KLB 58907
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KLB 58907 , livre ebook

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Description

KLB 58907 est le matricule auquel les nazis ont réduit Gabriel Lampel en mai 1944 au Konzentration Lager (« camp de concentration ») de Buchenwald. Gabriel connaît toujours par coeur et en six langues ces cinq chiffres. Ils ne lui ont pas été tatoués sur le bras gauche comme cela se faisait alors à Auschwitz. C'est pourtant là que le 27 mai 1944, sa mère et lui sont précipités du seul fait d'être nés juifs. Sa mère disparaîtra dans ce monde invraisemblable où la mort côtoyait l'horreur. Gabriel est l'un des 440 000 Juifs déportés de Hongrie en seulement deux mois. Au préalable, Gabriel eut une enfance heureuse à Cluj en Transylvanie (sur le territoire de l'actuelle Roumanie) dans un monde qui a disparu en 1940 avec le séisme de la guerre.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 2
EAN13 9782304029697
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Gabriel Lampel
KLB 58907
Préface d’Élisabeth Cousin
Texte établi avec le concours d’Élisabeth Chombart
Collection
T É moignages de la Shoah

Le Manuscrit
Paris


ISBN: 97830402697
© 2019 Le Manuscrit
Gabriel Lampel




Présentation de la collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
En lançant sa collection « Témoignages de la Shoah » avec les éditions Le Manuscrit, et grâce aux nouvelles technologies de communication, la Fondation souhaite conserver et transmettre vers un large public la mémoire des victimes et des témoins des années noires des persécutions antisémites, de 1933 à 1945.
Aux nombreux ouvrages déjà parus, la Fondation espère ainsi ajouter les récits de celles et ceux dont les voix sont restées jusqu’ici sans écho : souvenirs souvent enfouis au plus profond des mémoires individuelles ou familiales, récits parfois écrits mais jamais diffusés, témoignages publiés au sortir de l’enfer des camps, mais disparus depuis trop longtemps des rayons des bibliothèques.
Si quelqu’un seul ne peut décrire l’indicible, la multiplicité des récits peut s’en approcher.
En tout cas, c’est l’objectif que s’assigne cette collection à laquelle la Fondation, grâce à son Comité de lecture composé d’historiens et de témoins, apporte sa caution morale et historique.
Face à une actualité où l’instrumentalisation des conflits divers tend à obscurcir, confondre et banaliser ce que fut la Shoah, cette collection permettra aux lecteurs, chercheurs et étudiants de mesurer la spécificité d’une persécution extrême dont les uns furent acteurs, les autres complices, et face à laquelle certains restèrent indifférents et les autres héroïques.
Puissent ces ouvrages inspirer à leurs lecteurs le rejet de l’antisémitisme et de toute autre forme d’exclusion, et l’esprit de fraternité.


Comité de lecture de la collection (2011)
Serge Klarsfeld, président
Henri Borlant, survivant de la déportation
Isabelle Choko, survivante de la déportation
Olivier Coquard, historien
Katy Hazan(OSE), historienne
Dominique Missika, historienne
Denis Peschanski, historien
Paul Schaffer, survivant de la déportation
Annette Zaidman, enfant cachée
Philippe Weyl, responsable de la collection
Correction : Laurence Beilvert
Voir les autres titres de la collection en fin de volume .


Biographie de Gabriel Lampel
1927 22 mars : naissance de Gabriel Lampel à Cluj (Transylvanie, Roumanie) dans une famille juive hongroise. Son père, Étienne, né à Kisdoba le 30 septembre 1893 est commerçant. Sa mère, Élisabeth Hollo née à Cluj en 1893 est devenue son épouse en 1922. La famille proche habite la ville et se compose de son grand-père et de sa grand-mère, ancienne directrice de l’école de jeunes filles.
1930 Son père, Étienne, part pour Paris à la recherche d’une situation meilleure pour la famille.
1933 Début de la scolarisation, dans une école primaire juive où l’instruction était dispensée en hongrois.
1935 Changement d’école : Gabriel, qui ne maîtrise pas le roumain, est placé dans une école d’État laïque roumaine. Premières difficultés.
1938 Gabriel entre au lycée roumain George-Baritiu à Cluj.
Séparation officielle de ses parents.
1939 3 septembre : la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne nazie suite à son invasion de la Pologne deux jours plus tôt. Début de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
1940 30 août : suite aux arbitrages ou diktat de Vienne (Autriche) , – règlement pacifique de revendications des territoires perdus par la Hongrie par le traité du Trianon (1920) sous l’égide de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste – la partie nord de la Transylvanie est annexée par la Hongrie (dont Cluj, rebaptisé Kolozsvar en hongrois).
Gabriel fait son entrée dans un nouveau collège dirigé par des enseignants religieux réformés. On y parle le hongrois.
1942 Les lois antijuives obligent les collégiens juifs à quitter les lycées hongrois. Sous l’impulsion d’un héros de la Première Guerre mondiale, un lycée juif est créé : le lycée Antal-Mark.
1943 Fin : arrestation des Juifs de Cluj, et de sa région. Ils sont constitués en bataillons disciplinaires et envoyés en Ukraine pour réaliser des travaux de terrassement pénibles dans des conditions inhumaines.
1944 19 mars : les armées allemandes envahissent la Hongrie.
Les Allemands arrivent à Cluj. Port de l’étoile jaune obligatoire pour les Juifs.
Fin avril : toute la population juive de Cluj et de sa région est raflée, y compris Gabriel et sa mère. Ils sont internés dans une briquetterie désaffectée avec de nombreuses familles juives.
Mai : Gabriel et sa mère sont déportés dans à destination du camp d’extermination d’Auschwitz (Haute-Silésie, Pologne). Le 27, Gabriel est séparé de sa mère au moment de la sélection sur la rampe d’Auschwitz II-Birkenau. Il ne la reverra jamais.
6 juin : Gabriel est transféré en train au camp de concentration de Buchenwald et intégre le « petit camp » ou Zeltlager .
Juillet : il est blessé lors d’un bombardement de l’usine où il travaillait, au camp de Magdebourg, dépendant de Buchenwald. Ramené à ce dernier, il est mis au Block 55 des invalides du « petit camp ».
1945 11 avril : libération du camp de Buchenwald par les détenus quelques heures avant l’arrivée des troupes américaines. Gabriel n’a pas conscience de ces événements.
20 avril : Gabriel est blessé lors de l’évacuation du camp. Il est amputé du bras gauche dans un hôpital de campagne de l’armée américaine sous les bombardements.
8 mai : fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
Juin : après de nombreux séjours dans différents hôpitaux civils allemands (Weimar, Bad-Berka, Blankenheim), transfert en tant que mineur par la Croix-Rouge en Suisse. Puis la tuberculose l’oblige à une longue convalescence à Davos, au sanatorium Etania.
Novembre : Gabriel reçoit la visite de son père à Davos.
1946 18 juillet : Gabriel arrive à Paris.
Il s’inscrit à l’Alliance française pour acquérir la langue.
Gabriel abandonne ses études pour aider son père à son magasin d’électricité.
1961 Décès à Paris de Jeanne Lacaze, seconde épouse du père de Gabriel, seconde mère pour lui.
1962 6 avril : décès d’Étienne Lampel, le père de Gabriel.
Gabriel se marie avec une française, Jacqueline Depaul. De cette union naîtra une fille, Éva Élisabeth, qui donnera la vie à cinq petits-enfants : Judith, Yossi, Nissim, Hélène et Nadine, tous les cinq nés en Israël.
1964 Divorce de Gabriel et Jacqueline.
1968 Gabriel rencontre Nadine Oudry, française.
1971 10 avril : ils se marient à Taizé (Deux-Sèvres). Pour Gabriel, Nadine est la femme et la chance de sa vie, son ange gardien depuis quarante ans. Elle veille avec une infinie patience et beaucoup d’amour sur sa santé fragile. Les années de privation et de mauvais traitements sont responsables, entre autres, d’un sévère diabète et d’une grande faiblesse du cœur.
1978 Gabriel et Nadine s’installent à Bath Yam (Israël), où ils retrouvent des survivants de la famille. Ils veulent découvrir les possibilités de ce jeune pays.
2001 Ils reviennent habiter en France afin de soigner le père de Nadine, très âgé et gravement malade. Ils s’intallent à Hazebrouck (département du Nord), où ils connaissent toujours, en 2009, des jours heureux.


Préface
« Ils ne nous croiront pas. » Telle était la conviction des victimes de la Shoah à la sortie des camps nazis. C’est pourquoi beaucoup ont préféré se taire, comprenant d’emblée que rare serait le public prêt à entendre ce qu’ils avaient à dire. Quelques-uns témoignèrent, mais ils furent peu entendus. En France, la question de la persécution des Juifs ne fut abordée publiquement qu’à la fin des années 70. Plusieurs décennies après la Libération, les enfants des victimes de la Shoah – ceux que nous appelons « la deuxième génération » – exigèrent la vérité sur le sort qui avait été réservé à leurs parents. Serge et Beate Klarsfeld durent mener à cet égard un long et difficile combat pour accéder à la vérité nationale et traduire en justice Klaus Barbie, Paul Touvier et Maurice Papon. Pourquoi avoir attendu tant d’années pour clarifier les forfaits de ces criminels, et ce dans une nati

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