Essai sur l
269 pages
Français

Essai sur l'histoire de Sokone-Djinguily de 1860 à 2013

-

269 pages
Français

Description

De Sokone-village avec ses traditions, en passant par Sokone canton avec la colonisation, Sokone-Arrondissement du début des Indépendances, jusqu'à Sokone-commune marquée par l'avènement de la collectivité territoriale, cet ouvrage est un voyage de plus de 150 ans qui fait découvrir l'histoire de Sokone et permet de comprendre, à travers les âges, l'évolution dynamique de la ville de Sokone-Djinguily, dans les domaines économique, social et culturel.

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Date de parution 15 janvier 2020
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EAN13 9782140140686
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Abdoulaye Mbaye
ESSAI
SUR L’HISTOIRE DE
SOKONE-DJINGUILY
de 1860 à 2013
De Sokone-village avec ses traditions, en passant par Sokone
canton avec la colonisation, Sokone-Arrondissement du début
des Indépendances, jusqu’à Sokone-commune marquée par
l’avènement de la collectivité territoriale, cet ouvrage est un
sublime voyage de plus de 150 ans qui fait découvrir l’histoire de
Sokone et permet de comprendre, à travers les âges, l’évolution
dynamique de la ville de Sokone-Djinguily, dans les domaines
économique, social et culturel.
Abdoulaye MBAYE, dit « Abou » pour les familiers, et « Zeus » pour
les camarades de promotion de l’ancien Cours normal de Mbour
est un Instituteur principal de classe exceptionnelle, aujourd’hui à
la retraite. Chevalier de l’Ordre du Mérite, il fut maire de Sokone de
1996 à 2001 et est depuis 2014, Président de la Commission
Éducation du Conseil départemental de Foundiougne.
erePhoto de 1 de couv. : « La mangrove de Sokone »
eme Photo de 4 de couv. : l’immeuble colonial de la SP
(Société de Prévoyance), actuelle SONACOS
ISBN : 978-2-343-18364-0
27 €
ESSAI SUR L’HISTOIRE DE SOKONE-DJINGUILY Abdoulaye Mbaye

Essai sur l’histoire
de Sokone-Djinguily
de 1860 à 2013Abdoulaye MBAYE
Essai sur l’histoire
de Sokone-Djinguily
de 1860 à 2013© L’Harmattan-Sénégal, 2019
10 VDN, Sicap Amitié 3, Lotissement Cité Police, DAKAR
http://www.harmattansenegal.com
senharmattan@gmail.com
senlibrairie@gmail.com
ISBN: 978-2-343-18364-0
EAN: 9782343183640 SOMMAIRE
DÉDICACE ---------------------------------------------------------------------------------- 11
L’OUVRAGE ------------------------------------------------------------------------------- 13
AVANT-PROPOS -------------------------------------------------------------------------- 15
INTRODUCTION -------------------------------------------------------------------------- 19
TITRE 1
HISTORIQUE DU VILLAGE DE SOKONE-DJINGUILY
CHAPITRE I
CRÉATION DU VILLAGE DE SOKONE -------------------------------------------- 37
CHAPITRE II
LE PEUPLEMENT DE SOKONE ------------------------------------------------------- 55
TITRE II
ÉVOLUTION GÉNÉRALE DU VILLAGE DE SOKONE
CHAPITRE I
SOKONE CANTON ------------------------------------------------------------------------ 65
CHAPITRE II
SOKONE, ARRONDISSEMENT ------------------------------------------------------ 123
CHAPITRE III
SOKONE COMMUNE ------------------------------------------------------------------ 129
ANNEXES --------------------------------------------------------------------------------- 195
BIBLIOGRAPHIE ----------------------------------------------------------------------- 245
LES TEXTES ----------------------------------------------------------------------------- 249
LES CARTES ----------------------------------------------------------------------------- 251
LES PHOTOS ----------------------------------------------------------------------------- 253
LES TABLEAUX ------------------------------------------------------------------------- 257
7 « C’est le métissage qui a permis l’épanouissement
des civilisations historiques…
Une civilisation sans mélange est un ghetto historique. »
Léopold Sédar Senghor
(Conférence à l’université Annamalaï en Inde)
9 DÉDICACE
Je dédie ce modeste ouvrage à :
 Mon père, feu Mamath Seymane Mbaye qui, en dehors du lien
biologique, demeurera incontestablement mon rétroviseur original,
mon premier maître d’histoire de chez nous.
 Mon ami d’enfance intime, mon frère, feu Babacar Mbodj
alias Brick, l’autre moi-même, qui j’en suis persuadé, à cet
instant précis, dévoilant son angélique visage à travers son saint
turban paradisiaque diamantin, avec ce sourire séraphique qui le
caractérise, me témoigne chaleureusement sa grande fierté.
 Mon amie, ma sœur, ma compagne d’armes, feue Bineta
Diagne, la Grande Royale, l’Amazone du Djinguily, dont la foi,
l’engagement, le courage, la loyauté, la clairvoyance, la générosité,
le patriotisme, m’ont toujours servi de viatique pour braver les
« terrains mouvants » de la politique.
 À tous ceux qui, de près ou de loin, auront contribué à ce travail,
d’une manière ou d’une autre (qu’ils soient connus ou pas), à la
lumière ou dans l’ombre, à tous ceux qui un seul instant, auront
pensé que ce modeste ouvrage pourrait servir à quelque atome
d’utilité, j’exprime tous mes sentiments de profonde gratitude.
11 L’OUVRAGE
À la suite des pages consacrées à l’avant-propos, à l’introduction et à
la présentation de la carte d’identité de la commune de Sokone, le présent
ouvrage Essai sur l’histoire de Sokone-Djinguily est structuré comme
suit :
2 grandes parties appelées « Titre »
 TITRE I : Historique du village de sokone, comprenant 2 titres
- Chapitre I : La création
- Chapitre II : Le peuplement
 TITRE II : Évolution generale du village de Sokone-Djinguily
comprenant 3 titres :
- Chapitre I : Sokone, avec statut de canton
- Chapitre II : Sokone, avec statut d’arrondissement
- Chapitre III : Sokone, avec statut de commune
Chaque chapitre en divisé en sections.
En guise d’explications et d’illustration, des textes et des tableaux
accompagnent les différents thèmes ou thèses développés dans l’ouvrage.
Des cartes viennent en appoint à certaines données géographiques
et/ou certains faits historiques.
Il s’y ajoute des images et photos pour agrémenter et témoigner.
Enfin, pour éviter ou atténuer toute difficulté de lecture de certains
mots locaux (en wolof, sérère…), il a été préféré d’opter pour
l’orthographie francisée.
Exemples : Djinguily au lieu de Jingily (wolof), thiebou dieune au
lieu de ceebu jen (wolof).
L’auteur
13 AVANT-PROPOS
Que l’on ne s’y méprenne guère ! Je ne suis pas historien. Je n’en ai
ni le talent ni la formation. Je ne fais qu’essayer de partager ce qui m’a
été raconté…
Notre histoire locale souffrant, la plupart du temps, d’un manque
d’écrits, il s’imposait à moi, naturellement, de procéder, d’une part, à
quelques enquêtes (même si je n’ai pas eu la chance de rencontrer
beaucoup de personnes des générations anciennes), et d’autre part, de
glaner quelques documents plus ou moins satisfaisants.
Cela dit, la personne qui, en amont, m’a prédisposé à la curiosité de
mon environnement historique immédiat est indéniablement mon père,
Mamath Seymane Mbaye, dont les prières de longévité ont
véritablement été exaucées par Le Miséricordieux… En effet, il a vécu
107 ans : né en 1889 au village gambien de Mbankaam, il est décédé à
eSokone le samedi 27 janvier 1996 (6 jour du mois de ramadan).
Pour mémoire, sa date de naissance (1889) marquait alors les 29 ans
d’âge du village de Sokone, créé en 1860, et coïncidait avec la mort de
Mamour Ndari Ba, une grande figure du Saloum historique, frère et
successeur du grand almamy du Rip, Maba Diakhou Ba. En outre, son
père, Malaw Mbaye (mon grand-père), était adepte de Saer Maty Ba
(fils de Maba Diakhou Ba), qu’il suivit dans son exil en Gambie et aux
côtés duquel il combattit. C’est d’ailleurs l’explication de l’installation
de la famille Mbaye à Mbankaam.
Mon père quittera son village natal gambien de Mbankaam en 1896
1(à l’âge de 7 ans) pour rejoindre le village sénégalais de Keur Sambel
2(près de Sandicoly), fief de ses oncles maternels , Ibrahima Ndiaye Sara
Ngone et Samba Diambal Dieng Ndeo Diagne, cofondateur dudit village
avec le Peul Firdou Sambel.
1 Keur Sambel : il n’est plus habité aujourd’hui. La plupart des ressortissants vivent à
Sokone : familles Mbaye, Ngome (ngomène Sokone), Dieng, Sène, Laam...
2 À cette époque, dans la plupart des communautés africaines comme chez les Sérères,
l’organisation matrilinéaire était de rigueur, l’enfant n’était pas élevé par son père, mais
par son oncle.
15
De son vivant, sur le chemin des champs, mon père se plaisait à me
raconter des faits et événements historiques. Il me disait :
« Laye Bamba Souraké (c’est comme cela qu’il m’appelait), je n’ai
pas regretté le fait d’avoir été élevé par mes oncles à Keur Sambel, car
cela m’a permis d’avoir l’opportunité de connaître beaucoup
d’événements historiques ayant marqué la Sénégambie et le Saloum,
particulièrement les anciennes provinces du Niombato, du Gandoun,
du Diognik-Djilor, du Ndiaffé-Ndiaffé, dont le Djinguily. »

Et mon père de poursuivre, pour étayer davantage sa thèse :
« C’est vrai que j’ai beaucoup appris de mes oncles, mais j’ai aussi
quelquefois été témoin et même acteur de certains faits.
eEn 1895, alors que je n’avais que 6 ans, la nouvelle de la mort du 42
Bour Saloum, Guedal Mbodj Coumba Daga, s’était propagée dans
tout le Saloum et était parvenue jusqu’à nous à Mbankaam, en
Gambie.
De même, la mort de Saer Maty Ba survenue le 23 décembre 1899 à
Bakao, en Gambie, m’est restée dans la mémoire, car j’avais 10 ans.
Plus tard, vers les années 1920 jusqu’aux débuts de la Deuxième
Guerre mondiale, j’ai eu l’insigne honneur de fréquenter la cour
royale de quelques chefs de canton du Niombato : Lieutenant Cissé,
Mamath Djimbala, Mamaht Bety Ba…
Pour ce qui concerne le village de Sokone, mon oncle, Ibrahima
Ndiaye Sara Ngoné (qui voyageait beaucoup), m’a appris que
c’étaient des Mandings venus du Kaabou et ayant séjourné à Keur
Sambel et à Baria Socé, qui en étaient les premiers habitants. Il m’a
informé aussi sur leurs parcours, leurs patronymes, leur organisation
sociale, leurs activités, etc. »

Je rends ici hommage à mon père, car régulièrement, après le
couscous du soir, c’est à travers les veillées historiques qu’il animait que
me prenait l’irrésistible envie croissante de recueillir l’essentiel et
d’écrire une page d’histoire de chez nous.
C’est donc tout naturellement qu’il représente ma première et
principale source, particulièrement en ce qui est relatif à la période très
mal connue de Sokone-Djinguily sous l’occupation manding.
16 La deuxième personne qui, indubitablement, m’a séduit et m’a armé
3est Abdoulaye Insa Ba, dit Abdou Boury Ba , ancien chef
d’arrondissement de Sokone, homme de culture, grand historien et auteur
de « Essai sur l’histoire du Saloum et du Rip ». Je lui serai toujours
reconnaissant de m’avoir encadré dans l’élaboration de mon mémoire de
fin de stage au CFP (Centre de formation pédagogique) de Thiès en 1967,
qui portait sur « La problématique des castes au Sénégal ».
À ces sources de motivation s’ajoute le fait que la plupart des
Sokonois (même les plus âgés) désireux de se connaître ignorent
totalement l’histoire de leur localité. Combien de fois les enquêtes que je
menais sont restées vaines, faute de réponses attendues ! J’étais, de plus
en plus motivé…
Nous sommes en 2009-2010.
Le nouveau Conseil municipal venait d’être installé, et à sa tête, le
4maire, El hadji (Mbara) Sène , un homme d’abord de culture avant
d’être un scientifique. Le prétexte inespéré se présenta. En effet, je fus
choisi pour présider la Commission Culture au niveau dudit Conseil, pour
le mandat 2009-2014.
La passion profonde du maire, El hadji Sène (produit pur-sang du
Ndiaffé-Ndiaffé), pour tout ce qui touche à la culture, sa disponibilité
sans relâche, son engagement sans frontière pour un développement
harmonieux de tous les secteurs et domaines de compétence de la
commune, m’avaient subjugué et conquis à la cause culturelle.
C’est pourquoi je n’ai pas hésité à m’impliquer lorsqu’il s’est agi de
l’organisation de la commémoration des « 40 ans de la commune de
5 6Sokone » , initiée par l’association Conscience Nouvelle et la
municipalité, suivie de la décision (municipale) d’organiser désormais
chaque année des Journées de Sokone.
Et quand, de surcroît, des organisations d’étudiants comme
l’AEERS/SL (Association des élèves et étudiants ressortissants de
Sokone à Saint-Louis), l’AEERS/T (Association des élèves et étudiants
3 Abdou Boury Ba est un petit-fils de Maba Diakhou Ba.
4 El hadji Mbara Sene est l’auteur de Trésors des songes, un recueil de poèmes qui
consacre une large place à Sokone-Djinguily, sa terre natale qu’il aime tant. El Mbara
Sène est un ingénieur des Eaux et Forêts, ancien directeur national des Eaux et Forêts du
Sénégal.
1969-2009.
6 Association Conscience Nouvelle : association de grande envergure, apolitique,
partenaire social privilégié de la municipalité de Sokone.
17
ressortissants de Sokone à Thiès), m’ont invité pour leur animer des
conférences sur l’histoire de Sokone-Djinguily, je me suis définitivement
convaincu qu’il fallait faire quelque chose…
Mais la personne qui sans cesse m’a revigoré, encouragé, en m’offrant
avec sa grande générosité légendaire son soutien agissant, un soutien
moral, matériel et financier, la personne qui, en permanence, m’a
toujours poussé à faire un essai sur notre histoire locale, est
incontestablement le professeur Ousmane Sene, directeur du WARC
(West African Research Center – Centre de recherche ouest-africain) de
Dakar. Le professeur Ousmane Sene, frère du maire El Hadji Sene, a
beaucoup contribué au développement de la commune de Sokone.
En écrivant ces quelques pages sous le titre de Essai sur l’histoire de
Sokone-Djinguily, mon objectif n’est point de satisfaire toute la soif de
nos futurs lecteurs, mais il vise tout simplement, d’une part, à les
informer sur « ce qu’il n’est pas permis d’ignorer », et d’autre part, à
aiguiser leur curiosité afin que ce qui manque dans cet ouvrage puisse
être comblé par leurs diverses contributions et/ou critiques, qui ne
feront certainement pas défaut.
Puisse ce petit ouvrage contribuer modestement à la compréhension
de notre histoire locale et, partant, à l’appropriation des valeurs
cardinales qui ont sous-tendu la stabilité, l’équilibre, l’entente et la
cohésion de nos groupes sociaux qui ont toujours cohabité en «
arc-enciel ».

18 INTRODUCTION
On ne peut aborder l’histoire de Sokone-Djinguily sans parler de
l’ancien royaume du Saloum.
Également, on ne peut ignorer la période coloniale et la conquête du
pays par les Français.
De même, il est nécessaire d’évoquer les mouvements migratoires
de certains groupes humains tels que les Mandings.
I. Le Sénégal des Royaumes
7C’est à la bataille de Danki , en 1549, que le Cayor se libéra
définitivement de l’empire du Djolof.
Le Cayor, libéré, poussa les autres royaumes à afficher leur
indépendance à l’égard du Djolof. Ainsi, le « Grand Djolof » perdit
son hégémonie.
8Le Sénégal comptait alors plusieurs royaumes indépendants :
- le Djolof
- le Cayor
- le Baol
- le Walo
- le Sine
- le Saloum
- le Fouta Toro
- le Fouta Damga
- le Galam
- le Gadiaga
- le Boundou
- la Casamance
7 Danky : bataille qui opposa le prince du Cayor, Amary Ngone Sobel, au Bourba Djolof
Lele Fouli Fak, qui fut vaincu.
8 o e Voir carte n 1 : Les royaumes sénégalais au XVI siècle.
19
1. Le royaume du Saloum
Le royaume du Saloum aurait été véritablement fondé vers la fin du
eXV siècle, avec l’avènement de Mbegane Ndour (1493-1513),
9premier Bour Saloum .
10Les souverains provenaient de la lignée Guelwar .
2. Les provinces du Saloum
11Le royaume du Saloum comprenait des provinces dépendantes de
« l’autorité centrale » du Bour Saloum dont le trône était à Kahone, la
capitale.
3. Le Rip
Le Rip (ou le Badibou) n’a jamais appartenu au royaume du Saloum
jusqu’en 1861, date à laquelle l’almamy Maba Diakhou Ba commença
sa conquête.
Le rôle important que le Rip a joué dans l’histoire du Saloum avant,
12avec et après Maba mérite qu’on mentionne ses différentes provinces .
4. La province du Niom
La province du Niom, province septentrionale du royaume manding
gambien du Niomi (royaume de Barra-Essew), marquait la limite Sud du
royaume du Saloum.
Cette province du Niom comprenait deux parties :
- une partie gambienne appelée Niombanta (bas-Niomi),
- une partie sénégalaise (plus tard) appelée Niombato
(hautNiomi), rattachée au Saloum par la contrée du Djinguily.


9 Voir tableau 3, la liste des 49 bours Saloum qui ont régné à Kahone. Voir aussi
F. Brigaud, Histoire traditionnelle du Sénégal.
10 Cf. Abdou Boury Ba, « Essai sur l’histoire du Saloum et du Rip », Bulletin de l’IFAN,
ot. 38, n 4, octobre 1976.
Les Guelwar sont d’une race aristocratique de la haute noblesse manding qui a ses
origines au Gaabou (ou Kaabou) situé dans l’ancien empire du Mali, plus précisément
dans l’actuel emplacement de la Guinée-Bissau. Le guelwarat suit la dévolution
matrilinéaire.
11 o Voir tableau n 2 : « Liste des provinces du Rip ».
12 o Voir tableau n 1 : « Liste des provinces du Saloum ».
20 II. La période coloniale
La création du village de Sokone (1860) est intervenue dans la
période de la colonisation et de la résistance. À cette date, le gouverneur
13du Sénégal était le général Louis Léon César Faidherbe (1854-1861
puis 1863-1865), remplacé par le gouverneur Émile Pinet-Laprade à
partir de 1865.
C’était aussi la période de la résistance farouche au colon français,
au Sénégal et au Soudan : Lat-Dior, Alboury Ndiaye, Maba, El Hadji
Omar, etc.
III. Les mouvements migratoires
La mise en place de la population du Saloum (et du Sine) a connu des
migrations de groupes humains dont :
- le groupe mandé ou manding,
- le groupe sérère,
- le groupe haal poulaar,
- le groupe wolof,
- LE GROUPE MANDINGUE
C’est le groupe manding qui jouera un rôle déterminant dans le destin
du royaume du Saloum et au-delà.
Originaire du Gaabou (ou Kaabou), ce groupe comprenait : les Socé,
les Soninké, les Bambara, etc.
Les Guelwars, qui ont joué un rôle prépondérant dans la gouvernance
du royaume du Saloum (et du Sine), provenaient de ce groupe.
On pourrait sérier les migrations de ce groupe manding en quatre
vagues :
re e1 vague : VIII-XI siècles
Causes :
- en premier lieu : la grande sécheresse au Wagadou vers 790 après
J.-C., qui avait ruiné le pays ;
e- en deuxième lieu : plus tard, le déclin de l’empire du Ghana au XI
siècle.
13 Pour mémoire, le Corps des tirailleurs sénégalais fut créé par l’empereur Napoléon III
sur proposition de Faidherbe, le 21 juillet 1857.
21
e e2 vague : XIII siècle
Cause : la migration mandé reprendra avec l’avènement de Soundiata
Keita et, plus tard, sous le règne de ses successeurs, suite à des guerres
de positionnement.
e e3 vague : XIV siècle : la migration guelwar
C’est la plus connue, car elle est vivante dans la mémoire collective.
Ses causes étaient politiques : nul n’ignore que les Guelwars avaient
l’instinct dominateur et le goût de la conquête. Aussi iront-ils à la
découverte et à la conquête d’autres fiefs hors pays pour assouvir leur
ardent désir de régner.
14Quelques exemples illustratifs : Maissa Waly Dione Mane ,
15Yombe Kamane, Kino Mbey , Koularo Meo, Sino-Meo, puis Kouyong
16 17Keita , Saloum Souaré , tous de la lignée guelwar.
4e vague : XIXe siècle
eMoins importante que les précédentes, elle a eu lieu au XIX siècle,
avec le conflit de Troubang, qui a installé la guerre entre le Fouta
Djallon et le Gaabou.
L’une des conséquences de ce conflit serait le déplacement de la
vague mandé, qui aurait atterri à l’actuel site de Sokone-Djinguily, dans
la partie méridionale du royaume du Saloum.



15 Maissa Waly Dione Mane : premier souverain du Sine (capitale : Mbissel), qui serait
arrivé vers 1360.
15 er Kino Mbey : avant l’arrivée de Mbegane Ndour (1 Bour Saloum), le pays du Saloum
s’appelait Mbey, du nom de Kino Mbey, parente de Maissa Waly.
16 Kouyong Keita : parent de Soundiata, qui aurait régné au Saloum (Mbey), dans l’île
située en face de Kahone et portant le nom de « île de Kouyong ».
17 Saloum Souaré : marabout soninké venu du Guidimakha, qui aurait régné au Mbey. Il
était ami et marabout de Mbégane Ndour. Ce dernier, pour l’honorer, donna son nom au
pays qui, à la place de Mbey, devint Saloum.
22 Tableau 1
Provinces du Saloum
N° PROVINCE NOTES
Souverain : BOUMI ou BOUR
DJILOR 1 DIOGNICK-DJILOR
re1 reine : SIRA BADIAL NDONG
Souverain : FARBA MBASSIS
2 LOOG
Sous la tutelle du BOUR DIOGNICK
3 NDIAFFÉ-NDIAFFÉ Fief des FARBAS de la famille SARR
Regroupe les îles du Saloum, sauf
4 GANDOUN Bétenty, Bossingkang, Diounak,
Diatako, qui appartenaient au NIOMI
Du nom de COULARO MEO, sœur de
5 COULAR
MAÏSSA WALLY DIONE
Fief des Diaraf, FARBA et
6 LAGHEM
DIALIGUE
Souverain : BOUR DIOKOUL,
7 DIOKOUL fief de la dynastie des MBODJ,
originaires du WALO
Souverain : BOUR GANDIAYE
8 GANDIAYE
Dynastie des MBODJ
Souverain : BOUMI KAYMOR,
9 KAYMOR dynastie des NDIAYE Keur Mbagne
Fabor
Souverain : BOUMI MANDAKH,
10 MANDANKH dynastie des NDIAYE « Keur
Macodou »
Souverain : SERIGNE PAKALA dont
11 PAKALA-WANAAR erle 1 fut MADY BAKAR CISSÉ
12 NGAY-SIGNE Souverain : BAR-NGAY
Deux villes très importantes : PAFFA et
13 PAFFA-TAG WARNEO
TAG
Souverain : BEULEUP
14 NDOUKOUMANE
-dynastie des NDAO
Source : Abdou Boury Ba, « Essai sur l’histoire du Saloum et du Rip », Bulletin de
ol’IFAN, t. 38, n 4, octobre 1976.
23
Tableau 2
Provinces du Rip
N° PROVINCE NOTES
1 BADIBOU Souverain : MANSA BADIBOU
Les souverains descendaient essentiellement de
2 RIP
familles wolofs d’origine manding : CISSE, DRAMÉ
Capitale : KOUMBIDIA,
3 SABAKH
dynastie des KAMARA
Capitale KAATABA (Gambie),
4 SANDIAL
dynastie des KAMARA
Capitale : MEME,
5 JOOKA
dynastie des MANÉ
6 PAOSS Fiefs des SÉRÈRES

Source : Abdou Boury Ba, « Essai sur l’histoire du Saloum et du Rip », op. cit.

Tableau 3
Liste des 49 souverains du Saloum
N° PRÉNOM et Période de Durée de
Observations
d’ordre NOM règne règne
Petit-fils utérin de
MAÏSSA WALLY
DIONE du SINE,
er1 Mbégane NDOUR 1493-1513 20 ans son père, MARGA
THIADJI, chasseur,
habitait Mbouday
Saloum
GUIRANO Nghab e2 1513-1520 7 ans
NDONG
Latmingué Djélène Fondateur du village e3 1520-1543 23 ans
NDIAYE de Latmingué
Samba Lambour e4 1543-1547 4 ans
NDIAYE
Séni Ndiémé e5 1547-1550 3 ans
Djélène NDIAYE
e6 Lathilor BADIANE 1550-1559 9 ans
Walboumi Djélène e7 1559-1567 8 ans
NDIAYE
e8 Maléotane DIOUF 1567-1612 45 ans
e9 Sambaré DIOP 1612-1614 2 ans
Birame Ndiémé e10 1614-1637 23 ans
Coumba NDIAYE
24 N° PRÉNOM et Période de Durée de
Observations
d’ordre NOM règne règne
Ndéné Ndiaye e11 1637-1639 2 ans
Marone NDAO
Mbagne Diémel e12 1639-1645 6 ans
NDIAYE
Waldiodio e13 1645-1654 9 ans
NDIAYE
Père de Kéwé Bigué
Codou Bigué,
Hamakodou Khorédia Bigué (les e14 1654-1689 35 ans
NDIAYE trois clans de la
dynastie guelwar du
Saloum)
e15 Amafall FALL 1689… 6 mois
Hammadiouf e16 1690-1696 6 ans
DIOUF
Senhgane K. 30 ans e17 1696-1726
NDIAYE
e18 Lathilor NDONG 1726-1730 4 ans
Hamassigas Seck e19 1730-1732 2 ans
NDIAYE
Birame Khourédia e20 1732-1734 2 ans
Thieck NDAO
Ndéné (Ndiaye)
e21 Bigué Ndao 1734-1753 19 ans
NDIAYE
e22 Mbagne DIOP 1753-1760 7 ans
Mbagne Diogop e23 1760-1767 7 ans
Ndiaye MBODJ
Sandèné Kodou e24 1767-1769 2 ans
Bigué NDAO
Senghane Diogop e25 1769-1776 7 ans
NDAO
Ndéné Diogop e26 1776-1778 2 ans
MBODJ
Senghane Déguène 6 mois/10 e27 1778…
NDIAYE jours
A cédé l’île de
Sandéné Kodou e28 1778-1787 9 ans Kouyong aux
Fall NDAO
Français
Birame Ndiémé
e29 Gnakhana 1787-1803 16
NDIAYE
25
N° PRÉNOM et Période de Durée de
Observations
d’ordre NOM règne règne
Makoumba Diogop e30 1803-1810 7 ans
MBODJ
Ndéné Gnakhana e31 1810-1817 7 ans
NDIAYE
Birame Khourédia e32 1817-1823 6 ans
Mbodj NDIAYE
Ndéné Mbarou e33 1823… 1 mois
NDIAYE
Balé Khourédia e34 1823-1851 28 ans Bataille de Kandi
Ndoungou NDAO
Balla e35 1851-1854 3 ans
Adama NDIAYE
Devenu fou, il n’a
Socé Bigué e36 1854/1855 16 jours même pas eu le temps
NDIAYE
de monter sur le trône.
Koumba Ndama e37 1855-1859 4 ans
MBODJ
Bataille de Gouye
Ndiouli
Samba Laobé e38 1859-1864 5 ans La création du village
FALL
de Sokone a coïncidé
avec son règne.
Samba Laobé et son
frère Fakha Fall ont
e39 Fakhabouya FALL 1864-1871 7 ans vécu la conquête du
Saloum par Maba
Diakhou.
e40 Niawouth MBODJ 1871-1876 5 ans
e41 Sadiouka MBODJ 1876-1879 3 ans
Guédal (Sassy) C’est lui qui signa le
e42 Coumba Daga 1879-1896 17 ans traité de protectorat
MBODJ avec la France
Le camp militaire de
Sémou Djimith e43 1896-1899 3 ans Kaolack porte son
DIOUF
nom
C’est sous son règne
qu’est apparu le
Ndiémé Diénoum e44 1899-1902 3 ans marabout peulh,
NDAO
Diouma
Ndiati (1901)
Ndéné Diogop ou Père de Fodé Diouf,
e45 Ndéné Walboumi 1902-1903 1 an le dernier bour
DIOUF Saloum
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