Destin d un miraculé
107 pages
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Destin d'un miraculé , livre ebook

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Description

Seule une minorité des Juifs de Pologne (moins d'un sur dix) a survécu à la barbarie nazie. Henri Zonus est l'un d'entre eux. Il rend compte ici des persécutions dans sa ville natale de Czestochowa, de la disparition de ses proches assassinés à Treblinka, du travail forcé, de la terreur, de la faim, des conditions de vie inhumaines et de la mort omniprésente, mort qu'il a frôlée plus d'une fois. Âgé de 14 ans et demi, Henri est contraint de travailler dans l'une des plus meurtrières usines d'armement nazi, le Werk C du camp de travail forcé de Skarzysko. Il en est l'un des très rares survivants. Les Juifs sont là en contact avec la poudre de la picrine, un explosif toxique, qui donne son surnom d' « enfer jaune » à cette partie de ce camp tenue au secret militaire et aujourd'hui peu connue. Sélectionné pour être fusillé avec d'autres détenus devenus « inexploitables », il est sorti indemne de la fosse commune où il était tombé inconscient. Il n'a d'autre choix que de réintégrer le camp où son incroyable histoire lui vaut de continuer à y survivre sous le nom d'un vrai mort, sur l'ordre d'un haut gradé SS. Avec la simplicité et la sincérité qui le caractérisent, Henri Zonus a voulu laisser ce témoignage pour que vive la mémoire des siens et le nom de sa famille, qui, sans sa survie, aurait disparu à jamais.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 8
EAN13 9782304041675
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Henri Zonus
Destin d’un miraculé Préface de Willy Fogel Texte établi avec le concours de Karine Mauvilly-Graton et Geneviève Pichon
Collection T É moignages de la Shoah

Le Manuscrit


ISBN: 9782304041675 © Le Manuscrit 2019
Henri Zonus




Présentation de la collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS)
.
En lançant sa collection « Témoignages de la Shoah » avec les éditions Le Manuscrit, et grâce aux nouvelles technologies de communication, la Fondation souhaite conserver et transmettre vers un large public la mémoire des victimes et des témoins des années noires des persécutions antisémites, de 1933 à 1945.
Aux nombreux ouvrages déjà parus la Fondation espère ainsi ajouter les récits de celles et ceux dont les voix sont restées jusqu’ici sans écho : souvenirs sou - vent enfouis au plus profond des mémoires individu - elles ou familiales, récits parfois écrits mais jamais diffusés, témoignages publiés au sortir de l’enfer des camps, mais disparus depuis trop longtemps des rayons des bibliothèques.
Si quelqu’un seul ne peut décrire l’indicible, la multiplicité des récits peut s’en approcher.
En tout cas, c’est l’objectif que s’assigne cette collection à laquelle la Fondation, grâce à son Comité de lecture composé d’historiens et de témoins, apporte sa caution morale et historique.
Face à une actualité où l’instrumentalisation des conflits divers tend à obscurcir, confondre et banaliser ce que fut la Shoah, cette collection permettra aux lec - teurs, chercheurs et étudiants de mesurer la spécificité d’une persécution extrême dont les uns furent acteurs, les autres complices, et face à laquelle certains restèrent indifférents et les autres héroïques.
Puissent ces ouvrages inspirer à leurs lecteurs l’esprit de fraternité, le rejet de l’antisémitisme ainsi que de toute autre forme d’exclusion.
Consultez le site Internet de la FMS : www.fondationshoah.org


Comité de lecture de la collection (2013)
Serge Klarsfeld, président Henri Borlant, survivant de la déportation Isabelle Choko, survivante de la déportation Olivier Coquard, historien Katy Hazan (OSE), historienne Dominique Missika, historienne Denis Peschanski, historien Paul Schaffer, survivant de la déportation Annette Zaidman, enfant cachée Philippe Weyl, responsable de la collection Correction : Laurence Beilvert
Voir les autres titres de la collection en fin de volume.


Biographie de Henri Zonus
1928 3 mai : naissance de Henri Zonus à Czestochowa (voïvodie de Silésie, sud de la Pologne). Ses parents sont grossistes en lait. Son père, Srul, est né en 1898 à Koniecpol (à environ 40 km à l’est de Czestochowa). Sa mère, née Esther Buchwalter, est née en 1900 à Varsovie. Son frère, Zelig, est son aîné de trois ans. Leur grand-mère maternelle, Raizla Japko, vit avec eux. Deux autres de ses filles, Fraidla et Riwka, leurs maris et leurs enfants habitent la même ville.
1934 Henri entre au héder , l’école juive, où il apprend l’hébreu.
1935 Il commence à fréquenter l’école polonaise laïque le matin.
1939 23 août : signature du pacte de non-agression germano-soviétique.
1 er septembre : les armées nazies envahissent par surprise la Pologne.
La mère de Henri décide de partir à pied avec lui pour fuir d’éventuels bombardements. Ils subissent une attaque aérienne allemande au cours laquelle Esther est blessée. Elle est prise en charge pour être soignée. Henri, laissé seul sur la route, rentre chez eux quelques jours plus tard. Sa mère, que la famille finira par penser morte, reviendra environ cinq semaines après, amputée d’un bras.
3 septembre : la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne nazie. Début de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
17 septembre : l’armée soviétique envahit la partie orientale de la Pologne.
27 septembre : capitulation de Varsovie.
28 septembre : les Allemands créent dans l’ouest de la Pologne le Reichsgau Wartheland 1 , territoire incorporé au III e Reich, par opposition aux régions polonaises administrées par le Gouvernement général ( Generalna Gubernia en polonais).
1940 Le père et le frère de Henri sont astreints à des travaux obligatoires.
Les Juifs de Czestochowa subissent humiliations, exactions et mauvais traitements.
1941 Avril : la famille de Henri doit emménager dans le ghetto, une zone spéciale qui regroupe au moins 40 000 Juifs. Tant que le ghetto reste ouvert, le père et la mère continuent leur commerce de lait.
22 juin : rupture du pacte germano-soviétique et invasion surprise de l’URSS par les armées nazies.
Été : l’ Aktion Reinhardt est lancée. Il s’agit de l’anéantissement des Juifs du Gouvernement général de Pologne.
Août : le ghetto est désormais fermé. C’en est fini du commerce et des approvisionnements à l’extérieur. Henri trouve du travail comme aiguilleur chez Hägen, une société privée allemande chargée de la construction de lignes de chemin de fer vers l’Allemagne.
1942 20 janvier : conférence de Wannsee (banlieue de Berlin), qui organise économiquement, administrati - vement et techniquement la « solution finale de la question juive en Europe ».
Dans le ghetto, les gens souffrent de la faim, certains meurent du typhus, dont un oncle de Henri. Les Juifs ont appris l’existence d u camp d’extermination de Treblinka et ne se font aucune illusion sur leur sort.
21 et 22 septembre : première vague de liquidation du ghetto. La famille de Henri quitte la rue Garncarska pour rejoindre les wagons de déportation. Henri, qui boite à la suite d’une fracture de la jambe, arrive à la gare après le départ du train qui emmène toute sa famille vers Treblinka. Il reste seul.
25-26 septembre, puis 28-29 septembre : deux nouvelles vagues de liquidation, accompa - gnées cette fois d’une sélection des habitants du ghetto , soit vers les wagons, soit vers Metallurgia, l’ancienne usine métallurgique reprise par Hasag.
4 octobre : Henri est sélectionné pour travailler à la Metallurgia mais préfère se porter volontaire avec une centaine d’autres pour enterrer les cadavres des victimes du ghetto. Il échappe ainsi à une sélection parmi les travailleurs de l’usine.
5 au 8 octobre : liquidation du grand ghetto de Czestochowa . Henri est parqué dans un petit ghetto avec 5 000 rescapés dont les travailleurs de la Metallurgia.
Avec une cinquantai ne d’autres, Henri est emmené peu après en camion militaire au camp de Skarzysko (à une trentaine de kilomètres au nord-nord-ouest de Kielce, capitale de la voïvodie de Sainte-Croix), où il va connaître « l’enfer jaune ». Il est affecté au groupe de transport du département de s munitions . Il travaille en grande partie à l’air libre ; il est ainsi moins affecté que d’autres par la poussière toxique jaune de la picrine.
Novembre : Henri, à bout de force et blessé au pied, est sélectionné pour être fusillé. Il s’évanoui au moment des coups de feu et reprend conscience dans la fosse, indemne. Il retour au camp et le réintègre sous l’identité d’un mort, Chil Blumenfeld . Sa chance lui vaudra des compléments de nourriture.
1943 2 février : à Stalingrad, capitulation de l’armée allemande qui assiégeait la ville depuis août 1942. Première défaite militaire d’envergure des armées allemandes.
19 avril : début de l’insurrection du ghetto de Varsovie (anéanti en juin).
1944 22 juin : début de l’offensive de l’armée soviétique en Europe de l’Est.
1 er août : la principale force de résistance polonaise (AK) déclenche le soulèvement de Varsovie contre l’armée allemande – écrasé le 2 octobre suivant (entre 220 000 et 250 000 morts) –, alors que l’Armée rouge qui vient d’atteindre la Vistule n’interviendra pas.
Octobre : Henri est transféré dans une usine de munitions Hasag située à Czestochowa. Il est interné dans le camp de Hasag-Pelcery, avec environ 10 000 détenus, pratiquement sans nourriture, soumis aux mauvais traitements, dévorés par les poux et menacés par le typhus.
1945 Début janvier, les Allemands désertent le camp, Henri reste caché dans une baraque.
17 janvier : les Soviétiques libèrent le camp.
Le même jour, les armées soviétique et polonaise libèrent Varsovie (détruite à 85 %) qui ne compte plus que 120 000 habitants. La ville redevient la capitale de la Pologne.
Henri quitte Czestochowa avec un petit groupe de Juifs. Il prend le train en direction de Lodz où il rencontre David avec lequel il s’installe chez une Volksdeutsche pendant un mois. Puis, accrochés sur les marches extér

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