Le Serment de fidélité - Tome 1
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Le Serment de fidélité - Tome 1 , livre ebook

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Description

En Côte-d'Ivoire, sur la commune de Yopougon, se prépare un événement de taille : l'anniversaire de mariage du couple Mariam et Max, surnommé MaMa, 10 ans de mariage.
Dans la pure tradition du serment de fidélité, ce couple inspire respect et admiration auprès de leurs proches.
Pourtant, ce jour-là, le passé de Max et ses pulsions vont ressortir au grand jour. Une ex de Max a décidé de faire cesser la comédie et de faire éclater une vérité. Sous le soleil couchant d'Abidjan, la religion se mêle à l'infidélité et aux ébats amoureux.

L'auteur, Aminata Lago a grandi en Côte-d'Ivoire et a voyagé un an en Afrique de l'Ouest à la rencontre des cultures.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 septembre 2021
Nombre de lectures 476
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le serment de fidélité
 
 
TOME I
 
 
Ce livre est édité par Lectorama , la maison d’édition de livres d’Afrique francophone.
http://lectorama.fr
L’équipe d’édition de Lectorama, a réuni au sein d’une collaboration plusieurs auteurs africains, pour parvenir à ce livre et la série qui s’en suit.
Tous sont réunis sous la bannière Lectorama.
 
 
 
 
Copyright Aminata Lago
 
 
 
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335−2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle
 
 
 
 
I
 
Le soleil finissait de répandre ses rayons sur la Côte-d’Ivoire, principalement sur la ville d’Abidjan. Bientôt apparaîtra le crépuscule qui va couvrir de sa lumière faible tout le pays avant de laisser place à la nuit—la grande maitresse des ténèbres—qui régnera jusqu’au petit matin.
Dans la commune de Yopougon, il était prévu un événement de taille dans la magnifique salle de fête de l’Espace Napodia. Le couple Max et Mariam surnommé MaMa allait fêter ses dix années d’anniversaire de mariage. En effet, ces dix années de vie de couple passées depuis le jour de leur mariage avaient été un succès. Ce qui nécessitait d’être commémoré. De même, le serment de fidélité prêté par chacun d’eux n’avait connu aucun dérapage.
Un véhicule Range Rover gara sur le parvis de l’espace Napodia. Max et Mariam étaient à bord. Avant de descendre du véhicule, ils se jetèrent quelques paroles d’amour, les yeux fixés l’un sur l’autre.
— Je suis très reconnaissante au sujet de la célébration de ce jour des dix ans de mariage et de fidélité. Vraiment, je suis la femme la plus heureuse du monde, affirma Mariam, faisant des gestes de la main, avec un sourire resplendissant aux lèvres.
Max lui sourit aussi et prend ses mains entre les siennes.
— Je suis aussi reconnaissant comme toi ma chérie, de passer toutes ces années avec toi dans l’amour et la fidélité, et moi je suis l’homme le plus heureux du monde, répondit Max.
Ce jour-là, Max KOULATE était habillé en veste noire dont la l’élégance était remarquable. Jeune homme galant marié de 33 ans il avait la taille d’ 1,72 m, un teint bronzé et aimait s’endimancher pour paraître toujours alléchant. Son style de s'habiller à la fois classique et moderne lui offrait une jolie apparence comme s’il venait d’entrer dans la fleur de sa jeunesse. Il ne cessait de séduire les femmes même mariées qui entraient dans son périmètre. Dodu, il était légèrement ventripotent. Barbu et moustachu, Max portait des favoris sur son visage dont il prenait souvent bien soin afin de toujours paraître beau comme le prince de Galles.
Max était chef comptable à la direction générale de la Société Africaine de Cacao (SACO) dont le siège social est à Abidjan, à Marcory dans la rue Pierre et Marie Curie, zone 4c. Il est l’époux de Mariam. Il partageait la même villa avec elle. C’était une très belle villa dont Max était lui-même le propriétaire.
Max eut avec Mariam, trois enfants dont il prenait chaleureusement soin. Il avait en dehors de sa Range Rover, deux autres véhicules : une Toyota CAMRY, une et une Ford EDGE. Il était loyal, fidèle, jaloux, instruit, cultivé, intelligent, efficace et efficient dans le travail. Max était lié à sa femme non seulement par le mariage mais aussi par le serment de fidélité. Chrétien non fervent, il croyait aux valeurs endogènes.
— Tu sais, reprit Mariam, franchement, je me demande jusqu’à ce jour, ce que je serais devenue si je ne t’avais pas rencontré dans ma vie. En effet, tu es tout pour moi. Tu n’es pas que l’homme de ma vie, mais tu es ma vie. Il me semble bien que ma respiration n’aurait pas un rythme stable si je ne t’avais pas connu, que mon âme ne vivrait pas au-dedans de moi si je ne t’avais point connu, car mon cœur ne bat que pour toi chaque fois et toutes les fois.
Max sourit davantage en écoutant ces paroles savoureuses que sa femme bien aimée venait de cracher à son endroit. Il tira vers lui les mains de Mariam et lui fit des bisous au verso de ses paumes. Mariam était bougrement jouasse.
En effet, Mariam, l’heureuse femme du jour était irréprochable dans sa tenue veste de couleur noire comme celle de son mari. Jeune femme trentenaire, Mariam KPANDE avait 1,75 m comme taille dépassant légèrement son mari. Lorsqu’elle portait ses chaussures à talon, elle le dépassait largement. Mais ce jour-là, elle ne le dépassait que légèrement. La peau basanée et toujours fraiche, les cils longs et recourbés, les ongles longs, les doigts fins, le teint brillant, Mariam était une vraie femme africaine. Les yeux veloutés, le nez camard, les joues et les pommettes rondelettes, les oreilles légèrement décollées, le menton rond, le visage doux et souvent coloré de sourire, elle avait une forme potelée et ses fesses ressemblaient à deux grosses pastèques parfaitement façonnées. Sa resplendeur obligeait quiconque la regardait à ne point détourner son regard d’elle, à moins qu’on ne voulût être discret. Elle était une femme à qui correspond en vérité le mot beauté. Elle était raffinée en beauté et était un beau et doux paysage pour Max. Elle avait une âme vachement désirable. Elle était une femme que tout homme pourrait rêver avoir sous son toit.
Mariam était une esthéticienne et détenait un grand salon de beauté et d’esthétique sis à Yopougon en face de la mairie. Elle aimait porter sur sa tête de belles coiffures et adorait prendre soin de son corps et se mettre sur son trente-et-un. Elle en portait une ce jour-là : c’était une coiffure dont les cheveux étaient en torsade. Epouse de Max et mère de trois enfants : Franck, Amoin et Konan KOULATE, sa vie jusque-là était heureuse avec sa petite famille. Elle était une femme fidèle, loyale, respectueuse, instruite, aimable et attachée à la fois aux valeurs traditionnelles et modernes. Elle était aussi une femme jalouse. Elle vivait avec son mari à Yopougon. Elle avait un véhicule Nissan ALTIMA et utilisait par moment les véhicules de son mari. Elle croyait aux mêmes valeurs religieuses que son mari.
— C’est pareil pour moi, ma bien-aimée. Toi aussi, tu n’es pas que la femme de ma vie mais tu es ma vie. Sans toi, je ne suis rien. Sans toi, j’aurais déjà avalé mon extrait de naissance. Sans toi, ma vie n’a point de sens. Merci chérie pour être entrée dans ma vie.
— Je t’en prie chéri. C’est plutôt moi qui te remercie. Je ressens depuis toujours quelque chose de profond pour toi qui dépasse ce que les gens appellent communément l’amour. Dire ‘’je t’aime’’ ne suffirait pas pour apprécier et qualifier à sa juste valeur ce que je ressens pour toi. Dire ‘’je t’aime à la folie’’, c’est de l’hyperbole, et cela ne suffirait pas non plus. Dire ‘’je t’aime à mourir’’, c’est aussi une hyperbole trompeuse. Pour moi, je n’ai pas trouvé dans le dictionnaire français, le mot qu’il faut ou l’expression qu’il faut pour t’exprimer à sa juste valeur le pur amour que je ressens pour toi. Mais mon cœur est témoin, mon âme est témoin, tout en moi est témoin de ce précieux amour que je ressens pour toi. Je t’aime sincèrement. Vivre sans toi est la seule chose impossible qui puisse exister dans ce monde.
— Merci chérie et sache que pour moi aussi, vivre dans ce monde sans toi est une vie dont l’existence ne peut appartenir à aucun ensemble mathématique. Ni à l’ensemble des entiers naturels N, ni à l’ensemble des entiers relatifs Z, ni à l’ensemble des nombres relationnels Q, ni à l’ensemble des nombres réels R, ni à l’ensemble des nombres complexes, ni à aucun autre ensemble. Du coup, c’est une vie impossible.
— Merci mon beau pour ton amour pour moi et tous tes compliments qui me mettent aux anges.
— Ma belle, je suis très ravi de t’entendre en ce jour mémorable de notre mariage et de notre serment de fidélité. Tu es ravissante, tu es si belle, si raffinée, si croquignolette, si belotte, si surfine, si extrafine qu’on dirait que c’est par référence à toi que tous ces mots ont été créés. Tu es mon houri, tu es ma fée, ma déesse !
— Je ne saurais exprimer la gratitude qui anime mon cœur en ce jour. Tout ce que je peux demander à Dieu, c’est la longévité, que tu sois toujours près de moi, aussi longtemps que la vie puisse durer.
Max saisit sa femme Mariam par la langue. Ils se saisirent donc les lèvres, s’embrassèrent avec une vive tendresse. Max eut envie de saisir les entrejambes de sa femme pour balayer de sa queue ses sentiers. Mariam de même ne manquait pas d’envie de donner l’hospitalité à la queue de Max dans sa chatte. Mais le temps n’était pas à cela. Max devrait encore faire quelques courses avant que l’événement ne commençât à proprement parler. Le rendez-vous était donc scellé pour la nuit après la célébration de leur anniversaire de mariage. Quoiqu’ils n’eussent exprimé leur intention par des mots clairs, leurs cœurs rendaient bien ce témoignage. En tout cas, c’était bon signe pour le soir après l’événement. Max ne pourrait en aucun cas marginaliser cette opportunité qui s’offrirait à lui dès qu’il serait dans le lit avec sa femme. Il allait saisir sa femme pour parcourir les sentiers de ses entrejambes.
Toutefois, rien n’empêcha Max de câliner sa femme. Il glissa sa main gauche par la lucarne formée par le bas de sa jupe et atteignit la chatte de sa femme. Il introduisit deux de ses doigts dans le minou de sa femme et commença à le doigter. Mariam était manifestement excitée et était même prête à se faire labourer par la queue de Max.
Ils pouvaient facilement faire l’amour dans le véhicule comme par le passé. Rien ne les dérangerait puisque les vitres de leur voiture étaient blindées et personne ne pouvait apercevoir ce qui se passait à l’intérieur. Même les cris et bruits à l’intérieur du véhicule n’étaient guère perceptibles au dehors.
Cependant, ils ne purent rien continuer pour l’instant. Il fallait courir et tout mettre au point pour le grand événement de leur anniversaire de mariage. Il fallait mettre certaines choses en ordre avant l’amorce de l’événement. Faire l’amour en ce moment-là pouvait retarder certaines choses prévues pour ledit événement. Ils jugèrent ainsi de tout arrêter afin de poursuivre leurs câlins le soir dans le lit.
Max retira ainsi sa main et chacun d’eux se temporisa. Si ce n’était pas cet événement de taille qui les préoccupait, ils pourraient facilement faire l’amour dans la voiture comme par le passé. Mais le rendez-vous était néanmoins calé pour le soir.
Mariam ouvrit la portière et sortit du véhicule pour prendre la direction de la salle réservée à l’événement du jour.
Max, quant à lui, prit un plastique d’eau qui était dans sa voiture, ouvrit la portière du côté chauffeur, se rinça les mains, referma sa portière, mit le véhicule en marche, fit réverse, tourna, quitta le parvis de l’espace Napodia pour faire un tour dans la ville afin de prendre les enfants pour revenir quelques instants plus tôt.
Le crépuscule tombait et alimentait l’espace Napodia de ses lueurs. En effet, l’espace Napodia est un édifice aux toits rouges situé entre les sapeurs-pompiers et le collège Phalène à Yopougon. Cet espace est réservé aux différentes manifestations à Abidjan telles que : le mariage, l’anniversaire, le baptême et toute sorte de cérémonie. Tout l’intérieur de la salle respirait une ostensible décoration.
La salle de l’Espace Napodia commença à se remplir à petit feu. C’étaient les invités du couple MaMa venus de diverses communes d’Abidjan et d’ailleurs pour célébrer les dix ans d’anniversaire avec le couple.
Une heure plus tard, la salle se remplit et l’événement commença. Un animateur assurait l’imprésario pour conduire l’événement du début jusqu’à la fin. A l’entame, il salua la présence des invités du couple parmi lesquels il y avait leurs collègues de service, leurs amis, leurs parents, leurs alliés, leurs connaissances et bien d’autres.
On notait au rang des invités la présence de Didier GNONLOU, un ami intime de Max qui était venu dans ce lieu avec une jeune fille aguichante de Cocody.
Il y avait également parmi les invités, Henri KOULATE le demi-frère de Max et Christophe DAOUDA le maire de la commune de Yopougon. On remarquait tout de même la présence de Laurent BEDIE, le Directeur Général de la de la Société Africaine de Cacao (SACO) dont Max en était le chef comptable.
Sylvia KONAN, la cousine maternelle de Mariam était également du nombre de ceux qui étaient présents à cet anniversaire. Elle était assise à côté des enfants de Mariam. Elle avait donc occupé les chaises du devant au même titre que le couple MaMa.
Plusieurs autres personnalités avaient répondu présents à l’appel du couple eu égard à cet événement.
Il y avait par surcroît quelques artistes venus pour agrémenter l’événement. Il s’agissait de l’humoriste ivoirien Agalawal, des chanteurs ivoiriens Ariel Sheney et Soum Bill.
Le couple avait tout mis en œuvre pour que ce jour-là, il y eût à priori du spectacle, et à postériori à manger et à boire suffisamment. Il avait préparé cela de tout son cœur, et ce depuis un bon moment. Tout était donc au point pour que l’événement se passât à merveille.
L’animateur invita premièrement l’humoriste Agalawal qui passa animer la salle en arrachant à tous le rire à travers ses dires. Il fit une démonstration terrible à travers laquelle il montra au public que le prisonnier et le président étaient deux personnages identiques, que le prisonnier pouvait facilement devenir président et que le président pouvait aussi devenir facilement prisonnier. Qui dit l’un dit donc l’autre. Il les fit rire à s’en décrocher la mâchoire et à se tenir les côtes.
C’était bon signe que le spectacle avait bien commencé. Agalawal épuisa le temps à lui imparti pour sa première prestation et quitta le podium pour laisser place au suivant.
C’était le tour du chanteur ivoirien Ariel Sheney. On l’invita et sous l’impétuosité du public, Sheney s’installa avec ses musiciens. La musique commença du coup à résonner. Les gens chantaient avec lui et l’ambiance était gaie. Ariel Sheney finit cette première chanson et aborda une seconde.
Il finit la seconde et aborda la troisième chanson. Le titre de cette troisième chanson était ‘’Jolie Amina’’, lequel titre, il remplaça par ‘’Jolie Mariam’’. Lorsqu’il commença à fredonner ce morceau, tout le public l’accompagnait. Ce fut ainsi qu’il chantait ce morceau jusqu’à la fin.
Ce changement de nom du titre plut à Max qui le rejoignit sur le podium, sortit de sa poche un tas de billets de francs qu’il jeta sur lui un à un de façon rythmée. Mariam les rejoignit sur le podium et jeta de même quelques billets sur le chanteur Ariel Sheney.
Max et Mariam dansèrent aux yeux du public et ce fut vraiment intéressant. Beaucoup se levèrent et vinrent gratifier Ariel Sheney de quelques billets. Les autres restèrent debout au niveau de leur siège et dansèrent joyeusement pendant que d’autres vinrent danser avec le couple sur le podium.
Franck, le fils ainé du couple MaMa esquissa quelques pas de danse de même que sa tante Sylvia en voyant Max et Mariam danser.
Après cette chanson, Ariel Sheney finit ainsi son premier passage et le couple quitta le podium pour rejoindre son siège.
C’était le tour de Soum Bill. Il égaya le public à son tour avec ses chants d’amour pénétrants. Le public apprécia beaucoup son passage et l’accompagna également avec des danses. Lorsque son temps fut accompli, il quitta le podium.
Il était prévu que chacun de ces trois artistes chanteurs comme comédien repassât mettre encore de la joie au fond du cœur de ce chaleureux public venu pour célébrer les dix années d’anniversaire du couple MaMa.
En attendant, il était prévu une présentation officielle du couple devant le public. Le couple était donc invité par l’homme qui assurait l’imprésario.
L’homme et la femme se positionnèrent sur le podium devant le public, de même que les enfants. L’animateur présenta d’abord l’homme et la femme. Ils affichaient un tempérament jouasse, plein de sourire aux lèvres. C’était le moment d’entendre quelques mots de leurs bouches devant le public.
— Bonsoir cher public, dit Max d’une voix étoffée après avoir pris le micro, vous êtes tout simplement magnifiques ce soir, et surtout merci pour avoir répondu présent à cette invitation à notre anniversaire de mariage. Sincèrement merci. Chacun de vous pouvait rester chez lui, mais en considérant cet événement, vous avez cru devoir être là, et je ne peux que vous remercier du fond de mon cœur. On va « s’en jailler » ce soir. Ovationnez pour vous-même.
Une acclamation déflagra au milieu du public accompagnée des cris émotionnels.
— Comme vous le savez, reprit-il, aujourd’hui, c’est notre anniversaire de mariage. En effet, nous sommes mariés, il y a de cela dix années. Pour votre gouverne, le jour de notre mariage, nous avons aussi adopté le serment de fidélité au sein de notre couple. Pendant dix ans, nous avons vécu une vie paisible, une vie pleine d’amour et de fidélité. J’en suis tellement reconnaissant. Je voudrais avouer ici devant tout le monde que Mariam est pour moi la meilleure femme au monde.
Le public applaudit encore et encore.
— Merci chéri, je suis débordée de joie en ce jour de notre anniversaire de mariage. Tout ce que je peux dire en ce moment, c’est que je ne peux réellement vivre sans toi. Pour moi, tu es le meilleur mari au monde. Il est vraiment difficile de trouver de nos jours un beau mari comme toi, et fidèle en plus. Tu m’es resté fidèle pendant dix années. Vraiment, tu es pour moi le meilleur mari au monde.
Sur ces mots, ils s’embrassèrent devant le public.
L’animateur présenta ensuite les enfants. Le fils aîné prit le micro et plaça un mot.
— Au nom de mes frères et sœurs, je voudrais dire que nous sommes reconnaissants d’être les enfants de ce joli couple d’Abidjan que vous voyez aujourd’hui. Nous sommes des enfants heureux. Merci à papa, merci à maman, merci à vous tous. Je vous aime, conclut-il d’un geste de la main qui décolle ses lèvres.
Tout le monde applaudit fortement. Mariam et Max embrassèrent chacun les trois enfants de façon alternative.
Alors vint pour Max et Mariam le moment de passer au serment de fidélité.
Quelle connotation donc pour le serment de fidélité ? Le serment de fidélité, en effet, est une pratique traditionnelle qui consiste à promettre fidélité entre fiancés ou entre mariés. Il repose sur un pacte de sang. Il constitue une approche de solution pour palier à l’infidélité grandissante en Côte-d’Ivoire et surtout à Abidjan. Néanmoins, peu de couples adoptent ce serment de fidélité.
Pour faire le serment de fidélité entre fiancés ou entre mariés, on perce l’index droit du fiancé ou du marié en sorte que sorte le sang. L’homme pose son index droit sur la langue de la femme qui lape la gouttière de sang en faisant le serment suivant : « Je jure devant Dieu, devant les mânes de nos ancêtres et devant les hommes que je te resterai fidèle jusqu’au mariage.», s’il s’agit des fiançailles et : « Je jure devant Dieu, devant les mânes de nos ancêtres et devant les hommes que je te resterai fidèle jusqu’à la mort. » si c’est après ou à l’occasion du mariage.
On fait la même chose à l’endroit de la femme. Tout comme l’homme, on doit aussi percer l’index droit de la femme et le poser sur la langue de l’homme qui lape et fait le même serment de fidélité.
Ce serment oblige l’homme comme la femme à rester fidèle à son partenaire. Ce serment de portée traditionnelle a en lui quelque chose de mystique car sa violation expose le coupable au mauvais sort.
Seule la mort libère le survivant du serment de fidélité. Ce serment a l’avantage de garder fidèle son ou sa partenaire pour longtemps ou pour toujours.
Le couple MaMa s’apprêtait donc à refaire le serment de fidélité devant le public. Et ce, non pas que le premier serment adopté le jour de leur mariage fût à terme, mais c’était pour célébrer leur fidélité datant de dix ans. C'était pour témoigner de leur fidélité l’un envers l’autre devant le public de Yopougon venu de presque partout. La femme prit une aiguille de sa trousse et perça le doigt de l’homme afin de faire jaillir quelques gouttes de sang. Elle lapa le sang et fit le serment de fidélité.
— Max KOULATE, je jure devant Dieu, devant les mânes de nos ancêtres et devant les hommes que je te resterai fidèle jusqu’à la mort, jura Mariam.
Le public applaudit. C’était le tour de Max de faire également le même serment de fidélité à l’endroit de sa femme. Il piqua l’index de Mariam à l’aide de la même aiguille et le sang sortit. Il lapa le sang et commença le serment.
—  Mariam KPANDE, commença Max, je jure devant Dieu, devant les mânes de nos ancêtres...
Soudain, entra, contre toute attente, dans la salle de fête, une femme qui coupa d’une voix étoffée, la parole à Max. C’était Nadine OUATTARA. Elle était l’ex-copine de Max. Elle était une femme un peu grosse ayant une peau basanée. Très belle de figure, elle avait de très longs cheveux qui tombaient sur ses fesses derrière, une taille courte et de grosses fesses.
Les parents de Nadine étaient contre sa relation avec Max. Ajouté à son infidélité, Max avait du la quitter pour épouser Mariam. Nadine était commerçante et un peu riche. Elle aimait beaucoup Max. Elle n’était plus avec son mari depuis plusieurs années. Elle comptait le reconquérir par tous les moyens. Son plus grand désir, c’était de devenir la femme légitime de Max et faire perdre à Mariam sa place. Elle aimait faire le tour des religions endogènes comme modernes. Célibataire avec un enfant qui vit chez sa mère depuis un bon moment, Nadine avait plus d'une trentaine d'années. Max ne la dépassait que d'un an en âge.
— Tu jures quoi Max ? interrogea Nadine OUATTARA.
Abasourdi, il ne put continuer son serment de fidélité. Tout le monde pointa le regard sur Nadine qui ne craignait nullement de cracher tout ce qu’elle avait dans sa bouche comme parole. On lui fit d’abord attention.
— Cesse de mentir à ta femme et à tout le monde avec ce fichu serment de fidélité, continua-t-elle. Pourquoi faire un serment de fidélité qui n’en vaut pas la peine ? Ça ne sert à rien de faire un serment qu’on ne peut pas respecter. Max ne peut pas respecter ce serment de fidélité et il n’a d’ailleurs jamais respecté un serment de fidélité. Pourquoi ne peut-il pas respecter le serment de fidélité ? Parce qu'il m’aime et je l’aime aussi. C’est moi la femme de sa vie. Je suis celle que Max devrait épouser et par erreur, il a épousé celle-ci, doigtant Mariam. Je suis donc la femme originale de Max. Max c’est mon mari, nous avons souvent été ensemble même pendant qu’il est censé être avec Mariam. Il ne peut pas m’oublier aussi. Je ne peux pas vivre sans lui et il ne peut aussi vivre sans moi. Tout le reste, tout votre serment de fidélité, c’est du folklore.
Tous ébaubis, Max et Mariam se dévisageaient, regardaient Nadine sans piper mot. Le public poignardait de regard le couple et Nadine.
— La ferme ! Tais-toi, tu es certainement devenue folle ? vociféra Max voulant bondir sur elle.
— Non, je ne me tairai pas, je ne suis pas folle. Je dirai la vérité et rien que la vérité. J’ai toutes les preuves de ce que j’avance. Je ne peux plus continuer à garder ma relation secrète entre Max et moi. Max, je l’aime et il m’aime. On couche toujours ensemble, même avant-hier. Croyez-moi, Max n’a jamais respecté un serment de fidélité et ne le pourra jamais. Je sais de quoi je parle. J’ai sur moi quelques photos très récentes de Max et moi. Regardez bien ces photos, je les ai prises quand nous étions ensemble à l’hôtel Novotel Abidjan, Astoria Palace, à l’Hôtel Vera et chez moi. Même avant-hier, nous étions ensemble et nous avons passé de très bons moments ensemble. Je ne peux pas oublier Max.
Nadine jeta les photos qu’elle venait de sortir de son sac à l'endroit du couple qui tombèrent au sol. C’étaient des photos intimes d’elle et de Max. Tout le monde s’intéressa à ce qu’elle crachait de sa bouche. Certains se précipitaient pour observer les photos et constatèrent exactement que c’étaient Max et Nadine qui s’embrassaient, s’enlaçaient…
L’étonnement saisit tout le monde. Max était surpris et alla prendre les photos afin de les vérifier. Il constata que c’était bel et bien lui et Nadine qui étaient dans la photo. Max était tétanisé et ne savait que dire de ces photos.
Mariam alla vérifier elle aussi et constata que c’était du réel. Mariam fut estomaquée. Elle regarda Max d’un œil qui affichait une grande frénésie. Elle fondit en larme. Max tenta d’apaiser Mariam mais ce fut en vain. Mariam lui offrit une belle gifle sur la joue droite.
— Max, tu es méchant, tu m’as toujours trompé ! dit-elle le visage déchiré par les larmes que vomissaient ses yeux comme des jets d’eau qui coulaient de la montagne.
Mariam rougit à ébranler les fondements de l’espace Napodia. Elle rougit au point de défenestrer tout le public. Et comme une lionne prête à massacrer sa proie, Mariam était prête à dévorer Max et tous ceux qui tentaient de la calmer.
La salle fut embrouillée. Max devint hors de son état car cet événement l’avait désagréablement surpris.
Mariam ne pouvant se contenir prit la direction de la porte. Sylvia, sa cousine qui était avec les enfants la suivit afin de la consoler. Les enfants les rejoignirent. Les enfants pleuraient en voyant leur maman pleurer aussi, excepté Franck qui faisait l’effort de se contenir. Les enfants étaient apparemment fâchés contre leur père. Max suivit sa famille aussi et tenta de consoler sa femme mais c’était en vain. Plusieurs autres amis comme collègues, plusieurs autres parents comme alliés tentèrent de calmer la fureur de Mariam mais elle ne les écouta point. Elle sortit et rentra chez elle suivie de Sylvia et de ses enfants.
Toute la salle fut chamboulée et la réjouissance se transforma en un parfait trouble. Le spectacle termina ainsi en eau de boudin. Max ordonna qu’on donnât néanmoins à manger et à boire au public et se précipita de rejoindre Mariam et ses enfants. Certains prirent place afin de manger et boire pendant que d’autres préférèrent rentrer chez eux.
 
 
 
 
 
II
 
L’appartement du couple MaMa était situé non loin du collège public William Ponty à Yopougon à Abidjan en Côte-d’Ivoire. C’était une très belle villa, une maison à étages. La muraille qui formait la clôture de la maison était revêtue et parée de carreaux de couleurs vives bien agencées.
Un dispositif sécuritaire se faisait observer au niveau de la muraille. Sur le haut de ladite muraille étaient plantés et disposés des fils en aluminium piquants enroulés les uns sur les autres formant un chardon. Sous deux porches étaient disposés deux portails petit et grand qui conduisaient à l'intérieur de l'appartement. La façade de l'appartement était enjolivée par quelques sapins, saules et autres fleurs.
Dans la cour de cette belle villa, se trouvaient un jardin d'un côté, et un garage de l’autre. Le jardin était décoré de plusieurs plantes enjoliveuses telles que : le bougainvillier, le magnolier, l’if, le buis, le ginkgo, le fusain, le fuchsia et de nombre de fleurs agréables à la vue. Le sol était vêtu de pavé d’un côté mais l’espace occupé par le jardin était couvert de gazon.
Au garage, on pouvait apercevoir tous les véhicules du couple au nombre de quatre : une Toyota CAMRY, une Range Rover, une Ford EDGE et une Nissan ALTIMA. La maison était fabuleusement belle. Un grand vestibule conduisait au grand salon de l'appartement.
Au salon se retrouvait Mariam. Le salon était bien spacieux et meublé à l’Européenne. Les portes et fenêtres étaient en vitre. De précieux rideaux de mousseline pendaient à chaque porte et à chaque fenêtre.
Une grande télévision semblait être incorporée au mur. Des climatiseurs fixés contre le mur se faisaient remarquer dans le salon. Deux réfrigérateurs et d’autres meubles formaient avec l’ensemble un décor fabuleux qui respirait un air d'aisance.
Mariam était assise dans un fauteuil au salon. Max était non loin d’elle. L'ambiance était morne. Mariam était terriblement ligaturée par la colère et terrassée par l’angoisse. Elle pleurait au point de ne plus avoir de larmes pour pleurer. Elle était penaude et faisait vagabonder son esprit en tous sens. Elle ne pouvait pas imaginer cette infidélité de Max pendant dix ans quoiqu’il se fît passer pour fidèle. Elle n’avait plus confiance en lui, car il n’avait jamais respecté le serment de fidélité existant entre eux. Elle était presque inconsolable. Tous les efforts déployés par Max pour la consoler cette nuit-là n’étaient qu’un coup d’épée dans l’eau. Les enfants avaient aussi essayé eux aussi chimériquement d’apaiser leur mère. Ils finirent par se laisser emporter par le sommeil. Mariam ne put fermer l’œil de nuit. Elle passa ainsi une nuit blanche. Max n’eut d’autre choix que de passer aussi une nuit blanche avec elle. Vers le petit matin du dimanche, elle somnolait dans le fauteuil au salon avant de se laisser emporter par le sommeil. Max profita pour dormir pendant une poignée de temps en attendant que sa femme ne se réveillât.
Un moment après, Mariam se réveilla de son de son sommeil avec son habit d’amertume. Elle alla rejoindre son lit dans sa chambre à coucher. Sa chambre à coucher était au premier étage. Difficilement, elle franchit les escaliers pour rejoindre sa chambre. Max réveillé, la rejoignit dans sa chambre. Lorsque Max fut près d'elle, Mariam eut du mal à digérer sa présence.
— Eloigne-toi de moi, je ne veux pas te sentir, ni te voir en ce moment, vociféra Mariam.
— Ma chérie, calme-toi, et écoute-moi. Je t’explique tout.
— M’expliquer quoi ? Non pas besoin. Tu m’as toujours trompé alors que moi je t’ai toujours vanté en te présentant comme un mari fidèle. Alors que tu ne l’es nullement. Et voilà une grande humiliation le jour de l’anniversaire de mon mariage avec ta chère amante. Tu as déchiré mon cœur à jamais.
— Ma chérie, ne crois pas que je te suis infidèle comme l’a dit Nadine. C’est un montage de sa part pour nous séparer, pour détruire notre amour et saccager notre foyer. Je la connais bien, elle est experte en manigance, elle est très rusée. Je te prie, ne la croit pas du tout, mais crois-moi, je suis sincère.
— Ce n’est pas la peine, car je ne te croirai absolument pas. Je t’ai vu en photo avec elle, tu as souvent couché avec elle, vous allez dans les hôtels, les chambres de passage, tu m’as toujours trompé pendant que moi je te suis toujours restée fidèle. Tu as osé violer notre serment de fidélité et ne pense pas que tu resteras impuni. Non, tu ne resteras pas impuni…
— Ma chérie, je te le jure, je ne t’ai jamais trompée avec Nadine depuis que nous sommes déclarés mari et femme. Elle ne dit pas vrai. Elle ment, c’est du mensonge, crois-moi, chérie.
— C'est toi le menteur. Même si on te surprend avec Nadine, la queue dans la chatte, tu vas toujours nier. Pardon, Max, laisse-moi seule maintenant. Laisse-moi seule. Je veux être seule, hurla Mariam.
— Je vais te laisser seule. Toutefois, permets-moi de placer un dernier mot.
— Je ne veux pas t’entendre, c’est inutile tes justifications.
— Ce n’est pas inutile. Tu comprendras que je ne t’ai jamais trompée. Mais à supposer que je t’aie réellement trompée comme tu le penses, suis-je impardonnable ? Ne peux-tu pas me pardonner si réellement tu m’as toujours aimé comme tu l’as dit ? Je sais que je ne t’ai pas trompée. Même si tu penses que c’est le cas, alors j’accepte et je te demande pardon.
Max ayant vainement cherché à convaincre sa femme conclut que la solution idoine était de lui demander pardon afin de dissiper la fureur inextinguible qui brulait son cœur. Du coup, Max se mit à genoux devant elle.
— Chérie, je sais qu’il n’y a point de péché impardonnable, sauf le péché contre le saint esprit comme l’a dit la bible. Pour ce péché d’infidélité commis à ton encontre, pardonne-moi chérie. Pardonne-moi de t’avoir trompée comme l’a dit Nadine. J’implore ton pardon. Pardonne-moi au nom de l’amour que tu as pour moi. Me pardonnes-tu ?
— Je ne saurais te répondre maintenant. J’ai besoin de réfléchir et il faut que tu me laisses seule.
— Je vais te laisser comme tu le souhaites, mais réfléchis bien et décide au nom de notre amour.
Max quitta la chambre. Mariam se mit à cogiter. Elle décida enfin de tout relâcher d’abord, mais de surveiller désormais son mari en tout lieu pour voir s’il irait rencontrer encore Nadine, et s’ils continueraient à se voir.
Sylvia revint ce matin-là requinquer Mariam et son moral paraissait s’améliorer.
Sylvia KONAN était la cousine maternelle de Mariam. Sylvia domiciliait à Yopougon derrière la mairie, à deux kilomètres environ. Elle habitait dans la maison de son mari.
Femme religieuse et vertueuse, elle était secrétaire dans un cabinet juridique sis à Yopougon. Belle comme Mariam, elle paraissait même plus élancée que cette dernière. Seulement que sa peau était moins brillante que celle de Mariam... Elle avait son mari qui était en mission au Canada en ce moment-là. Elle allait dans une église évangélique.
Elle aimait parler des choses concernant la parole de Dieu. Son mari était fonctionnaire dans une organisation internationale. C'est pourquoi, il était souvent en voyage. Son dernier voyage datait de d'un mois et quelques jours. Parfois, il passait de nombreux mois avant de revenir en Côte-D’ivoire. Il s'appelait Célestin AFFETO.
Sylvia avait eu un enfant avec lui, mais cet enfant avala sa chique à l'âge de cinq ans. Selon les informations de ce temps-là, l'enfant avait été victime de la sorcellerie. C'était d'ailleurs le motif qui justifiait le fait que Sylvia fût devenue chrétienne fervente. Elle n'avait pas eu un autre enfant pour le moment.
Elle attendrait le retour de son mari pour tenter d'avoir un autre enfant au cas où la semence mise en elle par Célestin ne porterait pas son fruit. La religion l'avait rendue altruiste et fidèle. Quoique nombre d'hommes courussent après elle en raison de l'absence de son mari du territoire, Sylvia ne cédait pas à ces jeux d'infidélité. Elle soutenait beaucoup sa cousine Mariam.
Frank, le garçon ainé de Mariam n’avait pas aussi manqué d’apaiser sa mère, en lui disant de prendre courage et de tout supporter à cause de lui et de ses frère et sœur.
Didier Gnonlou venait de faire son entrée chez Max. Il prit siège au salon où étaient Max, Mariam, Sylvia et les enfants. Il était un jeune homme de 35 ans environ. Svelte, il avait plus de taille que quiconque. Le menton souvent broussailleux, il avait l’air d’un musulman alors que ce n'était pas le cas. Il était un architecte et travaillait dans le cabinet d’architecture AV Bulding S ARL à Cocody où il habitait lui-même et dont il était d’ailleurs le propriétaire. Ce cabinet avait une bonne renommée en Côte-d’Ivoire, et plus précisément à Abidjan.
Didier était un ami intime de Max, ayant fait la majorité de ses études avec lui. Il était propriétaire de plusieurs appartements et possédait aussi plusieurs véhicules. Il demeurait plus riche que son ami Max.
Didier n’avait pas la paix au foyer avec sa femme qui ne cessait de lui faire voir de toutes les couleurs. En réalité, sa femme était belle et se livrait souvent aux politiciens Ivoiriens qui couraient après le repas de ses entrejambes. Elle était manifestement infidèle, ce que Didier avait du mal à digérer. Il était en instance de divorce avec elle.
Intelligent, loyal, instruit, cultivé, discret, il était aussi un homme gentil, charmant, poli, sensible et compatissant. Mais dans l’esprit de Didier, trottait surtout Mariam.
Amoureux en secret de Mariam et fan de sa fidélité, il n’osait pas révéler ses sentiments car il les savait impossible. Didier avait aussi des sentiments pour Sylvia mais il n'avait aucune chance de sortir avec elle.
Mariam comme Sylvia étaient deux femmes fidèles à leurs maris dont l'une liée par le serment de fidélité et l'autre par la crainte de Dieu du fait de la religion.
Didier croyait aux valeurs endogènes. Néanmoins, il faisait parfois quelques tours à l’église catholique sur invitation ou par curiosité.
Ensemble ce dimanche matin-là, ils échangèrent entre eux. Didier chercha de toutes les façons à améliorer le moral de Mariam en culpabilisant Max devant sa femme. Max n’eut d’autre choix que de concéder. Ils passèrent un bon moment ensemble. Le moral de Mariam semblait mieux ce jour-là. Elle se remettait en scelle.
Quelques heures plus tôt, Henri KOULATE fit sa descente au domicile de son grand-frère afin de s’enquérir de leur moral. Filiforme, la taille moyenne, la peau d’ébène, le visage rectangulaire et le dos carré, Henri était un jeune homme trentenaire barbu ayant les cheveux crépus, le regard vif, les yeux noirs et brillants comme ceux d’un chat, les jambes torves et les épaules peu ou prou larges.
Henri était instruit et travaillait dans l’ONG Etoile d’Afrique à Yopougon en tant qu’assistant des ressources humaines. Il était cupide, rusé et prêt à tout pour satisfaire ses intérêts. Il était le frère consanguin de Max. Il convoitait beaucoup la femme de son frère.
Lorsqu’il fut venu, il essaya à son tour de consoler Mariam afin de lui faire oublier tout ce qui se fut produit le jour de son anniversaire de mariage. Une partie d’elle avait désormais l’air de céder aux paroles d’apaisement.
Après quelques moments d’échange encore, Max et Didier mirent le nez dehors. Ils firent d’abord un tour sur l’espace Napodia et sur insistance de Max, ils se rendirent chez Nadine Ouattara, celle qui avait mis du feu à leur anniversaire de mariage. Max sortit du véhicule et échangea avec Nadine. Max la réprimanda, la gronda de toutes ses forces.
— Pourquoi me grondes-tu ainsi ? Ai-je commis un péché en t’aimant de la sorte ? demanda Nadine.
— Je me fous de ton amour, vociféra Max. As-tu imaginé les lourdes conséquences du tohu-bohu que tu as créé hier ? Tu es vraiment folle. Tu veux gâcher mon foyer. Tu n’es qu’une diablesse. Pourquoi te mêles-tu de ma vie ? Je ne veux plus jamais te revoir. Et ne te mêle plus de ma vie !
Sur ces mots, il ouvrit la portière et voulut entrer dans le véhicule.
— T’inquiète mon chéri, tant que je ne serai pas sous ton toit, tu ne seras pas tranquille. Accepte-moi, même comme ta deuxième femme et tu auras gagné la compétition.
— Jamais et grand jamais, cria-t-il, j’ai une femme et je n’en aurai qu’une. Elle s’appelle Mariam, un point tiret.
— La lutte continue. Je ne suis pas de nature à baisser les bras. On ira jusqu’au-bout.
— La prochaine fois, je te ferai voir de toutes les couleurs.
La portière ouverte, Didier tenta d’échanger avec Nadine qui semblait imperméable.
Une caméra de surveillance était posée sous le porche du portail devant lequel échangeaient Max et Nadine.

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