Tribulations
112 pages
Français

Tribulations , livre ebook

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Description

Voici dix nouvelles,dix portraits aussi bien d'individus que de l'environnement dans lequel ils vivent. Dix histoires très variées, écrites dans un style nourri et qui évoquent les problèmes de société dont continuent d'être la proie, cinquante ans après les indépendances, les populations, mais surtout la jeune élite sortie des universités et grandes écoles, dans une Afrique noire qui se dit modernisée.

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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2012
Nombre de lectures 6
EAN13 9782296489615
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0073€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Tribulations

FEMMES ET SAVOIRS
Collection dirigée par Alice Delphine TANG

La collection «Femmes et savoirs» intègre tous les ouvrages qui
contiennent des savoirs diffusés par les femmes,des savoirs
diffusés pour les femmes et des savoirs diffusés sur les femmes.
Dansces rubriques se retrouventaussibien les œuvres de fiction
(roman,nouvelle,poésie,théâtre,épopée, conte,etc.) que les essais
littéraires,philosophiques,ethnologiques, anthropologiques,
sociologiques et mythologiques.La collection «Femmes et
saest un espvoirs »ace scientifique dont lebut est de donner une
grande lisibilité des écrits réalisés par les femmes ou portant sur les
femmes.

Déjà parus

ArieSerge EMOSSIdeBEGNI,Ma plus belle lettre est pour vous.
Roman épistolaire,2012.
Jean-ClaudeFOUTH,Femme émancipée,2012.
PaulEmmanuelBASSAMAOUM,Le retour à la vie du
prisonnier,2012.
Marie-RoseABOMO-MAURIN,L’écriture du politique dans le
roman camerounais,2012.
A.FAHATALENGetPauleS.NANFAH,L’hydre dans le verger.
Poèmes,2012.
MarieFrançoiseROSEL NGOBANEG,Méandres. Roman,2011.
Marie-RoseABOMO-MAURINetAliceDelphineTANG,
L’AFricde Jacques Fame Ndongo et la rénovation de l’esthétique
romanesque,2011.
EustacheOMGBA AHANDA,Soupirs de l’âme. Poésie,2011.
Jean-PaulADA BEKOA,Misères publiques, Poésie,2011.
SylvieMarieBertheONDOANDO,La réécriture de l'histoire
dans les romans de Romain Gary et d'André Malraux,2010.

Arie Serge Emossi de Begni

Tribulations

Nouvelles

Préface d’Étienne Ndzana

©L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-96501-0
EAN : 9782296965010

A
Rita Dogterom
Arie Dogterom
La famille Emossi
Marina Ngang Ngayong
Jeuneration-Sud

Préface

« Tout le monde peut écrire un livre, car chacun a des
choses importantes à dire.Comme il n’existe nulle part
une école où on apprend à écrire un livre, la seule façon
donc d’en écrire un est de commencer à l’écrire.Ecrivez,
écrivez même d’abord faux...».

Lorsqu’il prononça ces mots, le 25 septembre 2008,
alors qu’il animait un échange au siège de l’association
Jeuneration-Sud, Gaston Kelman, loin de le savoir, venait
de me libérer du starting-block dans lequel j’étais resté
coincé avec ma plume, depuis que le doute et le complexe
m’avaient convaincu que mes textes n’intéresseraient
personne, à cause de cette formation de littéraire que je
n’ai pas dans mon cursus de «pur scientifique».Et ce,
malgré le fait qu’une amie littéraire, par qui je me faisais
lire quelquefois, m’avait garanti que je «possédais la
main ».Assurément, il était capital que mon chemin croise
celui de cebrillant homme, pour qu’enfin je me décide à
couvrir cette distance mentale infinie qui me séparait de
l’éditeur.

Porté par ce nouveau vent de conviction et de
confiance, j’ai décidé de dépoussiérer et de présenter
Tribulations (recueil de dix nouvelles, dix tableaux qui
entremêlent savamment réalité et fiction) dans le but de
montrer, de manière froide, la réalité africaine,
exactement comme je l’ai vécue ces quinze dernières
années.

Notamment, j’ai vu que les sociétés de l’Afrique au Sud
du Sahara sont l’objet d’une tragique aliénation
religieuse.En ce moment, dans ces dernières, on est plus

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préoccupé à détruire le Diable avec la Bible! Le Diable,
qui est-ce en réalité, si ce n’est le bouc émissaire de nos
peurs, manquements et incapacités ? J’ai en outre vu que
la politique y est perçue comme une vache avec un million
de mamelles, vers laquelle tous ceux qui accourent n’ont
qu’un souci:attraper de leur bouche un trayon et le
traire, ils se moquent de tuer à terme la vache.Je ne fais
pas une révélation en disant que, les brigades de
gendarmerie, les commissariats de police y sont demeurés
des no man’s landavec à la tête un «petit dieu», le
moindre pouvoir politique ou administratif concédé à un
individu y est abusivement utilisé, le tribalisme y plombe
tout espoir d’avancer vers la construction des nations, la
corruption y est toujours le cancer permanent,
l’immoralité n’y connaît plus de frontière...J’ai surtout
vu que la jeunesse de cette partie de l’Afrique est comme
ce coureur qu’on prépare pendant 4 ans pour les Jeux
olympiques, qu’on place sur la piste le moment venu, mais
à qui on interdit de prendre le départ de la course.Pour
quel but la forme-t-on, depuis des décennies, dans les
« universitéset grandes écoles» ?C’est une jeunesse qui
ne rêve plus à cause de la pénurie de modèles sur le
continent.C’est une jeunesse qui n’est aucunement prise
en compte, son sort est hypothéqué (avec son aval) sur
l’autel d’égoïstes intérêts.J’ai tenu à la mettre face à ses
responsabilités en lui rappelant que le leadership, le vrai,
en Afrique, est mort une première fois avec la perte de P.
Lumumba, puis une seconde fois avec la perte de T.
Sankara;c’est à elle de porter et de faire triompher le
flambeau du leadership des cinquante prochaines années;
seule la réappropriation de celui-ci, par elle, la libérera
de toutes ses prisons et conduira le continent vers le
développement réel, vers la modernité.Il n’y avait donc

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meilleure sortie de l’ouvrage
jeunesse:« Ah, quel rêve ! ».

que

cet

appel

à

la

Le récit du contexte et de lagenèse decet ouvrage,tel
qu’il m’aétébrillammentfait par le jeune auteurA.S.
Emossi de Begni, méritait bien que je le fasse figurer en
début de cette préface que je rédige avec beaucoup de
bonheur ;parce qu’il s’agit d’un jeune auteur qui
commence une carrière,mais qui se distingue déjàpar un
style propre.Ilaborde des questionsfondamentales, pour
l’Afrique aujourd’hui, commel’intégration nationalepar
exemple, en vous racontant une histoire captivante qui en
même temps vous fait prendre pleinement conscience du
fait évoqué. Je lui prédis un bel avenir dans cette carrière
d’écrivain dont le déclic aété larencontreavecune illustre
personnalité du domaine.C’est incontestablement un ton
nouveau dans le paysage littérairecamerounais etafricain,
et qui va, je n’en doute point,satisfaire la curiosité du
lecteur.

Etienne Ndzana

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ILLUSION

«G», c’est ainsi que nous l’appelionsrand prof
fièrement ;aussibien pour sesbrillantes prestations sur
l’estrade de nosamphithéâtres que pour lasingularité qu’il
cultivait parmi tout lecorps professoral de l’université de
l’indépendance.L’allure tonique et le style très élégant de
ce petit homme n’échappaientàpersonne dans l’enceinte
de l’immensecampus.Il possédalit son «abel »: blazers,
smokings,redingotes,éternel nœud papillon,« paires
basses »PierreCardin… ; touscertes un peu vieillis,mais
àl’évidence trèschatoyantsàunecertaine époque.Cette
marque unique sur lecampus était davantage lapreuve des
quatre décennies passées pagrr le «a» sur lend prof
territoire de lapuissance tutélaire,respectivementcomme
1
étudiantboursier de l’ancienneAEFet enseignant des
universités.
Deces quaranteannées de vie en terre de la« mère
patrie »,le professeurMoto-Moto n’avait pas ramené que
ce styleapparent unique.Ilavait également hérité decet
accent qui n’est pascelui de nousautres quiavons les
cheveuxcrépus et durs telle de lapaillebien séchée par le
soleil équatorialafricain.
Comme nous nousbousculions pour êtreaux premières
loges desamphithéâtresà chaque nouvelle prestation
excgreptionnelle du «a» !nd profSonaisance dans la
langue et sagrandiloquence nous fascinaient tous, avides
d’étoffer notre vocabulaire de mots nouveaux.Aucun
autre enseignant n’aurait pu se targuer de susciterautant
d’attrait et d’intérêt queMoto-Moto.Nous nousarrachions

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