Le poids des maux
118 pages
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Le poids des maux , livre ebook

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Description

Des mots sur l’indicible


Mélanie, jeune aide-soignante, vit un conte de fées auprès de Charles. Tout bascule le jour où il lève la main sur elle. Commence alors une descente aux enfers, subissant tous les fantasmes d’un pervers narcissique, qui ne la laissera pas partir. Trouvera-t-elle une issue face à ce monstre psychopathe ? Ou sera-t-elle une énième victime d’un féminicide tragique de celui que la presse surnomme « le tueur sanguinaire » ?

En parallèle, la commissaire Lavilla enquête sur un macabre tueur en série sévissant dans la région. À l’aide de Steve, un profiler hors norme, ils vont vivre une multitude d’émotions, mettant leurs désirs et leurs peurs les plus profondes en avant.

Le poids des maux n’est pas seulement une histoire imaginaire, c’est le quotidien de femmes et d’hommes qui ne trouvent pas de mot à poser sur leur souffrance.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782381538730
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0067€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

ISBN : 9782381538730
 
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Le Poids des Maux

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Lény BOUGEARD
Le Poids des Maux


 
Je dédicace ce livre à ma femme, que ton sourire continue d’illuminer ma vie.
Prologue

—  Police secours, j’écoute.
—  J’habite au 36… ??? J’ai besoin de vous, venez m’aider…
—  Que se passe-t-il ?
—  Il y a du sang partout, je sais pas ce qui s’est passé…
La ligne se coupa. Le policier de garde envoya une unité sur place, sans réellement savoir ce qui se passait. Léa posa le téléphone et prit sa tête entre ses mains. Elle regarda ses parents au sol, une mare de sang les entourant. Assise sur le canapé, en pleurs, les minutes semblaient interminables et la tristesse prit la place de la peur.
Les sirènes retentirent dans l’allée de la maison, un homme tapa à la porte, alors la jeune fille, en sanglotant, ouvrit.
 
Chapitre 1
« Et c’est ainsi que tout commença… »
Mélanie finissait d’écrire son exposé. Pendant quatre heures, elle avait donné son point de vue à l’écrit pour valider son examen d’aide-soignante. Un diplôme qu’elle espérait depuis si longtemps, la réussite était enfin au bout de ses doigts. Elle posa son stylo, ferma sa trousse et se leva.
Elle marcha jusqu’au bureau de l’amphithéâtre où se trouvait le professeur et se dirigea vers la sortie. Mélanie prit ses longs cheveux noirs dans sa main, attrapa son chouchou accroché à son poignet et attacha ses cheveux. Elle poussa la porte du centre de formation, sortit un paquet de cigarettes et rejoignit son nouveau petit copain, Charles.
Elle l’avait rencontré dans un bar, lors d’une soirée entre amis. Sa meilleure amie, Laetitia, lui avait présenté Charles, qui était l’un de ses amis. Tout de suite, une complicité était apparue entre eux. Comme chien et chat, ils ne pouvaient pas se voir sans se taquiner ou rigoler de tout ce qui les entourait.
Ils échangèrent un baiser et ils montèrent dans la voiture.

—  Comment ça s’est passé ? demanda-t-il.
—  Bien, j’ai écrit quatre pages sur les différentes manipulations possibles pour faire la toilette d’une personne ainsi que les soins nécessaires en fonction de ses pathologies.
Mélanie regardait dehors, la vitre ouverte, elle aimait voir la ville disparaître derrière elle. Le bruit, la foule et la pollution n’étaient pour elle pas son idéal. Elle avait fait des études de médecine, comme son père. Il était un modèle pour elle, le genre de père que tout le monde aimerait avoir. Elle avait toujours pu compter sur lui, malgré les longues heures d’absence à cause de son travail.

—  Tu peux accélérer ? demanda-t-elle.
Charles ne répondit pas, appuya sur l’accélérateur de son Audi Q5 et s’engagea sur la rocade à toute allure traversant le paysage qui défilait à toute vitesse.
Une demi-heure plus tard, il tourna dans un chemin qui menait à une grande grille noire en fer forgé. Il appuya sur le bouton de sa télécommande et celui-ci s’ouvrit lentement. La grille laissait place à une belle maison bourgeoise des années 1970, entourée d’un jardin entièrement boisé. Ils avaient trouvé ici leur bonheur dans une maison de 120 m 3 , avec quatre chambres, une cuisine américaine donnant sur un salon avec une cheminée. Ils avaient construit une terrasse à l’arrière donnant sur une grande piscine, juste à l’orée du bois. Mélanie adorait cette maison, elle était tombée sous son charme dès le début. Elle avait trouvé là son havre de paix, avec le chant des oiseaux et avec de la chance, des chevreuils passant dans le jardin, pas de vis à vis, pas de voisins. C’était le nid idéal pour un jeune couple un peu aisé, qui souhaite construire une famille, mais la jeune femme était réticente, elle trouvait qu’il était encore trop tôt, et que sa carrière était une priorité.
Charles était plus âgé, il arrivait sur ses trente ans. Directeur d’un restaurant, il avait, comme on dit, eu du flair et avait fait fortune en achetant un local au centre de la ville. C’était un homme connu, respecté et adulé par les femmes.
Il était brun, élégant, toujours bien habillé et coiffé. Il ne sortait jamais sans avoir mis de la crème sur son visage et du parfum. Mais Mélanie lui faisait confiance malgré le regard des femmes sur son copain. Elle, c’était une jeune femme de vingt-et-un ans, elle avait de longs cheveux noirs, des rondeurs harmonieuses et des yeux bleus qui mettaient en valeur tout son visage poupin.
Charles éteignit le véhicule, et ils pénétrèrent enfin dans la maison. Elle prit une tasse et se fit chauffer un café. Charles qui la talonnait, mit les clés dans la corbeille déposée sur le petit meuble de l’entrée et alla s’asseoir sur le canapé, la télécommande à la main. Il alluma la télé.
 
Édition spéciale Flash Info
Laura, une jeune femme, mère de trois enfants, a été retrouvée morte dans la cave de son domicile alors que son compagnon était en déplacement depuis des mois. La jeune maman, qui n’avait plus donné de signes de vie depuis huit jours, a été victime, sans doute, d’un cambriolage qui aurait mal tourné. Les trois enfants qui étaient depuis quelques jours en vacances chez la sœur de la victime ont heureusement été épargnés.
Plus d’informations dans l’édition de ce soir.
 
Charles se retourna et dit :

—  Comment peut-il ne pas appeler sa femme pendant huit jours sachant qu’il a des enfants ?
—  Peut-être parce que les hommes se sentent libres dès qu’ils quittent la maison.
Ironisa Mélanie.
Il éteignit la télé, prit une cigarette dans le sac de sa copine et sortit un instant fumer sur la terrasse. Elle le rejoignit enlaçant ses bras autour de sa taille, posant sa tête sur le dos de Charles, qui inhalait la fumée lui remplissant les poumons.
Le lendemain après-midi, le téléphone sonna.

—  Allo ?
—  Madame Danuro ?
—  Oui ?
—  J’ai une très bonne nouvelle à vous annoncer ! Je vous appelle pour vous informer que vous avez été reçu à l’examen d’hier.
Mélanie resta sans voix, elle était enfin devenue aide-soignante. Elle balbutia :

—  Merci beaucoup de m’avoir prévenu.
—  De rien, madame, passez une excellente journée.
La communication coupa. Elle avait enfin atteint son but. La jeune femme voulait appeler Charles, mais son téléphone était sur répondeur. Il était 15 h 30.
Elle sortit dans le jardin, et alla faire quelques brasses dans la piscine pour se détendre. Mélanie pensait que Charles aurait dû finir son service, mais apparemment il avait encore des clients. On tapa à la porte, Mélanie cria d’entrer. Sa meilleure amie, Laetitia, avait reçu son SMS où elle lui expliquait qu’elle avait été admise. C’était une jeune maman de vingt-trois ans, qui avait rencontré Mélanie pendant les cours de préparation au concours, mais avait dû abandonner son projet suite à sa grossesse.
Mélanie sortit de l’eau, toute heureuse de voir sa copine, et sauta dans ses bras.

—  Ah, tu es folle, tu es trempée !
Mélanie éclata de rire.

—  Arrête de te plaindre et allons boire un verre à l’intérieur.
Laetitia avait l’habitude des crises passagères de sa confidente. C’est cette complicité qui les rapprochait toutes les deux. Elle avait donné naissance à une petite fille, quatre mois plus tôt.
Elle avait un air fatigué depuis, traînait quelques kilos en trop et avait un agenda bien rempli entre le travail, la crèche et la maison. C’était une jeune femme blonde et fragile, et pour cause. Son conjoint, le papa de la petite était mort 1 mois avant la naissance de celle-ci d’un accident de moto. Elle s’était effondrée avant d’accoucher et avait décidé de se battre, contre vents et marées, en voyant les yeux de son bébé. Elle avait encore des moments de dépression, mais Mélanie, en véritable amie, était toujours là pour la soutenir.

—  Alors, que vas-tu faire maintenant ?
Tout en préparant deux limonades bien fraîches, elle répondit :

—  Je vais postuler au CHU, dans le service de gériatrie.
—  Et pas de bébé pour l’instant alors ?
Demanda Laetitia, un sourire aux lèvres.

—  Je sais pas. J’ai vraiment envie d’avoir un contrat avant et de profiter un peu, je me sens pas prête.
Laetitia changea de sujet, et elles passèrent la fin d’après-midi à papoter.
Charles rentra peu de temps après, épuisé par cette journée interminable.
 
Chapitre 2
« Un rêve inaccessible ?... »
Les mois passèrent, Mélanie vivait son rêve, elle travaillait depuis peu au CHU, elle avait obtenu la place qu’elle espérait et avait enfin commencé sa carrière.
Charles était ravi pour elle, mais le couple, qui depuis le début vivait d’amour et d’eau fraîche, rencontrait quelques difficultés. En effet, Charles voulait un enfant, mais Mélanie refusait. La tension au début imperceptible montait peu à peu, mais, amoureux, ils se réconciliaient toujours sur l’oreiller. Beaucoup de couples se déchirent pour un enfant, mais eux savaient comment réussir à continuer à vivre ensemble, faisant des concessions sur certaines choses…
Mélanie finissait son service, comblée, les patients étaient tous ravis de l’avoir auprès d’eux. Elle faisait un travail méticuleux et soigné, prenant toujours le temps avec ses patients, même pour discuter de leur vie. C’était pour elle l’évidence même de son métier, qui ne consistait pas seulement à apporter des soins, mais aussi au bien être de ces gens qui laissaient leurs vies entre ses mains.
Elle adorait son métier et passait la plupart de son temps à l’hôpital et Charles commençait à en prendre ombrage.
En rentrant chez elle, ce soir-là, elle rejoignit Charles dans l’eau transparente de la piscine. Le couple profitait avec bonheur de chaque moment d’intimité qu’ils pouvaient se dégager.
Elle s’approcha de lui et l’embrassa amoureusement. Ses mains descendirent au niveau des hanches, et ils commencèrent à faire l’amour. Ils ne l’avaient pas fait depuis un moment, ce fut un moment de plaisir partagé, intense et brutal.
Mélanie, comblée, remit son soutien-gorge ainsi que sa culotte, et se dirigea vers la douche tout en lançant des regards taquins en se retournant vers Charles.
Il la suivit peu de temps après.

—  Tu veux vraiment pas prendre de congé ? demanda-t-il.
—  Pour quoi faire ?
—  Ben… pour rester ici, et profiter de notre maison. Tu sais, ma chérie, je travaille et je gagne très bien ma vie. Nous avons largement assez d’argent pour continuer à payer la maison. Et j’aime pas trop que tu ailles là-bas, beaucoup d’hommes te regardent…
Mélanie se retourna, et répondit, inquiète, mais flattée par cette réaction :

—  Dis pas n’importe quoi, tu sais très bien que je t’aime, et que je n’ai besoin de personne d’autre que toi. Et mon métier est important pour moi, j’ai besoin de continuer. S’il te plaît…
Charles avala sa salive en grimaçant, le regard sombre, et claqua la porte en sortant de la chambre.
Elle ne l’avait jamais vu se mettre dans cet état-là. Sans donner plus d’importance à ce moment de colère, Mélanie prit son téléphone et envoya un message à Laetitia : « Salut ma belle, 19 h chez toi ? Bisous »
Elle choisit avec soin une robe dans son dressing qui était rempli de vêtements et de chaussures en tout genre et descendit dans la cuisine. Charles n’était plus là, il avait pris sa voiture et quitté le logement. Surprise par cette réaction inattendue, elle l’appela, et n’obtenant pas de réponse lui laissa un message vocal : « Chéri, je pars boire un café chez Laetitia, je ne rentrerai pas tard, je t’aime. »
Elle prit sa voiture, un peu déçue par son attitude incompréhensible et rejoignit sa meilleure amie chez elle.
 
Quatre semaines plus tard…
 
Charles rentrait du travail. Il avait pris, sur le chemin, un plat chinois à emporter. Ils aimaient regarder des films le soir, blottis sur leur canapé et partager un bon moment autour d’un verre. Ils faisaient ça tous les vendredis soirs, c’était comme un rituel entre eux.
Mélanie, brutalement prise de douleurs au ventre, se leva d’un bond et se dirigea vers les toilettes, un pli soucieux sur le front. Elle avait depuis quelques jours mal à la poitrine et elle avait, plus tôt dans la journée, été jusqu’à la pharmacie du quartier, près de son travail, acheter un test de grossesse. Elle ne voulait pas d’enfant, mais avec un retard de règles d’une semaine, elle commençait fortement à avoir des doutes. Elle urina sur le test, la notice indiquait un temps d’attente de cinq minutes. C’était court et long. Elle ouvrit le robinet, se lava les mains et, anxieuse, s’aspergeât le visage d’un coup d’eau. Ses craintes se confirmaient. Le test affichait positif, elle était enceinte. Elle s’assit sur le bord de la cuvette, les jambes flageolantes, et mit sa tête entre ses mains. Elle ne savait plus quoi penser ni faire. Elle fit un bond.

—  Tout va bien, mon cœur ?
Charles tapait à la porte. Cela faisait plus de quinze minutes qu’elle était aux toilettes, et il commençait à s’inquiéter.

—  Oui…
Elle reprit son souffle… et ajouta :

—  J’arrive.
Elle sortit, le visage livide. Charles la regarda et lui demanda ce qui se passait. Elle bafouilla :

—  Je suis enceinte…
Charles fit un grand sourire ravi.

—  C’est super, mon amour !
Il la prit dans ses bras et l’embrassa passionnément. Il était aux anges, son rêve de devenir papa se réalisait. Il reprit :

—  Il faudra voir pour que tu arrêtes de travailler. Pour le bébé.
L’air étonné, elle le regarda et répliqua :

—  Euh… Je ne comprends pas, je suis en début de grossesse, je peux très bien continuer à travailler quelques mois.
—  J’ai dit non ! s’exclama-t-il.
Il tapa violemment sur le mur avec son poing serré, les yeux exorbités. Cette fois, Mélanie eut vraiment peur. Son regard avait changé, il semblait fou de rage. Devant l’air effrayé de la future mère de son enfant, il se calma et dit d’une voix tremblante :

—  Pardonne-moi, j’attends cet enfant depuis si longtemps, je ne voudrais pas qu’il vous arrive quelque chose.
Il l’enlaça, et se mit à pleurer. Mélanie, émue, essuya sa joue maculée de larmes délicatement en lui souriant. Son cœur battait la chamade, mais elle prit sur elle et oublia ce qui venait de se passer. Elle prit une douche et elle se mit au lit, pensive et épuisée comme si elle était passée sous un rouleau compresseur…
Chapitre 3
« Le bébé du diable ? »
Mélanie avait rendez-vous pour sa première échographie des trois premiers mois. C’était la première fois qu’elle allait pouvoir entendre le cœur de son enfant. Charles avait pris une journée de congé afin de l’accompagner et d’être présent. Il était excité comme un enfant à qui on venait de dire qu’il allait au parc d’attractions. Pendant son enfance, il avait subi beaucoup de violence venant de son frère aîné. Son père, lui, était un homme assez strict et autoritaire. Il ne tenait jamais pour Charles, chaque bêtise, chaque jouet cassé, était mis sur le dos de l’enfant. Il en avait beaucoup souffert. Son père lui reprochait inconsciemment la mort de sa mère, qui avait perdu la vie pendant l’accouchement. C’est peut-être une des raisons qui le poussait à vouloir voir Mélanie faire attention pendant sa grossesse. Il baissa le son de l’autoradio et dit tendrement :

—  Tu n’es pas trop stressée ?
Mélanie tourna sa tête vers lui, prit sa main posée sur le pommeau de vitesse et répondit :

—  Ça va, j’ai hâte d’entendre son cœur. Tu sais, je sais bien que tu veux savoir le sexe, mais il y a peu de chance à ce stade, qu’ils puissent nous le dire.
—  Ce n’est pas grave, l’important c’est qu’il aille bien, et puis, maintenant que tu portes notre enfant, tu m’appartiens pour l’éternité.
Charles sourit.
Il trouva une place près de l’entrée de l’hôpital, et coupa le contact. Il y avait peu de monde, ils attendirent à peine dix minutes en salle d’attente, avant que la sage femme vienne les chercher.
La sage femme posa les questions fréquentes, liées à la grossesse, avant d’inviter la jeune femme à s’allonger sur la table afin de procéder à l’examen.
Elle prit un tube en plastique lui permettant de procéder à une échographie vaginale, et mit le son, afin que les deux jeunes parents puissent entendre le battement du cœur de leur enfant. Mélanie et Charles se regardèrent, et les yeux brillants de joie, ils se prirent la main. C’est un sentiment si beau d’entendre la vie dans le ventre d’une maman, comme un œuf qui va éclore on ne sait quand.
Ils profitaient de chaque battement, de chaque seconde où ils pouvaient entendre leur bébé.

—  Voilà, c’est fini. Votre bébé va très bien. Son rythme cardiaque est régulier, il faudra par précaution faire un bilan sanguin afin de voir si tout va bien de ce côté-là aussi. Vous pouvez vous rhabiller.
Sur ses mots, Mélanie remit ses vêtements et rejoignit Charles dans le bureau médical.

—  Voulez-vous accoucher ici ?
La jeune femme acquiesça et le rendez-vous prit fin.
Sur le chemin du retour, Mélanie fit part à Charles de son envie de continuer à travailler. Il ne répondit pas, resserra ses mains sur le volant, passa la cinquième vitesse, le regard figé et ne lâcha pas la route des yeux. Le goudron passait à vive allure sous le pare-chocs de la voiture, qui fonçait, moteur hurlant, à travers la ville.

—  Ralentis s’il te plaît, demanda-t-elle.
Son pied droit enfonçait la pédale de plus en plus fort, en faisant des appels de phare afin que les véhicules qui ne roulaient pas assez vite se poussent. Mélanie terrorisée hurla :

—  Arrête !
Il la regarda, se mit à ralentir et dit d’un ton rageur :

—  Méfie-toi ! Si tu ne t’arrêtes pas de travailler, je ferais en sorte que tu ne puisses plus travailler !
Elle n’avait pas compris ses mots. Pourquoi dire ça ? Beaucoup de femmes travaillent jusqu’au sixième mois de grossesse. Elle n’osait pas répondre. Une grossesse n’était pas un handicap et elle ne voulait pas que les personnes la traitent différemment. Elle prit son téléphone et demanda à sa meilleure amie Laetitia de la rejoindre très vite chez elle. Charles arriva dans l’allée, et gara la voiture dans le garage. Mélanie qui ne disait pas un mot, comme assommée, attendit en vain Laetitia dans la cuisine. Charles sortit de la maison, son téléphone à la main.
Quelques minutes plus tard, il revint. Mélanie regarda la pendule, inquiète et dit :

—  Laetitia n’est pas encore arrivée.
—  Normal, je lui ai dit que tu étais fatiguée et que tu étais partie te coucher, répondit-il.
—  Mais d’où…
Elle n’avait pas eu le temps de finir sa phrase, Charles la prit par le bras, et tout en la jetant sur le canapé, lui répondit violemment :

—  Maintenant, tu la fermes ! Tu portes mon enfant, tu es dans ma maison, tu n’aurais rien si je n’étais pas là ! Donc si tu ne veux pas que je t’en colle une, tu te la fermes !
Il lui arracha son téléphone et le jeta de toutes ses forces contre la cheminée, il ne résista pas au choc. Les débris de plastique étaient éparpillés dans le salon.
Dès le lendemain, il appela l’hôpital pour résilier son contrat de travail pour raison de santé, et dit à sa famille et à ses amies qu’elle devait se reposer. Mélanie ne comprenait pas ce qui se passait, elle venait de voir son rêve, sa vie, complètement bouleversés.
Le soir venu, elle essaya de lui parler calmement et de lui dire qu’elle préférait partir un peu chez ses parents, afin de se reposer, comme il avait dit. En vain. Il lui répéta ironiquement qu’elle resterait là, qu’elle n’avait pas sa place pour négocier quoi que ce soit.
Après plusieurs minutes de dispute, Charles se leva, s’approcha de Mélanie et lui mit une baffe en plein visage. Elle tomba à la renverse contre le rebord de l’évier. Le coin du plan de travail venait de lui rentrer dans les côtes et sa tête tapa sur la porte du placard. À bout de souffle, elle se mit à terre, recroquevillée sur elle-même, en chien de fusil. Elle n’arrivait pas à croire ce qui venait de se passer.
L’homme qu’elle avait connu, l’homme dont elle était tombée éperdument amoureuse venait de la frapper. Elle voyait sa vie entière basculer et tomber en lambeaux. Une descente aux enfers qu’elle n’avait pas prévue, qui avait transformé ses rêves en cauchemar. Charles travaillait le lendemain, elle alla se coucher et attendit qu’il s’en aille. Elle se disait que ce serait le moment idéal de partir, sans qu’il puisse la retenir. Pourra-t-elle vraiment s’enfuir sans conséquence ?
Chapitre 4
« Un cauchemar lui retirant tout espoir… »
Charles se levait vers 9 h du matin, pour aller à son restaurant vers 10 h 30. Il s’habilla, but un café et fuma une cigarette. Il embrassa Mélanie amoureusement, comme s’il avait totalement oublié ce qui s’était passé la veille. Ou faisait-il semblant d’avoir oublié ? Il était simple de faire l’innocent, surtout pour lui. Les côtes douloureuses et le visage tuméfié, elle n’avait pas dormi de la nuit, la douleur donnait comme des coups de marteau incessants à l’intérieur de son corps. Elle cherchait une explication logique, quelque chose qui aurait pu l’amener à lui faire du mal : « Ai-je fait quelque chose de mal ? A-t-il eu vent de ragot sur moi ? »
Tout tournait en boucle dans sa tête. Elle ne le trompait pas, ne voyait que sa meilleure amie et ne s’habillait pas vulgairement. Mélanie avait beau tout repasser comme un film dans sa tête, elle ne comprenait pas. Elle se disait qu’il n’y avait aucune raison et que c’était par pure pulsion qu’il avait agi ainsi… Elle découvrait un visage de Charles qu’elle ne connaissait pas.
Il se leva, saisit ses clés de voiture, et s’en alla sans rajouter un mot. Elle regarda discrètement à la fenêtre, pour vérifier qu’il était parti. Une fois sûre d’elle, elle attrapa le téléphone fixe. Trois bips lui indiquaient que celui-ci ne fonctionnait pas. Après avoir regardé derrière le combiné, celui-ci avait le fil arraché, ce qui démontrait que c’était volontaire. Elle prit ses clés de voiture, et alla dans le garage. Elle prit place au volant, mit la clé dans le contact et elle la tourna plusieurs fois, en vain, en appuyant sur l’accélérateur. Rien… Elle recommença une deuxième fois, toujours rien. Charles avait pensé à enlever la bougie d’allumage. Il savait que la jeune femme ne saurait pas la remettre, et qu’il était simple de la remettre rapidement, si elle posait des questions.
Mélanie n’en revenait pas, sa voiture décidait de tomber en panne au moment où elle en avait le plus besoin. Elle claqua la porte de rage, le visage inondé de larmes, rentra dans la maison et prit son manteau. Elle quitta la maison à pied et rejoignit la route à deux cents mètres de la demeure. Elle était à une dizaine de kilomètres de la ville, et peu de voitures passaient par là. Par chance, elle aperçut un camion qui roulait dans sa direction. Elle lui fit de grands signes. Le semi-remorque s’arrêta, elle grimpa les deux marches, pour mettre sa tête à la vitre. Le chauffeur ouvrit et l’interrogea du regard :

—  Pouvez-vous m’amener au commissariat ?
—  Vous avez besoin d’aide, madame ? Bien sûr ! Montez vite ! répondit-il.
Elle ouvrit la portière et prit place dans la cabine. L’homme la regardait d’un air inquiet, tout en vérifiant si elle n’était pas blessée. Elle se pencha afin de regarder dans le rétroviseur, comme pour s’assurer qu’elle n’était pas suivie. Aucun des deux ne prit la parole pendant tout le trajet. Il la déposa à l’angle de la rue qui donnait sur le poste de police. Elle le remercia et ferma la porte. C’était un petit commissariat qui avait une trentaine de fonctionnaires en service. Deux grandes portes aux vitres teintées empêchaient de voir qui se trouvait à l’intérieur. Elle entra, intimidée, et s’approcha d’un pas hésitant vers l’agent debout derrière un comptoir :

—  Bonjour, Madame, en quoi puis-je vous aider ?
—  J’aimerais déposer plainte pour coups et blessures.
—  Bien, contre qui, madame ? répondit le policier tout en tapant sur son ordinateur.
—  Mon conjoint.
Le policier leva les yeux au ciel, la dévisagea, et lui fit signe d’attendre. Il se leva et alla chercher une femme, qui arborait un badge de commissaire. Elle avait l’impression qu’elle dérangeait les policiers, ça ne présageait rien de bon.

—  Bonjour, Madame, je suis la commissaire Lavilla, je vais prendre votre déposition, suivez-moi…
Elle obéit, sans dire un mot. Tous les policiers, narquois, la regardaient comme si elle venait de tuer quelqu’un. Elle précédait la commissaire et s’assit dans son bureau.

—  Bien, expliquez-moi tout.
La jeune femme, confiante face à la policière qui lui inspirait du réconfort, elle commença par expliquer son début de grossesse et le changement d’attitude de son conjoint envers elle. Elle lui parla de la scène irréelle de la veille, où pour la première fois, elle avait reçu un coup de la part de son compagnon. La policière écrivait tout en écoutant, indifférente, le récit de Mélanie.

—  Vous n’avez pas appelé la police ? Et avez-vous des marques de coups ?
—  Non, il a brisé mon téléphone sur la cheminée. J’avais peur, j’ai pas bougé. Et non, je n’ai aucune marque, il m’a mis une claque, mais je n’ai plus de traces…
—  D’accord, pouvez-vous me donner le nom de ce monsieur et un numéro de téléphone ?
Mélanie donna tous les renseignements nécessaires. Le commissaire lui demanda ensuite de patienter dans la salle d’attente. Elle prit ensuite son téléphone et passa un appel.
Mélanie prit place près de la baie vitrée. Elle regardait les gens dans la rue sourire et profiter de leur matinée. Elle mit sa main sur son ventre et elle se disait que tout aller se terminer. Elle prit un verre d’eau dans la bonbonne qui était installée là à cet effet. Après trente minutes d’attente, un policier s’approcha dans sa direction, d’un pas lourd.

—  Madame, nous avons pris note de votre déclaration. Cependant, nous n’avons aucun élément permettant l’ouverture d’une enquête. Vous comprendrez que nous ne pouvons pas aller arrêter un homme à chaque fois qu’une femme nous affirme qu’il la bat.
Mélanie sentit la colère monter. Elle marmonna :

—  Pardon ? Vous me prenez pour une menteuse. Je suis enceinte, j’ai peur pour moi et mon bébé. Vous allez me laisser seule, avec un homme qui me traite comme un objet ?
L’homme, un peu gêné, ne trouvait pas de mots pour réconforter Mélanie, il s’excusa et fit demi-tour. Elle fondit en larme. La police était là, en principe, pour aider les personnes en difficulté, pourquoi là, ils ne faisaient rien ? Elle se dirigea vers la porte, mais Charles venait de pousser la porte d’entrée. La police l’avait appelé en lui expliquant que sa femme se trouvait là. N’est-ce ce pas une réaction stupide de leur part ? Quoi qu’il en soit, il était de toute évidence au courant maintenant.
Il la regarda, sourit, alla à l’accueil et s’excusa du désagrément que sa conjointe avait causé.
Il serra chaleureusement la main de la commissaire, qui lui rendit un sourire enjôleur. Mélanie n’en revenait pas, il avait réussi à leur faire croire qu’elle fabulait. Il mit sa main dans son dos, et ils sortirent du commissariat. Elle tremblait, elle se disait qu’il allait s’énerver et la frapper encore. Charles mit sa ceinture et dans un silence glaçant, ils rentrèrent chez eux. Pas un mot ne fut échangé pendant le trajet. Mélanie se disait qu’elle était en train de vivre un cauchemar et qu’elle allait se réveiller. Elle voyait le paysage défiler sous ses yeux, tremblante comme une feuille. Il entra la voiture dans le garage, mit les clés dans la coupelle et s’installa sur le canapé. Elle le suivait, prise de panique. Elle entra dans la salle, tête baissée, le souffle presque coupé. Il ne parlait pas, alluma la télé et s’endormit. Elle prépara le repas, et alla prendre un bain. Le soir venu, elle mit la table. Charles, qui n’avait pas digéré l’humiliation qu’elle avait voulu lui faire subir lui dit d’un ton moqueur :

—  Tu as fait quoi à manger ?
—  Des pâtes avec une côte de porc… répondit-elle en fuyant son regard.
—  J’espère que pour une fois tu as fait ça correctement, et que c’est moins dégueulasse que d’habitude.
Mélanie tombait de haut. Jamais il n’aurait dit une telle chose avant, il était si gentil et chaleureux. Elle savait qu’elle avait face à elle, un homme méconnaissable. Elle le regarda et lui dit :

—  Qu’est-ce que je t’ai fait ? Pourquoi tu me traites comme ça ?
Il posa sa fourchette violemment sur la table, se leva et s’approcha de la jeune femme.

—  Quand vas-tu comprendre que je ne t’ai pas demandé ton avis ? Tu crois vraiment que j’en ai quelque chose à foutre de ton opinion. Tu me dégoûtes, tu es juste bonne à faire le ménage. La femme est en dessous de l’homme, si je te dis quelque chose, tu obéis point barre ! répondit-il en se levant.
Il empoigna Mélanie, mit sa main sur sa tête qu’il vint plaquer sur la table entre les assiettes, tout près du plat qui venait de sortir du four. D’un geste brutal et rapide, il remonta la jupe de la jeune femme, baissa sa culotte en ricanant et commença à lui infliger des coups avec ses reins. Elle sentait la pression sur elle, qui l’empêchait de bouger le moindre petit doigt. Tout en lui disant d’arrêter, de ne pas faire ça, il continuait de plus belle, de plus en plus fort…
Mélanie était en train d’être violemment pénétrée par l’homme qu’elle aimait, sans pouvoir se débattre. De toute sa force, il maintenait sa tête et le poids de son corps appuyait sur le sien. Mélanie, épuisée, en pleurs et à bout de force, arrêta de se battre, le laissant finir. Elle sentit peu à peu la pression diminuer, il relâcha sa tête et se redressa. Tout en se rhabillant, il sourit et lui dit :

—  Tu vois, tu ne sers pas à grand-chose, tu n’es qu’une salope…
Mélanie remit sa culotte et partit, avec les larmes dévalant sur ses joues, jusque dans la douche. Elle venait de se faire violer. Les mots n’étaient pas assez forts, ni assez grands pour exprimer la détresse qu’elle ressentait. Le viol entre conjoints est difficile à prouver, et elle le savait. Elle avait peu de chance de réussir à convaincre quelqu’un, surtout que le matin même, la police l’avait abandonnée à son sort… ce qui l’avait amené à être violée telle une vulgaire prostituée qui l’avait cherché… Elle passa plus d’une heure dans la douche, afin d’oublier ce qui s’était passé. Charles s’est dirigé vers le compteur d’eau et coupa l’eau chaude. En train de se passer de l’eau dans les cheveux, l’eau glacée remplaça l’eau bouillante. Après un sursaut qui la fit revenir dans la réalité, elle se mit à trembler. Elle ferma le robinet et sortit de la douche en grelottant d’horreur. Elle était devenue l’esclave physique et sexuelle de son conjoint. Elle venait de trouver le diable en personne, et elle était seule face à cet homme qui avait changé du jour au lendemain.
Elle enfila un peignoir de bain et alluma la télé tout en posant sa tête sur son oreiller, cheveux mouillés.
 
Édition spéciale Flash Info
« Jessica, maman d’un petit garçon de quelques mois, a trouvé la mort dans son domicile. Découverte le matin par la baby-sitter, le cambrioleur aurait apparemment sévi pendant la nuit. C’est actuellement la troisième victime décédée selon le même mode opératoire depuis six mois. Un tueur en série serait-il par ici ? L’enquête est menée par la commissaire Lavilla, qui répondra à toutes nos questions d’ici quelques heures en direct à l’antenne… »
 
Chapitre 5
« La victime s’abandonnant à son bourreau… »
Subir une violence psychologique, physique ou sexuelle était au-delà de son imagination. Elle se battait pour la liberté des femmes, pour leur indépendance, et tout ce qu’elle expliquait aux femmes en détresse, lui arrivait. Mélanie finissait sa grossesse, sous les coups, les viols et insultes de Charles. Personne ne demandait de nouvelle de la future maman. Charles avait pris soin d’éloigner tout le monde, et d’isoler sa proie. Elle était devenue sa chose. Après plusieurs mois de calvaire, elle avait cessé tout combat. Traitée de salope, pute, bonne à rien et rabaissée plus bas que terre, elle s’était abandonnée à son sort, laissant son âme entre les mains de son bourreau qui prenait un malin plaisir à lui infliger toutes les tortures connues. Elle était violée tous les deux jours environ. Elle savait quand elle...

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