WOUYIA
64 pages
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WOUYIA , livre ebook

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Description

"Je n'avais qu'un rêve. Je rêvais de ce jour où je quitterai le domicile familial, de ce jour où je deviendrai une femme importante"
Wouyia rêve de quitter le cocon familial. Wouyia rêve d'une autre vie que celle qu’elle mène avec ses parents, frères, sœurs et cousins dans une maison qui peine à les contenir tous.
Et puis un jour, la jeune fille de 16ans est catapultée dans un monde inconnu : le monde des adultes.
Wouyia perd son innocence lorsque ses parents décident malgré son refus, de la donner en mariage à un monsieur plus âgé que son père !
Elle tombe gravement malade lorsque, à la suite d’une grossesse compliquée, elle se rend compte que désormais ses selles s'écoulent par son organe génital, provoquant des odeurs pestilentielles et insoutenables pour son entourage. Elle devient alors un paria dans la maison de son époux. Il lui faudra aller puiser au fond d'elle-même, avec l'énergie du désespoir et un optimisme à toute épreuve, la motivation nécessaire pour réécrire l'histoire de sa vie.
Wouyia ou l'innocente paie la note. Wouyia ou l'innocence perdue. Sous la plume acérée et dramatique de MEN, Wouyia raconte la vie de ses milliers de jeunes filles encore victimes de mariages forcés en Afrique.
L'auteur dont les connaissances médicales sont indéniables a également, au travers de l'histoire de Wouyia, tenu à sensibiliser sur une infection peu connue, la fistule obstétricale dont sont victimes des centaines de femmes à travers le monde.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 juin 2021
Nombre de lectures 133
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture à venir























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Ernestine MBAKOU




WOUYIA OU L’INNO-
CENTE PAIE LA NOTE
Roman
MEN EDITION


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Du MEME AUTEUR :

J’ai vendu mon âme au diable tome 1, MEN Edi-tion, Cameroun, 2019.
Roman de : 151 pages
Langue : Français
ASIN : B07SHSZJ2V
Vendu à plus de 1 000 exemplaires physiques et numériques à travers le monde.


Obsession , Proximité, Cameroun, 2018.
Roman de : 190 pages
Langue : Français
ASIN : B07BJMT4YK

L’amour ne traverse pas l’océan , Shanaprod, Ca-nada, 2020
Roman de : 262 pages
Langue : Français
ISBN-10 : 2925010008
ISBN-13 : 978-2925010005

L'auteur publie constamment des Ebooks sur son site internet : www.ernestinembakou.cm


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Titre de l’édition originale Wouyia ou l’innocente paie la note.

Nouvelle édition.
Produite à Bafoussam Cameroun, Novembre 2019.

Distribuée dans tout le monde, à travers le site internet et Facebook par l’Association MEN.

Couverture : MEN CREATIVE.

ISBN :
Copyright © 2019, by Association MEN.
Tous droits réservés.

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Me rci à vous ces lecteurs, fans, abonnés qui me témoi-

gnez votre soutien chaque jour.



Merci pour tout ce que vous
m’avez apporté. Vous êtes formidables.






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CHAPITRE 01

Je sursaute, je m’assoie sur mon lit. Un lit étroit, peinant à nous contenir mes trois sœurs et moi. Le matelas est tellement vieux et son épaisseur laisse dessiner sur nos côtes l’image des planches en bois servant de traverses. Oui, nous dormons toutes dévêtues. Seul un sous-vêtement fait office de nuisette.
La raison était toute simple. La petite dernière Nora, n’était pas encore propre la nuit. Lasses de se voir tremper tous les matins, les aînées avaient décidé d'un commun accord de dormir sans vêtements. Une façon simple et radicale de limiter les dégâts.
J’avais fait un rêve cette nuit, encore ce rêve étrange. Je ne saurais le décrire mais j’étais sûre qu'il n’augurait rien de bon.
Vivant dans une famille très superstitieuse, j’avais depuis longtemps compris qu'il existe des signes annonciateurs à tous les événements.
Par exemple, cinq jours auparavant, le chat de la voisine avait miaulé toute la nuit devant la porte. Mon père avait déclaré qu'un membre de la famille était sur le point de passer l'arme à gauche. C'est sans surprise qu'on avait appris le décès du grand-oncle Makanjo. Coïncidence ou réalité ? Je ne saurais le dire.
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Les exemples pareils étaient tellement nombreux. Ce n'était pas facile pour moi d'en parler avec mes amies qui y voyaient l’œuvre du mauvais sort.
—Tu devrais cesser de chercher une explication à tout Wouyia. Pourquoi veux-tu donner une signification aux choses inconnues ?
C'était mon amie Belina qui me posait cette question. Je n'avais pas pu lui dire que c'était un héritage familial qui voulait qu’on donne des explications même les plus farfelues aux évè-nements.
Pourquoi n’arrivais-je pas à me rappeler mon rêve ?
J’étais toute en sueur. La température de la salle était déjà bien haute. La saison n'augurait rien de bon. Papa disait la veille :
— Si cette chaleur continue, je suis sûr qu'on trouvera les corps calcinés en pleine rue.
Il n’exagérait sûrement pas. La chambre était toute étroite, à peine pouvait-on trouver un endroit où poser les pieds en quittant le lit. Le toit se rapprochait dangereusement de la moustiquaire, ce qui rendait la situation plus difficile et invi-vable.
Il fallait se contenter de ce qu'on possède, disait souvent grand-mère. J’étais tentée dans ces cas-là de lui rappeler que 10

nous ne possédions justement rien du tout. Mais, je n'avais pas du tout envie de goûter à sa chicotte, alors je me taisais.
Je n'avais qu'un rêve, un dont je me souvenais bien évidement car c'est lui qui m'avait façonnée. Je rêvais de ce jour où je quitterai enfin le domicile familial, de ce jour où je deviendrai une femme importante, de ce jour où je construirai une grande maison. Tout ce que je ne cessais de ressasser était cette chambre, toute grande, avec un grand lit et un matelas épais qui occuperait le centre de la pièce. Plus encore, je posséderais cet appareil qui distille de l'air frais.
Je l'avais vu pour la première fois au bureau du proviseur au lycée. J’avais été surprise de ressentir cette fraîcheur qui me calmait d'une façon si douce. J’avais multiplié les bêtises pour pouvoir jouir de ce confort pendant dix minutes durant toute une semaine. C'est monsieur Mballe, le surveillant général qui m’avait demandé pourquoi subitement je devenais si rebelle, at-tisant le trouble en classe.
La nouvelle règle, avec l'entrée en scène du nouveau proviseur était toute simple et claire au lycée : En cas de trouble, bavardage pendant un cours, l'élève devait se rendre dans le bureau de monsieur le proviseur où il devait classer tous les docu-ments par ordre alphabétique. J’avais déjà fini le rangement pour 11

les deux mois à venir. Ce comportement étant surprenant de ma part, monsieur Mballe avait voulu comprendre. J’avais juste souri.
— Je m'y sens bien monsieur.
—Tu t'y sens bien ? Es-tu sérieuse ? Si tu continues ainsi, tu finiras par passer au conseil de discipline et pourras être renvoyée à la fin d'année. Je me demande où tu iras après. Y as-tu pensé ? Et le fait de se sentir bien en vaut-il la peine ?
Monsieur Mballe qui savait la situation précaire de mes parents n'avait pu s'empêcher de me crier dessus. Il ne comprenait pas l'inconscience des jeunes.
Non monsieur, ce n'est pas ce que je désire. Avais-je répondu, les sanglots dans la voix.
Je le savais déjà, sans école, pas de possibilité d'avoir un avenir prometteur. Pas d'avenir prometteur, pas de possibilité de posséder une grande chambre et un grand lit.
Belina m'avait également interrogée
— Et alors, que fais-tu chez le proviseur tous les jours ?
Je serai tentée de croire que c'est ton heure de sieste mais vu que tu es en plein ménage, ça serait difficile de s'endormir, tu ne crois pas ?
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— Dis Belina, c'est quoi cette chose qui rend le bureau du proviseur si frais ?
— De quoi parles-tu ?
— Tu as été chez le proviseur.
— Pas autant que toi, oui, j'y suis allée comme la moitié des élèves de cette classe.
— N'as-tu rien remarqué d'étrange ?
— C'est toi qui es étrange Wouyia
— Non, s'il te plaît, Écoute-moi
— Sois plus explicite, je ne parviens pas à lire dans tes pensées.
— Ce n'est pas drôle Belina.
— Qui a parlé d'être drôle. C'est ton comportement qui m'étonne. On dirait que ça te fait plaisir d'être punie. Tu le fais exprès de créer le trouble. Tu n'avais pas besoin de crier si fort sur le professeur de biologie et de lui répondre qu'elle est bien bête après. Pour être bête, elle le sait déjà, ce n'est plus un scoop.
Et elle crie aussi déjà pour tout le lycée même si c'est pour raconter des conneries.
— Elle est plus que bête Belina, comment peut-elle déclarer que la photosynthèse se passait plutôt chez les animaux ?
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Ce n'est pas un cours de la biologie de cinquième ça ? Je me demande où elle a été formée.
— Wouyia ce n'est pas le sujet. Je t'ai déjà dit que ce n'était plus un scoop. Ça ne répond pas à ma question. Pourquoi ce comportement ? Ce n'est pas à toi de remettre en question ses compétences. C'est elle l’enseignante et toi l'élève.
— Devrais-je gober tout ce qu'elle me dit pour la raison farfelue qu'elle est l'enseignante ?
— Tu devrais te taire en tout cas. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, nous sommes soixante-dix en classe, m'entends-tu ? Et personne ne t'a demandée de mourir en martyr.
— Tu exagères Belina
— C'est ça. Écoute-moi bien, tu n'as pas le droit de créer des problèmes pendant un cours. Si tu n’es pas contente, il faut en parler au surveillant général ou au proviseur. Je reviens sur ce sujet. Le lycée n’est pas « l’Urban justice ».
— Que se trouve-t-il dans son bureau à propos ?
— Une bonne fraîcheur.
— Quoi !
— Tu m'as bien entendue
— C'est pour le climatiseur que tu te fais punir ?
— Climatiseur, c'est le nom de l'appareil ?
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— Oh seigneur Wouyia, dis-moi que ce n'est pas vrai.
— Quoi ?
— Ça y est. Avec toi, j'aurais tout vu. Nous ne sommes qu'en seconde, je suis sûre que je mourrais bien avant la terminale. Avec toi, pas besoin de mort subite, mort lente et pénible.
— De quoi parles-tu ?
— De mes derniers mots sur terre.
— Cette chose, le climatiseur, coûte-t-il cher ?
— Wouyia !
— Quoi, je me renseigne.
— Dois-je répondre ?
— Et pourquoi pas. Tu sembles connaître le nom et pourquoi pas le prix ?
Je me rendais compte que je mettais à rude épreuve la patience de mon amie. Je ne pouvais m’empêcher de vouloir satisfaire ma curiosité. Vous allez me trouver stupide et idiote.
Mais je voudrais souligner que cette année-là, le climatiseur comme Belina, représentait tout pour moi. Plus que le saint graal, c’était la représentation d’une vie de rêve. Je n’avais pas tellement de rêves.
Une chose était sûre, j’avais ajouté "climatiseur" sur la liste de ce que je posséderai plus tard.
15

En attendant, j’étouffais sous cette chaleur. L'odeur d’ammoniaque des urines qui se dégageait dans la pièce n'arran-geait pas les choses. J’ai enfilé un t-shirt et suis sortie de la pièce.
Il devait être deux heures du matin ou un peu plus. Il n’y avait pas de réveil dans la pièce. Je me rendis dans l'unique pièce com-mune attenante qui faisait office de salle à manger, salle d'études, salle de réception, salle de convivialité, salle de toutes les activités.
Trop de noms pour une pièce pouvant contenir à peine dix personnes. Et pourtant, c'est là où toute la famille passait le plus de temps et organisait les réunions familiales. Nous étions douze à la maison au dernier recensement. Je ne voudrais pas parler des membres de ma famille car je m'y perdrais à coup sûr.
Difficile de marquer un pas sans tomber littéralement sur l'un des miens. Et justement, mes cousins David et Julien étaient couchés dans la salle. Ils étaient venus du village en quête d'un avenir meilleur. Je me demandais s'ils n'avaient pas désenchanté en découvrant cette situation. Peut-être auraient-ils dû rester chez eux là-bas au village où la nature était encore verte. Au village où l'air frais vous chatouillait le nez, où il faisait bon fouler l'herbe verte très tôt le matin, où la rosée t'embellissait la peau et surtout où l'espace ne manquait pas. J’étais jeune, mais les deux 16

fois où je m'étais rendue au village, j’avais éprouvé une sorte de paix et de quiétude intérieure. Étais-je liée à la nature ?
J’essayais de passer à travers les silhouettes couchées à même le sol. Je pris le soin de bien lever les jambes. Je n’avais pas l’intention de les réveiller même si je savais qu’ils avaient le sommeil très lourd. Je me demandais ce qu’ils fabriquaient durant la journée.
— David, avais-je demandé un jour, je ne comprends pas une chose...
— Oui, laquelle cousine ? Avait-il répondu d’un ton nar-quois.
David avait une vingtaine d’années et se croyait déjà capable de me dicter ma conduite.
Il a plu la nuit dernière, l’eau vous a retrouvé au sol Julien et toi, mais aucun de vous ne s’est réveillé. Comment pou-vez-vous dormir comme si vous êtes seulement morts ?
— C’est la fatigue petite cousine.
— Sérieux ? On porterait cette maison que vous ne vous en rendrez même pas compte.
— Ah bien, une fière chandelle à celui qui se chargera de porter cette baraque.
— Ce n’est pas le sujet.
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— Et quel est le sujet ? Pourquoi je dors d’un sommeil de plomb ? Je suis fatigué, je te dis.
— ça va, j’ai compris, pas la peine de monter sur tes grands chevaux, ni de me crier dessus.
C’était reparti pour un tour.
J’avais eu ma réponse, du moins un semblant de réponse.
Je me demandais ce qu’ils fabriquaient durant la journée.
J’ouvris la grande porte en bois qui émit un grand bruit et je m’assis à la véranda.
L’air frais qui m’accueillit me fit du bien. Je me sentis revigorée. Grand-mère aurait crié si elle m’avait vue à cet instant précis.
— Wouly ! Sa façon à elle de prononcer ce prénom qu’elle avait toujours traité de dépassé sans son " a", on n’ouvre pas la porte au cœur de la nuit. C’est un moyen de faire entrer les démons de la nuit.
— Grand-mère, ont-ils besoin de passer par une porte ?
Bien évidemment, je n’aurais pas pu recevoir une réponse satisfaisante. Je m’assis et plia mes longues jambes. S’il y avait un mot pour me décrire, c’était sans doute : Magnifique.
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On disait de moi que je ressemblais à cette beauté qui faisait d’une personne un être extraordinaire.

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