LE Chateau a noé, tome 1
134 pages
Français

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LE Chateau a noé, tome 1 , livre ebook

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Description

La colère du lac nous met sur les traces d'une jeune femme de Chicoutimi, Joséphine, à qui l'on confie la tâche de prendre soin d'un marin irlandais de passage. Entre deux attentions destinées à faciliter la rémission du malade, naîtront secrètement des regards et des caresses suivis quelques mois plus tard par la naissance d'un petit être, François, dont Joséphine ne pourra ouvertement partager l'existence.
Quelques dures années passent dans la vie de François à l'orphelinat avant qu'il suive à contrecœur une famille de la Pointe-Taillon venue pour l'adopter. Entre un père qui se révélera travaillant et aimant, et une mère irritable et malade, François cherchera à faire sa place dans cette maison de la Pointe, ainsi que dans ce qu'il considère désormais comme son nouveau royaume... les abords du majestueux lac Saint-Jean.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 avril 2012
Nombre de lectures 15
EAN13 9782894555699
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
Tremblay, Anne, 1962-
Le château à Noé
Sommaire : t. 1. La colère du lac.
ISBN 2-89 455-184-3 (v. 1)
I. Titre. II. Titre : La colère du lac.
PS8639. R434C42 2005 C843’.6 C2005-941 734-X
PS9639. R434C42 2005
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’Aide au Développement de l’Industrie de l’Édition (PADIÉ) ainsi que celle de la SODEC pour nos activités d’édition. Nous remercions le Conseil des Arts du Canada de l’aide accordée à notre programme de publication.

Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC

© Guy Saint-Jean Éditeur Inc. 2005
Conception graphique : Christiane Séguin
Révision : Nathalie Viens

Dépôt légal 4 e trimestre 2005
Bibliothèques nationales du Québec et du Canada
ISBN 2-89 455-184-3 ISBN EPUB 978-2-89455-569-9

Distribution et diffusion
Amérique : Prologue
France : CDE/Sodis
Belgique : Diffusion Vander S.A.
Suisse : Transat S.A.

Tous droits de traduction et d’adaptation réservés. Toute reproduction d’un extrait quelconque de ce livre par quelque procédé que ce soit, et notamment par photocopie ou microfilm, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur.

Guy Saint-Jean Éditeur inc.
3154, boul. Industriel, Laval (Québec) Canada. H7L 4P7. (450) 663-1777
Courriel : saint-jean.editeur@qc.aira.com Web : www.saint-jeanediteur.com

Guy Saint-Jean Éditeur France
48 rue des Ponts, 78 290 Croissy-sur-Seine, France. (1) 39.76.99.43
Courriel : gsj.editeur@free.fr
À Mimi, je dis merci infiniment.



À Jean-Marc et Lise, merci aussi.



À Pierre, je ne dédie pas ce livre, mais ma vie… oui.
Prologue
De toute sa vie, jamais, non jamais, Dieu en est témoin, il n’avait ressenti une si grande colère… Et cela l’effrayait au plus haut point. Mais trop, c’était trop ! Depuis deux ans qu’il se contenait, se disant, se répétant que tout redeviendrait certainement normal. Les hommes ne pouvaient pas tous être aussi stupides, ils se rendraient compte de leurs erreurs et tout rentrerait dans l’ordre. Mais non, ils s’étaient joués de lui… jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Pourtant, personne ne pouvait l’accuser de ne pas avoir été patient, oh non ! Au contraire ! Il en avait enduré de toutes les couleurs et, la plupart du temps, il avait réussi à garder son calme. Bon, bon, il est vrai qu’il se devait d’avouer quelques sautes d’humeur passagères, voilà qui est fait. Il est vrai également qu’il était d’un caractère un peu changeant, cela aussi il pouvait l’admettre. Mais enfin, il avait toujours été sensible aux variations du temps. Alors, par jour d’orage, il lui était peut-être arrivé d’être un peu plus maussade que d’habitude, mais la perfection n’est pas de ce monde, n’est-ce pas ? Et puis d’abord, il n’était responsable de rien de ce qui arrivait ! RIEN ! Tout était de leur faute, de leur faute à EUX ! Il n’avait pas à se justifier, encore moins à se sentir coupable de quoi que ce soit.
Franchement ! Mais on le prenait pour qui à la fin ? Un trou béant pouvant engloutir n’importe quoi, n’importe comment ? Ils s’attendaient à quoi ? À ce qu’il ravale toujours, sans jamais réagir ? Il l’avait déjà trop fait. Mais il y a une limite à tout ! Le lac en a ras, le lac en a plein le bol. Le trop bon, trop doux, trop malléable lac Saint-Jean déborde et va tout inonder autour de lui ! Et tant pis pour les innocents ! La coupe est pleine ! De toutes ses forces, il va cracher à la face du monde son mécontentement. L’écume à la bouche, il vomira son fiel sur le bord des champs blancs de peur. Le flot de sa rage bouillonnante sévira partout aux alentours. Hargneusement, sans relâche, il grondera et éclaboussera d’injures tout ce qui osera le narguer. Fini le bon vieux temps où l’on pouvait faire ce qu’on voulait de ce pauvre vieux lac Saint-Jean. Qu’il se réveille ! Qu’il sorte de son lit et qu’il se tienne debout enfin ! Qu’il déploie ses armes et qu’il riposte ! Jamais vous n’aurez vu plus grande armée. Son intarissable infanterie de vagues n’aura aucune crainte de mourir sur la grève du débarquement et foncera, crête baissée, rugissant son cri de guerre, glaçant de terreur tout ce qui s’aventurera à entraver sa progression. Son escadrille de vent mènera l’attaque de tous côtés. Il bombardera d’une pluie assourdissante tout sur son passage. Sans discernement, il cassera des branches d’arbres, renversera des murs de granges, pulvérisera des parties de toits, fragiles remparts pour tous ces gens qui se retrouveront devant l’ampleur et la détermination de leur ennemi : Moi.
C’est mon mille neuf cent vingt-huitième printemps, depuis la naissance de Celui qui a marché sur mon semblable, le lac de Tibériade, mais ce printemps-ci ne passe vraiment pas. Les morceaux de glace me restent pris en travers de la gorge. Je ne peux plus rien avaler de leurs mensonges, de leurs promesses. C’est la débâcle, une gigantesque débandade. Mon seul regret sera pour ceux qui m’ont témoigné du respect, de l’amitié. Je pense surtout à ceux de la presqu’île, la Pointe-Taillon comme ils l’appellent, que je portais dans le creux de mon bras. Et aussi, à quelques gens de Roberval où j’adorais m’étirer au coucher du soleil… Je pense surtout à cet homme, mon ami… À toi, je dis que… je n’aurais jamais voulu en arriver là, mais on ne m’a pas laissé le choix, non pas le choix…
P REMIÈRE PARTIE
C ampé devant la fenêtre de la cuisine d’une petite maison de Roberval, un homme épiait une aube à moitié noyée. Une pluie diluvienne ne cessait de tomber depuis l’avant-veille au soir. L’inquiétude se lisait sur son visage. Pour une fois, on aurait pu croire aux vingt-huit ans de l’homme. D’ordinaire, on aurait juré, avec son long corps mince et ses joues à la peau de bébé, qu’il avait à peine vingt, vingt et un ans au maximum, et encore ! Ah ! Qu’il rêvait d’une épaisse barbe qui lui fournirait les clés de la respectabilité, s’imaginait-il. Mais non, il avait beau, chaque année, prendre la décision de ne plus se raser, il devait immanquablement, quelques mois plus tard, faire face devant son miroir au flagrant échec de sa tentative et rayer, de quelques rageurs coups de rasoir, un semblant de barbe clairsemée ici et là. Mais pour le moment, peu lui importait son air juvénile, c’était même le dernier de ses soucis. Soupirant profondément, il se détourna de la fenêtre, hésita à faire quelques pas, changea d’idée et revint à son poste d’observation.
Comme lui, les habitants de cette petite ville n’avaient guère dormi de la nuit. En temps ordinaire, c’était un joli endroit où il faisait bon vivre. Les maisons à deux étages étaient charmantes, avec leurs deux lucarnes sur la façade du toit en bardeaux de cèdre, telle une paire d’yeux de commère de village, aux sourcils froncés de désapprobation pour ses voisins, mais ne voulant jamais rien rater du spectacle. Quelques maisons avaient vue sur le lac Saint-Jean qui bordait la ville, d’autres pouvaient suivre les saisons d’après les couleurs de la forêt au loin. On y retrouvait une fromagerie, un magasin général, une banque, des écoles, un couvent et même un hôpital ! Tout ce petit monde bien simple s’était regroupé autour de leur belle et fière église, reine à la couronne crucifère et au long cou paré d’une magnifique cloche qui riait aux éclats lors des mariages et des messes dominicales, mais qui avait la gorge serrée les jours, hélas trop fréquents, de deuil. Malgré l’éloignement des grandes villes mouvementées comme Québec et Montréal, et même si les hivers, aux chutes de neige abondantes et aux bateaux hibernés, semblaient n’offrir que réclusion, ses habitants étaient, en contrepartie, chaleureux, débrouillards et toujours prêts à s’entraider. Ils savaient s’amuser, conter, giguer, turluter, accompagn&#

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