Pour une enfant
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Description

Lorsque Sandra accompagne sa fille ce vendredi soir chez son ex-mari pour les vacances scolaires, elle est bien loin d’imaginer le drame qui va se jouer.
Et pourtant, la vie lui enlève ce qu’elle a de plus précieux. Comment, dès lors, survivre ?

Alors que la jeune mère dérive dans des abîmes de noirceur, un étrange appel téléphonique reçu en pleine nuit ravive en elle une petite lueur d’espoir. Est-ce le fruit de son imagination, ou sa fille est bel et bien vivante ? Sandra part alors dans une quête, prête à tout donner pour son enfant.

Pour une enfant est le premier roman écrit par Marie-Laure BIGAND. Après de nombreuses années à écrire et faire vivre ses livres, c’est son installation dans le Sud de la Bretagne qui déclenche l’envie de reprendre ce roman, et de lui donner une nouvelle vie. Un livre émouvant sur l’amour d’une mère, mais aussi sur ces êtres qui se sont parfois perdus en cours de route.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 19
EAN13 9782371690646
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture : Axelle GESTIN
Directrice de collection : Cécile DECAUZE
ISBN : 978-2-37169-064-6 Dépôt légal internet : avril 2021
IL ÉTAIT UN EBOOK SAS 22B avenue Jean Moulin 24700 MONTPON-MÉNESTÉROL Représentant légal : Cécile Decauze (présidente)
« Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur, ou de ses ayants droit, ou ayants cause, est illici te » (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par l’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle. Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise, aux termes de l’article L. 122-5, que les copies ou les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, d’une part, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration.
« La vie, c’est souvent un chemin de plaies et de bosses. C’est rarement une promenade tranquille. Ou alors c’est qu’elle s’est endormie et quand elle se réveille, elle n’arrête plus de vous secouer ! »
Katherine Pancol,La valse lente des tortues
1
Sandra et Tamara marchaient main dans la main, tout sourire, s’amusant des traces de pas qui s’imprimaient sur leur passage.
Ce matin, à leur réveil, elles avaient découvert un paysage enneigé, sous un ciel bas et blanc. Quelques flocons continuaient leur descente et s’échouaient en douceur, confinant le paysage dans un cadre inhabituel. C’était d’autant plus merveilleux que rare en région parisienne.
— Maman, maman ! s’écria Tamara. Si on faisait une bataille de boules de neige ?
— Pas maintenant, ma Choupine, tu vas être en retard à l’école.
— Oh ! juste une petite…
À peine sa phrase terminée, Tamara, agile comme un singe, s’esquiva, attrapa de la neige, en fit une boule et la lança sur sa mère.
— Très bien, répondit Sandra, tu veux jouer à ce petit jeu ?
À son tour, elle saisit de la neige et visa sa fille. S’ensuivit une bataille à laquelle n’hésitèrent pas à participer d’autres enfants. La fillette était ravie.
— Allez, ma chérie, rentre vite dans ton école !
— Bisous bisous, maman !
Maligne, elle introduisit de la neige dans le cou de sa mère et s’échappa bien vite, en riant aux éclats. Sandra fit mine de la poursuivre, et Tamara se mit à courir de plus belle. Tout en secouant ses cheveux pour enlever les gouttelettes qui s’y étaie nt déposées, la jeune maman regarda avec attendrissement la fillette s’éloigner.
Sandra avait trente-deux ans et vivait seule avec sa fille depuis qu’elle s’était séparée de son conjoint, un peu plus d’un an auparavant. Son ex-mari prenait Tamara un weekend sur deux et la moitié des vacances scolaires. À la fin de la semaine, les vacances d’hiver seraient là, annonciatrices de leur future séparation. La jeune femme sentait son cœur se serrer. Elle détestait ces moments, mais elle n’avait pas le choix. Depuis qu’elles vivaient à deux, elles avaient pris leurs habitudes, et cette petite vie tranquille leur convenait.
La tristesse s’abattit d’un coup sur Sandra. Elle se dirigea vers l’arrêt de bus pour se rendre à son travail. Frissonnante, elle regardait ce paysage familier, embelli par la présence du manteau blanc. Le répit serait court et la beauté fugace, avant de se transformer en une pataugeoire salissante après le passage des piétons et des voitures. Sandra pensa à la jolie soirée qui les attendait si la neige ne fondait pas trop vite. Mère et fille ne manquaient jamais une occasion pour inventer des histoires.
Le bus de Sandra n’était toujours pas là. Il n’y av ait rien d’étonnant, tout le monde vivait forcément la même galère. Dans des endroits peu pro pices à ce genre de climat, tout se compliquait. La sableuse arrivait enfin, suivie de son bus.
Une nuit froide s’était installée, tandis que quelques passants, emmitouflés dans des écharpes et des cols relevés jusqu’aux oreilles, se hâtaient de regagner un lieu plus chaleureux. Des luminaires jaunâtres laissaient entrevoir un sol mouillé et bo ueux. Dans le square, à quelques mètres de leur immeuble, un bonhomme de neige trônait encore, quoique un peu avachi.
— Regarde maman ! Tu vois ce tout petit bonhomme sur la branche ?
— Où ça ?
— Là ! Tu ne le vois pas ?
— Heu… Je vois le bonhomme de neige en bas !
— Pas lui ! Le petit bonhomme, en face, sur la branche !
Leur appartement se situait au premier étage et bénéficiait de la vue sur un arbre, depuis la fenêtre de la salle à manger.
— Ah oui ! Ça y est, je l’aperçois ! Il nous fait même des signes !
— Mais non, voyons, il est bien trop petit ! Ses yeux ne peuvent pas nous voir. Non, en fait, il a perdu son chemin. Tu comprends, il vit dans cet arbre, mais aujourd’hui, à cause de la neige, il est perdu.
— Alors, comment va-t-il faire ?
— Ça, je ne sais pas encore… Je vais réfléchir. Oh ! Et puis, je suis fatiguée !
— De toute façon, il est temps d’aller au lit !
— Et le petit bonhomme ?
— À mon avis, la neige va fondre. Comme ça, il pourra retourner dans sa maison.
— Tu crois ?
— Bien sûr, ne t’inquiète pas !
— Alors ça veut dire que demain il n’y aura plus de neige ?
— Peut-être encore un peu, mais aux informations, un redoux a été annoncé.
La fillette haussa les épaules.
— Tant pis ! Ce n’est pas grave, comme ça les garçons arrêteront de nous embêter.
Sandra observa sa fille, debout sur une chaise, le nez écrasé contre la vitre. La fillette regardait avec ravissement ce qui restait de neige. Bientôt, la buée provoquée par sa respiration lui brouilla la vue. Tamara s’écarta et, tout heureuse, dessina un bonhomme.
— Et mes carreaux ! Qui va nettoyer les traces ?
— Eh bien toi, maman ! répondit malicieusement Tamara.
— Ouh ! La coquine…
Sandra attrapa sa fille et lui administra une succession de bisous dans le cou.
— Arrête, maman, arrête ! hoqueta la fillette. Vite, le bonhomme nous regarde par la fenêtre !
— Ah oui ! répondit Sandra. Bon, maintenant, on va lui demander d’aller se coucher à son tour. Allez ! Ouste, monsieur, il faut nous laisser dormir !
— Tu crois qu’il va partir ?
— Bien entendu, ce n’est pas poli de regarder comme ça chez les gens !
Tamara fit signe au personnage imaginaire et se précipita dans sa chambre. Sandra la suivit de loin. Tous les soirs, selon un rituel, l’enfant s’enfonçait au fond de son lit et sa mère faisait mine de la chercher dans toute la pièce. Après une inévitable partie de chatouilles, une histoire calme venait apaiser toute cette agitation. Même si elle savait lire, la fillette adorait entendre Sandra lui lire ses livres préférés.
2
Sandra et Tamarapréparaient la valise de la fillette en vue de la semaine qu’elle allait passer chez son papa. Elle était tout excitée.
— N’oublie pas de mettre Toupinette dans mon sac, maman !
— Non, non, je n’oublie pas !
La fillette regarda sa maman d’un air interrogatif.
— Tu veux que je te laisse, Toupinette, pendant que je suis chez papa ?
— Non, ma chérie. Je vais lui faire un énorme bisou pour toute la semaine, comme ça, chaque soir avant de t’endormir, tu pourras en prendre un petit morceau contre ta joue.
— Trop bien ! Mais toi, maman, tu vas être toute seule !
— Ce n’est rien une semaine ! Et puis, c’est normal que tu profites aussi de ton papa.
— Oui, mais je n’aime pas te laisser…
Elle se pelotonna contre sa mère, et ajouta timidement :
— Dis, maman, papa, il reviendra habiter avec nous un jour ?
— Non, il ne faut pas y compter.
— Pourquoi ?
— Tu sais bien, on en a souvent parlé toutes les deux. Avec ton papa, on s’aime bien, mais plus assez pour vivre ensemble.
Tamara soupira, la mine boudeuse. Sandra savait que le rêve de sa fille était de voir ses parents à nouveau réunis. C’était bien légitime, aucun enfant n’aimait vivre une telle situation. Tamara paraissait s’en être accoutumée, pourtant elle posait régulièrement cette même question. Au moment de la séparation, la fillette, en classe de CP, avait bien failli louper son année. Heureusement, Willy – son ex-mari – tenait, lors de leur divorce, à épargner le plus possible leur fille, que lui aussi adorait. Elle était leur rayon de soleil à tous deux et Sandra devait lui en rendre grâce. Si vivre avec lui était devenu impossible, elle reconnaissait qu’il était un bon père pour leur petite Tamara.
L’évocation de ces souvenirs ravivait une douleur mêlée d’angoisse, toujours présente au fond de son cœur. Elle avait tout fait pour protéger sa fille, luttant pour maintenir une unité familiale, mais sa résistance avait fini un jour par lâcher, l’entr ainant vers une décision difficile à prendre et à accepter. Mais une fois déterminée, Sandra ne fit pas marche arrière et alla jusqu’au bout.
— Allez, Tamara, il va falloir y aller ! Le vendredi soir, la circulation est difficile.
— Tu dis toujours ça !
— Eh bien, parce que c’est la réalité ! Le vendredi soir, c’est une vraie galère !
— Et papa, quand il me ramène le dimanche soir, il dit comme toi. Pourtant, ce n’est pas le même jour !
— Tu as raison, en fait, aux heures de pointe, c’est toujours difficile.
— C’est quoi les heures de pointe ?
— Eh bien, ce sont les moments où un nombre important de gens se retrouvent dans leur voiture, à la même heure, au même endroit.
— Ah bon ! Pourquoi ?
— Par exemple, le vendredi soir, c’est le weekend. Nous, on habite à Nanterre et papa à Paris, dans le 13e arrondissement. Nous devons parcourir ce trajet. Tu imagines bien que nous ne sommes pas les seules. D’autres personnes, avec d’autres histoires, font des trajets où elles croisent à un moment notre route. C’est un peu compliqué, mais qu and tu seras grande, tu comprendras tout ça.
— Moi, j’ai peur de ne pas savoir faire comme toi, quand je serai grande.
— Bien sûr que si ! Ce que tu as dans ta tête grandit en même temps que tout le reste. Avant que tu ne deviennes une adulte, il y a beaucoup d’années, et ces années sont là pour te permettre de te construire.
— Alors tu crois que j’y arriverai ?
— Bien entendu !
Sandra regardait sa fille préparer son sac à dos. E lle s’émouvait devant ce petit bout de femme aux interrogations attendrissantes, où, déjà, sous les traits enfantins, se dessinait la personne qu’elle deviendrait un jour. Le divorce de ses parents lui avait apporté une maturité qui la rendait encore plus touchante.
Habituellement, une quarantaine de minutes séparait les deux lieux d’habitation. Après une heure de trajet, elles étaient encore dans la voiture, co incées dans un flot de véhicules où les parechocs se frôlaient, accentuant l’impatience de Tamara, et éprouvant les nerfs de Sandra.
— La prochaine fois, on prendra le R.E.R. ou on partira le samedi matin !
— Le train ! Oh chouette, chouette, chouette !
— Enfin, s’il y a trop de changements, ce n’est pas mieux non plus !
— Pourquoi tu ne m’amènes pas demain, alors ?
— Ton père tenait à ce que tu viennes aujourd’hui, et puis maintenant on ne va plus faire demi-tour !
La place d’Italie apparut enfin. Un dernier effort les conduisit dans la rue animée où logeait son ex-mari. Comme toujours à cet instant, la nervosité de Sandra croissait à mesure qu’elle se rapprochait de Willy, jusqu’à atteindre son paroxysme devant la porte d’entrée. C’était toujours le même scénario, le voir devant elle lui procurait un pincement violent au creux de l’estomac. Willy dégageait une sensualité si forte qu’à chaque fois que la vie l’obligeait à l’affronter, elle se sentait inévitablement fondre et ne rêvait plus que de se blottir dans ses bras. Néanmoins, très vite, elle se ressaisissait en pensant aux raisons qui l’avaient poussée à le quitter, et réussissait ainsi à retrou ver son sang-froid. Elle devait toujours dépasser les premières secondes, quand le charme naturel de Willy la remuait au plus profond d’elle-même.
Heureusement, lorsque la porte s’ouvrait, Willy n’avait d’yeux que pour la petite fille. Il la prenait dans ses bras, la faisait tourner, encore et encore, pour se remplir de son rire joyeux. Son attention centrée sur sa fille, il en oubliait la femme silencieuse qui les fixait avec tendresse. Cet échange d’effusions permettait à Sandra de reprendre le pas sur ses propres émotions.
— Laisse-moi te regarder, ma fille chérie !
Il la tint à bout de bras pour mieux la voir.
— On dirait que tu as un peu grandi ! On ira te mes urer pour voir où tu en es par rapport au dernier trait.
— Tu dis ça à chaque fois. Tu me vois quand même souvent ! À force, je me demande si je ne vais pas être une géante, et ça, je ne veux pas !
— Ne t’inquiète pas, ce sont à chaque fois de petits millimètres.
— Ah bon, je préfère ! Surtout que maintenant je sais la différence entre les centimètres et les millimètres. Je l’ai appris à l’école.
— Oh super, il faudra me raconter tout ça !
— On a le temps, on a une semaine !
Dans un élan spontané, la fillette déposa un baiser retentissant sur la joue de son père. Willy ébouriffa les cheveux de Tamara et se tourna vers S andra avec son habituel regard mi-rieur, mi-provocateur. Elle ressentait toujours un malaise face à ce regard pénétrant qu’elle n’avait jamais réussi à déchiffrer.
Il lui demanda si elle voulait boire quelque chose. Tandis qu’il préparait les verres et les boissons, aidé de sa fille qui pensait qu’un papa seul avait forcément besoin d’aide, elle le dévisagea. Elle porta son attention vers la masse de cheveux sombres, lui procurant une irrésistible envie d’y glisser les doigts. Ses yeux descendirent vers la bouche, où des lèvres charnues se dessinaient au-dessus d’un menton un peu trop prononcé. L’ensemble des traits reflétait une certaine dureté, qui s’estompait dès que sa physionomie s’égayait.
Sandra l’avait toujours trouvé beau…
— Bon, je vais vous laisser tous les deux. Merci pour le verre.
— Tu pars déjà, maman ?
— Oui, ma Choupine, je te laisse à ton papa.
Sandra préférait ne pas s’éterniser pour ne pas rendre la séparation trop pénible.
Un nouveau pincement au cœur l’étreignit lorsque la porte se referma, mais cette fois la cause en était Tamara et non plus Willy.
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