Ma vie de rêve
98 pages
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Ma vie de rêve , livre ebook

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Description


Les tribulations satyriques d'un matou




Venez découvrir l’univers d’Orphée, chat de gouttière.



Doté d’un humour, parfois caustique, il décrypte les comportements humains avec une pointe, voire une griffe, de fantaisie.



Orphée nous plonge dans sa vie, et la nôtre, et vous fait partager certains mystères félins.



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Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782381537658
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

ISBN : 9782381537658
 
L’œuvre présente sur le fichier que vous venez d’acquérir est protégée par le droit d’auteur. Toute copie ou utilisation autre que personnelle constituera une contrefaçon et sera susceptible d’entraîner des poursuites civiles et pénales.
 
Ma vie de rêve
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à la demande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Aurore Balland-Pieuchot
Ma vie de rêve
 
 
 
 
 
 
 
Il était une fois… Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.
Non ce n’est pas exactement cela ma vie… D’ailleurs est-ce la vie de quelqu’un ? À part peut-être dans « les films de filles » ou dans quelques romans qu’on lit pour se rassurer, se donner de l’espoir…
Non la vie n’est pas un conte de fées mais je dois bien admettre que la mienne y ressemble beaucoup…
 

Prologue
Je suis peut-être l’une des rares personnes à me souvenir de ma vie antérieure. Tout est gravé dans ma mémoire, comme si mon ancien vécu représentait juste une semaine. Mes souvenirs sont clairs, précis. Toutes mes rencontres, mes péripéties sont consultables à condition de me concentrer un peu. Consignées dans mon album intime, j’aime me promener dans ces empreintes de mon passé.
Lors de mon ancien passage sur terre, je n’étais pas un être vivant. Cela peut vous paraître farfelu mais j’étais un objet de votre quotidien, capable de vous observer puis de tout raconter. Perché confortablement sur cette planète céleste, j’ai eu des moments de nostalgie en regardant la vie « d’en bas ». Attiré comme un aimant, je ne pouvais pas détourner mes pensées. J’avais envie de revenir. De sentir de nouveau l’air, de profiter de la lumière diffusée par le soleil.
Tous les soirs, je priais pour « redescendre » parmi vous…
Après quelque temps passé à errer parmi les étoiles, mon souhait fut exaucé. Une autre perspective s’offre à moi.
Pour cette nouvelle existence, j’espère que les choses vont être différentes. Je n’étais certes pas malheureux mais plutôt spectateur qu’acteur. Aujou'd’hui, j’aimerais avoir un meilleur rôle. Un peu comme une star qui progresse tout au long de sa filmographie. J’aspire à faire évoluer mes expériences.
***
Je suis né le 16 mai 2003 par un jour ensoleillé qui mettait en exergue les couleurs éclatantes des fleurs de printemps. Un vent frais rafraîchissait l’atmosphère. Le temps semblait s’être suspendu quelques secondes comme pour me souhaiter la bienvenue… En regardant autour de moi, je me suis vu naître.
Lors de ma naissance, j’entends distinctement deux personnes qui encouragent ma mère pendant l’accouchement. L’évènement dura car après moi deux autres bébés sont apparus.
Une fois la délivrance totalement terminée, les premières toilettes réalisées, toute la famille est aux anges. Nous avons un accueil extraordinaire. Notre venue a répandu une joie immense dans la maison. Très vite les personnes présentes se pressent pour nous cajoler. Heureusement qu’ils s’attendaient à une naissance multiple. Cela peut être parfois déroutant trois nouveau-nés d’un coup. Mais je suis tout de suite rassuré lorsque je m’aperçois qu’ici nous sommes considérés comme des êtres précieux et fragiles.
Les premiers jours nous passons le plus clair de notre temps à dormir entre deux tétées. D’après les dires de notre génitrice, il paraît que nous sommes l’attraction, souvent réveillés par des flashs lumineux d’appareil photo. Dans ces cas-là, je tourne ma tête contre maman rien que pour me faire désirer…
 
Trois semaines après ma naissance, au petit matin, lorsque j’ouvre les yeux, je constate que ma vision floue a laissé place à une vision nette, toute nuancée de gris clair et de bleuté. Désormais, je me dirige facilement vers le sein maternel, affamé après une nuit de sommeil. Puis en pleine forme et repu par cette délicieuse tétée, je suis disponible pour découvrir le monde qui m’entoure.
 
Je conserve tout dans ma mémoire ; du parfum qui règne dans la pièce, de l’emplacement des meubles et de la forme du coussin où nous dormons. Attentif aux bruits et aux voix qui deviennent familiers. Tous ces moments sont emplis de légèreté et d’insouciance… Je savoure chaque jour.
 
Mes frères et moi sommes élevés dans cette agréable demeure. Tous trois blottis contre notre mère. Elle est très douce avec chacun de nous. Des triplés du sexe masculin, vous devez penser qu’elle va galérer mais notre maman est organisée et entourée de braves gens pour l’aider.
Pendant les premiers mois de ma vie, j’adore me lover contre elle, sentir sa chaleur, entendre les battements réguliers de son cœur. Cette atmosphère est rassurante dans ce cocon douillet. Même s’il faut partager avec les autres, notre mère arrive à trouver du temps à consacrer à chacun de ses bébés, nous montrant ainsi son amour maternel.
 
Dans ces conditions idylliques, les journées et les mois s’enchaînent vite. Nous grandissons presque à vue d’œil. Un soir notre mère nous dit que nous sommes assez matures pour vivre une autre aventure. Qu’ici on ne peut pas garder autant d’individus. Que nous allons devoir partir chacun à notre tour vers un nouveau foyer. Elle précise que c’est la coutume d’être adopté ainsi depuis des siècles et des siècles. C’est un passage obligé, qu’il ne faut pas s’inquiéter, que tout ira pour le mieux.
***
Quelques jours après cette discussion, une jeune femme vient me choisir pour habiter avec elle.
D’un simple coup d’œil, cette personne m’inspire confiance. Je ne sais pas si c’est son regard bleu intense, ou si c’est sa voix mélodieuse qui me plaisent, mais toujours est-il que je me sens comme attiré par cette inconnue. Ce sentiment doit être réciproque car elle me considère de suite comme son enfant. Elle me prend dans ses bras, me câline. Elle essaie de sonder mon regard pour y lire une réaction. En guise d’acceptation de ma part, je ronronne blotti dans ses mains.
Malgré la vive émotion et la perspective de quitter ma mère et mes frères, je suis rassuré lorsque je comprends que ma maman biologique valide mon adoption, non sans fierté d’avoir été choisi le premier. À cet instant je ne me rends pas compte que je vais tous les laisser. Je suis bien trop curieux à l’idée de découvrir d’autres horizons.
Plus tard je vous raconterai en détail mon adoption, pour l’heure je vous livre mes premières impressions…
***
Aux côtés de ma nouvelle « référente » j’ai conscience d’avoir une vie privilégiée. Sans astreinte, sans horaire fixe, sans une montre vissée au poignet qui me rendrait prisonnier du temps. Ici, je vis au gré de mes envies, telle une force tranquille qui ne connaît du stress que le mot. J’aime vadrouiller, vagabonder, explorer de nouveaux endroits, croiser de nouvelles têtes. J’ai la chance de ne pas avoir besoin de travailler pour me nourrir. Pas besoin de payer un loyer. Aucune contrainte financière. Je peux m’abandonner à mes envies. Sans me presser, vivant au jour le jour. M’adonnant à mes activités favorites : manger, jouer et me reposer.
Au petit matin, je fais un peu d’exercice physique pour entretenir ma forme. Et lorsque l’épuisement me gagne, je peux me coucher sereinement pour dormir.
Installé au chaud, sans bruit, je rêve…
Que c’est bon de ne rien faire surtout avec la pensée que vous devez vous rendre au travail… Là, ce sont les meilleurs moments… Oui, je sais, j’aime narguer…
Mais qui suis-je ?
 
Un rentier, un milliardaire, une jeune star ?
 
Chapitre I – Au commencement…
Non rien de tout cela, je suis un félin. J’appartiens à la famille commune des chats domestiques. En latin : Felis silvestris catus. Parfois surnommé greffier, ou appelé, en version familière, matou… Depuis la nuit des temps, mes ancêtres ont alimenté des légendes tout au long de l’histoire.
Par exemple, en Égypte le chat a été considéré comme un animal sacré. Le tuer était passible de la peine de mort… Dans cette civilisation, nous fûmes élevés au rang des dieux et vénérés sous le nom de Bastet. De nombreuses statues représentant un chat ont été érigées dans le pays. Ces sculptures incarnaient la déesse de l’amour censée protéger l’humanité. Toutes les classes sociales devaient respecter l’animal et l’aduler. Lorsqu’un chat mourait, le propriétaire devait se raser les sourcils pour témoigner de son chagrin… Pendant cette période, ce félin avait le privilège d’accéder à la momification. Des lois strictes stipulaient qu’il était formellement interdit de contrarier ou d’insulter l’animal idolâtré.
Quel bon sens ils avaient ces Égyptiens, vous ne trouvez pas ?
Plus tard, les chats ont voyagé sur les bateaux, croquant tout rongeur à bord et préservant les marchandises à exporter. Au fil des années, les matous furent introduits en Occident grâce à ces voyages. Une belle aventure a alors débuté, c’était la parfaite cohabitation entre le chat et l’humain. Un partenariat où tout le monde était gagnant ; les chats avaient de la nourriture à volonté et la protection des Hommes, qui, eux, profitaient des talents de chasseur des félins plus ou moins apprivoisés. Tout fonctionnait à merveille…
Malheureusement, cette époque bénie n’a pas duré laissant place aux croyances maléfiques du Moyen Âge. Les gens nous ont alors attribué le mauvais rôle, celui d’être le serviteur des enfers, qui accompagnait les sorcières. La population a pris peur, voulant impérativement nous éradiquer pour se protéger d’un mal imaginaire. La chasse de nos ancêtres fut telle que beaucoup de personnes pensaient que les chats avaient disparu du monde occidental. Heureusement, grâce à quelques félins qui se sont dissimulés dans les bagages pendant la période des croisades, le chat fut peu à peu réintroduit en Europe. Ensuite l’animal a dû reconquérir les faveurs humaines. Il a tout de même fallu attendre la deuxième moitié du XVII ème  siècle pour que le chat puisse être reconnu comme étant utile, sans côté diabolique. Ce sont tout d’abord les bourgeois et les aristocrates qui ont pu apprécier les capacités de chasseur des chats, en les voyant sauver les récoltes saccagées par les rongeurs. C’est ainsi que le félin se fit une place dans les foyers, restant calme, humble tout en étant curieux. Puis de nombreux hommes de lettre, des poètes ont été subjugués par nos allures naturellement nobles. Grâce à des écrits valorisant nos atouts nous sommes entrés dans la littérature. Quelques années plus tard, nous sommes devenus peu à peu les rois des salons.
Pour ma part, sans vouloir me montrer prétentieux, il n’est pas impossible que je sois le descendant du chat qu’observait Charles Baudelaire. Ce sont ces félines attitudes qui ont inspiré l’écrivain lorsqu’il a rédigé son célèbre poème intitulé « Le Chat » :
 
« Viens, mon beau chat,
Sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
Mêlés de métal et d’Agathe »
 
Depuis, les matous sont enfin reconnus à leur juste valeur : devenus un véritable phénomène de société (eh oui rien que ça !), souvent l’égérie de nombreuses marques. Le chat fait vendre ! Nous sommes dans les publicités de votre quotidien ; comme par exemple, le chat blanc de Feu Vert, le matou tigré d’Ikea, sans oublier la lessive « Le Chat ».
 
D’ailleurs, nous sommes votre animal de compagnie préféré, totalisant environ onze millions de félins domestiques peuplent les foyers de l’hexagone. Le chien, lui, n’est représenté que par un peu plus de sept millions d’individus.
Normal, nous autres avons toujours une frimousse adorable, capable de faire craquer les plus réticents. L’humain peut choisir les caractéristiques physiques et psychologiques qu’ils souhaitent voir chez son chat. Profitant du large panel de races (environ cinquante).
Et pour ceux qui n’aiment pas les poils partout, il existe une version de « greffier » imberbe… Même chose pour le caractère, le chat peut être plus solitaire ou plus sociable… À vous, chers humains, de définir vos préférences, charge à nous de valider vos souhaits.
 
Maintenant que vous connaissez un peu mieux l’histoire de mes aïeux, revenons à ma naissance, au moment où tout a commencé.
 
Ma mère est une chatte tigrée aux poils courts, façon chat de gouttière, arborant une robe dans les tons de marron, ocre et noir. Un museau fin accentué par de magnifiques yeux verts. Mes deux frères ressemblent à notre mère, de vrais tigres miniatures. Quant à moi, je suis tigré également mais plutôt de couleur gris chartreux, avec en prime des yeux bleus. Sans vouloir me vanter, je suis le plus beau de la portée.
***
Déjà trois mois se sont écoulés depuis la naissance, c’est le mois d’août, il fait très chaud dehors. Nous ne sommes pas encore autorisés à sortir de la maison, mais même à l’intérieur, on peut sentir la chaleur qui envahit notre espace. Maman ne nous transporte plus par la peau du cou pour nous remettre dans notre nid douillet, appelé par les humains « panière ». Maintenant parfaitement autonomes, elle nous laisse vaquer dans les différentes pièces en gardant un œil sur nous. Parfois, après l’une de ses sorties, à son retour, elle nous raconte comment est la vie à l’extérieur. Moi, cela me donne envie d’explorer cet autre univers, certes peuplé de dangers, mais qui semble tellement existant et varié… En attendant de pouvoir nous aussi conquérir le monde, nous grandissons.
La journée, j’apprends les gestes à adopter pour pratiquer la chasse grâce aux jeux avec mes frères. On fait la bagarre mais moi, je préfère courir dans tous les sens ou m’amuser avec des jouets qui nous sont destinés. J’aime aussi grimper sur l’arbre à chat en essayant d’aller le plus haut possible.
Après tant d’efforts, c’est l’heure de la toilette. D’abord notre mère nous montre comment procéder, puis elle nous regarde faire. J’ai bien noté qu’en premier elle se lèche une patte après l’autre pour se nettoyer le museau, puis un coup derrière les oreilles. Ensuite elle passe sa langue sur le torse, les pattes arrières, et finit par les fesses. La règle d’or c’est de commencer par les zones les plus propres pour terminer par les plus sales. Mes frères et moi essayons d’aller aussi vite, en vain… Notre mère est bien plus expérimentée.
En observant maman, j’ai appris l’ensemble des postures pour procéder à la toilette quotidienne. Avoir une hygiène irréprochable, c’est chez nous tout un art. Faire cet exercice plusieurs fois par jour représente beaucoup de contorsions. Cela prend aussi du temps pour bien passer partout ! Après plusieurs semaines à s’entraîner, nous sommes rodés. Personnellement, je commence par me lécher la patte droite, car vous ne le savez peut-être pas, mais même les chats sont soit droitiers ou gauchers…
 
Après les jeux, il faut faire encore la toilette, puis vient l’heure de la sieste… C’est une vraie vocation, une valeur très importante. Pas question de bâcler ce moment-là, indispensable à notre santé et notre équilibre… Il faut s’adonner à ce rituel, environ quinze heures par jour ! Et là, je suis certain que vous vous dites qu’on a vraiment de la chance… Oh que oui ! Vous avez raison, pour rien au monde je ne donnerais ma place !
 
Une fois réveillé, il faut se dégourdir les pattes en jouant. Après, lorsqu’on sera capable d’aller dehors, on pourra attraper des proies vivantes. Il sera indispensable d’appliquer scrupuleusement tous les conseils de notre mère. Observer, bondir, jouer et manger… Souvent après le repas, elle nous raconte quel devra être notre emploi du temps lorsqu’on exercera à l’extérieur.
En tant que félin confirmé, il me faudra marquer mon territoire tous les jours grâce à mes phéromones. Une fois cette mission terminée, je vais devoir chasser quelques petites bestioles. Tout félin qui se respecte doit veiller à savoir correctement attraper une proie. Si le cœur nous en dit, nous pouvons l’offrir à nos hôtes à la fin de la partie pour leur témoigner de notre gratitude.
 
Pour le moment, nous ne pouvons pas sortir, donc ma période d’apprentissage et de croissance chez Anne me sert principalement à observer les bipèdes. J’essaie de décrypter leur comportement, leur façon de nous percevoir. Il est vrai que, dans ce foyer, nous avons un traitement des plus agréables. De la nourriture à volonté, des caresses à chaque demande, des balles, des frous-frous en tout genre pour nous occuper, des serpentins laissés par la propriétaire des lieux pour nous inciter à nous divertir. En grandissant, grimper ou jouer à cache-cache dans les rideaux est devenue mon activité favorite. Au grand désespoir de notre logeuse… À part cette extravagance, une certaine routine s’est installée.
 
Dans cette maison je suis bien. Il y a cependant quelques façons qui me déplaisent chez les humains.
Par exemple, je n’aime pas trop le terme « maître » qu’ils utilisent. Je ne suis pas une chose qu’on peut maîtriser ! Dans la communauté féline, c’est nous qui décidons de vous adopter ou de rester dans votre habitation. Nous avons ce pouvoir, pas vous. Mais bon si cela vous fait plaisir d’avoir la sensation de maîtriser les félins… Après tout ce n’est qu’un mot.
 
Anne, la maîtresse de la maison est toujours au petit soin avec nous. Elle adore Maman et ne manque pas de la féliciter suite à notre naissance.
 
En attendant le jour où nous serons autonomes, mes frères et moi jouons, miaulons, ronronnons ensemble, toujours sous l’œil attentif de notre génitrice.
Puis en milieu d’après midi, nous courons partout au risque de casser quelques objets décoratifs.
Peu à peu je ressens que mon corps s’allonge. Je ne détourne de plus en plus du lait maternel. Notre alimentation évolue. Maintenant, on nous propose des croquettes spéciales « croissance » conçues pour les chatons.
Après les activités intenses, c’est le moment de pratiquer assidûment la sieste… Nous nous couchons tous les trois formant une boule compacte de poils…
Les chats ont la faculté de dormir sur commande grâce à une hormone sécrétée à volonté. C’est bigrement pratique pour éviter l’ennui, tout en rechargeant les batteries. Je crois que des chercheurs en pharmacologie essaient de reproduire cette substance afin de remplacer les somnifères des humains.
Après le repos, les jeux et les collations, j’observe mon entourage.
 
Anne, chez qui nous habitons, a environ quarante-cinq ans, elle est mariée à Paul depuis dix ans. Ils n’ont pas pu avoir d’enfant. Résignée, Anne se console grâce à notre présence. Son époux est commercial. Il vend des boissons bio. Ce marché est en pleine expansion. Les sociétés surfent sur la vague du naturel proposant de multiples saveurs à des tarifs attractifs.
Affecté à un secteur géographique important, Paul est en déplacement toute la semaine. Il sillonne une bonne partie de la France, laissant sa femme seule en notre féline compagnie.
Anne exerce en tant que professeur de français dans le collège de la région. Elle semble épanouie dans son activité professionnelle. En fin de journée elle va faire du sport. Puis Anne revient, se douche, nous câline…
Les week-ends, nous retrouvons la présence de Paul. Dès le vendredi après-midi, il passe une partie de son temps lové contre Anne, ce qui fait que nous sommes moins choyés. Heureusement cet humain n’est pas là souvent ; je l’aime bien mais il nous vole la vedette…
 
Il y a beaucoup d’harmonie dans cette maison. Nous ressentons que ce couple dégage un sentiment de sérénité. Tous les ingrédients sont réunis pour nous permettre de grandir tranquillement. Sauf un ! j’ai repéré qu’un redoutable ennemi, un instrument à roulette extrêmement bruyant qui fait « vouvou ».
Anne s’acharne à le passer pendant sa pause méridienne, pile au moment de notre troisième sieste de la journée. J’ai remarqué que la pendule du salon affiche 12h30, juste avant qu’elle reparte enseigner. Elle ne manque pas de toupet de nous déranger avec cette chose hideuse. Munie d’un socle sur roulettes collé sous un réservoir, d’un tuyau malléable en plastique noir, d’une brosse noire. La « chose » zigzague entre les meubles de toute la maison. Une fois, ce maudit instrument a aspiré une de mes balles préférées. Anne a dû éteindre le monstre, l’ouvrir et extraire mon jouet entouré de saleté.
Visiblement, c’est le « vouvou » son chouchou.
Une après-midi notre mère nous a expliqué la fonction de cet appareil : aspirer la poussière et nos poils. Ouf, j’ai eu peur, j’ai cru qu’il allait finir par m’avaler tout cru surtout en le voyant gober ma balle ! Maintenant, à chacun de ses passages, je vais me réfugier à l’abri sous l’armoire… Une fois arrêté et rangé, alors qu’il dormait dans la buanderie non loin de notre lieu d’aisance, j’ai essayé d’affronter cet adversaire à l’aide de mes griffes affûtées et de mes redoutables petits crocs. Mais cette opération s’est soldée par un échec. Inutile de continuer d’en parler. Je n’ai pas envie de vous raconter en détail cet échec…
 
Chapitre II – Mon adoption
Aujourd’hui je suis tout excité, j’ai entendu Anne dire que c’est le jour d’une adoption. Qu’une gentille personne va venir nous voir et faire son choix.
Si l’inconnue me plaît, je vais me montrer tout mignon. Évidemment, je ne vais pas suivre quelqu’un qui ne m’inspire pas confiance… Je vous rappelle que c’est moi qui décide !
Malgré une petite angoisse naissante, j’ai hâte de découvrir cette candidate. Il faut avouer que je suis aussi inquiet de devoir quitter ma famille, mais ma curiosité féline est plus forte.
Soudain j’entends sonner à la porte, c’est le moment…
Anne se dirige en direction de l’entrée.
— Bonjour Anne, comment...

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