Petites Chroniques #13 : Les années folles — 1925 à 1929, Le renouveau culturel - Partie 2
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Description

LES PETITES CHRONIQUES : jour après jour, découvrez l'Histoire en anecdotes et dates clés !

Jour après jour, tel une éphéméride, Chronique vous fait revivre l'Histoire en la racontant au présent.

Petites Chroniques #13 : Les années folles — 1925 à 1929, Le renouveau culturel - Partie 2


Retour sur les derniers instants une époque pleine de bruit et de fureur qui bouleversa radicalement la face du monde culturel.



Les Petites Chroniques, c'est aussi :

Petites Chroniques #1 : 24 h du Mans — 80 ans au compteur

Petites Chroniques #2 : Vacances d'été — Drame, People et Progrès

Petites Chroniques #3 : Destins de Femmes — Marilyn Monroe, l'éternelle

Petites Chroniques #4 : La Seconde Guerre Mondiale — Juin 1944, le mois le plus long

Petites Chroniques #5 : L'Année 80

Petites Chroniques #6 : Les années folles — 1920 à 1924, Le renouveau culturel - Partie 1

Petites Chroniques #7 : Napoléon Bonaparte — Entre guerre et paix


Hors-série #1 : Napoléon Bonaparte — La chute de l'Aigle



et bien plus encore...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 8
EAN13 9782366029642
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les Années Folles
Le Renouveau culturel – 2
Éditions Chronique
Paris des années folles
Aux environs des années 1925-1926, Paris vit le contrecoup des années de guerre. Cette période de frénésie nous demeure en mémoire sous le nom des années folles.
Le peintre Fernand Léger a bien su analyser cette exacerbation de l’envie de vivre : « 1918, la paix : l’homme exaspéré, tendu, immobilisé pendant quatre ans, enfin lève la tête, ouvre les yeux, se détend, reprend goût à la vie : frénésie de danse, de dépenses, de pouvoir enfin marcher debout, crier, hurler, gaspiller. » Un déchaînement de forces vives remplit Paris, où les artistes n’ont jamais été aussi grands, les femmes aussi libres et les brasseries aussi fréquentées. Un « coin » de la ville symbolise à lui seul la « folie » de ces années : le carrefour de la rue Vavin et des boulevards Raspail et du Montparnasse, le « nombril du monde » selon Henry Miller, où, dans une atmosphère de scandales permanents, se croisent des destins promis à la célébrité. Les cafés sont de véritables quais de gare, et l’on y retrouve tous les nouveaux riches et les profiteurs de la guerre, attablés avec des femmes aux cheveux coupés à la laponne (frange sur le front et coupe rase sur la nuque), qui marquent de leurs lèvres violettes, vertes ou noires le bout des cigarettes à la mode : les Abdullha. Quelques artistes sont encore les familiers du quartier, mais les plus célèbres commencent à le quitter. Alors que Picasso porte désormais une cravate et habite le 8 e arr., que Marc Chagall travaille à Passy et que Léonard Foujita s’est offert un hôtel particulier, rares sont les artistes de talent qui créent encore à Montparnasse.
Mais qu’importe, le bourgeois vient ici pour s’encanailler et se donner des illusions. Nombreux, en revanche, sont les imposteurs : imitateurs de Picasso et pasticheurs cubistes vendent aux riches Américains ou même aux provinciaux naïfs, qui confondent le shaker avec les pinceaux. Non, ce qui plaît, c’est l’agitation fébrile du quartier, son atmosphère. Les discussions artistiques portent sur la spéculation. Et les Américains, avec leurs dollars, font rapidement monter les enchères. Bien sûr, on peut encore rencontrer quelques célébrités : André Derain et sa Bugatti, Maurice de Vlaminck coiffé de son chapeau melon, Moïse Kisling en veste de velours, Jules Pascin, qui sait, mieux que personne, croquer rapidement une scène.
Ce qui attire aussi, ce sont les expositions dans les cafés. Mais l’époque est loin où Libion, à la Rotonde, achetait par pure charité des toiles à Amedeo Modigliani. Lieu légendaire de Montparnasse, la Rotonde est désormais devenue une cantine, un campement pour nomades venus du monde entier. Elle s’est agrandie : on y trouve un jazz-band, un dancing, un vestiaire et un grill-room. Le whisky et l’assiette anglaise ont remplacé les cafés-crème et les croissants. Les toilettes sont une vraie caverne d’Ali Baba, où s’organisent d’inquiétants trafics de drogue. Les femmes attablées dans ce café ont tout pour choquer les esprits traditionnels : grisettes ou grues, dactylos en rupture de machine à écrire, ou « poules » de plus ou moins grand luxe. Elles fument, parlent haut en attendant le séducteur gominé, vêtu de shantung trop clair, qui les entraînera dans quelque coin fatal. D’autres, court vêtues, semblent sortir d’un tableau de Kees Van Dongen, avec leurs franges et leurs jupes caïques, leurs jambes fines, racées et nerveuses, dont les bas crissent. Et les nuits de Montparnasse retentissent des sanglots désespérés des saxophones de jazz. Les « boîtes » sont à la mode : le Dingo, le Select, le Viking ou chez Dominique. L’un des endroits les plus chics est le Jockey. On y rencontre Jean Cocteau, Louis Aragon, René Crevel, Ernest Hemingway ou encore Francis Scott Fitzgerald. Pour danser, on n’a que l’embarras du choix. Au bal des Invertis, on aperçoit des robes de grands couturiers, des messieurs en habit, joue contre joue avec de petits voyous de barrière. Au Bal nègre, rue Blomet, on a pu voir Foujita nu, entièrement peint en bleu, emmener sa femme Youki dans une cage portant cette inscription : « Femme à vendre. SGDG ». Scott et Zelda Fitzgerald logent au Ritz et n’apparaissent à Montparnasse que pour faire la fête et dilapider les droits d’auteur fabuleux de L’Envers du paradis . Miller, dans le studio d’Antonin Artaud, écrit sa série des Tropiques , qui fera scandale aux États-Unis. D’autres écrivains sont éblouis par Paris : Sinclair Lewis et John Dos Passos. Les artistes américains comptent parmi les plus remuants des clients du Select. Dix années durant, la culture américaine va se faire à Paris.
Au chapitre des nombreuses excentricités, certains Français ne sont pas en reste : Cocteau reçoit ses amis chez lui, en peignoir ou en pyjama, au 10 de la rue d’Anjou. Avec Aragon, Cocteau ira parfois jouer au train électrique dans la salle à manger de Picasso. Cocteau a des ennemis : les surréalistes. Eux aussi ne cessent de rechercher le scandale. À la Closerie des Lilas, au cours d’un banquet organisé par la respectable maison d’édition le Mercure de France, ils insultent la romancière Rachilde : « Cette respectable dame commence à nous emmerder. » Cela se terminera en pugilat. Une femme fait aussi beaucoup parler d’elle : Coco Chanel. Elle taille des jupes et des tailleurs dans des plaids anglais, et elle adore les courses de chevaux. Elle habille les femmes en noir, leur fait porter du blanc et du bleu marine comme les écolières. On la raille : « Maintenant les femmes ressemblent à des petits télégraphistes. » Elle passe outre. Paris se passionne également pour les dos dénudés des robes de Paul Poiret. Joséphine Baker promène sa panthère en laisse à la terrasse de la Rotonde. L’après-guerre, c’est la fureur de vivre, instant de répit à l’écart des tempêtes passées, mais insouciance totale quant au futur.



Le bal de la Horde à la Bastille, où une partie du Tout-Paris se retrouve…
1925
Le modernisme chez les femmes
Ces jeunes filles, élèves à l’école normale d’institutrices d’Izmir, s’adonnent aussi aux beaux-arts, aux sports et à la musique, avant de propager cet enseignement dans le reste du pays.



Paris – Maurice Chevalier triomphe à l’Empire
C’est dans le cadre de l’Empire, music-hall construit par la société Pathé et dirigé par Henri Varna, que Maurice Chevalier vient de remporter un succès avec Valentine . La même année, l’ambassadeur d’Espagne, M. Quinones de Leon, lui a demandé de venir chanter ses nouvelles chansons à l’ambassade. Maurice Chevalier ne manque pas, bien sûr, de prévenir l’ambassadeur que ses chansons n’ont rien de protocolaire. À cette soirée sont conviés Raymond Poincaré, Aristide Briand et Édouard Herriot… En se laissant aller à chanter notamment Valentine (« Elle avait de tout petits tétons, Valentine »), Maurice Chevalier a craint d’avoir commis un impair. Aussi, quelle surprise lorsque l’ambassadeur, quelques jours plus tard, s’en vint le féliciter. C’est depuis lors que Maurice Chevalier est devenu l’ambassadeur de la chanson française.
Triomphe à Paris
Ce courant, tourné vers l’avenir, regroupe les architectes Le Corbusier et Pierre Chareau, ainsi qu’une brillante cohorte de décorateurs dont se détachent Francis Jourdain, Charlotte Perriand, Eileen Gray ou encore René Herbst. On les retrouve en particulier au pavillon de l’Esprit nouveau, où le mobilier traditionnel est remplacé par des équipements et où demeurent seuls sièges et tables. À la différence de leurs collègues traditionalistes, ils s’intéressent à l’aménagement des cuisines et des salles de bains. Il reste qu’au-delà des divergences esthétiques, tous, conservateurs et révolutionnaires, ont une commune ambition : fournir à une clientèle privilégiée les éléments d’un « art de vivre » moderne.
Malgré cette diversité, certains critiques regrettent que le jury n’ait admis aucun représentant du Stijl hollandais, ni du Bauhaus allemand. En outre, ils font observer que des installations moins coûteuses auraient permis à de petits artisans novateurs de montrer leur talent. Pour finir, ce sont les amateurs d’art qui sont le plus déçus : dans la sélection d’art contemporain présentée, ne figurent ni Picasso, ni Braque, ni Matisse, ni aucun de ces peintres qui révolutionnent l’art depuis les années dix. Ils se consoleront en admirant les toiles élégamment néo-cubistes de Tamara de Lempicka.
Le cinéma
Importants progrès cette année dans le domaine du cinéma. Les techniques évoluent et l’on peut désormais filmer des séquences sous l’eau comme le montre cette image d’une jeune femme nageant dans un paysage sous-marin.



Hollywood – Succès de La Grande Parade
Réalisée par King Vidor, La Grande Parade , qui dresse un portrait fantastique d’un Américain pris dans la guerre, attire les foules et a rapporté plus de 22 millions de dollars. La vedette, John Gilbert, jouit d’ores et déjà d’une immense popularité dans le monde entier. La MGM a fait venir une nouvelle actrice de Suède, Greta Garbo. Elle est arrivée avec son mentor et réalisateur préféré, Mauritz Stiller. Lon Chaney tient cette année un rôle dans Le Fantôme de l’Opéra , et Buster Keaton déclenche des cascades de rires dans Ma vache et moi . Joseph Schenck, de l’United Artists (fondée en 1919 par Charlie Chaplin, D. W. Griffith, Mary Pickford et Douglas Fairbanks), a engagé une danseuse, Lucille Le Sueur, qui a adopté le pseudonyme de Joan Crawford à la suite d’un concours dans un magazine. John Ford, âgé de trente ans, est réalisateur depuis 1917. Il est passé de l’Universal à la Fox et a tenu un petit rôle dans Naissance d’une nation . C’est aujourd’hui un grand espoir du cinéma. Pour son grand succès, Le Cheval de fer , qu’il a tourné l’an dernier, il avait acheté une propriété de 18 hectares pour en faire un site de western, et il a installé un immense studio avec des générateurs capables d’éclairer une ville de soixante mille habitants. La Fox poursuit sa campagne contre la censure aux États-Unis.
8 janvier 1925
New York
Igor Stavinski débute en Amérique à la direction de l’Orchestre philharmonique de New York.
14 janvier 1925
Naissance
Yukio Mishima, écrivain japonais. (†25/11/1970)
21 janvier 1925
Italie
Ouverture de l’université de Florence.
26 janvier 1925
Naissance
Paul Newman, acteur américain.
1 er février 1925
Naissance
Alfred Grosser, historien et écrivain français.
7 février 1925
Naissance
Anatole Dauman, producteur de cinéma français. (†08/04/1998)
États-Unis
Les Chasseurs de salut , le premier film réalisé par Josef von Sternberg, sort sur les écrans. Séduit par ce film peu coûteux, Charlie Chaplin a convaincu les Artistes associés de le distribuer.
10 février 1925
Naissance
Pierre Mondy, cinéaste et comédien français.
11 février 1925
Décès
Aristide Bruant, poète et chansonnier français. (*06/05/1851)
26 février 1925
Décès
Louis Feuillade, cinéaste français. (*19/02/1873)
Paris
Le quotidien Excelsior publie la première grille de mots croisés.
Mars 1925


Un lieu de luxe, la place Vendôme, vu par le dessinateur Henjic.
13 mars 1925
Paris – René Clair en deux actes et un entracte
Passant, avec succès, de la carrière de comédien à celle de réalisateur, le jeune René Clair a enchaîné trois films, dont le dernier, Le Fantôme du Moulin-Rouge, sort en salle. Il y reprend la formule de son premier film, Paris qui dort : la poétisation d’un site parisien à travers une histoire fantastique à la française.
Entre ces deux « actes », il a réalisé Entr’acte , une pochade dadaïste écrite par Francis Picabia et où figurent notamment Man Ray, Marcel Duchamp et Erik Satie, l’auteur de la musique d’accompagnement. Ce film a été conçu par le réalisateur et le scénariste pour servir d’intermède au ballet Relâche , créé par les Ballets suédois de Rolf de Maré.
21 mars 1925
Naissance
Peter Brook, metteur en scène britannique.
France
Fondation de La Gazette du franc par Marthe Hanau.
Monte-Carlo
Première de L’Enfant et les sortilèges , fantaisie lyrique de Colette, musique de Maurice Ravel.
26 mars 1925
Naissance
Pierre Boulez, compositeur et chef d’orchestre français.
30 mars 1925
Suisse – Mort de Rudolf Steiner
Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie, est mort à Dornach. Professeur à l’université de Berlin, il avait fondé, en 1913, la Société anthroposophique. Selon ses thèses, l’homme peut développer en lui-même des facultés supérieures. Assimilant aux théories de Goethe des éléments hindous, chrétiens, cabalistiques et théosophiques, il a pu faire connaître ses doctrines grâce à de nombreux ouvrages.



Maison conçue par Steiner sur le site du Goetheanum.
Avril 1925


Réclame pour des pneumatiques.
1 er avril 1925
Jérusalem
Ouverture d’une université hébraïque : les Arabes protestent.
15 avril 1925
Décès
John Singer Sargent, peintre américain. (*12/01/1856)
20 avril 1925
New York
Réactions enthousiastes à la première de Madame Sans-Gêne , film produit par la Paramount, tourné en France par Léonce Perret, avec la grande star américaine Gloria Swanson.
26 avril 1925
Prague – Parution posthume d’un livre de Kafka
On annonce la parution posthume du roman Le Procès , de l’écrivain tchèque Franz Kafka, décédé l’an dernier le 3 juin 1924. Cet ouvrage, inachevé, avait été commencé à l’été 1914. Le thème en est l’arrestation d’un certain Joseph K. le jour de son trentième anniversaire, sans motif précis. Le héros vit un cauchemar pendant un an, confronté à des juges étranges, puis meurt égorgé, victime d’un univers froid, cruel et absurde, néanmoins décrit dans un style très réaliste et avec une minutie tout à fait étonnante.
28 avril 1925
Paris – L’Exposition des arts décoratifs triomphe
Prévue pour 1915, ajournée par la guerre, l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes est inaugurée par le président de la République. Le plus grand événement artistique de cet après-guerre consacre le luxe des années folles et la naissance d’un style qui prétend s’appliquer à l’architecture comme à tous les artisanats. Mais le style Arts déco, s’il sous-entend une volonté évidente de modernisme, traduit néanmoins un compromis entre une géométrisation franche, d’inspiration cubiste, et une résurgence de certains aspects de l’Art nouveau. L’héritage d’avant-guerre est sensible dans des décors et des motifs encore empreints de l’éclectisme passé.



« La glace », un manteau du soir dessiné par le couturier Paul Poiret.



Une broche de Jean Fouquet (en or).
29 avril 1925
Le style Arts déco diffusé par les timbres
Les formes nouvelles, dont le dépouillement ornemental marque une rupture radicale avec l’Art nouveau, sont à l’honneur à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, qui s’ouvre aujourd’hui à Paris. Les PTT n’en sont pas absents. L’administration a en effet émis six timbres, dont les deux premiers (25 et 75 c) ont été mis en vente le...

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