Fès 1912 : le Maroc réfractaire au Protectorat
76 pages
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Fès 1912 : le Maroc réfractaire au Protectorat , livre ebook

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Description

Les mutineries, les émeutes et la répression militaire qui ont suivi en avril 1912 la signature du traité établissant le protectorat français sur le Maroc sont restées dans les mémoires comme les « journées sanglantes de Fès ».

Dans cet ouvrage, l’auteur revient sur cette mémoire ambiguë et fluctuante qui, bien que souvent réduite au silence au nom des bienfaits d’une colonisation en plein essor, a profondément marqué l’imaginaire de Fès et du Maroc. Il rappelle que par-delà les clichés d’une abondante littérature touristique, la perspective d’un retour des violences de 1912 hante deux œuvres romanesques qui inscrivent Fès dans leur trame narrative : La Rose de sable de Montherlant (1932) et La Conquérante de Brasillach (1942-1943).

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 03 mars 2017
Nombre de lectures 8
EAN13 9782304046656
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Fes : 1912. Le Maroc réfractaire à la colonisation
Une mémoire coloniale au carrefour des cultures

Jean-Jacques Tatin Gourier

Éditions Le Manuscrit 2017
ISBN:9782304046656
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Table des matières

Présentation de la collection
Avant-propos
Chapitre 1Une commémoration éclatée
Chapitre 2Une résurgence du débat sur Lyauteydans le sillage du centenaire
Chapitre 3Les Journées sanglantes de Fezd’Hubert Jacques (1913) : de l’écriture immédiate de l’événement à la constitution d’un texte source
Chapitre 4Les « événements de Fès » présentés par Lyautey dans Paroles d’action (1927)
Chapitre 5Fès enjeu de la guerre du Rif :la hantise d’un retour de 1912
Chapitre 6Silence et résurgences dans la littérature touristique des années 1930
Chapitre 7Mourir à Fès : écritures romanesques des « journées sanglantes »,de Montherlant (1932) à Brasillach (1942)
Vers d’autres recherches
Bibliographie
Dans la même collection
 
Catherine Repussard et Christine de Gemeaux (dir.), « Civiliser » le monde, « ensauvager » l’Europe ? Circulation des savoirs, transferts et Mimicry dans l’espace germanophone et sa sphère coloniale, 2017.
Gwénola Sébaux, ( Post) Colonisation – (Post) Migration, Ces Allemands entre Allemagne et Roumanie , 2015.
Jean-Jacques Tatin-Gourier et Christine de Gemeaux (dir.), L’Autorité coloniale en Indochine. De la pacification au « malaise indochinois » des années 1930 , 2015.
Catherine Repussard, Utopies coloniales autour de 1900. Mondes germanophones et Modernité , 2015.
Kuassi Amétowyona Akakpo, Discours et contre-discours sur le Togo sous l’Empire allemand , 2014.
Christine de Gemeaux et Amaury Lorin (dir.), L’Europe coloniale et le grand tournant de la Conférence de Berlin (1884–1885), 2013.
 
© « Von Anker bis Zünd, Die Kunst im jungen Bundesstaat 1848 – 1900 », Kunsthaus Zürich, 1998
Éditions Le Manuscrit Paris
Jean-Jacques Tatin-Gourier
Fès 1912 : le Maroc réfractaire au Protectorat
Une mémoire coloniale au carrefour des cultures
Carrefours d’Empires
 
 
Éditions Le Manuscrit Paris
Présentation de la collection
 

 
Cette nouvelle collection a la particularité d’envisager les empires et les colonisations au pluriel, et non la seule colonisation française. Elle rassemble des ouvrages de spécialistes internationaux et de différentes disciplines (historiens, « civilisationnistes », littéraires, etc.), qui s’adressent de façon claire et accessible à un public élargi, intéressé par l’actualité postcoloniale ou néocoloniale, issue de l’ère impérialiste.
Les domaines abordés concernent l’histoire politique et culturelle, en incluant les littératures coloniales et postcoloniales. Une attention particulière est portée non seulement aux impérialismes ultramarins mais également continentaux. La collection « Carrefours d’Empires » pose la question des « discours » des puissances colonisatrices, celle des « contre-discours », du mimétisme («  mimicry  ») inversé entre colonisateurs et colonisés, et enfin, de façon originale, la question des « carrefours d’empires », dans le sens de leurs contiguïtés spatiales et successivités temporelles.
Avant-propos
 

 
L’établissement officiel tardif du protectorat de la France sur le Maroc (le Traité de Fès est signé le 30 mars 1912) conclut un processus long et complexe de déstabilisation et de pénétration de l’Empire chérifien, monarchie religieuse ancienne demeurée indépendante mais connaissant une crise politique et financière profonde et suscitant, depuis le dernier tiers du XIX e  siècle, les convoitises concurrentes des grandes puissances européennes. Pour les contemporains, le Maroc apparaît de plus, durant la décennie qui précède la Première Guerre mondiale, comme un enjeu important des tensions franco-allemandes.
L’attention de la France à l’égard du Maroc n’est pas nouvelle : elle s’est en effet d’abord manifestée dans la foulée de la colonisation de l’Algérie : le Maroc, vaincu à la bataille d’Isly (1844) a tout d’abord chèrement payé son soutien à la résistance d’Abdelkader à la colonisation française. En 1880, la Convention de Madrid qui réunissait la France, l’Espagne, l’Angleterre et l’Italie a certes réaffirmé la souveraineté du Sultan du Maroc, tout en obtenant la liberté commerciale pour l’ensemble des puissances européennes. Mais elle a aussi reconnu des responsabilités particulières à la France qui s’est engagée dès la fin du siècle dans une surveillance accrue des confins algéro-marocains et dans une extension de la zone sous son contrôle. En poste dans le sud-oranais, le général Lyautey s’est particulièrement attaché à cette entreprise. En 1907, Lyautey occupait d’ailleurs la ville marocaine d’Oujda, proche de la frontière algérienne alors que le général Drude occupait le port de Casablanca et contrôlait la plaine de la Chaouia.
L’instabilité politique du sultanat a par ailleurs largement permis de justifier des interventions militaires françaises qui tendent à se répéter : en 1911, le sultan Moulay Hafid, après avoir renversé son frère le sultan Abd-ul-Aziz, est assiégé à Fès par les tribus du Moyen Atlas, et une intervention militaire française permet de lever ce premier siège de la capitale et de contraindre progressivement le nouveau sultan à la signature du traité établissant le Protectorat de la France. Et c’est cette signature le 30 mars 1912 qui déclenche les mutineries des troupes marocaines, le soulèvement des habitants de Fès – les « journées sanglantes » – et un second siège de la ville par les tribus.
Mais cette longue et difficile prise de contrôle du Maroc par la France ne peut être comprise si l’on fait abstraction du jeu des puissances européennes quant à « la question marocaine » et plus particulièrement des initiatives et réactions de l’Allemagne qui, depuis le début du siècle, s’engage dans une politique de renforcement de sa politique internationale. Dans les deux décennies qui précèdent la première guerre mondiale, ces initiatives allemandes souvent encouragées par certains milieux industriels et commerciaux aux ambitions croissantes, ont été largement perçues par l’opinion « patriotique » française comme des agressions ou, dans les milieux pacifistes (et l’on pense aux véhémentes interventions de Jean Jaurès) comme autant de menaces pour la paix. Mais la concurrence allemande ne peut être appréhendée qu’en termes d’offensives. Certes « le coup de Tanger », le 31 mars 1905 (la visite de Guillaume II à Tanger où, en réaction à l’entente cordiale franco-anglaise, il affirme devant le sultan Abd-ul-Aziz son respect de la souveraineté du Maroc) relance les ambitions françaises sur le Maroc. Il importe d’ailleurs de rappeler que le Kaiser, encore fidèle au point de vue de Bismarck, ne fut à aucun moment, au-delà de son geste théâtral de Tanger en 1905, partisan d’une colonisation du Maroc. Les analyses d’Hermann Harder dans son article « La question marocaine, enjeu des relations internationales au tournant du siècle et notamment des relations franco-allemandes » [1]  sont révélatrices sur ce point. En 1911, les initiatives françaises (l’intervention militaire à Fès et l’occupation des villes de Rabat et de Meknès) provoquent « le coup d’Agadir » qui fait pressentir le déclenchement d’une guerre franco-allemande : l’Allemagne conduit sa canonnière « Panther » à l’entrée du port d’Agadir (1er juillet 1911). Mais cette fois encore la négociation l’emporte. Joseph Caillaux, président du Conseil impose secrètement un compromis : la cession à la colonie allemande du Cameroun de territoires détachés de la colonie française du Congo. Cette négociation de novembre 1911 qui laisse à la France sa liberté d’action au Maroc, est vive

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