Les Années créoles
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Les Années créoles , livre ebook

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Description

En cette fin de XIXe siècle, Saint-Pierre est une ville lettrée au commerce florissant et à la vie mondaine trépidante. La fine fleur intellectuelle de la Martinique s’épanouit dans des joutes sans fin relayées par une presse à la plume acérée et féroce. La haine raciale divise, les amours aussi.


Dans ce « petit Paris des Antilles », les différentes strates de la société se côtoient, s’opposent et s’affrontent.


Dans ce contexte, les lueurs qui ensanglantent le ciel et les sursauts qui agitent la terre intriguent et inquiètent, sans pour autant prendre le pas sur des querelles politiques exacerbées par l’imminence du scrutin le plus bipolarisé de la Troisième république.


Une famille de planteurs blancs, un député mulâtre ambitieux ainsi qu’une foule de personnages, réels pour la plupart, s’acheminent vers un destin qu’ils n’imaginent pas : le 8 mai 1902, la montagne Pelée explose, effaçant le temps d’un souffle la ville et 30 000 de ses habitants. Cette tragédie, qui consternera le monde entier, marquera l’histoire au même titre que la destruction de Pompéi en l’an 79.

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Informations

Publié par
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EAN13 9791093143316
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0112€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Michel Tauriac
Les années créoles *
La Catastrophe
Préface de Raphaël Confiant
En cette fin de XIX e siècle, Saint-Pierre est une ville lettrée au commerce florissant et à la vie mondaine trépidante. La fine fleur intellectuelle de la Martinique s’épanouit dans des joutes sans fin relayées par une presse à la plume acérée et féroce. La haine raciale divise, les amours aussi. Dans ce « petit Paris des Antilles », les différentes strates de la société se côtoient, s’opposent et s’affrontent.
Dans ce contexte, les lueurs qui ensanglantent le ciel et les sursauts qui agitent la terre intriguent et inquiètent, sans pour autant prendre le pas sur des querelles poli-tiques exacerbées par l’imminence du scrutin le plus bipolarisé de la Troisième république.
Une famille de planteurs blancs, un député mulâtre ambitieux ainsi qu’une foule de personnages, réels pour la plupart, s’acheminent vers un destin qu’ils n’imaginent pas : le 8 mai 1902, la montagne Pelée explose, effaçant le temps d’un souffle la ville et 30 000 de ses habitants. Cette tragédie, qui consternera le monde entier, marquera l’histoire au même titre que la destruction de Pompéi en l’an 79.
Reporter, homme de radio et de télévision aux talents multi-ples, Michel Tauriac (1927-2013) s’est livré à une enquête scrupuleuse auprès des rares survivants du drame et des descendants des familles meurtries qui fait de cette trilogie dont La Catastrophe est le premier volume, une minutieuse et passionnante reconstitution historique.

2018
Préface Chapitre I Chapitre II Chapitre III Chapitre IV Chapitre V Chapitre VI Chapitre VII Chapitre VIII Chapitre IX Chapitre X Chapitre XI Chapitre XII Chapitre XIII Chapitre XIV Chapitre XV Chapitre XVI Chapitre XVII Chapitre XVIII Chapitre XIX Chapitre XX Chapitre XXI Chapitre XXII Chapitre XXIII Chapitre XXIV Chapitre XXV Chapitre XXVI Notes Bibliographie


La seule photographie prise de l’incendie de la ville, au plus fort de l’éruption ©Judge Publishing` Co.
À Lise et Edgar
Fort-de-France, 8 mai 1902, 9 h 55 soir « Reviens de Saint-Pierre. — Ville complètement détruite par masse de feu 8 heures du matin. — Ai ramené survivants, une trentaine. — Tous navires en rade incendiés et perdus. — Éruption volcan continue… »
Le commandant LE BRIS
du croiseur Suchet

Les docks de Saint-Pierre et la montagne avant 1902 © DR.

La rue Victor-Hugo, principale rue commerçante de la ville © DR.


Préface
Une fresque impressionnante du Saint-Pierre d’avant l’éruption de 1902
L e 8 mai 1902 , la montagne Pelée entra en éruption et détruisit la ville de Saint - Pierre de la Martinique et ses quelque 30 000 habitants. Cette catastrophe eut une résonance mondiale qui éclipsa un temps la célèbre éruption du Vésuve en l’an 79 qui fit 3 000 morts soit dix fois moins, rayant de la carte les villes de Pompéi et Herculanum. Surnommée par les uns « La Venise des Antilles » à cause de ses « dalots » (caniveaux) dans lesquels coulait en permanence une eau claire et rafraîchissante descendue de la montagne, ou « Le Petit Paris des Antilles » à cause de sa richesse, de son théâtre (réplique exacte, en plus petit, du théâtre de Bordeaux), de sa Bourse, de son tramway hippomobile et de ses lampadaires électriques, celle qui fut longtemps capitale de l’île, avant d’être remplacée par Fort - de - France, se targuait d’être la plus industrieuse et la plus culturellement avancée de toutes les villes de l’archipel des Antilles après La Havane.
S’y co ncentraient, en effet, les riches négociants békés (blancs créoles) et grands planteurs de canne à sucre, l’élite mulâtre (rejetons presque exclusivement d’hommes blancs et de femmes noires) exerçant le plus souvent des professions libérales, ainsi qu’une population noire très active, composée de travailleurs du port (gabariers, portefaix, charbonnières etc.), chaque groupe ethnique se partageant un secteur de la ville : celui du Fort à l’aristocratie blanche ; celui du Mouillage à la bourgeoisie mulâtre ; le bien nommé La Galère aux Noirs. C’est dire que, près d’un demi-siècle après l’abolition de l’esclavage (le 22 mai 1848), les clivages entre les trois composantes principales de la société martiniquaise étaient encore fortement marqués. Entre - temps, à celles - ci, étaient venus s’ajouter deux autres, les Indiens et les Chinois, qui firent souche au fil du temps, mais qui en 1902, étaient encore peu visibles.
L’éruption de la Pelée, dans laquelle périt le gouverneur de la Martinique venu rassurer la population en ce jour d’élections ainsi que son épouse, suscita une abondante littérature à la fois scientifique, journalistique, historique et fictionnelle. Le roman de Michel Tauriac, écrivain français, s’inscrit dans ces deux dernières catégories, cela avec un titre, La Catastrophe, qui dans sa sécheresse, sa nudité même, exprime d’emblée l’ampleur de l’événement et son caractère terrifiant : les Pierrotins périrent, en effet, en l’espace de quelques instants, non pas à cause de coulées de lave, mais à la suite d’une sorte d’explosion – ou d’implosion plus exactement – des flancs du volcan, ce qui libéra ce qu’on désigna du joli nom de « Nuée ardente ». Trente mille personnes perdirent la vie en l’espace de trois minutes ! Il n’en fallait pas plus pour déchaîner l’imagination des gens de plume et ces derniers ne s’en privèrent évidemment pas. La bibliographie concernant l’éruption du 8 mai 1902 est ainsi impressionnante et pas seulement en langues française et anglaise.
Michel Tauriac, écrivain français (1927 - 2013), s’est employé, pour sa part, à décrire avec minutie la vie quotidienne des Pierrotins bien avant le jour fatidique, redonnant vie avec maestria aux luttes sociales et politiques qui virent s’affronter sans merci Békés et Mulâtres, les premiers accusant les seconds de vouloir ce qu’ils nommaient « la substitution » c’est - à - dire leur remplacement à la tête du pays. C’est que cette aristocratie avait déjà subi, en 1848, une première catastrophe : l’abolition de l’esclavage. Elle vouait donc une haine féroce à l’abolitionniste Victor Schœlcher, à la République, à la laïcité et à ceux qu’elles considéraient comme leurs suppôts insulaires à savoir les Mulâtres.
Une figure va émerger au sein de cette furia politique : celle de l’avocat et homme politique mulâtre Marius Hurard, virulemment hostile à la suprématie békée et à l’Église catholique. Très peu de Martiniquais d’aujourd’hui connaissent son nom et encore moins le rôle considérable qu’il a joué dans la lutte menée par les hommes dits « de couleur » pour imposer les valeurs du républicanisme dans une île marquée par trois siècles de féodalisme colonial. Directeur du journal Les Colonies , il attaquait avec une verve et une virulence sans pareil ses adversaires du très conservateur Bien public et du plus modéré, quoique également béké, Les Antilles . C’est que le Saint - Pierre d’avant l’éruption était une ville lettrée qui hébergeait plusieurs quotidiens, des bibliothèques et un théâtre à qui il arrivait de recevoir des troupes venues d’Europe ou d’Amérique. Pour un article trop virulent (un « coup de journal » en créole), on recevait un « cartel », petite carte sur laquelle celui que vous aviez égratigné de votre plume vous convoquait à un duel dans la célèbre allée des duels du Jardin botanique de Saint - Pierre. Impossible de s’y dérober sous peine d’être qualifié de lâche (« capon » en créole, vieux mot issu de l’ancien français) ou si l’on vous soupçonnait d’avoir averti la maréchaussée de l’heure et du jour du duel afin qu’elle intervînt et l’interdise. On vous surnommait alors « Coco - la - peur » comme ce fut le cas (à tort) de Marius Hurard.
La reconstitution de la vie pierrotine par un auteur qui n’est pas Martiniquais et qui n’a fait que séjo

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