Le Vieux au cœur froid
84 pages
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Le Vieux au cœur froid , livre ebook

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Description


Un sans-abri qui vit sous la culée d’un pont, accro à la vodka martini, tueur à gages pour de l’argent qu’il dépense aussitôt en beuveries, dialogue en permanence avec son double imaginaire : l’intelligence financière – chantre du capitalisme libéral et débridé.



Avec pour toile de fond les plages, les bars et les rues sombres de San Francisco, un roman raconté à une vitesse folle d'une voix bravache. La plus belle œuvre de Jim Nisbet à ce jour, rappelant Jim Thompson au meilleur de sa forme et Tarantino au plus irrévérencieux.



Une lettre d'amour dure et tendre aux bas-fonds d'une ville, une histoire de suspense brute et cocasse, qui ne vous laissera pas indifférent.






Jim Nisbet a écrit ce livre à l’apogée de la crise des subprimes. S’il était alors fou de rage et impuissant face à la crise, il était également lassé des clichés propres au roman noir, au polar et au thriller. Le roman est donc né de l’idée de rompre une fois de plus avec ces codes, davantage encore que dans ses livres précédents, notamment le dernier publié : Petit traité de la fauche. Ce qui donne un texte singulier, où les dialogues entre le personnage et son double imaginaire s’entremêlent, de la même façon qu’ils font partie intégrante du récit.





Ce roman est un tour de force

. Mystery People Magazine





Et puisque je parle de San Francisco, je dois mentionner Jim Nisbet, auteur de romans noirs qui vont là où peu d'écrivains osent voyager [...] Laissez-moi vous dire que seul Nisbet a pu s'en tirer avec deux monologues intérieurs non-stop dans la tête d'un tueur à gages sans abri, schizophrène et accro aux martinis [...] des accents d'humour noir et suffisamment de suspense pour vous faire lire ces pages en une seule fois.

ZoomStreet.





Nominé par les lecteurs de SpineTingler pour le prix 2013 du meilleur roman

. Staff Pick ! City Lights Books.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782374537856
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Présentation
Un sans-abri qui vit sous la culée d’un pont, accro à la vodka martini, tueur à gages pour de l’argent qu’il dépense aussitôt en beuveries, dialogue en permanence avec son double imaginaire : l’intelligence financière – chantre du capitalisme libéral et débridé.Avec pour toile de fond les plages, les bars et les rues sombres de San Francisco, un roman raconté à une vitesse folle d'une voix bravache. La plus belle œuvre de Jim Nisbet à ce jour, rappelant Jim Thompson au meilleur de sa forme et Tarantino au plus irrévérencieux.
Une lettre d'amour dure et tendre aux bas-fonds d'une ville, une histoire de suspense brute et cocasse, qui ne vous laissera pas indifférent.

Jim Nisbet a écrit ce livre à l’apogée de la crise des subprimes. S’il était alors fou de rage et impuissant face à la crise, il était également lassé des clichés propres au roman noir, au polar et au thriller. Le roman est donc né de l’idée de rompre une fois de plus avec ces codes, davantage encore que dans ses livres précédents, notamment le dernier publié : Petit traité de la fauche. Ce qui donne un texte singulier, où les dialogues entre le personnage et son double imaginaire s’entremêlent, de la même façon qu’ils font partie intégrante du récit.

Ce roman est un tour de force. Mystery People Magazine
Et puisque je parle de San Francisco, je dois mentionner Jim Nisbet, auteur de romans noirs qui vont là où peu d'écrivains osent voyager […] Laissez-moi vous dire que seul Nisbet a pu s'en tirer avec deux monologues intérieurs non-stop dans la tête d'un tueur à gages sans abri, schizophrène et accro aux martinis […] des accents d'humour noir et suffisamment de suspense pour vous faire lire ces pages en une seule fois. ZoomStreet.
Nominé par les lecteurs de SpineTingler pour le prix 2013 du meilleur roman. Staff Pick ! City Lights Books.


Jim Nisbet , le maître du roman noir américain, est l'auteur de douze romans et de cinq livres de poésie. Il a été nominé trois fois pour le prix Pushcart , présélectionné pour le prix Hammett et publié en dix langues. Il vit à San Francisco, en Californie.
Diplômé en Lettres de l'Université de Caroline du Nord, il exerce plusieurs petits métiers (charpentier, ébéniste, marin…) avant de s’installer à San Francisco où il dirige une société de design et d'équipement pour les industries de postproduction de vidéographie. Il réside encore aujourd'hui dans cette ville qui sert de cadre à la plupart de ses romans.
Jim NISBET
LE VIEUX AU CŒUR FROID
Old and cold
Traduction de Jean-Yves COTTÉ
Les Éditions du 38
Pour Jean-Pierre Deloux frère, compère, corsaire
Tu peux faire ce que tu veux,
Ce que tu entends.
Joanne Brackbeen



Quand il était couché ainsi, la mort se rappelait à son souvenir. Il y avait un vieux proverbe latin qui disait : Spatiem pro morte facite. Faites de la place pour la mort.
Howard Fast, Spartacus
Traduction : Jean Rosenthal – L’Atalante
UN
C’est reparti. Si ces conneries continuent, je vais chauffer à blanc le nid ferromagnésien sous le pont et me mettre à fumer. Il faudrait que ce soit près d’un cybercafé pour que je puisse regarder des films pornos en streaming. Il y a être en manque et être en manque.
J’ignore comment j’en suis arrivé là. En fait si, je le sais. Il ne pouvait y avoir d’autre issue. C’est ainsi que j’ai mené ma vie. Par monts et par vaux, d’une paye à l’autre, et, en fin de compte, de filet de prestations sociales insuffisant en filet de prestations sociales insuffisant. J’ai commencé tôt, faut dire. J’avais pour théorie, et ça n’a pas changé, qu’on ne sait jamais, qu’on peut mourir demain, et qu’adviendrait-il alors de ce filet désormais garni, celui qu’on peut palper si on a attendu d’avoir soixante-six ans, voire soixante-dix ? Fais le calcul, me soufflait l’intelligence financière 1 . D’ailleurs, ajoutait-elle en me portant à l’épaule un coup de poing au doigt avancé, un petit filet suffit-il à ne plus baver ? La tache sur le bavoir n’en est que plus grande.
Hey. Tu commences à palper ton assurance retraite dès que tu remplis les conditions requises ? À, mettons, dans mon cas, soixante-deux ans ? À, mettons, dans mon cas, sept cent soixante-trois spermatozoïdes par mois, avec lesquels il faut fertiliser les œufs du commerce ? Au bout de quatre ans, soit la différence entre soixante-deux ans et soixante-six ans, écoute bien, cela représente

4 ans x 12 mois par an = 48 mois
48 mois x 763 $ par mois = 36 624 $

En d’autres termes, 9 156 $ par an.
À présent, si tu es comme moi, et que tu vis sous un pont, ou à bord d’un Christ-Craft envahi par les mauvaises herbes qui a jeté l’ancre voilà une quinzaine d’années dans une crique peu profonde et fétide, le plus près possible d’un fast-food pour pouvoir y aller en marchant, où l’on sert un menu spécial crise à un dollar, tu dois réfléchir à ces conneries. Car, d’aucuns te diront, non, non, mon vieux, continue de bosser. À ceux qui pourraient dire, hé, sac à merde, tu as déjà extrait de la cale d’un senneur des têtes de poisson et de la glace contaminée avec une pelle à grain pour onze dollars de l’heure à soixante-deux ans ? Fais profil bas, ils te diront. Continue de bosser. Tiens bon. Tu auras plus de trimestres. Car, tu sais, mettons

11 $ de l’heure x 40 heures par semaine x 50 semaines par an 2 = 22 000 $ par an !

J’ignorais, tu dis. Passe aux anti-inflammatoires non stéroïdiens. C’est pour ça que je me fais un paquet de fric, dit l’intelligence financière, dix pour cent de chaque filet, pour te sortir de ce merdier. Alors maintenant, un peu de patience. Si tu attends de pouvoir enfin palper ta retraite complète, à soixante-six ans, tu toucheras 1 063 $ par mois. Ce qui fait une différence de trois cents dollars. Ce qui fait aussi une différence de quatre ans, tu fais remarquer. Tu sais ce qu’un vieux comme toi peut faire avec trois cents dollars de plus par mois ? demande l’intelligence financière en faisant fi de ta remarque. Ça devrait suffire pour payer les anti-inflammatoires non stéroïdiens, tu suggères. Pas drôle, dit le paquet de fric, pas drôle du tout. J’étais tout près d’un café branché ce matin, pour récupérer un exemplaire du journal d’aujourd’hui abandonné sur une table, tu dis, et j’ai constaté non sans tristesse que dans ce troquet le martini Bombay Sapphire coûte dix-sept dollars. Tu as ces trois cents dollars, fait remarquer l’intelligence financière, tu peux boire 17,65 martinis par mois. Tu roules des yeux comme s’ils étaient deux moitiés d’olive posées sur une tartine. Fais attention, j’ai faim. De combien de martinis un homme de soixante-deux ans a-t-il besoin ? Disons entre deux et cinq par soir, tu réponds sans hésiter, selon l’état de l’état dans lequel je suis. Mon dieu-avec-une-minuscule, dit l’intelligence financière, ça fait au bas mot cinquante-six martinis lors d’une année bissextile et ça peut aller jusqu’à cent cinquante-cinq pour un mois de trente et un jours. Tu te lèches les babines : merde, tu dis, ça représente la plus grande partie du premier versement simplement pour faire descendre les anti-inflammatoires etc., sans parler de la fantasmagorique tartine. Autrement dit, poursuit l’intelligence financière, ça fait 952 $ par mois pour une année bissextile relativement modérée, et ça peut monter jusqu’à quelque chose comme 2 635 $ pour une beuverie débridée à l’occasion de n’importe lequel des sept mois de trente et un jours de l’année. C’est déprimant. Ce qui donne à réfléchir. Ah bon ? Combien ça coûterait de garder sous le coude assez d’ibuprofène pour fournir chaque soir à l’organisme les huit cents milligrammes dont il a besoin ? Je pense que les huit cents sont à environ cinq dollars pièce, dit l’intelligence financière. Elle hausse les épaules. Les génériques, c’est un peu moins cher. Donc… cent cinquante dollars par mois, estime l’intelligence financière. Et d’où est censé venir cet argent, tu demandes. De tes 22 000 $ par an, réplique l’intelligence financière, réaffirmant l’évidence. Hé, tu sais, ce que fait une écrivaine progressiste ? Je l’ignore, murmure avec lassitude l’intelligence financière, quoi ? Elle passe sa journée à ressasser l’évidence et à en rêver la nuit, tu réponds joyeusement. J’ adore cette définition. L’intelligence financière fait une légère grimace comme si elle venait de sentir un relent de formaldéhyde émanant d’un fossé. Je suis conservatrice sur le plan fiscal, dit l’intelligence financière. Mais tu sais quoi ? tu dis. Quoi ? demande l’intelligence financière. Quand tu auras soixante-six ans, afin que les versements démarrent au taux supérieur pour atteindre un niv

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