Un enfant à tout prix
180 pages
Français

Un enfant à tout prix , livre ebook

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Description

Mariés depuis environ sept ans, Xavier et Victoire ont fait le tour des gynécologues et des guérisseurs sans connaître la joie d'avoir un enfant.Après bien des péripéties, Victoire est finalement enceinte. Trois semaine avant l'accouchement, mue pa une curiosité excessive, elle touche un énorme serpent qu'un marchand d'illusions présente; quinze jours après elle accouche d'un enfant de sexe masculin présentant d'énormes déficiences. Ainsi le couple va-t-il faire le tour des médecins et guérisseurs à la recherche du remède miracle pour guérir Jonbé Pamphile...

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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2011
Nombre de lectures 39
EAN13 9782296471689
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0096€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Un enfant à tout prix

Littératures et Savoirs
Collection dirigée par Emmanuel Matateyou

Dans cette collection sont publiés des ouvrages de la littérature
fiction mais également des essais produisant un discours sur des savoirs
endogènes qui sont des interrogations sur les conditions permettant
d’apporter aux sociétés du Sud et du Nord une amélioration significative
dans leur mode de vie. Dans le domaine de la création des œuvres de
l’esprit, les générations se bousculent et s’affrontent au Nord comme au
Sud avec une violence telle que les ruptures s’accomplissent et se
transposent dans les langages littéraires (aussi bien oral qu’écrit). Toute
réflexion sur toutes ces ruptures, mais également sur les voies empruntées
par les populations africaines et autres sera très éclairante des nouveaux
défis à relever.
La collectionLittératures et Savoirsest un espace de promotion
des nouvelles écritures africaines qui ont une esthétique propre ; ce qui
permet aux critiques de dire désormais que la littérature africaine est une
science objective de la subjectivité. Romans, pièces de théâtre, poésie,
monographies, récits autobiographiques, mémoires... sur l’Afrique sont
prioritairement appréciés.

Déjà parus

Valérie Joëlle KOUAM NGOCKA,À cause d’elle (roman),
2011.
SophieFrançoiseBAPAMBEYAP LIBOCK,Le
Dévoilement du silence, 2010
Pierre OlivierEMOUCK,Les chiens écrasés, 2010.
DunyFONGANG,À l’ombre du doute, 2010.
Grégoire NGUEDI,La Destinée de Baliama, 2010.
Floréal SergeADIEME,La Lionne édentée(roman), 2010.
Jean-ClaudeABADAMEDJO,La parole tendue (poésie),
2010.
JeanAimé RIBAL,Chagrins de parents, 2010.
MarieFrançoise Rosel NGOBANEG,Ning, nouvelles, 2009.
EdouardElvisBVOUMA,L’épreuve par neuf, 2009.
Rodrigue NDZANA,Je t’aime en splash, 2009.

Charles Soh

Un enfant à tout prix

Roman

© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN :978-2-296-56521-0
EAN :9782296565210

Cettehistoire estentièrement vraiepuisqu’ellesort toutdroitde
mon imagination.
Afindenepascompromettre certaines personnes,j’aichangé
les noms,lesdatesetcertains lieux.J’aiégalementcaché certaines
vérités pas toujoursbonnesà dire,même dans un roman.
Nul nepeutet ne doit sereconnaître danscettehistoire,jel’ai
inventée detoutes pièces.

CharlesSOH

Aux femmes, aux mères qui souffrent en silence, et qui
portent la vie !
À celles qui n’ont pas connu la joie d’avoir un enfant.

Votre indigence est votre force !

-C’est par où le raccourci pour être sûre de ne pas me
tromper dans la vie ?
-Tout droit, deuxième à droite, puis, tout droit jusqu’au
petit matin.

SOMMAIRE

Prologue Les lamentationsdel’épousesansenfant ............11
I Lavie étaitdouce à Bafoussam.........................................15
II Mariage en la cathédrale de Bafoussam...........................23
III Sixansdemariagesansenfant .......................................31
IV Enceinte, enfin! .............................................................59
V Elle atouchéleserpent !..................................................61
VI L’enfantest né!..............................................................65
VII Jonbé Pamphile,l’enfant tantattendu ...........................75
VIII Unelueurd’espoir .......................................................93
IX Seigneur,pourquoi m’as-tuabandonnée? ...................101
X Aucœurdelaforêt,l’enfant serpent .............................117
XI Fuir pour protéger l’enfant serpent...............................133
XII Lemystérieux tueuren série.......................................139
XII Un serpentdans lelitducuré......................................141
XIV Uncheminde croix pascommelesautres ................151
XV Leserpent,l’enfantet lefeu .......................................163
XVI Lapurification,lelac Baleng ....................................167
Épilogue Vingt-troisans plus tard.....................................175

Prologue

Les lamentations de l’épouse sans enfant

Qui te donnera un enfant ?
Parle, femme, du silence de la douleur,
De l’angoisse de l’attente.

Qu’ont-elles dit ?
Que je ne suis pas une vraie femme !
Que je suis incapable de procréer !
Que je suis bonne à rien,
Terre aride, arbre sec, vigne infertile ?

Qu’ont-elles dit ?
Que des filles viendront de Batié, de Bangou, de Batoufam,
Elles viendront, les seins bien en verve.
Il ne pourra résister.

Qu’ont-elles dit ?
Que je suis une ratée ;
Née une pierre dans la main.
Partout, on chante mon nom,
Femme aux entrailles arides,
Herbe sèche,
Coquille vide,
Arbre sans racines, sans branches,
Sans feuilles ni sève

À Balengou, on me chante !
À Balesseng, elles chantent mon nom !
À Bansoa, elles me chantent !
À Bandjoun,Bayangam,Baham,Bangou !
Partout, elles chantent et rient de moi aux éclats.

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Elles ont dit qu’une femme sans enfant,
Sa place est à la porcherie ;
Elles ont dansé et chanté en me raillant !
Durant la saison de la récolte du maïs,
Durant la saison de la récolte des ignames,
Durant la saison de la récolte des haricots,
Durant la saison de la récolte des patates,
Elles ont chanté et dansé en se moquant de moi.

Qui dansera demain au pas du Sameling ?
Qui dansera demain au pas du Ndadji ?
Qui dansera demain au rythme du Kwa Kwa ?
Qui dansera demain au rythme du Gnam ? Du Kougan ?
Qui battra le tambourin au rythme du Nkeding Nkeding?

Aux funérailles de WafoFongang àBapa,
Elles ont chanté et dansé en se moquant de moi.
Aux funérailles de Tenku Tabong àBaloum,
Elles ont chanté et dansé en me raillant.
Pleure, femme, pleure l’enfant que tu n’as pas,
Et que tu n’auras peut-être jamais.
Chante femme, clame ta douleur et ta souffrance.
Ta maison ne connaîtra jamais la joie du Ngwa,
La danse qui célèbre la venue d’un bébé,
Ni celle du messang nfu,
Le couscous au nkui tout chaud.

Terre deBaleng,
Eau du lacBaleng, les voici qui arrivent
Àtoi, eau sacrée, viennent tous les péchés du monde.
Eau purificatrice, reine des eaux, ô lacBaleng !
Les voici qui marchent vers toi.
Fardeaux de douleurs, de souffrances et de misères.

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Les pieds dans l’eau, au milieu de la maréehumaine, Victoire
prit l’enfantdans sesbras.Ellelefixa droitdans les yeux, elle
regardalasurface del’eauetépela,presque,les mots:
Ô eau! Eau purificatrice du lac Baleng! Me voici! Ma
croix est lourde. Mon chemin de croix est long et pénible. Je
n’en peux plus. Aide-moi ! Sauve-moi ! Je voudrais prendre
part à la résurrection. Je voudrais, ici et maintenant,
devenir aussi un enfant de Pâques par le baptême, par cette
eau qui va me faire renaître à la vie.
Elleimmergeal’enfant qui hurlait, criait,se débattaitet
s’accrochaità elle.Insensible et imperturbable, ellelesortitde
l’eauet le branditau soleil.Du fond desagorgenouée, des motsà
peine audibles:
Ô soleil! Toi qui illumines le monde, illumine mon cœur,
afin que cette eau voie comme il est pur. Seigneur, merci
pour cette eau qui jaillit des entrailles de la terre. Tu l’as
créée pour féconder la terre et donner à nos corps fraîcheur
et pureté. Que cette eau purifie cet enfant aujourd’hui, en
même temps qu’elle purifie nos corps et nos cœurs. Par elle,
Seigneur, tu as libéré ton peuple de la servitude et tu as
étanché sa soif dans le désert. Que cette eau miraculeuse
fasse son œuvre aujourd’hui, ici et maintenant. Seigneur, tu
m’as demandé de nourrir ma foi et mes doutes mourront de
faim. N’est-ce pas ce que j’ai fait ?
Ellejetaun regard apitoyésurXavier,son mari.L’homme était
assommé, des larmes perlaientàses joues.
Je t’ai épousé devant Dieu et les hommes, en la cathédrale de
Bafoussam. S’il est vrai que depuis ce jour tu as été le seul homme
de ma vie, que je n’ai point regardé un autre homme avec envie ni
convoitise, alors, enfant, retrouve ta vraie nature et va-t-en.
Elleimmergea denouveau l’enfantet le branditau soleildont
les rayons faisaient miroiter lasurface du lac Baleng.
S’il est vrai que je t’ai aimé comme toute femme aime son
enfant, que depuis ta naissance je t’ai donné tendresse et amour,
alors, enfant, change de nature, deviens toi-même.

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Ellele branditau soleilet l’immergeapour latroisièmefois.
On dit que tu es un serpent. Si c’est vrai, alors, Jonbé,
redeviens serpent, change de nature, et va-t-en.
Àlaquatrièmeimmersion,le corpsdel’enfantdevint glissant,
s’échappant progressivementdeses mains.Lorsqu’elle baissales
yeux,l’enfant s’était transformé en unénormeserpent qui nageait
vers les profondeursdu lac.

I

La vie était douce àBafoussam

La vie était douce à Bafoussam. Tout était bonheur,sourire,joie
devivrepourcettefillette dont lesoleilet lalune étaient les
compagnonsdejeu, etdont lesourire amicalcaressait lapeau.
Tempsd’insouciance au quartierToungang.Lamaison familiale
étaitaucoindelarue,sur la descentequi mène au quartier
Haoussa.L’airétait pur,l’herbefraîche et verte.Âge d’innocence
pourcette enfantdanscequartierde bonheur où les routes
poussiéreusesétaientbordéesde bananiers mollement inclinéset
parcourues par quelques villageoischevauchantdesbicyclettes
déglinguéesappelées «Menkon ».Par moments,lorsqu’ils
souriaient,on voyait leursdents tachéesderougepar lakola.La
mère de Victoirevendaitdesbeignetsdeharicotaucarrefourdela
bornefontaine de Toungang.Chaquematin, assise auprèsdesa
mère dans la cabane, Victoirejouaità compter l’argenten se
gavantde beignets.

Dernière-née d’unefamille de cinqenfants,GokouVictoire
avait tétéleseindesamèrejusqu’àl’âge desixans.Ellejouaitet
riaitavecsesamies jusqu’à cequelafaim ou lasoif latenaille.
Ellerevenaitalorsencourantàlamaison,réclamant samère à
grandscris.Elle écartait sonKaba et,latête enfouie, ellesentait
l’odeur particulièrequi se dégageaitdesapeau,l’amourdu lait
qu’elletirait,le bonheur,ou l’illusiondepenser quelavie, à
l’image du lait,toujoursdisponible enabondance, en qualité eten
quantité,luiapporterait toutenabondance, en qualité eten
quantité.Son père étaitcultivateuret vendeurdefruitsau marché
B, encore appelé« séngwone»,littéralememnt «arché des
sillons ».Ilallaitauchampdeux fois par semainepour surveiller
les travaux.Lesautres jours,il serendaitàFoumbotd’où il
ramenaitdescaisses rempliesdefruitsdetoutes sortes qu’il
entreposaitdans laréserve derrièrelamaison.Victoireyallaitàsa
guise etchoisissait les fruits les plus juteux.Avecsesdents, elle
arrachait sauvagement lapeaudelasucculente chairdes oranges,

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goyaves, mangues. Toute seule, dans l’obscurité, perchéesur les
caisses,lejusdouxet poisseuxcoulant lelongdesesbrasetdeses
jambes, ellesegavaitdefruits.Parfois, elle enchoisissait
quelques-uns pour sesamieset sortaitencourant pieds nus,les
fruitsdissimulésdans un petit sac en plastique.
-Reviens ici, criait samère, en vain.
Les piedsen sang, elleserrait lesdentsetcontinuaità courir.
C’est l’une des images les plus puissantes qu’ellegarde de cette
heureusejeunesse.Peut-êtreque de ces moments lui viennent
l’envie et la compulsionaveuglesdevouloiraffronter,pieds nus,
lescheminscaillouteuxet rugueuxdelavie!Lesannéesde
souffrance etdemisèreneparviendront jamaisàluienleverce
bonheuréternel.
Victoirefut inscrite àl’école Sainte Thérèse àBaleng, école des
filles.Celle des garçons,l’école SaintJoseph, était située aubout
delapistequidescendait vers lemarchéB.Après la doctrine et la
réussite àl’examendepassage en première communion,son père
luiachetaunesplendiderobe blanche.Ils furent unetrentaine de
lauréatsetdelauréates,tousde blancvêtus, à entrerdans l’église
enchantant:

Seigneur, nous arrivons des quatre coins de l’horizon
Nous marchons vers toi,
Seigneur nous arrivons des quatre coins de l’horizon
Dans ta maison.
Grandefête àlamaison.Laphotodefamille écornée et
maintenantblanchie,priselejourdesonbaptême, était
précieusementconservée dans son porte-monnaie, c’était son
porte-bonheur.
Lejourdela confirmation,l’évêqueposasasaintemain sur son
frontet lui sourit.Laphotoagrandie étaitaffichée au murdu salon.
Àtreize ans,lapremièregoutte desang perla,faisantd’elleune
femme.Samèrepleura etdécida delasoumettre au ritueldela
pierre brûléequi, dit-on,ralentit legonflementdes seins.Ses
nichons qui pointaientàpeinefurent massacrésàlapierre
chauffée.Ellefutensuite enferméependantdeux jours pour que

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ses seins« rentrentdedans », comme disait l’amie desamère
venuespécialementdu quartier ``Bigmop`` pourconduire
l’opérationde destructiondeses seins qui «sortaient trop vite».
Cefut unetransitiondouloureuse.Tôtdans lavie, Victoire apprit
par la douleur quelemétierdefemme est un métierdouloureux.
Unavant-goûtdesondestindefemme etdemère.
Àquinze ans,les vendredis soirs,il yavaitdes matchsde
footballetdehandballau stade delamissioncatholique.Les
garçons les regardaientet les taquinaient.
Àseize ans,il yeut les matinées jeunesse aucinéma Le Tamdja
etLe Mifi.Elletrompait lavigilance desamèrepour yaller.Lors
des fêtesdelajeunesse,il yavaitdes kermessesetdesbals.Il y
avaitaussi lesbalsdefind’année.Elles’y rendaitaccompagnée de
ses frèreset sœurs.C’estaucoursd’unde cesbals qu’ellefit la
connaissance de cegarçondeterminaleCauLycée classique de
Bafoussam (Lyclabaf).
Les garsduLyclabafétaientdes «blancs ».Ilsétaientdiscrets,
galants,propres, élégantset intelligents.D’ailleurs,ilsétaient
tellement occupés par leursétudes qu’ils restaientà étudierchez
eux pendant que ceuxducollège dela Rénovationetducollège
Guyewingo traînaient partout,taquinant les fillesetdraguant
maladroitement.Il fallaitêtreunevraiefillepour parleràun gars
du lycée classique.Victoires’en vantaitdiscrètementauprèsdeses
amies:
-Je connais un garsdu lycée.
-Tu mens,où l’as-tu vu ?
-Aubaldefind’année desBabankin.
-Est-ceun garsBabankin ?
-Oui,je crois.
-C’estcequ’il t’a dit ?
-Oui.
-Comment sais-tu qu’ilestauLyclabaf ?
-On mel’a dit, et jelesais.
-Dequelle classe?
-TerminaleC.

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- Tumens, ma sœur, tu mens. Un gars du lycée? De TCen
plus ! Tu rêves ou quoi ? On t’a trompée. Les gars de TCse
comptent sur les doigts de la main.
Le fameux gars de TCétait l’ami de son frère aîné. Un
dimanche après-midi, Victoire eut lasurprise delevoirentrerchez
eux.Toutagitée, elle allase cacherdans la chambrepour
l’observer par letroudelaserrure et par lapetitefente aucoindu
battantdelaporte.
Ilétait luiaussi subjuguépar la beauté de Victoire,mais il ne
laissait rien transparaître.Victoire était l’archétype dela beauté
raffinée del’enfantbamiléké.Des yeuxd’une extraordinaire clarté
où miroitaient lescouleursdel’aube.Unepeau noir-ébène, d’une
puretélaiteuse.

Un garsde TCauLyclabasf !e disait-elle.Elle était fascinée
par savoix qui résonnaitavecuncalme et unesagesse dignesdu
Lyclabaf.Ilsavaient quelque chose d’exceptionnel, ces garsetces
fillesduLyclabaf !
-Victoire!Oùest-ellepassée?
Ellesursauta enentendant lavoixdeson frère.Après quelques
instantsd’hésitation, ellesortitdela chambre en traînant les pieds.
Lelycéendontelleignoraitencorelenom,luiadressaun
sourirepropre, beau,ravageur.
-Valuiacheter quelque chose à boire.Jevaisaussiarroser
tonbac, eh !Vousavezarrosé chez vous,l’arrosage continu
ici.Demande-luicequ’ilboitet vaviteleluiacheter.
-Que buvez-vous ?demanda Victoire.
-Un jus,répondit-ild’unevoixagréable.
-Quel jus ?Pourquoi un jus ? questionnalefrère de Victoire.
Tuesdéjàunbachelier,tu vasà Yaoundé.Laisse-nousça!
Vanousacheterdeuxbièresbien glacées.Si tu neveux pas
arroser tonbac,moi j’arrose eh !conclutLéonard,lefrère de
Victoire.

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