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Cent ans de catholicisme au Mali Approche anthropologique et théologique d’une rencontre (1888-1988) , livre ebook

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2009

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Date de parution

01 janvier 2009

EAN13

9782811102876

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

5 Mo

Pierre Diarra Cent ans de catholicisme au Mali Approche anthropologique et théologique d’une rencontre (1888-1988)
mémoire d’Églises KARTHALA
CENT ANS DE CATHOLICISME AU MALI
KARTHALAsur internet : http://www.karthala.com (paiement sécurisé)
Couverture : Mgr François Xavier Riehl, Spiritain (Arch. spiritaines), Mgr Augustin Hacquard, des Pères Blancs (Arch. M. A.), Père Alain Fontaine, des Pères Blancs, baptisant un enfant (Arch. M. A.).
© Éditions Karthala, 2009 ISBN : 978-2-8111-0287-6
Pierre Diarra
Cent ans de catholicisme au Mali
Approche anthropologique et théologique d’une rencontre (1888-1988)
Préface de Michel Meslin
Éditions Karthala 22-24, boulevard Arago 75013 Paris
Ce livre est publié avec le concours de l’Institut de Missiologie d’Aix-la-Chapelle
Remerciements
Ce livre n’aurait pas pu voir le jour si je n’avais pas eu la chance d’aller à l’école... et si je n’avais pas rencontré, en Afrique et en Europe, des amis et des professeurs qui donnent envie de réfléchir. Je remercie Martine Barilly, Cécile Leguy et Eloi Diarra, Hugues et Antoine Diarra pour leur aide et leurs encouragements. Que Anselme T. Sanon, arche-vêque de Bobo-Dioulassso, Jean-Gabriel Diarra, Joseph Dao, Jean Zerbo, Jean-Baptiste Tiama et les autres évêques du Mali trouvent ici l’expres-sion de ma profonde gratitude. Qu’il me soit permis de dire ma reconnais-sance à Emmanuel Lafont, Jean-Marie Aubert et Pierre-Yves Pecqueux, directeur des Œuvres Pontificales Missionnaires – Coopération mission-naire de France, à Marco Moerschbacher et à Missio Aachen en Alle-magne, à mes professeurs et amis Michel Meslin, Claude Geffré, François Bousquet, Claude Tassin, René Luneau, Pierre Colin, Jean Greisch, Marie-Dominique Popelard directrice de APPLA&Co et Jean-François Faba président de l’AFOM, pour ne citer qu’eux. Les recherches et les études de ceux qui m’ont précédé sont pour moi une aide et un encoura-gement précieux. Que les Pères Spiritains, les Sœurs de Saint Joseph de Cluny, les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (Sœurs Blanches) et les Mis-sionnaires d’Afrique (Pères Blancs), sans oublier leurs archivistes, trou-vent ici l’expression de ma reconnaissance. Je remercie Robert Ageneau, Paul Coulon, Joseph-Roger de Benoist, Jos Verdeyen, Jean-Claude Ceil-lier, Philippe Antoine, Alain Fontaine, Marie-Josée Blain, Pierre Meynet et les personnes qui ont répondu à mes questions lors de mes enquêtes, notamment Émile et Victorien Dakouo. Même si citer les amis, c’est toujours prendre le risque d’en oublier, ma sincère gratitude va à Cécile, Véronique et Alexis Dembélé, Joseph et Cyprien Dakouo, Frédéric Koné, Joseph Tanden Diarra, Brigitte et Nassé Sangaré, Elisabeth Bellais, Marcelle Gaborit, Marie-Madeleine Dakono, Maurice Pivot, Sylvain Kalamba-Nsapo, Edith Bernard, Dany Schenck, Paulin Poucouta, Dennis Gira, Geneviève et Gilbert May, Georges Riffault, Gilberte Sambou, Françoise Hatzenberger, Anne-Marie Giroux, Dany Rousselet, Françoise et Joseph Rousseau, Yves Buchoul et les autres amis qui m’ont aidé de diverses manières. Je remercie enfin mon oncle Victorien Diarra, mon parrain Vincent Thèra et mes amis Abel Pasquier et Philippe Rousselet qui nous précèdent dans la mort. « La vache dit qu’elle ne remercie pas la brousse, car demain elle s’y rendra pour se nourrir ». « Si on te lave le dos, lave-toi le ventre ».
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CENT ANS DE CATHOLICISME AU MALI
Par ces proverbes des Bwa du Mali et du reconnaissance, teintée d’une joie puisée relations multiculturelles. Celles-ci nous sinon plus humains, du moins plus ouverts
Burkina Faso, je dis toute ma dans la quête de vérité et les bousculent en nous rendant, dans la vie.
Préface
Quel bilan peut-on établir de cent années de mission catholique au Mali ? Tel est l’objet de ce livre de Pierre Diarra, où il révèle de solides qualités d’historien, d’anthropologue et de théologien de la mission. Ce livre est un constat courageux, lucide, fondé sur une analyse précise des données historiques. Le dépouillement des archives des congrégations missionnaires et surtout celui de nombreux diaires lui permettent d’appré-hender les réalités quotidiennes : aussi bien dans le domaine de la santé, de l’instruction, du rôle des femmes que dans celui des relations, parfois conflictuelles, entre missionnaires et administrateurs coloniaux. La préci-sion des notes, les citations de documents inédits sur la colonisation puis sur le clergé malien, attestent de la richesse de l’information réunie par l’auteur. Retraçant l’histoire de ces cent dernières années il ne se contente pas d’un récit événementiel, mais, par des analyses souvent très fines, il tente de comprendre les raisons profondes de cette histoire. Ainsi pour les rela-tions entre missionnaires et administrateurs, il montre pourquoi les pre-miers les accusent souvent d’esprit « franc-maçon ». Certes l’administra-tion coloniale a été plus souvent réticente pour traiter les problèmes religieux du culte au nom d’une laïcité officielle, mais elle a toujours été favorable à l’œuvre scolaire d’instruction du français entreprise par les missions, au risque de confondre colonisation et civilisation. Surtout il faut rappeler que le système colonial a indéniablement favorisé l’implan-tation de l’Islam. De fait, la situation religieuse au Soudan puis au Mali est une donnée incontournable. La très grande majorité de la population, 92%, est musul-mane. Le reste, qualifié d’animiste, de fétichiste, de traditionnel a consti-tué le champ ouvert à l’évangélisation, mais ne représente que 2,5%. Ce qui explique le choix des missions de s’implanter parmi les peuples résis-tants à l’islam, à l’instar des Bwa qui ont accueilli assez largement le catholicisme, surtout à partir des années vingt. Hostiles à l’Islam, il faut se demander pourquoi ils se convertissent. A cette question, complexe mais fondamentale, Pierre Diarra apporte plusieurs réponses. Être « du côté des Pères » c’est avoir l’espoir d’échapper à la famine, parfois ; mais surtout d’avoir une plus grande liberté vis-à-vis de l’administration, d’échapper plus ou moins aux corvées. Les nouveaux convertis ont ainsi joué des missionnaires contre l’administration coloniale. La révolte de 1915-1916 et celle de 1934-1935 appelée révolte des « enfants des Pères » sont parallèles au développement de l’évangélisation. Elles révèlent la
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CENT ANS DE CATHOLICISME AU MALI
même exigence de liberté et de refus d’un recrutement forcé. Mais on comprend que ce catholicisme ait pu être taxé d’élément perturbateur surtout par la majorité musulmane pour qui le catholicisme n’est que la religion des Blancs alors que l’Islam est la religion des Noirs. Le seul vrai problème qui se pose est de savoir si, pour les gens, se convertir au catho-licisme est gratifiant : est-ce que cela apporte de quoi mieux vivre, ou non ? L’auteur montre bien que cette préoccupation est d’abord celle des catéchistes qui se trouvent insuffisamment rémunérés, puis deviendra aussi celle des femmes employées à « l’ouvroir » : lorsqu’elles en espè-rent un salaire, les missionnaires ne conçoivent cet ouvroir que comme une école de religion devant amener de nouvelles adeptes au catéchisme. Il n’est pas inutile de remarquer que c’est l’élément féminin qui, surtout chez les Bwa, restera le plus réservé à l’idée même de conversion alors que la mission proclame travailler à la libération de la femme. En der-nière analyse les religions traditionnelles maliennes apparaissent comme des pratiques utilitaires ; ou, plus précisément comme le note Pierre Diarra, elles sont vécues comme un échange entre les hommes et les êtres invisi-bles, selon le vieil adagedo ut des. C’est à propos de conversion et de l’attitude de l’Église vis-à-vis des coutumes traditionnelles que l’analyse de l’auteur est la plus pertinente. Le dilemme posé à la mission est simple : les Bwa, les Bambara, les Dogon... sont des populations animistes, fétichistes. Leur système reli-gieux reflète une vision du monde bien élaborée, comme l’ont montré des ethnologues tels Marcel Griaule et Germaine Dieterlen, notamment dans Dieu d’eau. Entretiens avec OgotemmêlietLe renard pâle. Ainsi, au début de son ouvrageEthnologie et langage. La parole chez les Dogon, Geneviève Calame-Griaule parle de la révélation mythique de la parole. Ce système si important ne peut être négligé dans l’approche de ces populations. Or la destruction de leurs coutumes traditionnelles est consi-dérée comme indispensable avant toute évangélisation. Cette condamna-tion des coutumes comme étant l’œuvre du diable a été présentée comme une libération, et comme l’apport essentiel de la nouvelle religion proposée. Mais pourtant ! Se convertir, même au moment de la mort – et l’on sait combien la fonction du baptême des mourants a été capitale – c’est abandonner le monde des Ancêtres pour le monde inconnu des Blancs ! Ce trépas est alors un choix forcé entre deux espaces sacrés. La soi-disant libération des coutumes ancestrales est vécue comme un arra-chement, voire un reniement. On comprend alors mieux le poids toujours actuel, de ces coutumes traditionnelles. De fait, on assiste à un recours à ces pratiques ancestrales dès que le pouvoir socio-économique du missionnaire paraît moins efficace. Si les processions des Rogations n’ap-portent pas la pluie tant espérée, il faut alors recourir aux moyens tradi-tionnels : l’épisode de l’exhumation de la naine est, sur ce point, très révélateur. Après avoir fait l’analyse du contexte politique après l’indépendance et le changement de régime qui suit, l’auteur tente de comprendre les
PRÉFACE
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diverses attitudes de l’Église face aux nouveaux problèmes socio-écono-miques. Avec raison il note que le caractère ethnique du catholicisme au Mali explique en grande partie le désengagement des nouveaux chrétiens, leur mise volontaire à l’écart de la vie politique, à l’inverse des popula-tions musulmanes. S’agissant de populations pauvres dans l’une des régions les plus pauvres de l’Afrique noire, les chrétiens maliens appa-raissent comme des « paumés », et leur conversion au catholicisme comme un facteur d’aliénation, qui paraît inutile et inintéressante à la plupart des Maliens. Faut-il pour autant parler d’échec ? Au constat critique et bien informé qu’il dresse, Pierre Diarra juxtapose des propositions inspirées d’une réelle culture théologique contemporaine, mais qui apparaissent, parfois, un peu éloignées des réalités maliennes. Mais après ce détour, l’auteur revient à son propos. Se fondant sur la conception de la vie dans l’initia-tion coutumière, faisant sienne l’apport d’une sagesse traditionnelle qu’il faut réintégrer, il trace un programme d’action pour un « vivre ensemble ». Il esquisse une théologie de la mission qui, pour combattre une concep-tion trop utilitariste de la religion, insiste sur la gratuité du christianisme mais, en même temps, implique une responsabilité de chrétiens du Mali, appelés à une action politique et sociale dans leur monde. Ce n’est donc pas seulement l’histoire d’un passé récent mais une analyse compréhen-sive des motivations souvent complexes des différents acteurs que nous donne Pierre Diarra. Il faut saluer la parution d’un tel livre qui, au-delà de l’exemple parti-culier du Mali, informe, questionne, suggère de nombreuses pistes de réflexion sur l’inculturation de la foi chrétienne en Afrique noire.
Michel MESLIN Professeur émérite d’histoire des religions et d’anthropologie religieuse, à la Sorbonne
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