Scottish Trip
274 pages
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Scottish Trip , livre ebook

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Description

Juliette, jeune fonctionnaire discrète mais influente, rêve d’un périple romantique au cœur des Highlands. Ce voyage, elle espère le faire au côté de son amoureux Stéphane, qui est aussi le leader d’un groupe de rock à la notoriété naissante : les Tartans.
Mais dès leur atterrissage sur le sol écossais, rien ne se passe comme prévu et c’est seule que Juliette part à l’assaut des somptueux paysages des Highlands.
Une jeune Française solitaire, voilà qui suscite la curiosité des Écossais. Ils vont se montrer à la hauteur de leur réputation : gentils, généreux et charmants… très charmants.
De leur côté, les Tartans donnent un concert magistral à Édimbourg et s’adonnent sans complexes à leur nouvelle vie de rock star. Mais pour Stéphane, le succès sans Juliette a un goût amer : c’est grâce aux talents de manager de cette dernière que la carrière du groupe a décollé. Et s’il avait commis une erreur monumentale ?
Une question l’obsède, désormais : où est Juliette ?
C’est pour la retrouver qu’il se lance dans un road trip échevelé à travers la lande écossaise, sur fond de whisky tourbé et de musique rock.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 février 2021
Nombre de lectures 27
EAN13 9782370116093
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

SCOTTISH TRIP

Liliane Fournier



© Éditions Hélène Jacob, 2018. Collection Littérature sentimentale . Tous droits réservés.
ISBN : 978-2-37011-609-3
1 – Le départ


En descendant du taxi, devant le hall E de Roissy, Juliette aurait bien aimé voir surgir son amoureux pour l’aider à tirer les deux valises, pleines à craquer, que le chauffeur avait gentiment déposées à ses pieds. Elle le paya et fit un tour d’horizon. Mais aucun visage connu ne vint à sa rencontre. Elle arrangea son blouson et son ordinateur sur la poignée d’une des valises et saisit l’autre pour se mettre en marche. Le groupe s’était donné rendez-vous devant le guichet d’enregistrement des bagages à 14 heures. Steve donnait une interview à la radio, avant de les rejoindre. Steve, c’était son chéri, Stéphane de son vrai nom, le leader du nouveau groupe de rock celtique : les Tartans.
Juliette se battait contre les deux valises qui avaient choisi de prendre des trajectoires différentes, la forçant à stopper toutes les deux minutes en ronchonnant. Elle discerna, à l’endroit du rendez-vous, la haute silhouette d’Angus, le guitariste, puis celles des autres musiciens. Elle s’immobilisa en tremblant. Elle avait dû mal voir. Ce n’était certainement pas la main de Steve qui s’accrochait à la taille d’une jeune femme. La foule perturbait sa vision, mais elle ne put réprimer un bref sursaut dans la région du cœur. Steve tourna la tête, l’aperçut et vint à sa rencontre en souriant. Non, ce n’était certainement pas sa main. Il l’embrassa et la soulagea de son fardeau. Près des trois autres garçons se trouvaient quatre filles. Juliette les reconnut immédiatement : elles se faisaient appeler les « tartanes » et se vantaient d’être les véritables groupies officielles des Tartans, celles de la première heure, celles qui étaient déjà là lorsque la popularité des musiciens ne dépassait pas les portes du Fergus, le pub écossais. Juliette ne les avait jamais aimées. Elle les avait surnommées les « tartes » ! Elle les trouvait vulgaires et stupides. Steve leur avait décerné le titre de « mal nécessaire », un revers de médaille incontournable : elles étaient fidèles et faisaient à présent partie de la communication du groupe. En contrepartie des articles élogieux dont elles inondaient les réseaux sociaux, Juliette leur offrait des places de concert gratuites. La renommée du groupe était en pleine ascension, mais pas suffisamment pour se passer d’un coup de main en matière de publicité. En revanche, il n’avait jamais été question qu’elles fassent partie des bagages à emporter en Écosse.
La petite troupe la salua. À la façon dont les garçons évitaient son regard, elle comprit qu’ils en avaient décidé autrement. Cela n’avait pas été discuté avec elle et Juliette sentait la colère monter. La mettre devant le fait accompli n’arrangeait rien. Ils lui avaient confié la lourde tâche de les manager, mais refusaient d’admettre qu’ils devaient l’informer de tout ce qu’ils planifiaient.
— Bonjour les gars, dit-elle, apparemment calme. C’est gentil à vous, les filles, de nous accompagner jusqu’à l’aéroport, ça fera de bonnes photos pour Facebook !
Juliette était impatiente de voir lequel des trois allait négocier l’escapade des tartes . Et la réponse lui fit mal.
— Elles viennent avec nous, dit Steve, mais ne t’inquiète pas, elles paient leurs billets et leur hébergement.
— Là n’est pas la question !
— Cool, répondit Mick, le bassiste, c’est la maison qui régale !
Juliette avait soudain très chaud et envie de hurler, mais la foule l’en dissuada. Que faire ?
— Arrête de rêver ! Si vous m’en aviez parlé avant, peut-être, mais en faisant vos magouilles dans mon dos, c’est hors de question ! lâcha-t-elle, la voix ferme, mais sans crier.
Elle croisa le regard bovin de celle qui s’appelait Margie. Cette dernière lui répondit en mâchant son chewing-gum.
— On te l’avait dit, elle est pas cool !
Mick la serra de plus près et lui roula une galoche d’adolescent. C’était nouveau. Juliette savait que les garçons avaient couché avec certaines d’entre elles, mais elle ne soupçonnait pas que leurs relations étaient établies. Elle ne souhaitait pas perdre son temps à gérer leurs amourettes. L’heure tournait et il fallait rejoindre la porte d’embarquement. Ils enregistrèrent leurs bagages, franchirent la sécurité sans encombre et s’affalèrent dans le salon d’attente réservé aux passagers privilégiés. Les filles voulurent les suivre, mais l’hôtesse s’interposa, soutenue par une Juliette qui n’avait pas l’intention de leur faire le moindre cadeau. Angus, lui, décida de payer leur surclasse pour qu’elles voyagent avec eux. Juliette ne pouvait pas s’y opposer. Sa compétence indiscutable dans le domaine culturel ne s’exerçait, hélas, pas dans la gestion d’hurluberlus comme ces musiciens. Elle avait souvent l’impression d’être devenue dresseuse de fauves ou directrice de zoo. Être la petite amie du chanteur n’arrangeait rien.
* * *
Ce fut la panique à bord de l’avion. Les garçons et les filles voulaient être ensemble et dérangèrent tous les passagers pour parvenir à leurs fins. Les hôtesses devinrent folles : elles devaient enregistrer le moindre changement dans l’affectation des sièges et Juliette finit par intervenir pour mettre un terme à ce manège.
— Il y en a marre. Asseyez-vous et ne bougez plus, vous n’êtes plus des enfants !
— Et toi, tu n’es pas notre mère ! répondit fort intelligemment Charlène, qui venait de s’installer avec Angus.
— Dieu m’en préserve ! conclut Juliette à mi-voix.
Elle prit place auprès de Steve et l’avion décolla avec dix minutes de retard : la confusion qu’ils avaient semée ne devait pas y être étrangère.
Pendant le vol, Juliette tournait et retournait certaines pensées dans sa tête : avait-elle vraiment vu la main de Steve sur la hanche de Leslie ? Il y avait quatre filles et quatre garçons avec elle, et Leslie était celle qui se retrouvait seule. Était-ce un hasard ? Elle faisait semblant de lire, mais gardait un œil sur le comportement de son chéri, guettant le moindre changement. Sans résultat. Steve était distant. Il écoutait de la musique avec un casque sur les oreilles, ce qui n’était pas très communicant comme attitude. Leslie l’inquiétait. C’était une jeune fille brune avec de longs cheveux lisses et un corps parfait. Parfait pour un garçon, avec une poitrine volumineuse qu’elle ne souhaitait pas soustraire à la vue des autres. Elle portait toujours des petits hauts échancrés et affectionnait les jeans slim. Elle était, de loin, la plus jolie des quatre et c’était d’autant plus étonnant qu’elle soit la seule non accompagnée. À moins que… Non, Juliette l’aurait su !
N’était-ce pas le juste retour de sa stratégie de communication ? Elle s’était débrouillée pour faire de Steve l’image sexy du groupe. Il était beau gosse, son visage fin, son regard bleu, son sourire timide étaient photogéniques et il avait plus de charisme que les trois autres. Cela avait été facile de l’imposer. Il était normal que les groupies cherchent à le séduire. Elle le regrettait parfois. Elle lui avait déjà reproché sa proximité avec certaines d’entre elles, le soir, après les concerts.
— Nous sommes célèbres maintenant, my love . Je suis identifié comme le « leader » du groupe et je dois jouer le jeu ! Flirter avec les fans en fait partie. Mais, ne t’inquiète pas, ça ne va jamais très loin ! Elles mouillent juste leurs petites culottes en s’imaginant des choses entre nous et je les laisse espérer ! avait-il répondu, serein.
Il avait raison. Entre eux, la relation était toujours au beau fixe. Quand les concerts le lui permettaient, il l’emmenait en week-end et ils faisaient longuement l’amour. Ce n’était pas le comportement d’un couple en phase de rupture.
Elle appuya sa tête contre le plexiglas du hublot. La Terre, sous l’appareil, était brune et de nombreux reliefs rythmaient le paysage. Elle avait eu un mal fou à caser dix jours de vacances dans son emploi du temps, mais c’était fait : après avoir joué la première partie du méga concert des Warriors, au stade d’Édimbourg, Steve et elle allaient se perdre dans les landes écossaises

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