, il reléguait les peurs aux confins de l’enfance. Elles effaçaient l’empreinte de ces jours heureux, insouciants, remplis de rêves et d’histoires invraisemblables. Alors la rivière semblait le suivre et bouillonnait de rouge sang. Son enveloppe charnelle s’évanouissait et un immense tumulte l’envahissait. Il rentrait le plus rapidement possible chez lui et les mots écrits constituaient la preuve que rien ne serait plus comme avant.

Il sentait son cœur et son corps noués de contradictions, de vents contraires, de bienfaits et d’horreurs qui le hantaient sans relâche.

En refermant soigneusement le cahier, il écoutait le silence. Il espérait qu’un souffle lent et régulier viendrait se poser au creux de son épaule. Il imaginait le son d’une voix et, en l’écoutant, il désirait se remplir la tête des murmures du passé. Se dire qu’elle était là, à l’abri des tourbillons du monde, juste dans les chuchotements. Las d’attendre la dame blanche, il devait stopper ce délire et avec courage il avalait un somnifère.

Dans sa modeste demeure Volp occupait un espace réduit. Rarement la chambre, trop sinistre et trop froide. La douche le plus rapidement possible. La cuisine, avec le frigo et la cafetière, pour grignoter des aliments sans plaisir. Les toilettes où il restait longuement prostré en attendant que passe l’envie de vomir. Le salon convenait le mieux à ses préoccupations. C’était son principal « lieu de vie ».

 

Ce matin le soleil pointait haut dans l’azur sans nuage et son éclat irisait l’humidité de l’air ambiant. Rentrant de sa marche solitaire, les joues rosies et le souffle encore court, Martin alla tout de go vers la table ronde du salon, se saisit promptement du cahier et écrivit d’un seul trait : Je me suis promené le long de la rivière gonflée par les pluies torrentielles tombées pendant la nuit. Encore une fois elle m’a suivie avec les tumultes de ses remous rouge sang. Je n’ai pas pressé le pas. Puis je me suis arrêté et j’ai levé la tête. Je l’ai vu planant majestueusement au-dessus de moi, le grand oiseau, le milan royal, solitaire et libre. Je me suis senti comme lui. J’avais des ailes et elles me donneront la liberté d’être vivant dans les corps de tous les mots.

 

Le bruit familier du moteur de la vieille 4L de Philibert Ducantou parasitait le calme de la rue des Acacias. Une portière claqua devant la véranda. Nous étions donc un mercredi onze heures du matin. Pour Martin cette visite hebdomadaire était réconfortante. Il appréciait l’intensité de cet instant où s’évanouissaient ses pensées morbides ressassant le passé ou s’aliénant à un futur incertain. Juste un moment de présence vivifiant à vivre à deux et comblé par un sentiment d’amitié partagée, sans cesse renouvelée.

L’homme entra en coup de vent et s’agita comme s’il était chez lui. Il occupait l’espace sans se soucier de la présence de l’autre, le visage serein, les gestes précis. Il prépara consciencieusement et sans perdre de temps le repas de midi. Dans une grande poêle, des pommes de terre, des lardons et des oignons rissolaient avec de la graisse de canard. Au cœur de ce mélange bien doré il ajouta avec délicatesse deux magrets qu’il tourna et retourna plusieurs fois avec d’infinies précautions. Très concentré, il se détendit soudain et un sourire gourmand éclaira son visage. Il servit deux assiettes en jetant un coup d’œil satisfait sur l’étiquette de la bouteille de vin rouge des Corbières. Il prenait grand soin pour la déboucher et humer son arôme puissant et généreux. Volp regardait, admiratif, ce colosse qui avait toujours faim, consumé par le plaisir sans limite de la bonne chère. Il dégustait le repas sans penser à rien d’autre jusqu’à ce que la bouteille de rouge eut rendu sa dernière goutte. Parfois il semblait à Martin que son ami parlait mais il ne l’entendait pas. Il goûta du bout des lèvres un morceau de patate et répugna à trancher le magret trop saignant. Philibert haussa ses larges épaules, se saisit de l’assiette de son hôte et dévora le contenu jusqu’à ne rien laisser du jus imbibé dans une large tranche de pain de campagne.

Martin pensa qu’il lui fallait ajouter les mots âme sœur dans son cahier d’écolier. Un wagon de plus accroché au train-train de sa vie derrière ceux qui serpentaient sur les voies tortueuses de sa mémoire. Ces mots liés par des traits d’union invisibles s’engouffraient dans des tunnels obscurs qui menaient vers des stations lumineuses. Mais la nuit noire surgissait trop vite et, voyageur immobile, il attendait l’ultime arrêt, celui ou tous les prénoms de ses amours s’illumineraient dans un seul : Marie.

Son ami, la face teintée de rose, les yeux brillants, entreprit de faire la vaisselle. Martin resta près de lui en fumant une cigarette et en sachant qu’il détestait l’odeur du tabac. Mais leurs sentiments réciproques avaient surmonté tant d’épreuves qu’ils ne risquaient pas de se dissoudre dans des volutes de fumée bleue. A chacun ses vices et les différences cimentaient plus solidement leur complicité et leur affection.

Philibert finit d’essuyer assiettes, verres et couverts et posa le torchon sur un coin de l’évier. Martin connaissait par cœur ce qu’il allait lui dire en le saisissant par le cou, son front sur sa tempe, son souffle sur sa joue, ses mots haletés au creux de l’oreille comme pour confesser un grand secret : « Boudu je me suis régalé ! Bon là il faut que je m’en aille presto, parce qu’avant d’aller traire les vaches, je file baiser cette bougresse de femme du maire qui s’impatiente depuis la semaine dernière ! »

- Ah ! Milledieu ! J’ai failli encore oublier de te demander quelque chose...

Pensif, il se dirigea vers le salon en faisant signe à Martin de le suivre. Il posa ses deux mains énormes sur la table ronde, se pencha vers l’avant, cligna des yeux en scrutant le coin le plus sombre de la pièce. Il déclara d’un ton mi-amusé mi-curieux :

- C’est qui cette gonzesse à moitié à poil et qui te tourne le dos en plus et que c’est bien dommage?

Martin sentit un sourire monter au bord de ses lèvres mais répondit avec sérieux et respect dû à la compagnie de cette œuvre magistrale.

- C’est Gala...

- Connais pas de nom pareil...

- C’est la femme du peintre catalan Salvador Dali

- Boudu, lui j’en ai entendu parler... Il est un peu fada non ? Et sa femme, cette... Gala... Tu... Tu... Comment dire ?

- Ne dis rien s’il te plait ! Tu vas t’imaginer n’importe quoi là !

- Oh ! Mon bonhomme t’énerve pas ! Je voulais juste savoir si c’était, entre elle et toi, comme moi avec la femme du maire... Eh oui, ça te ferait le plus grand bien, crois-moi !

 

Martin n’eut pas la force de le retenir un petit instant de plus pour lui dire sa souffrance grandissante sous la pression de l’écoulement d’un temps qui se rétrécit.

Il attendit le salut amical de son ami bras levé par la vitre ouverte de la 4L, écouta les dernières emballées nerveuses du moteur et, dans le calme revenu, il chaussa ses bottines de randonnée. Il marcha en longues foulées sur les chemins familiers aux paysages jamais pareils. Le bruit rythmé de ses pas résonnait dans son vide intérieur et masquait les tensions douloureuses de sa chair. Ce moment était une parenthèse nécessaire. Il s’inventait de nouveaux espaces contenus dans des mots qui éclataient sous son crâne comme des bulles de champagne. Dès qu’il aperçut l’Etoile du Berger, il regagna sa maison et, ressentant les affres d’un état d’ébriété, il se précipita aux toilettes. Le torse secoué de spasmes violents, penché sur la cuvette, il cracha du liquide jaunâtre, gluant et âcre. Il se releva tout tremblant et se traîna jusqu’à la salle de bain pour essuyer la sueur et les larmes collées sur son visage.

Il n’avait plus de mots dans sa tête.

Penché sous le robinet du lavabo, il rinça longuement sa bouche à l’eau froide. Puis, dans l’armoire à pharmacie, il se saisit du tube de somnifères et avala machinalement le dernier cachet. Il était temps de s’allonger sur le canapé du salon en portant un dernier regard vers le coin de la pièce où se perdait dans l’ombre la beauté de Gala.

Des traces pour un
instant d’éternité
 
 

Martin Volp avait des réveils difficiles. L’odeur de café froid lui coupait l’appétit. La pendule adossée au mur demeurait muette. La masse sombre du canapé l’invitait à se recoucher. Seule la veilleuse de l’ordinateur donnait un signe de vie dans le silence pesant. Autour de la terrasse des moineaux commençaient à babiller. Volp prépara du café frais. Il écoutait le gargouillis de la cafetière. Un croûton de pain dur traînait sur le buffet en formica. Il le jeta vers la poubelle qui débordait et sentait mauvais. La chute du quignon sur le carrelage claqua comme un tir de carabine à plomb.

Des vrombissements de véhicules pressés fusaient de la route principale. Bruits habituels, fugaces, sans intérêt. Le laitier, le livreur de la cantine scolaire, la porteuse de journaux à domicile, son voisin partant au travail, traçaient les premiers passages du jour dans les rues du village. Tous les matins la même gêne dans son intimité.

Il prit une tasse de café brûlant, l’amena sur la terrasse et attendit le ruissellement des larmes sur ses joues. La cigarette dans sa bouche pointait son bout incandescent vers les dernières étoiles. Lueur rouge comme un astre vieillissant.

Volp patientait et quand l’heure sonna au clocher de l’église, d’un pas lent et fatigué, il se dirigea vers le tabac-presse-épicerie du village. Dévisageant les personnes rencontrées sur son chemin, il passait inaperçu. Être une réalité invisible représentait une aubaine pour lui qui n’aimait pas son visage érodé par les ans.

Il attendait le moment où les portes du commerce s’ouvriraient et il regardait à la dérobée une jeune femme, sa poitrine avant tout, sur laquelle s’échouait une longue chevelure blonde. Elle fumait en se penchant sur la poignée d’un sac à provision équipé de roulettes. Volp ne pouvait plus détacher ses yeux de ce corsage opulent. La fille se fichait pas mal du regard des hommes. Il alluma une cigarette et chaque bouffée lui procurait un intense plaisir, comme s’il suçait les tétons de la blonde.

De retour chez lui il regarderait les gros titres du journal local sans curiosité, juste une manière de faire comme tous les gens avant de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Ensuite il se posterait devant l’ordinateur, effacerait tous les nouveaux messages sans les consulter et n’en garderait qu’un seul reçu depuis longtemps. Six ou huit mois peut-être, qu’importe, sa présence suffisait. De quoi entretenir un fol espoir, sa seule raison de vivre.

 

 

Il vérifia pour la énième fois que tout était bien en place dans la messagerie de l’ordinateur et selon sa volonté. La machine n’avait aucun pouvoir sur lui, il la possédait, la dominait, comme l’œil sévère d’un père sur son enfant.

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