Civiliser le monde, ensauvager l Europe ?
253 pages
Français

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Civiliser le monde, ensauvager l'Europe ? , livre ebook

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Description

Qu’en est-il, depuis la grande époque coloniale européenne (Conférence de Berlin 1884-1885), de la construction des savoirs coloniaux, de la « mission civilisatrice » de l’Europe et surtout, des craintes et des aspirations profondes induites par cette dynamique, notamment dans les pays de langue allemande, sur le continent et outremer ? Des chercheurs francophones et germanophones, historiens et germanistes, soulignent ici avec force et originalité le problème essentiel du « désir de l’Autre », doublé de la peur d’un possible « ensauvagement », d’une perte d’identité, des colonisateurs. Leurs analyses d’un mimétisme interactif (Mimicry) révèlent également un désir postmoderne de « décivilisation » qui se manifeste encore aujourd’hui dans la politique et les arts. Ces questions concernent, outre les espaces officiellement colonisés, ceux où se sont établies des « colonies d’Allemands ».

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 janvier 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782304046199
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

« Civiliser » le monde, « ensauvager » l Europe ?
Circulations des savoirs, transferts et Mimicry dans l’espace germanophone et sa sphère coloniale

Sous la direction de Catherine Repussard et Christine de Gemeaux

Éditions Le Manuscrit 2017
ISBN:9782304046199
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Table des matières

Avant-propos
Représentations eurocentriques et construction des savoirs coloniaux
Construction eurocentrique de l’imago Africae dans les récits de voyage de Georg August Schweinfurth
Oskar Lenz (1848 – 1925): Karriere eines „Kolonialgeographen“
Hans Gruner und dieTogo-Hinterland-Expedition
Ein Naturforscher auf der ,Wunderinsel Ceylon’ – Ernst Haeckels Indische Reisebriefe im Spannungsfeld von fortschrittsoptimistischem und zivilisationskritischem Diskurs
Transferts de savoirs et mises en oeuvre
Gustave Oelsner-Monmerqué et ses communications sur les sociétés de l’océan Indien et du Brésil 1845-1863
L’imaginaire de la forêt nord-américaine et l’expérience de l’altérité sauvage dans l’espace germanophone (1815-1860)
Die Zivilisierungsmission des deutschen Antisklavereikomitees. Zwischen Abolitionismus, imperialen Erschließungsstrategien undmilitärischer Gewalt
Germaniser ? L’enseignement missionnaire au Togo et en Alsace-Moselle sous domination allemande et française
Leo Frobenius et la ‘folie humaniste française’ en Afrique Occidentale
Mise en scène, Mimicry, Ensauvagement
L’actrice Meg Gehrts au Nord-Togo(1913-1914)Mise en scène de la « colonialité » et « ensauvagement »
« Déciviliser » l’Europe et repenser la vie autour de 1900 : entre colonialisme et Lebensreform
‚Imitierte Mohren’. ‚Alte Afrikaner’ und reziproke Mimicryverhältnisse im deutschen Afrika-Schriftum
« L’africanisation de l’Europe »dans les dessins de la presse allemande (1914-1933)
Perspectives
„In Afrika ist alles verloren“Zu einem globalisierungskritischem Topos im Afrika-Diskurs der deutschsprachigen Gegenwartsliteratur
Entre « germanité » et « noirceur » : le groupe de rap Allemand Advanced Chemistry et l’image de l’Afrodeutscher
Ifá : entre savoir et ensauvagement.Problématique du transfert des savoirs africains aux Européens
Dans la même collection
 
Gwénola Sébaux, (Post) Colonisation – (Post) Migration, Ces Allemands entre Allemagne et Roumanie , 2015.
Jean-Jacques Tatin-Gourier et Christine de Gemeaux (dir.), L’Autorité coloniale en Indochine. De la pacification au « malaise indochinois » des années 1930 , 2015.
Catherine Repussard, Utopies coloniales autour de 1900. Mondes germanophones et Modernité , 2015.
Kuassi Amétowyona Akakpo, Discours et contre-discours sur le Togo sous l’Empire allemand , 2014.
Christine de Gemeaux et Amaury Lorin (dir.), L’Europe coloniale et le grand tournant de la Conférence de Berlin (1884–1885) , 2013.
 
 
Éditions Le Manuscrit
Paris
 
Couverture © Kolonialbildarchiv Universität Frankfurt/Main
Sous la direction de Catherine Repussard et Christine de Gemeaux
« Civiliser » le monde, « ensauvager » l’Europe ?
Circulations des savoirs, transferts et Mimicry dans l’espace germanophone et sa sphère coloniale
 
Carrefours d’Empires
 
Éditions Le Manuscrit Paris
Avant-propos
 

 
Centré sur les transferts transcontinentaux, sur la dynamique circulatoire des représentations et des connaissances entre Europe et monde extra-européen, le présent ouvrage pose une question d’actualité : qu’en est-il depuis la grande époque coloniale (celle qui s’ouvre avec la Conférence de Berlin, dite Conférence sur le Congo 1884–1885 [1] ) de la construction des savoirs coloniaux, de la « mission civilisatrice » du Vieux Continent, et quelles aspirations profondes, quelles craintes sont-elles induites, particulièrement dans la sphère germanophone, continentale et ultramarine ? Que signifient le « désir de l’Autre » et la peur largement partagée d’un possible « ensauvagement », d’une perte d’identité (‘ going native’  ; ‘Vernegerung’) des colonisateurs ? Ces questions, liées à la notion de « colonialité du pouvoir » [2] , à l’autorité des savoirs et à l’expérience impériale des mondes germaniques, ne se limitent pas aux espaces officiellement colonisés, mais concernent tous ceux où se sont établis des « colonies d’Allemands » ; l’Inde par exemple, ou bien encore l’Amérique (Amérique du Nord, Brésil, Chili, Argentine, etc.), mais aussi l’océan Pacifique, l’océan Indien et surtout le continent africain. Le mouvement colonial allemand connaît de fait une expansion dans l’espace, mais aussi dans le temps, car la narration de la « colonialité », sa mise en scène dans les discours scientifique, littéraire ou médiatique, l’imaginaire qu’elle suscite, n’ont pas pris fin avec le Traité de Versailles privant l’Empire allemand de ses espaces coloniaux. Elle a perduré, sous d’autres formes, de Weimar à l’époque contemporaine post ou néocoloniale, en passant par le « III e  Reich   ».
Inscrits dans le « regard colonial » et son autoréférentialité, ces espaces furent d’abord perçus comme des espaces sans paysages, sans habitants et par conséquent sans histoire : une vaste terra nullius , décrite ensuite plus précisément par des voyageurs germanophones ; des géographes, des explorateurs. Les représentations allemandes sont marquées par leurs récits. L’article de Valentina Serra et Marcello Tanca (Université de Cagliari) sur le savant Georg August Schweinfurth, souligne la finesse de sa narration, son apport à la description des paysages, de la géographie humaine et de la géographie culturelle, des modes de nutrition et d’hygiène au coeur de l’Afrique qui fascinent les lecteurs de l’époque. Laurent Dedryvère (Université de Paris Diderot) montre que le géographe Oskar Lenz, grand voyageur de la Österreichische geographische Gesellschaft et futur Professeur à l’université de Prague, représente l’apport libéral autrichien à la géographie coloniale européenne, au moment décisif de la Conférence de Berlin (1884–1885), mais aussi l’indifférence, voire la radicalité face aux populations autochtones. Au contraire, János Riesz (Université de Bayreuth), rassembleur et analyste des différents écrits de Hans Gruner sur son expédition au nord du Togo le long des voies traditionnelles du commerce local, conclut sur le contraste entre un Reich colonial imaginaire et la précision des descriptions de Gruner, et surtout sur la conscience de l’explorateur de ne pouvoir entrer dans les mentalités africaines, mission qu’il souhaite transmettre à ses successeurs. Maria Hinzmann (Université de Wuppertal) présente enfin les lettres des Indes d’Ernst Haeckel qui, plus que des connaissances pratiques, répandent en Europe tout un ensemble de représentations fantasmatiques ; un désir colonial latent, diffus, un monisme paradoxal, un optimisme du progrès scientifique, et l’envie d’imprimer au continent indien l’influence de la culture allemande, en opposition critique au colonialisme britannique. Tous ces auteurs participent de la construction eurocentrique de l’ Imago Mundi , et notamment d’une Imago Africae dans une radicale altérité, tous illustrent l’ambiguïté des discours et le mélange des perspectives.
L’article de Marlène Tolède (Université de la Réunion) montre comment, sous l’effet des transferts de connaissances, au gré de diverses publications et communications savantes, comme celles du professeur engagé, de l’abolitionniste Gustav Oelsner-Monmerqué à Paris et à Berlin sur ses voyages dans l’Océan indien, l’ancien monde rêve de renouvellement. Le projet d’Oelsner-Monmerqué au Brésil en est une illustration particulière. En général, les colonies, saisies comme des prolongements des aires métropolitaines, sont censées devenir, sous la pression de l’action coloniale, des « paysages européens », transformant la nature, les forêts en particulier. Dans un article original, Jawad Daheur (Université de Strasbourg) s’intéresse aux

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