Victimes 2 l’amour
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Description

Kastor aime la Galette qui sort avec Ahmed. Fanta voudrait bien consoler Kastor, mais finalement quels sont les sentiments de La galette ? Et Kastor, comment va-t-il se tirer de cet imbroglio ?

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 655
EAN13 9782350450766
Langue Français

Exrait

Victimes 2
l’amour
Abraham SIDIBÉ
Kankan, ma ville natale, la ville de mon adolescence, de la drague, de l’amour…
Une ville bien lotie, traversée par le fleuve Milo, aux rues poussiéreuses, bordées de manguiers qui apportaient une ombre fraîche pendant les longues journées de chaleur. Les nuits sans lune, la ville baignait dans l’obscurité. Quand il y avait le clair de lune, on veillait tard la nuit avec les amis. Il y avait du bonheur, de la convivialité et de la joie de vivre.
Notre bande de copains était très à la mode, nous étions les branchés de la cité - les Boucantiers, comme on dirait aujourd’hui - On s’habillait branché : les gars portaient des pantalons en tissu de laine aux pattes d’Eph, des chemises aux manches longues bouffantes, des chaussures en plastique ou des sandales. Les gos s’habillaient toujours en pagnes, wax, indigo et bazin, cousus avec fantaisie. Elles étaient tressées à la mode africaine.
C’était l’époque du collège. Une période d’insouciance, de révolte, d’énergie, surtout de rêve. Que de souvenirs sur cette bande de potes : Abou, Bouzo, Cool B, Cérézo, Al Man, M’Baye, Ahmed, Korso, Lato, Popito… Parmi nous, des footballeurs, des danseurs, des sapeurs et des beaux parleurs. Nous étions vraiment les meilleurs des meilleurs, quoi ! Les autres bandes ou groupes s’appelaient : les Cosmos, Police, Espoirs, les Bad boys. Nous c’était les Horoya Boys. Les Cosmos étaient forts physiquement et nous interdisaient parfois l’accès au fleuve. Ils étaient jaloux de notre succès auprès des jeunes filles. Cependant, les groupes n’étaient pas violents comme c’est le cas des clans aujourd’hui qui utilisent des armes blanches ou des armes de guerre dans des combats interminables. Dans nos rencontres il n’y avait ni sexe bien qu’on parlât amour, ni alcool, encore moins de drogue. Les aprèsmidi, on jouait au foot avant de se baigner au fleuve Milo. Un grand moment ! Car les filles étaient là. Elles étaient en paréo, avec «baya» autour des reins pour mieux nous séduire. Les garçons étaient en culotte. À l’époque il n’y avait pas de maillots de bain et même quand il y en avait, personne n’osait en porter. Nous les Horoya boys nous ratissions large chez ces meufs. Elles étaient folles de nous, chacun de nous devenait une cible, sans que nous le fassions exprès. Toute la ville parlait de nous comme de ses idoles. Les samedis soirs c’était les boîtes de nuit, comme le JB, le Milo Bar, le Tabou, le Rubis, le Terminus… C’était à qui sortirait avec la plus belle meuf de la ville.
J’étais l’un des rares qui partaient en vacances : Bamako, ville de grande chaleur, de canicule, avec son architecture traditionnelle, que je trouvais bizarre – Conakry, ville surpeuplée, encombrée par son lotissement anarchique, ses grandes pluies non-stop de juin à octobre que j’avais hâte de quitter – Abidjan, au bord de la lagune, avec ses gratte-ciel modernes ; son art culinaire : atiékè, foutou, aloko. Mais surtout son ambiance festive. J’adorais tout de cette ville.
De retour des vacances c’était fringues, Basket Nike Air, Tee-shirts, survêt, casquettes, magazines, nouveautés… Je faisais l’unanimité au sein des amis comme étant le plus clean and class, c’est-à-dire le mieux habillé, le plus cool, bref, le plus admiré, donc l’idole des idoles. Un avantage bien sûr… Du côté des filles, les points de vue étaient un peu différents : il y avait celles que je trouvais quelconques et dont j’ignorais les avances à l’image de Sarata, qui remua ciel et terre pour sortir avec moi, sans parvenir à ses fins. Elle alla jusqu’à me supplier devant ses copines. Ou celles qui comme Bijou, fatiguée de me draguer, se trouva un jeune commerçant de la place apte à me concurrencer par les moyens dont il disposait. Elles me trouvaient orgueilleux ou distant. Je jouais à ce jeu sans en mesurer les conséquences. Des dizaines de proies faciles m’avaient échappé bêtement et trouvaient des gars plus sympa avec elles.

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