Poussière dans le vent
299 pages
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Poussière dans le vent , livre ebook

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Description


Prix Transfuge 2021 du meilleur roman hispanophone, sélection de la rentrée littéraire France Inter/Le point et France Culture/L'Obs.


Elle arrive de New York, il vient de Cuba, ils s’aiment. Il lui montre une photo de groupe prise en 1989 dans le jardin de sa mère et elle y reconnaît la sienne, cette femme mystérieuse qui ne parle jamais de son passé.
Ils vont chercher à comprendre le mystère de cette présence et les secrets enfouis de leurs parents...


Leonardo Padura nous parle de Cuba et de sa génération, celle qui a été malmenée par l’histoire jusqu’à sa dispersion dans l’exil : « Poussière dans le vent. » Nous suivons le Clan, un groupe d’amis soudés depuis la fin du lycée et sur lequel vont passer les transformations du monde et leurs conséquences sur la vie à Cuba. Des grandes espérances des nouveaux diplômés devenus médecins, ingénieurs, jusqu’aux pénuries de la « période spéciale » des années 90, après la chute du bloc soviétique (où le salaire d’une chercheuse représente le prix en dollars d’une course en taxi) et la fuite dans l’exil à travers le monde.


Des personnages magnifiques, subtils, nuancés et attachants, soumis au suspense permanent qu’est la vie à Cuba et aux péripéties universelles des amitiés, des amours et des mensonges. Ils vont survivre à l’exil, à Miami, Barcelone, New York, Madrid, Porto Rico, Buenos Aires. Ils vont prendre de nouveaux départs, témoigner de la force de la vie.


Leonardo Padura écrit un roman universel. Il utilise la forme classique du roman choral mais la sublime par son inventivité et son sens aigu du suspense, qui nous tient en haleine jusqu’au dernier chapitre. Ce très grand roman, qui place son auteur au rang des plus grands romanciers actuels, est une affirmation de la force de l’amitié et des liens solides et invisibles de l’amour.

"Une vaste fresque ambitieuse, foisonnante de personnages." – Le Figaro Littéraire
"Un roman éblouissant, plein de sensualité et d’humour." – Télérama
"Avec son sens du détail, Padura nous livre le roman des spoliés et des illusionnés, des amoureux et des amis, des mères et d’une fille. Magistral !" – Librairie Le Square (Grenoble)
"Un roman magistral, addictif. [...] Le rythme et la construction de l’histoire sont d’une efficacité redoutable et le style unique de Padura fait des merveilles. C’est dense, intense, porté par des personnages incarnés et attachants. C’est un immense coup de cœur." – Librairie Mot à mot (Fontenay-sous-Bois)

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 28
EAN13 9791022611541
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Leonardo Padura
Poussière dans le vent
 
Ils ont vingt ans. Elle arrive de New York, il vient de Cuba, ils s’aiment. Il lui montre une photo de groupe prise en 1990 dans le jardin de sa mère. Intriguée, elle va chercher à en savoir plus sur ces jeunes gens.
Ils étaient huit amis soudés depuis la fin du lycée. Les transformations du monde et leurs conséquences sur la vie à Cuba vont les affecter. Des grandes espérances jusqu’aux pénuries de la “Période spéciale” des années 90, après la chute du bloc soviétique, et à la dispersion dans l’exil à travers le monde. Certains vont disparaître, certains vont rester, certains vont partir.
Des personnages magnifiques, subtils et attachants, soumis au suspense permanent qu’est la vie à Cuba et aux péripéties universelles des amitiés, des amours et des trahisons.
Depuis son île, Leonardo Padura nous donne à voir le monde entier dans un roman universel. Son inventivité, sa maîtrise de l’intrigue et son sens aigu du suspense nous tiennent en haleine jusqu’au dernier chapitre.
Ce très grand roman sur l’exil et la perte, qui place son auteur au rang des plus grands écrivains actuels, est aussi une affirmation de la force de l’amitié, de l’instinct de survie et des loyautés profondes.
 
 
“ Un roman addictif débordant de moments inoubliables qui nous livre des instants formidables d’émotion. ” La Vanguardia
“ L’œuvre de création littéraire la plus large, profonde et émouvante jamais écrite en langue espagnole sur les effets déchirants de l’exil. ” El Cultural
 
 
L EONARDO P ADURA est né à La Havane en 1955 où il vit. Romancier, essayiste, journaliste, scénariste pour le cinéma, il est l’auteur, entre autres, de L’Homme qui aimait les chiens et Hérétiques . Traduit dans 15 pays, best-seller en Espagne et en Amérique latine, il fait partie des grands noms de la littérature mondiale.

 
Leonardo PADURA
 
 
 
 
 
 
POUSSIÈRE DANS LE VENT
 
 
 
Traduit de l’espagnol (Cuba) par René Solis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Éditions Métailié 20, rue des Grands Augustins, 75006 Paris www.editions-metailie.com
 
Publié avec l’aide de l’Acción Cultural Española (AC/E)

 
 
 
 
 
 
 

 
Design VPC
Photo © Simone Betz / Arcangel
 
 
 
Titre original : Como polvo en el viento
© Leonardo Padura, 2020
Published by agreement with Tusquets Editores, Barcelona, Spain
Traduction française © Éditions Métailié, Paris, 2021
E-ISBN : 979-10-226-1154-1.
ISSN : 0291-0154
 
 
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Pour ma Lucía, fille de la diaspora.

Pour mon cher Elizardo Martínez,
qui en exil a toujours été,
jusqu’à son dernier souffle,
un gamin aristocrate du Vedado.
 
Tu perdras la guerre, tu n’as pas le choix,
Mais tu gagneras toutes les batailles.

José Saramago,
L’Évangile selon Jésus-Christ
José Saramago,
Enfin est arrivé celui qu’on attendait,
Les portes de la maison se sont ouvertes
Et de nouveau les lumières se sont allumées.
[…]
Nous avons refranchi le seuil.
Nous les familiers de toujours.
Personne ne manquait au rendez-vous.

José Lezama Lima, “Celui qu’on attendait”,
Fragmentos a su imán

Dust in the wind
All we are is dust in the wind
Dust in the wind
Everything is dust in the wind
The wind…

Kansas, “Dust in the wind”,
Point of Know Return , 1977
Paroles de Kerry Livgren
I ADELA, MARCOS ET LA TENDRESSE
… rien n’est réel, sauf le hasard.
Paul Auster, Trilogie new-yorkaise
 
Adela Fitzberg entendit la sonnerie de trompettes réservée aux appels familiaux et lut sur l’écran de son iPhone le mot Madre. Sans réfléchir, car elle savait d’expérience qu’il valait mieux s’en abstenir, la jeune femme fit glisser son doigt sur l’icône verte clignotante.
– Loreta ? demanda-t-elle, comme si quelqu’un d’autre que sa mère avait pu l’appeler.
Trois heures plus tôt, à l’heure du petit-déjeuner, tandis qu’elle avalait avec le manque d’entrain matinal qui la caractérisait un yaourt faussement grec, mais peut-être vraiment light , accompagné de céréales et de fruits, et qu’elle humait le parfum revigorant du café que Marcos préparait chaque matin, la jeune femme avait ressenti la tentation de consulter son téléphone.
Cédant à cet élan inhabituel, elle avait passé en revue le journal des appels pour constater que Madre n’avait pas essayé de la joindre une seule fois depuis seize mois : durant tout ce temps, à en croire la mémoire du téléphone, c’était toujours elle qui, luttant contre ses appréhensions, avait appelé Loreta, en moyenne deux fois par mois. Peut-être parce qu’elle avait effectué un peu plus tôt cette recherche inhabituelle, Adela ne fut pas si surprise ; c’était comme de la transmission de pensée. À moins que ce fût seulement un caprice du hasard. Alors, sans s’autoriser à réfléchir, elle avait sauté dans le vide. Si elle survivait à la chute, elle verrait bien ce qu’il y avait au fond.
– Hé, Cosi, comment tu vas, toi ?
La voix grave, une voix de fumeuse et de buveuse – pourtant sa mère jurait ses grands dieux qu’elle n’avait jamais fumé, et sa fille ne l’avait jamais vue boire autre chose de plus fort qu’un bloody mary ou deux verres de vin rouge –, cette façon tellement cubaine d’ajouter des toi un peu partout dont elle n’avait pas réussi à se défaire en espagnol, et cette manie de l’appeler Cosi depuis qu’elle était bébé – elle ne l’appelait Adela que lorsqu’elle était fâchée contre elle, voire Adela Fitzberg , en soulignant bien le prénom et le nom de famille, quand elle était vraiment très fâchée –, lui confirmèrent l’évidence. Et très vite s’ajouterait son intime conviction que le coup de fil de Loreta, après tous ces mois, allait foutre sa journée en l’air. C’était donc à cela que servait sa mère ?
– Ça va bien… Au boulot… je viens d’arriver… Oui, je vais bien…
Elle n’osa pas lui demander comment elle allait, elle, et encore moins s’il y avait un problème. Surtout ne pas lui dire qu’elle était encore une fois arrivée en retard à cause de la circulation infernale sur l’ expressway , dont Loreta disait qu’il contribuait à empoisonner le monde et les poumons de sa fille.
– Tant mieux pour toi… Moi, par contre, ça ne va pas du tout…
– C’est pour ça que tu m’appelles ? Tu es malade ? Il t’est arrivé quelque chose ? Quelle heure il est, là-bas ?
– Il est… six heures dix-huit… Il fait encore noir… très noir, et un peu froid… Et non, je ne suis pas malade. Pas physiquement… Je t’appelle parce que je suis ta mère et que je t’aime, Cosi. Et parce que je t’aime, j’ai besoin de te parler. Toi, tu crois que c’est possible ?
– Bien sûr, bien sûr… Tu n’es pas “physiquement malade” ? Mais alors qu’est-ce que tu as, Loreta ?
Adela ferma les yeux et entendit un long soupir : un classique chez sa tragédienne de mère. Par une sorte de vengeance inconsciente, quand sa mère la surnommait Cosi, elle, depuis toute petite, l’appelait par son prénom, Loreta, et ne lui disait Madre , Mère, que quand elle avait des envies de meurtre.
– Et avec ton copain, ça va ?
Cette fois, ce fut au tour d’Adela de soupirer.
– On ne s’était pas dit que tu ne voulais rien savoir de mon copain ? Tu ne m’appelles quand même pas pour ça… hein ?
Encore un soupir, plus long, plus profond. Authentique ? La dernière fois que Loreta l’avait appelée, sa mère lui avait juré qu’elle ne s’intéresserait plus jamais à la vie intime de sa fille, et lui avait une fois de plus balancé que si elle prenait plaisir à patauger dans la merde, grand bien lui fasse : en plus de sentir la merde, elle finirait par en bouffer aussi. Et Adela savait que sa mère était du genre à tenir ses promesses.
– Il faut sacrifier Ringo, finit par dire la voix insomniaque.
– De quoi tu parles, Mère ?
Comme une avalanche soudaine, l’image du bel alezan, avec une étoile de poils blancs sur le front à laquelle il devait son nom de Ringo Starr, avait surgi dans le cerveau de la jeune femme, déplaçant celle de son interlocutrice. Depuis que Loreta s’était installée à The Sea Breeze Farm, un élevage de chevaux des environs de Tacoma, son premier et plus grand amour avait été ce superbe Cleveland Bay. L’étalon, déjà adulte, avec ses yeux toujours pâles et larmoyants, comme ceux d’une personne tristement lucide, l’avait rapidement choisie, elle, comme âme sœur.
Depuis – dix, douze ans ? – qu’elle vivait dans ce ranch au nord-ouest du pays, Loreta avait insisté pour prendre personnellement soin de l’étalon, et elle s’en était occupée comme elle ne l’avait jamais fait avec rien ni personne dans sa vie. Sur l’échine généreuse de ce spécimen de la race des chevaux de trait de la couronne britannique, profitant de son pas énergique et d’une docilité inhabituelle chez un animal entier et à sang chaud, Adela s’était promenée à travers les champs et les bois de ce coin du monde où sa mère s’était confinée.
– Ne me fais pas répéter ces mots, Cosi.
– Mais qu’est-ce qu’il a ? La dernière fois qu’on s’est parlé, tu ne m’as pas dit… – La jeune femme s’interrompit, regrettant d’avoir cru que sa mère l’appelait pour lui parler de ses éternels soucis, ou pour se moquer de ses relations sentimentales et de sa décision d’aller s’installer avec son copain à Hialeah… Hialeah, non mais j’y crois pas ! Elle allait finir par y arriver, à foutre en l’air sa journée ; d’ailleurs, vu ce qu’elle venait de dire, c’était déjà le cas.
– Des coliques… ça fait des jours qu’on fait tout ce qu’on peut, Rick et moi… On a demandé conseil… Le meilleur vétérinaire d’ici l’a pris en charge. Le diagnostic définitif est tombé il y a deux jours. On lui a fait une ponction abdominale… et c’est grave. Il est trop vieux pour une opération, sauf qu’il est tellement fort, on ne voulait pas… Je le savais, mais le vétérinaire nous a confirmé qu’il n’y a pas d’autre issue possible.
– Mon Dieu… Est-ce qu’il souffre ?
– Oui… depuis plusieurs jours… il est sous calmants.
Adela sentit sa gorge se serrer.
– Il n’y a rien à faire ?
– Non. Pas de miracles.
– Quel âge a Ringo ?
– Exa

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