Journal dédié à mes chers parents
478 pages
Français

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Journal dédié à mes chers parents , livre ebook

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Description

"Une adolescence volée par le nazisme, ainsi pourrait être résumée celle de Nicolas Rosenthal, exilé des siens dès 1938, en apprentissage alors qu'il n'a pas quinze ans, avant de franchir clandestinement la ligne de démarcation en juillet 1942. Le Journal qu'il écrivit en français à partir de 1940, choix de rupture avec sa patrie d'origine empoisonnée par le national-socialisme, s'adresse à ses parents qui paradoxale-ment méconnaissent cette langue, comme un pont spirituel constituant un défi aux bourreaux. Sans doute, ses parents ont-ils pu le feuilleter, en parler à leur enfant qui les rejoignit dans la déportation après un aller-retour tragique d'à peine deux mois entre Paris, les camps d'internement de zone " libre " et celui de Drancy. Manuscrit impressionnant par ses qualités descriptives d'une France encore largement rurale, du monde du travail et de démarches légalistes dans le Paris de l'Occupation, le Journal de Nicolas Rosenthal est plus que cela. Ses qualités littéraires, les résonances d'un coeur en mouvement en font un des grands textes d'introspection écrits à vif par les témoins de la Shoah." Michel Laffitte

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 juin 2019
Nombre de lectures 2
EAN13 9782304047691
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Nicolas Rosenthal
Journal dédié à mes chers parents
Écrits d’un adolescent juif allemand en France de janvier 1940 à juin 1942
Suivi de Haggadah du XXe siècle
Préfacé et annoté par Michel Laffitte
COLLECTION
TÉMOIGNAGES DE LA SHOAH

Éditions Le Manuscrit
Paris


© Éditions Le Manuscrit, 2019
www.manuscrit.com
ISBN : 9782304047691


Présentation de la collection « Témoignages de la Shoah »de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS)
En lançant sa collection « Témoignages de la Shoah » avec les éditions Le Manuscrit, et grâce aux nouvelles technologies de communication, la Fondation souhaite conserver et transmettre vers un large public la mémoire des victimes et des témoins des années noires des persécutions antisémites, de 1933 à 1945.
Aux nombreux ouvrages déjà parus la Fondation espère ainsi ajouter les récits de celles et ceux dont les voix sont restées jusqu’ici sans écho : souvenirs souvent enfouis au plus profond des mémoires individuelles ou familiales, récits parfois écrits mais jamais diffusés, témoignages publiés au sortir de l’enfer des camps, mais disparus depuis trop longtemps des rayons des bibliothèques.
Si quelqu’un seul ne peut décrire l’indicible, la multiplicité des récits peut s’en approcher.
En tout cas, c’est l’objectif que s’assigne cette collection à laquelle la Fondation, grâce à son Comité de lecture composé d’historiens et de témoins, apporte sa caution morale et historique.
Face à une actualité où l’instrumentalisation des conflits divers tend à obscurcir, confondre et banaliser ce que fut la Shoah, cette collection permettra aux lecteurs, chercheurs et étudiants de mesurer la spécificité d’une persécution extrême dont les uns furent acteurs, les autres complices, et face à laquelle certains restèrent indifférents et les autres héroïques.
Puissent ces ouvrages inspirer à leurs lecteurs l’esprit de fraternité, le rejet de l’antisémitisme et de toute autre forme d’exclusion.
Consultez le site Internet de la FMS : www.fondationshoah.org


Comité de lecture de la collection
Serge Klarsfeld, président
Henri Borlant, survivant de la déportation
Isabelle Choko, survivante de la déportation
Katy Hazan (OSE), historienne
Michel Laffitte, historien
Dominique Missika, historienne
Denis Peschanski, historien
Paul Schaffer, survivant de la déportation
Annette Zaidman, enfant cachée
Philippe Weyl, responsable de la collection
Correction : Laurence Beilvert
Stagiaire : Axelle Houbani
Voir les autres titres de la collection en fin de volume, pages 509-512. Pour plus d’informations, consulter le catalogue de la collection sur Internet : http://www.fondationshoah.org/memoire/collection/titres-parus




Préface
par Michel Laffitte
Rastatt, petite ville de 15 000 habitants du Pays de Bade où naît Klaus Rosenthal en 1924, est emblématique de la vie d’errance et de rançonnement imposée aux communautés juives d’Allemagne dans les premières années du nazisme. Sur les 200 Juifs de Rastatt, les deux tiers ont gagné la France, les États-Unis ou la Palestine, quand, lors de la « Nuit de Cristal » des 9 et 10 novembre 1938, les nazis en incendient la synagogue, déjà profanée par eux en 1932, et, après une orgie de pillages, enferment la plupart des hommes juifs au camp de concentration de Dachau.
Quelques mois auparavant, Olga et Karl Rosenthal, qui vivent depuis plusieurs années à Kehl, à une soixantaine de kilomètres au sud de Rastatt, en face de Strasbourg, décident de placer leurs enfants en sécurité à l’étranger puis déménagent en octobre 1938 à Mannheim. Deux ans avant leur propre expulsion au-delà du Rhin. Klaus quitte avant sa quatorzième année un confort bourgeois. Son père, médecin et ancien combattant, dont la Croix de fer n’a pu épargner aux siens les rigueurs des lois de Nuremberg, inscrit Nicolas à l’internat du collège Cuvier de Montbéliard, à proximité de la Suisse. Quand il fait établir sa carte d’identité, Klaus francise son prénom et devient Nicolas. Son petit frère, Gerhard, est accueilli en 1939 en Angleterre. Le IIIe Reich interdisant l’exportation de devises, Nicolas, faute de ressources, interrompt ses études, mais demeure tendu vers le besoin d’apprendre, son savoir livresque constituant comme un refuge contre les violences d’un monde en guerre. L’internat de l’École de Travail parisienne de l’ORT l’accueille en mai 1939, le place comme apprenti mécanicien pendant deux mois, puis en chapellerie. À cette époque, Nicolas ignore tout de l’ORT, ces trois lettres n’étant jamais en usage au sein de son école qu’il perçoit comme une sorte d’appendice de la banque Rothschild. Ce qu’elle n’est pas.
Organisation-Reconstruction-Travail, l’ORT, fondée en 1880 à Saint-Pétersbourg, a transféré son siège de Berlin à Paris, avant un repli en octobre 1940 à Marseille où meurt, le 20 février 1941, son président, Léon Bramson, ancien député à la douma de Saint-Pétersbourg. Lui succède William Oualid, qui fut professeur à la faculté de droit de Paris. Son directeur général, Abraham Alpérine, reste toutefois dans la capitale et une école y demeure ouverte, fidèle à son programme d’ « Union des sociétés de propagation du travail industriel et agricole parmi les Juifs », où Nicolas trouve emploi et assistance : hébergement, repas particulièrement précieux en ces temps de restrictions, cours du soir mêlant les matières générales au dessin industriel, travail d’apprenti en journée et reversement d’une partie du salaire à l’École de Travail.
Le dessin, où il excelle, l’amène à orner son manuscrit de divers croquis minutieux. Journalier agricole de septembre 1939 à octobre 1940 en Normandie, dans l’été 1941 en Beauce, Nicolas côtoie Wolf Wajsbrot, jeune Juif polonais communiste, d’un an son cadet, figurant parmi les fusillés de « l’Affiche rouge » trois ans plus tard. Alors que Wolf quitte l’École de Travail après l’arrestation de ses parents, le 16 juillet 1942, pour la résistance armée au sein du deuxième détachement des FTP-MOI, Nicolas, en habit scout, pourvu de faux papiers, franchit clandestinement, de nuit, la ligne de démarcation dans la deuxième semaine de juillet 1942 à hauteur de Moulins, dans l’Allier, accompagné de son camarade Daniel Franck, devenu photographe après la guerre. Tandis que Daniel rejoint des parents à Montargis, Nicolas retrouve les siens qu’il n’a pas revus depuis l’été 1938, expulsés du Pays de Bade en 1940 et internés aux camps de Gurs et de Rivesaltes. Déporté avec eux du camp de transit de Drancy en septembre 1942, Nicolas et son père sont sélectionnés pour le travail forcé lors d’un arrêt à Kosel. Nicolas survit comme terrassier à Lazy, camp annexe d’Auschwitz où meurt sa mère sans doute dès l’arrivée, puis dans différents camps où il surmonte la typhoïde et le typhus auquel succombe son père en 1944. Rapatrié en 1945 à Paris, Nicolas est naturalisé français en 1947, se marie et gagne en 1952 l’Argentine, où il vit encore.
Le Journal , d’environ 400 feuillets manuscrits, tenu de janvier 1940 à juin 1942, est adressé à ses parents qui lui en ont conseillé la rédaction, en une langue française que, paradoxalement, ils méconnaissent. Nicolas Rosenthal s’en est expliqué dans un entretien récent avec Hélène Gutkowski : « Ce n’est que plus tard que j’ai compris. C’est parce que, dans mon imagination, notre avenir ne pouvait être que là, en France… 1 » Cependant, si l’on excepte une courte introduction datée du 1er janvier 1940, le Journal est véritablement tenu régulièrement à partir de l’attaque allemande du 10 mai 1940, la période datée du 5 janvier au 10 mai ayant été rédigée rétrospectivement dans la première semaine de juillet 1940. Comme si l’océan de feu et d’acier qui le coupe des siens le décidait à reprendre un fil d’écriture précocement oublié dans la quiétude rurale de huit mois auprès d’une famille normande avec laquelle, rentré à Paris, il conserve des liens épistolaires.
Imaginé comme une offrande à ses parents qu’il n’a revus depuis près de deux ans, le Journal prend l’allure de confess

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