Le nourrisson d
264 pages
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Le nourrisson d'Oufrane

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Français

Description

Au Maroc, dans le sud profond, à Oufrane. A la fin du XVIIIème siècle, vivait à l'orée du Sahara, une communauté juive pieuse, laborieuse, respectueuse de ses voisins. Vint un cadi. Les bûchers s'allumèrent. Les faits sont authentiques et les personnages ont réellement existé. Renouant avec la tradition littéraire des auteurs qui assignent à l'écriture sa pure fonction universelle, l'auteur sait retenir son lecteur en éveil de bout en bout.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2012
Nombre de lectures 20
EAN13 9782296481374
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0141€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Cet ouvrage a été proposé à la publication par Daniel Cohen©L’Harmattan, Paris,2012, pour la traduction française. ISBN :978-2-296-55-740-6
Le Nourrisson d’Oufrane ʯאʸפʥאʮʷʥʰיתʤ
Œuvres d’Asher Knafo Le Nourrisson d’Oufrane, Bimat kedem, Tel Aviv, Israël,2000. Traduction française, L’Harmattan, Paris,2012.Mariage juif à Mogador, Bimat kedem, Tel Aviv, Israël,2005, [en collaboration avec David Bensoussan]. Yakhin, la pensée éducative de rabbi Yossef Knafo, éditions Ot Brit Kodesh, Jérusalem, Israël,2005collaboration avec [en plusieurs auteurs]. Le Poète, le Taciturne et le Conteur, Bimat kedem, Tel Aviv, Israël,2006. Le Chantre au Hammam, Bimat kedem, Tel Aviv, Israël,2006.
Asher Knafo
Le Nourrisson d’Oufrane ʯאʸפʥאʮʷʥʰיתʤroman
Traduit de l’hébreu par Aimé Bensoussan
L’Harmattan
Je tiens à remercier Mme Élise Malca qui m’a encouragé à faire me traduire mon livre, M. Aimé Bensoussan qui l'a traduit ; M Aline Felhendler, M. Norbert Bel-Ange et le Pr. David Mendel-son, pour leur relecture attentive du texte.
1
adoch essuya la sueur de son front et se frotta les yeux pour K en enlever les grains de sable. Il plissa ses paupières et tenta de déceler un signe de vie entre les dunes ondulantes. Mais la lumière aveuglante du désert le força à baisser son regard et à se replonger dans ses pensées. Il essaya maintes fois de changer de position sur la selle de sa chamelle, en vain. Il n’arrivait pas à trouver une assise confortable. La chamelle blanche qui lui servait fidèlement de monture depuis six mois poursuivait sa progression à grands pas à l’ombre de la chamelle du chef, qui marchait, altière, en tête de la cara-vane. Kadosh espérait qu’ils atteindraient les confins d’Oufrane avant la fin du jour. « Encore une nuit dehors et demain je re-trouverai ma femme et mes enfants », se disait-il. Il se demandait si son dernier-né était un garçon ou une fille. Ména était déjà en-ceinte de quatre mois quand il avait entrepris son long périple. Normalement, si les prévisions du chef de la caravane s’étaient confirmées, il aurait dû arriver à temps pour l’accouchement de sa femme. Mais le voyage avait pris une autre tournure et s’al-longeait toujours davantage. Qu’allait lui dire Ména ? Allait-elle lui pardonner de l’avoir abandonnée avec ses quatre filles, alors qu’elle était dans un état de grossesse avancée ? Ou, peut-être, allait-elle s’attendrir à sa vue ? Mais au fond, pourquoi diable avait-il entrepris ce terrible voyage dans le désert ? Lui-même l’ignorait. Était-ce le démon de l’aventure ? Ou la soif d’horizons infinis ? L’appât du gain ? Peut-être une secrète envie de s’éloigner de sa femme et de ses filles ? C’était probablement un peu de tout cela à la fois, se di-sait-il.
10ASHERKNAFO
Il était de toute évidence le premier Juif à se joindre à une caravane de Touaregs, ces hommes bleus du désert. Il faisait du commerce avec eux depuis de nombreuses années. Lorsqu’ils arrivaient à Oufrane après un voyage exténuant dans le désert, Kadosh veillait à leur confort pendant leur escale. Il les aidait à vendre leurs marchandises et à en acquérir d’autres pour leur voyage de retour. Au cours des années, des liens étroits s’étaient tissés entre lui et les Touaregs, et tout particulièrement avec le chef de la caravane qui le considérait comme un homme de con-fiance. Avant d’entreprendre ce dernier voyage, il avait fréquem-ment quitté sa maison pour de courtes périodes pendant les-quelles il allait vendre ses marchandises dans les villages voisins à quelques jours de marche d’Oufrane. À l’occasion, il se rendait également dans la grande ville de Mogador, pour acquérir de nouvelles marchandises qu’il revendait avec de jolis bénéfices à Oufrane et dans ses environs. À Oufrane, sa famille et ses amis n’approuvaient pas tous son attitude. Le rabbin Yéhouda Afriat qui dirigeait la commu-nauté, tenta de le dissuader d’entreprendre ce long périple.  Comment un Juif croyant peut-il séjourner aussi long-temps parmi les Arabes ? Comment respecteras-tu les lois de la nourriture cachère ? Comment pourras-tu te recueillir pour faire tes prières ? Kadosh rejetait toutes les questions du rabbin. Il lui mon-trait les boîtes d’étain scellées qui renfermaient de grandes quan-tités dekhlâa, viande frite puis conservée dans de la graisse, des sacs de fruits secs, les paquets dekrssa, ces grands pains plats qui peuvent être consommés même après avoir été longuement con-servés. Il y avait là de quoi subsister pendant plusieurs mois. Quant aux prières, il avait déjà accoutumé les Arabes des environs à le voir enveloppé dans sontalit, son châle de prière, avec ses phylactères sur son bras et sur son front.
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