Mon Poids, le Poids de la Société
116 pages
Français

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Mon Poids, le Poids de la Société , livre ebook

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Description

"Mon poids, le poids de la société" est un ouvrage qui porte un regard critique sur l'obésité, ses causes et ses conséquences à travers l'histoire de FINEPOKO, une jeune femme de trente-sept ans autrefois fine et devenue obèse après une série de rites initiatiques imposée par ses proches avant son mariage avec JEOSSE pour atteindre l'idéal féminin de Southland, sa ville natale. Après l'affectation de son mari à Northland, FINEPOKO se retrouve dans une société où il y'a la culture de la minceur. Elle est désormais marginalisée et victime de Grossophobie.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 juillet 2021
Nombre de lectures 239
EAN13 9782492228018
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

1 ABOUBACAR TAMBOURA
Mon Poids, le Poids de la Société
Nutrition
2
3 Avant-propos
Cet avant-propos a pour but de faciliter la compréhensionet d’éviterles mauvaises interprétations.
Avant toute chose, j’aimerais avertir mes lecteurs que ce récit est fictif, mais le sens est véritable.
J’ai beaucoup usé des paraboles, dont j’aimerai étayer le sens à la lumière du contexte contemporain.
Dans la partie «avec la tradition » Rencontre , je voulais montrer que très souvent on ne grossit pas sur choix personnel. Les personnes grosses sont forcées implicitement ou explicitement à le devenir. Pour le prouver, j’ai prisl’exemple du gavage de femme qu’on retrouve dans bien de sociétés.
Dans la partie « Noce », je fais le lien entre le divertissement et l’alimentation. Quand nous mangeons accompagnés des outils de divertissement comme la télévision, l’ordinateur ou lesmartphone, nous courons le risque de nous gaver. Ce comportement, s’il est répétitif peut entrainer une prise de poids.
Dans la partie «De la grossopholie à la grossophobie»,j’évoque les discriminations conscientes ou inconscientes que subissent les personnes grosses dans la société.
4 Dans la partie «Les régimes amaigrissants», je peints le mythe de Sisyphe que vivent les personnes obèses quand elles se mettent au régime.
Dans la partie « Grosse et fière »,je propose des voies et moyens pour sortir du sentiment de honte afin de lutter contre la grossophobie.On a l’habitude d’une lutte féminine, j’en appelle à tous de ne pas tomber dans ce piège.
Pour finir, dans la partie «Ma vie dans le centre hospitalier », je dresse le parcours de soin de l’obésité dont ce modeste ouvrage s’assigne véritablement comme but. Des personnes souffrantes de maladies nutritionnelles comme le diabète,l’hypertension artérielle ou encore l’hypercholestérolémie peuvent ytrouver des également informations importantes.
5 On m’appelle Fine Poko. J’ai 37 ans. Je viensd’être transférée au centre international de prise en charge de l’obésité de Northland. Le centre est spécialisé dans le domaine et dispose, paraît-il, de l'équipement et du personnel nécessaire pour soigner cette pathologie. Vous avez certainement compris que je suis obèse.C’est exact.Je suis grosse à faire peur. Je pèse 200 kg pour 1,70 m. Par voie de conséquence, mon indice de masse corporelle, rapport entre mon poids en kilogramme et ma taille en mètre élevée au carré, est 69,2. D'après le classement des formesd’obésité, je souffre d'une obésité morbide. En gros, je pourrai mourir d'un moment à l'autre pour excès de masse graisse. J'ai l'impression d'être prise au piège dans un corps qui ne m'appartient plus. Je ressens approximativement le sentiment qu'une personne de poids normal ressent en jouant aux jeux de sumos. J'ai du mal à respirer et à me tenir correctement debout. Tout le temps, je suis obligée de rester allongée dans mon lit.
Je suis tellement grosse que quand le docteur Albert DELGADO m'a vu pour la première fois, ils’estécrié : « ohla vache !». « Non, docteur, ce n'est pas une vache, mais bien un être humain », lui ai-je rétorqué. « Désolé madame. Mon étonnement tient de votre situation. Je ne voulais pas vous qualifier de vache, ni vous vexer », s'est-il excusé. Je savais sa remarque grossophobe. Cependant, c'était insignifiant comparé à ce que j'avais déjà enduré. Je pouvais lire dans ses yeux une grande peur de ne pas
6 pouvoir m'aider à retrouver un poids normal. Il était un Médecin nutritionniste dont la réputation était bien établie. Je comptais vraiment sur lui pour me débarrasser de mon surpoids. Avant de commencer à m'examiner, il a voulu comprendre ce qu'il m'était arrivé. Il n'ignorait pas que l'obésité était la cause d'un excès de calories, il voulait connaître l'histoire de la mienne. Était-ce génétique et hormonale, lié à une boulimie ou à autre chose ? Ma réponse a été que je n'étais pas responsable de ma maladie. Il n'a pas apprécié ma réplique. Son visage serein et paisible de tout à l'heure s'est couverte d'une grimace vénère. J'ai néanmoins ajouté ceci : « Mon poids est lié au poids de la société. C'est elle qui me disait comment je devais être pour plaire aux hommes. Le prix à payer pour être acceptée d'elle était de me tenir à ce qu'elle indiquait qu'une femme devait faire pour séduire et affirmer son rang social. J'ai suivi ses consignes à la lettre. Peut-être même inconsciemment. Le fruit du mode d'emploi de la vie selon la société est la femme que je suis en face de vous actuellement. Mon corps ne m'appartient plus. Je ne pourrai plus jamais plaire. J'ai ainsi l'impression d'avoir été condamné à une double peine, celle d'avoir échoué à me conformer à la société et celle de m'être fait du tort en voulant atteindre l'idéal de beauté féminin ». Cela dit, mes larmes ont commencé à couler sous le regard compatissant du docteur. Il m'a tendu un mouchoir et m'a promis de faire tout son possible pour m'aider. Il m'a
7 promis de me faire suivre une batterie de soins qui m'aidera à me reconstruire physiquement et mentalement. Il rencontre presque chaque jour des personnes souffrant d'obésité, mon récit devait être aussi le leur. « Raconte-moi comment tu en es arrivé là », me dit-il une fois de plus. « Vous êtes partis pour une longue journée, docteur !J'ai beaucoup à vous», ai-je dit en souriant. « raconter ». Dis-je, me souciant de son temps. Comme il avait beaucoup de patients qui attendaient leur tour de consultation, il m'a laissée à la charge du docteur Biop, le psychiatre du centre. Il m'écoutera avec toute l'attention que la situation exigeait. Il lui fera un rapport par la suite. J'étais tenu de tout narrer. Plus détaillé mon récit sera, plus il sera en mesure de me faire un bon diagnostic.
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Ma rencontre avec la tradition
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