Le Retour au Moyen Age
233 pages
Français

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Description

Dans le roman Le retour au Moyen Age, Jym le narrateur, est un enfant de cinq ans. Nous le suivons partir à la découverte de la médina, que d’étranges murs séparent d’une cité cachée. Un khalife, à la solde des vainqueurs, y est chargé de faire appliquer la dure loi du retour au Moyen Age.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2019
Nombre de lectures 65
EAN13 9789961573853
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,085€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Mostefa Harkat Le retour au Moyen Âge Roman AFAQ
Tous droits réservés à l’auteurISBN 978-9961-57-385-3 er Dépôt légal : 1 semestre 2019
PARTIE 1
UN TEMPS BIEN ÉTRANGE
1 La médina
Tout indique ici qu’on est au Moyen Âge: les ruelles étroites et inégales, les habitations aux portes lourdes, aux fenêtres étroites, décorées d’arabesques, les hommes vêtus de djellabas ou de sarouals, coiffés de turbans, les femmes cachées sous leurs voiles blancs, n’offrant aux regards que leurs yeux et parfois une mèche coquette ornant le haut de leur front, les chameaux, les ânes, les mulets chargés de lourdes marchandises, les souks où s’affichent des produits exotiques aux couleurs chatoyantes, les odeurs de musc et d’encens mêlées au parfum des fleurs, les bruits de foule, d’animaux, d’outils d’artisans au travail. Oui, c’est bien le Moyen Âge installé ici, un Moyen Âge oriental. Mais personne ne peut dire de façon précise à quelle année ou quel siècle appartient ce temps. Et certainement pas moi qui venais d’avoir cinq ans et qui partais, ce jour-là, à la découverte de la médina, exercice que j’ai pratiqué dès que mes jambes se sont raffermies, dès que mon esprit s’est habitué aux schémas des rues, des places, des marchés, des jardins. La place des Chameliers était le centre de mes expéditions, c’était vers elle que je me dirigeais chaque matin. Elle était pour moi le centre de la cité, et peut-être même celui du monde. De petites maisons d’un étage ou deux, rarement trois, en définissaient les contours ; des maisons cubiques avec des terrasses sur lesquelles les femmes montaient pour épousseter tapis et couvertures, étendre le linge, faire sécher des fruits et
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des légumes. Elles en profitaient pour observer à leur aise, le spectacle des rues et offrir au vent la nudité de leurs bras, la douceur de leur visage libéré des voilettes qui l’emprisonnaient.En bas des habitations, se trouvaient divers commerces. Le café des nattes, la boutique du fleuriste Word, la pâtisserie de Halwaji, l’épicerie de Kadour le boiteux, l’auberge des réfugiés, l’étable d’Issa qu’on appelait «Issa Abu Garage » pour une raison qui m’échappait à l’époque.Il y avait également une fontaine dite « Fontaine des Miracles». Des marchands d’eau coiffés de grands chapeaux de paille colorés venaient y remplir leurs outres. Issa utilisait cette source pour abreuver ses animaux qu’il louait selon son bon vouloir. Parfois il proposait son écurie pour qu’elle serve d’hébergement ou, pour une brève période, un petit emplacement faisant face à son établissement et qu’il qualifiait de « zone de stationnement ». Il prenait un millime la demi-journée. Pour les chameaux considérés comme des « poids lourds », selon son expression, il fallait payer plus cher. Il offrait également d’autres services comme celui de laver ou de nourrir les bêtes chez lui. L’orge et le blé étaient selon lui des carburants qui se divisaient, selon leur qualité, en normal et super. Il avait un langage très spécial, monsieur Issa ! Ses bêtes avaient elles aussi des noms étranges. Son petit âne s’appelait Coccinelle, sa mule, 404, et sa belle jument, Mercedes. Il la brossait tous les jours, l’embellissait de joyeux pompons, et la louait à prix d’or pour parader durant les fêtes.Un jour, vint un monsieur très arrogant, chevauchant un pur-sang nerveux et racé qu’il souhaitait confier à Issa. Celui-ci, amusé, caressa la monture et lança : C’est une véritable Lamborghini! Cette boutade lui valut de vives remontrances. Surveillez votre langage, Issa, autrement on finira par fermer votre sale écurie. Cette pouliche a pour nom Hautaine, et à ce sujet vous seriez bien avisé de changer celui de vos misérables bêtes. Issa devint brusquement livide et fit mille excuses au cavalier.
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─ Ce n’était qu’une plaisanterie bien anodine, dit-il d’une voix tremblante. ─ On ne prend pas ses aises avec le langage, espèce d’idiot. Celui-ci doit être conforme aux directives de notre bien-aimé khalife. Vous avez tout à fait raison monsieur le dignitaire. Pour me faire pardonner, je vais m’occuper moi-même de votre belle monture et je lui donnerai la meilleure nourriture. Je suivais cette scène de loin sans rien y comprendre. Je me demandais quelle faute avait bien pu commettre Issa et pourquoi il avait tellement peur de ce dignitaire. Les rues qui débouchaient sur la place, n’avaient aucun secret pour moi. Elles étaient au nombre de sept : la rue des Parfumeurs, celle des Forgerons, celle des Papetiers, celle des Orfèvres, celle des Ébénistes et deux autres encadrant l’étable et montant vers la haute médina dominée par le palais du khalife. Là, des soldats armés de sabres et de lances, vous jetaient des regards menaçants; d’un geste qui n’admettait aucune contestation, ils vous ordonnaient de passer votre chemin lorsque vous ralentissiez par hasard le pas. La rue des Ébénistes débouchait sur une grande place dite « place du Cheval », où avait lieu chaque jour de la semaine, un marché particulier. Le banal marché des fruits et légumes se tenait le lundi. Le mardi avait lieu celui des oiseaux ; le jour suivant était consacré à la vente de véhicules d’occasion tels que des charrettes, des diligences, des litières pour chameaux. Il y avait un jour pour les fleurs, un autre réservé aux conteurs et aux charlatans qui proposaient des herbes et des médicaments miracles guérissant tous les maux. Je préférais de loin le jeudi, jour des magiciens. Là, venaient s’installer dès le matin, des prestidigitateurs, des charmeurs de serpents, des cracheurs de feu, des avaleurs de sabres et surtout maître Magik, qui avait un succès phénoménal. Ses tours étaient si spectaculaires et si inattendus que beaucoup de gens croyaient qu’il possédait effectivement des pouvoirs surnaturels. Il transformait l’argent en or, les pierres en
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─ Ce n’était qu’une plaisanterie bien anodine, dit il d’une
─ On ne prend pas ses aises avec le langage, espèce d’idiot.
me faire pardonner, je vais m’occuper moi
Les rues qui débouchaient sur la place, n’avaient aucun
Orfèvres, celle des Ébénistes et deux autres encadrant l’étable et
; d’un geste qui
n’admettait
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à la vente de véhicules d’occasion tels que des charrettes, des
loin le jeudi, jour des magiciens. Là, venaient s’insta
u’il possédait effectivement des pouvoirs surnaturels. Il transformait l’argent en or, les pierres en
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diamants, les hommes en femmes, faisait parler les oiseaux et les chats ; il redonnait de la fraîcheur aux fleurs fanées, aux rameaux desséchés, remplissait d’eau ou de lait des outres vides puis en donnait à boire aux spectateurs assoiffés ; il jetait une abeille solitaire dans un bocal vide qui se remplissait aussitôt de miel. Parfois on le ligotait avant de le mettre dans un sac fermé, et le voilà s’échappant avec l’aisance de quelqu’un qui ouvre une porte dont il possède la clef !
2 Le magicien
La première fois que je vis monsieur Magik, je fus subjugué par sa prestation et je me promis d’être un jour magicien, moi aussi. Je savais qu’il y avait un truc à la base de chaque tour et, à force de faire travailler mes méninges, je finis par découvrir le secret de l’un d’eux. Celui durant lequel il transformait l’argent en or. Il s’adressait alors au public: Mes chers amis, si vous voulez voir la suite du spectacle, déposez une petite pièce; pas une pièce d’or, mais une simple pièce de quelques centimes. Dans un jour, une semaine, un mois, un an, ce sou deviendra de l’or. Sachez que l’année dernière, l’un de mes spectateurs parmi les plus assidus a découvert un trésor. Il est devenu riche, immensément riche. Il possède aujourd’hui une luxueuse maison, dix pur-sang, et plusieurs servantes. Pendant qu’il attendait que la sébile qu’il avait posée par terre se remplisse, je lui soufflai à l’oreille: ─ Je connais votre truc.Il en fut abasourdi et me dit à voix basse. Qu’est-ce que tu racontes gamin? Il n’y a pas de truc. C’est de la magie pure.Votre boîte a un double fond. J’ai remarqué que vous la faites tourner à chaque fois que vous voulez changer l’argent en or.
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─ Ne parle pas si fort, espèce d’idiot,tu vas tout gâcher. Je te donnerai quelques pièces si tu me promets de ne plus jamais revenir ici. Puis, après avoir réfléchi un moment, il se ravisa. Tu veux être mon assistant, petit? J’enavais un qui est un imbécile fini et qui est parti sans crier gare. Il veut être magicien mais il n’a pas les doigts assez agiles. Cette main que tu vois, je l’ai exercée pendant des jours et des jours, et uniquement pour faire disparaître une pièce. ─ Que vous glissez dans votre manche ! ─ Décidément, tu m’intéresses! Prends cette boîte et fais le tour de l’assistance. Tu dois connaître tous les boniments dont je me sers. Ça fait plusieurs semaines que je te vois rôder dans les parages. Je pris la sébileet, tout en l’agitant, je dis d’une voix que je voulais grave, convaincante et amusée comme celle du maître : ─ Qui veut mettre une pièce d’argent ou de bronze, laquelle ce soir ou dans quelques jours, deviendra une véritable pièce d’or, frappée à l’effigie de notre bon Khalife? N’hésitez pas, n’attendez pas, car dans un instant, il sera trop tard. En effet, chers spectateurs, la magie n’opère qu’à des moments privilégiés. Monsieur Magik sourit : je lui convenais comme assistant. Quantà moi, j’étais tou: je venais de pénétrer dans let fier monde des adultes. C’était il y a un mois.Pour ce jour-là, nous avions préparé un nouveau tour. Je me fondais dans la foule lorsque maître Magik, d’un doigt qui semblait n’être guidé que par le hasard, me désignaen s’exclamant :Tiens, toi petit, viens et assieds-toi sur cette chaise. ─ C’était un simple siège métallique, recouvert d’un tissu gris où étaient inscrites ces trois lettres : BMW. ─ Petit est-ce que tu sais ce que c’est qu’une voiture? ─ Oui, c’est untruc avec des roues qui est soit poussé par un porteur, soit tiré par des bêtes. Quelles bêtes par exemple ? ─ Des ânes, des mulets, des chevaux ou des chameaux.
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